‹ De la certitude moraleChapitre 78 sur 98 · Essais..., 2e Essai, t. 11, p · texte numérisé non relu

Essais..., 2e Essai, t. 11, p

« L'absolu invoqué » dans les théories contraires « n'engendre que systèmes et manie, folie, intolérance, fanatisme, inhumanité*.» «Les théories avisée absolue sont condamnées au sophisme ou au mysticisme. J'appelle mystique, dit M. Renouvier, le philosophe qui se targue d'une révélation de nature quelconque pour se poser dans le complet, dans le définitif, dans l'immuable de la science ; celui-là dont la conviction propre n'est pas seulement à ses propres yeux une croyance actuelle jointe à la croyance morale en la durée et en la perpétuité de cette même croyance, ce qui est légitime et bon , indispensable même , mais , bien plus que cela et tout autre chose , une incompréhensible certitude en soi, fruit d'une participation non moins obscure à un être en soi non moins mystérieux*. » Sur quel fondement M. Renouvier veut-il que la certitude repose? sur le fondement de la morale et de la liberté. Il reprochait tout à l'heure à Kant d'avoir séparé les deux raisons. Mais lui, que fait- il? 11 bannit, plus complètement que Kant, tout élément de l'ordre spéculatif; il écarte ce qu'il appelle la chimère de la chose en soi, maintenue par Kant; il abandonne, au nom de Kant redressé , la notion de substance comme étrangère à toute espèce de connaissances ' ; adversaire si vigoureux de la doctrine positiviste, il professe lui-même un complet et absolu posili-

Page 1