Plalon, l'hédre, 261 A
si riche qu'il a toujours de la nouveauté. Les âmes aussi ont toujours des besoins nouveaux en quelque chose. Une formule scientifique peut se répéter indéfiniment; elle est arrêtée, elle est fixée. L'expression des vérités morales varie : comme la nature vivante ne se répète jamais absolument et qu'il n'y a pas deux individus identiquement semblables, parce qu'aucun n'épuise le type de l'espèce, ainsi l'esprit vivant cherche sans cesse de nouvelles formes à la vérité iiiOrale, parce qu'aucune ne vaut le modèle. La vie est mouvement. Dieu seul est à la fois vivant et immobile, parce que Dieu seul est parfait.
Si un jardinier, dit Platon, a souci d'une semence et en attend de beaux fruits, il n'ira pas la jeter dans les jardins d'Adonis et lui faire produire en huit jours une plante destinée à ne durer que ce que dure la fête. Bien au contraire, il choisira un terrain convenable où il la puisse confier, et, la cultivant selon les règles de l'art, il attendra jusqu'au huitième mois pour la voir éclore'. C'est l'image de la culture que demande dans les âmes la connaissance du beau, du bien, du juste. Il faut une longue suite de soins pour faire lever en soi ou dans les autres la divine semence ; et quand la plante est venue, que de précautions encore pour la protéger contre les influences délétères, quel travail assidu pour l'affermir et en favoriser le progrès !
Les raisonnements les plus solides peuvent sembler