‹ De la certitude moraleChapitre 84 sur 98 · Essais..., 2" Essai, t. II, p · texte numérisé non relu

Essais..., 2" Essai, t. II, p

i26 CHAPITRE VI.

actes divers. » Ce n'est pas une « mutilation » qu'il a conseillée, c'est tout le contraire ; et s'il a dit qu'il faut avoir recours à la coutume, en quoi il a raison, ii'ajoute-t-il pas : « Quand ime fois l'esprit a vu où est la vérité'. » Et ces simples mots, qu'il ne faut pas omettre, anéantissent le reproche qu'on lui inflige. Mais laissons Pascal, sur lequel d'ailleurs l'auteur écrit de très remarquables et même de très belles choses *. Ce qui nous importe en ce moment, c'est de bien caractériser le thèse de M. Renouvier : toutes les diverses assertions touchant la connaissance et la foi, par nous exposées et discutées dans ce livre, se réunissent, se mêlent en M. Renouvier. Est-il fidéiste? est-il sceptique ? est-il positiviste ? n'a-t-il pas son mysticisme aussi, et, comment dirai-je? son fanatisme moral (Kant parlait du fanatisme moral des stoïciens), son moralisme, si j'ose forger ce mot barbare. Il y a de tout cela dans sa

1. Pascal, Peiisée?. Tout le passade est à méditer. « Il ne faut pas se mé- ■ onnaitre, dit Pascal, uous sommes automate autant qu'esprit; et delà vient .|ue l'instrument par lequel la persuasion se fait n'est pas la seiiZe démonstration... Il faut avoir recours à la coutume, quand une fois l'esprit a vu où est la vérité, altn de nous abieuveiet nous teiudre de celte créance, qui nous échappe à toute heure; car d'en avoir toujours les preuves présentes, c'est trop datfaire. » Descartes aussi trouvait difficile d'avoir toujours présentes il l'esprit les démonstrations les plus solides, et il se co"ntentait d'en retenir les résultats dans sa mémoire. Mais continuons à citerPascal. «Oiianij on ne croit qne par la force de la conviction, et que l'automate est incliné à croiie le contraire, ce n'est pas assez. Il faut donc faire croire nos deux pièces : l'esprit, par les raisons qu'il suffit d'avoir vues une fois en sa vi.?; et rautoin;ite, par la coutume, et en ne liù permettant pas de s'incliner au contraire. Inclina cor meuvi, Deus. » Disons qu'il est bon de renonvcicr aussi la vue des raisons, et Pascal sans doute n'y contredit pas : mais, en tout cas, où est ici la mutilation dont parle M. Renouvier? (2" Essai, t. H. p. 47.

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