Essais...., 2o Essai, t. II, p
rement par là : en elle-même, cette théorie est un chef-d'œuvre de sagacité, et d'analyse fine et pénélrantc. Nous y recueillons de très utiles leçons. Nous y voyons ce que ia passion et la volonté peuvpiit faire pour égarer l'esprit. Ce n'est pas ainsi que se forment les convictions que nous défendons ; mais c'est bien ainsi qu'elles se perdent ou se corrompent. Ce ne sont pas là les sources de nos croyances ; mais ce sont bien là les dangers que nous devons éviter. Nous apprenons ce qu'il faut craindre, ce qu'il faut ne pas faire : salutaire enseignement. Malebranche avait écrit, dans la Recherche de la Vérité, un chapitre sur les sorciers, où les abus de la crédulité étaient admirablement signalés '. L'étude de M. Renouvicr en est un précieux complément. Mais Malebranche, en décrivant « la contagion des esprits visionnaires » et la folie des « sorciers », ne prétendait pas décrire la foi religieuse elle-même !
On nous dit donc ce que c'est que le vertige mental et comment il se produit - ; on compte les degrés qui séparent de la démence les cas les plus simples du vertige ; mais on montre que c'est bien une sorte de démence, que c'en est un commencement et comme un miîiimum^ ; puis on arrive au vertige mystique*; on étudie les effets des pratiques habituelles en matière de reli-
1. Malebranche, Redierche de la Urilé, liv. II, 3» part., chap. vi.