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le sont d'habitude les manœuvres de clivage autour de l'appareil génital, rendues d'ordinaire si ardues du fait de la grossesse. Ce décollement terminé, vessie et tranche vaginale antérieure sont chargées vers la symphyse au moyen d'une valve. A l’aide des ciseaux droits, col et segment inférieur, bien exposés par la traction divergente des pinces de Museux, sont incisés bien sur la ligne médiane, sur une hauteur de 10 centimètres, jusqu'au cul-de-sac antérieur qui n’a pas été ouvert.
Le second temps comporte une incision du côté du versant postérieur de l'utérus. À cet effet, l’aide ayant relevé la traction de ses pinces sur le pubis, le cul-desac postérieur est exposé el une colpotomie symétrique de la précédente exécutée à ce niveau, Même décollement à la compresse qui isole le segment inférieur du rectum, mais sur une hauteur moindre, 7 centimètres environ, de manière à respecter le cul-de-sac de Douglas, puis hystérotomie postérieure.
L'acte chirurgical est alors interrompu pour faire place aux manœuvres qu'il a rendues possibles par les voies naturelles ainsi agrandies. Au lieu d’un col infranchissable, l'utérus se continue largement avec le vagin par une brèche sagitalle limitée sur les côtés par deux valves en mitres renversées.
A travers cet orifice dont les abords sont débarrassés des valves et des pinces de Museux, la main va déplacer la présentation, exécute avec facilité une version par manœuvres internes, suivie sans désemparer de l’extraction que termine, au passage de la tête dernière, une manœuvre de Champetier de Ribes.
Le nouveau-né, du sexe féminin, est en état d’apnée, mais le cœur bat. L’insufflation bouche à bouche et quelques flagellations sont nécessaires pour le ranimer.
SAT Son état doit moins être interprété comme mort apparente que dans le sens d’une anesthésie secondairement réalisée par l'intermédiaire de la circulation placentaire. L'enfant, qui mesure 49 centimètres et pèse 2.800 gr., a déjà un pariétal de 9.
Séance tenante, je procède à la délivrance artificielle aussitôt suivie d’une injection intra-utérine 1odée. L’utérus complètement évacué, reste à établir la continuité des tissus sectionnés : méthodiquement, la région exposée avec les valves et les pinces de Museux, l’incision antérieure est restaurée au catgut en points séparés de centimètre en centimètre, le point le plus profond excepté, qui comprend dans un surjet la barre transversale du T. Après semblable réfection du versant antérieur de l'organe, bien que l’hémostase soit parfaite, une bande de gaze stérile est lâchement passée dans le segment inférieur d’abord, le vagin ensuite. L’intervenlion a duré 30 minules en tout. Le pansement est enlevé définitivement le lendemain. Les lochies devenues malodorantes au 5" jour, quelques injections vaginales antiseptiques sont données une semaine durant. Une quinzaine après, l’état du col est vérifié. Au toucher, la reslilulio ad inlegrum est parfaite, et deux cicatrices linéaires mais souples rappellent seules l'acte opératoire subi par la malade.
OBSERVATION Îl
(P, Delmas)
Une opération de Dührssen à la campagne
Un de mes confrères de l'extérieur me téléphone, dans le courant du mois de février, qu'il vient d’être appelé auprès d’une éclamptique. En dépit du traitement médical qu'il a aussitôt institué, l'état de sa cliente s'aggrave d'heure en heure, il pense donc que l'évacuation rapide de l'utérus s'impose et me demande de lui prêter mon concours à cet effet. Je pars aussitôt avec un arsenal restreint, comptant bien procéder aisément à un accouchement méthodiquement accéléré à l’aide d’un ballon de Champetier.
La malade auprès de laquelle je suis introduit est ‘une robuste primigeste de 23 ans, entrée en travail le jour même. Dès les premières douleurs, les manifestations convulsives de l’éclampsie ont apparu. Alors seulement el pour la première fois on fait appel au médecin. Il trouve un sujet démesurément enflé, chez lequel les accès se succèdent ; dans leur intervalle la malade est dans le coma, pouls tendu, vibrant, respiration bruyante, facies onctueux, urines rares et chargées en albumine. La température s'élève. Lavement purgaltif, saignée copieuse et inhalations de chloroforme se sont montrés inopérants.
Je me dispose donc à dilater le col, encore long et résistant. Mais, le ballon introduit, je m'aperçois aussi-
HONOprae tôt que sa résistance sera longue à vaincre et lauseultation du cœur fœtal fait entendre des bruits sourds, irréguliers et ralentis. En milieu hospitalier l'opération césarienne classique me paraitrait d'autant plus indiquée, que la poche des eaux est encore intaëte. Tei, comment songer à la réaliser d'urgence dans un intérieur des plus modestes, alors que mon instrumentation est réduite au seul bagage obstétrical !
Invinciblement l'opération de Dührssen se présente à mon esprit comme une ressource unique dont je n'ai pas le droit de ne pas faire bénéficier la patiente. La décision, une fois prise et formulée, est acceptée par l'entourage et, sous anesthésie générale par l’éther goutte à goutte, j'interviens sans désemparer.
La technique opératoire ne présente rien de spécial quant à la libération successive des deux versants du segment inférieur et leur section médiane. Tout l’intérét de l’acle se trouve reporté sur la pénurie de l’instrumenlalion : valve vaginale el pince de Museux prévues pour la manœuvre du ballon el ciseaux droits destinés à la section du cordon.
Cependant l'intervention se poursuit avec aisance et simplicité, j'opère vite sur un segment à peu près exsangue, admirablement éclairé à ciel ouvert, grâce au ballon de Champetier qui l'abaisse et l'expose d'autant mieux à la vulve qu’une épisiotomie préalable a fait disparaître la gêne qu'entraine l’œdème très accusé de la vulve. En quelques minutes l'utérus est ouvert et une application de forceps ramène un gros garçon étonné, qui a expulsé son méconium. Le traitement persévérant de la mort apparente finit par le ranimer.
Il serait sans intérêt d’insister sur la fin de laccouchement et de l'intervention. Qu'il suffise de dire que
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deux crises seulement ont suivi, atténuées toutes deux, l'évacuation de l'utérus. Dès le lendemain, la femme sortait du coma, les urines redevenaient abondantes, la température tombait à la normale. Actuellement, m'écrit notre confrère, la mère vaque à ses occupations et l’enfant, qu'elle allaite, prospère chaque jour davantage.