‹ De la certitude moraleChapitre 93 sur 98 · Pascal, PÉns<!es · texte numérisé non relu

Pascal, PÉns<!es

2. Bossuet, C'iiiHfv'finnnce de Dieu et de soi-même, cli. i. art. 16.

412 CHAPITRE Vil.

dissentiments sur les questions les plus graves sont nombreux et profonds, les luttes d'idées sont fréquentes et terribles : ne dirait-on pas que la division est partout? C'est la condition de l'humanité; et la présence même d'une règle extérieure infaillible dans l'ordre religieux n'empêche point les disputes et n'épargne point aux plus dociles, aux plus fidèles, les efforts et le labeur delà pensée. Que dis-je qu'elle n'épargne point? Socrate compte quelque part au nombre des privilèges de l'homme la peine qu'il lui faut prendre pour connaître, Èxuov^aat Tîpo; (xotôyiaiv * . Rien ne peut, rien ne doit nous ôter cette noble peine : jouir n'est pas notre lot en la vie présente : il faut, en des conditions et sous des formes diverses, travailler et lutter, toujours et partout. Que chacun fasse donc ce qu'il a à faire, que chacun s'efforce de remplir son devoir, tout son devoir, à l'égard de la vérité, et chacun travaillera pour sa part à dimiauer les dissentiments, chacun portera remède, selon son pouvoir, à la division des esprits. Il semblera que tout soit toujours à recommencer. Mais un bien réel se fera. La vérité donne la vraie liberté et la vraie paix. C'est à elle qu'appartient l'empire : si, par les efforts de chacun, son règne effectif fait des progrès, elle ne peut manquer d'affranchir et d'unir les esprits.

Ne pas faire obstacle à la vérité, se rendre capable de voir et de reconnaître la vérité : grand et fondamental devoir, qui concerne tous les ordres de connaissances,

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