Essais..., 2e Essai, t. II, p
DE TA CERTITUDE MORALE DANS l/ÉCOLE CniTIQUIï. 325
gion. « La pensée, ajoute-t-on, s'exerce à découvrir des motifs de faire ce qu'on fait, d'assurer ce qu'on assure, et de s'en persuader. Il suffît de mentir une fois d'abord, on est de bonne foi plus tard. Qui veut croire croira. Faites comme si vous croyiez, pliez la machine , disait Pascal. La méthode est infaillible, surtout si l'on tient sa raison bien soumise, à quoi l'on parviendra en se la représentant ployable en tout sens, autre expression de ce même grand génie qui unissait les dons de la raison la plus forte à ceux de l'imagination la plus vertigineuse. La pente est forte, quand les passions, c'est-à-dire l'intérêt et la peur sont enjeu. C'est l'affaire aux hiérophantes do manœuvrer ces ressorts', » l^age violente et injuste. Cekii qui l'écrit oubhe qu'il compte la passion parmi les éléments essentiels de la certitude légitime, et que la méthode morale de Pascal n'est pas sans analogie avec celle qu'il recommande lui-même.
Les « forces mécanisantes de l'esprit humain », comme il dit énergiquement ^ , l'habitude, l'association des idées, ont une influence inévitable : ne peut-on pas, ne doit-on pas la tourner à bien, s'il est vrai que la croyance qui va à son objet, c'est l'homme tout entier, et non l'intelligence seule ? Pascal a pratiqué ce précepte de « maintenir » ce que M. Renouvier appelle* «l'intégrité de l'homme dans ses élats et ses