‹ De la charité légaleChapitre 41 sur 106 · PARTIE 1V. — SECTION · texte numérisé non relu

PARTIE 1V. — SECTION

« frais de bureau, assurance contre l'incendie, « intérêts à des prêteurs belges , etc., s'élevant à « 0,721 fl. 74c. (fr. 20,575), on aura, pour 1831, «un total de dépenses générales de 145,127 f. « 55c. (fr. 307,146). Larecette de la même année « ayant été de 82,578 fl. 81 c. (fr. 174,770), «il y a donc eu un excédant de dépenses de « 62,548 fl. 74 c. (fr. 132,378).

« Et remarquez encore que dans le chiffre « des dépenses ne sont compris ni le -paiement u des intérêts des emprunts, ni le remboursea ment d'une partie de ces emprunts, ni les « dettes contractées en 1831 pour le service des « colonies, vu l'insuffisance des fonds mis à la « disposition de la direction. -

« C’est à cet excédant des dépenses sur les « recettes qu'il s'agit de pourvoir, et pour cette « année et pour l'avenir.

« Aurait-on recours, à cet eflet, aux em- « prunts?. mais cette ressource est plus qu'épui- « sée; les garanties manquent ; le protectorat a « disparu ; les terres et les bâtimens , les meubles « et les immeubles sont déja chargés d’une dette « qui dépasse de beaucoup leur valeur, et qui « va chaque jour en s’accroissant : quelle hy-

«.pothèque ofirirait-on désormais aux pré- « teurs ? .

« Compte-t-on sur les souscriptions, les dons « volontaires des particuliers? mais le nombre « des souscripteurs a jusqu'ici été en décrois- « sant ‘. La foi dans l'œuvre entreprise par la « société a disparu ou s’est refroidie; on réus- « sira difficilement à ranimer l'intérêt du public « en faveur d’une institution en décadence.

« Espère-t-on peut-être que l'état des colo- « nies deviendra avec le temps de plus en plus « prospère, qüe les nombreux bonniers exploi- « tés ou à exploiter finiront par être en plein « rapport, et sufliront alors a la nourriture des « habitans des colonies, qui paieront la société « par leur travail? Mais ce bien-être futur est « bien hypothétique; l'expérience, qui devrait « nous mettre à même de porter un jugement « motivé à cet égard , nous manque, ou dépose « contre des résultats qu'on ne peut nous mon- « trer que dans un avenir éloigné et incertain.

« Se reposera-t-on sur le gouvernement du « soin de soutenir les colonies? -mais les sacri-

- * Voyez le tableau IV à la fin du volume.

PARTIE .1V. — SECTION I. 305 « fices qu'il s'impose en faveur de ces établisse- « mens sont déjà bien considérables, eu égard « surtout aux faibles avantages qu'il en retire. « En effet, en réduisant de moitié le nombre « des mendians qu’il aurait droit d'envoyer à la « colonie de répressiori, aux termes de son con- « trat, il a diminué les charges de la société ét « augmenté d'autant les siennes. Il a continué «à payer, en 18371, la somme de 35,000 fl.

« (fr. 74,074), pour l'entretien de 465 men- « dians valides, oe qui fait par tête 78 fi.

a (fr. 165), annuellement , ou près de 22 cents ‘*« (47 centimes) par jour ; tandis que les mendians « invalides, qui demeurent oisifs dans les dé- «pôts, ne coûtent au plus que. 16 à 17 cents « (34 à 36 centimes) par journée d'entretien. Et « en supposant même que le gouvernement con- « sente ‘a accorder un subside additionnel aux « établissemens coloniaux, dans aucun cas, ce « subside ne couvrirait l’excédant très constaté « des dépenses sur les recettes. | « Cependant les besoins sont preéssans ; le dé- « ficit est là; il-est positif : loin de s'améliorer, « la position de la société deviendra plus cri- « tique encore , lorsqu'il lui faudra aviser aux J. 20

« moyens de payer les intérêts de sa dette avec « l’arriéré dû aux préteurs hollandais, et d’ef- « fectuer les remboursemens aux termes des « angagemens contraètés. »

Si nous comprenons .bien ces paroles, elles contiennent l'arrêt fatal des colonies agricoles de la Belgique. |

M, Ducpétiaux montre ensuite que le projet d'agelomérer toute la population indigente dans les colonies, imaginé par l’ancien gouvernement pour diminuer le mal, ne ferait que l’augmenter ". [l est vrai que lui-même propose des moyeus.pour conserver ces établissemens * ;.

mais, comme ce$ moyens copsistent à y placer exclusivement certaines classes de personnes , ils ne répondent pas au but de fournir de l'ouvrage à toùs les indigens valides du pays. C’est donc le renoncement complet à l'institution que M. Ducpétiaux propose, et .ce qu’il y substitue n'est autre chose qu'une institution nouvelle fondée sur d’autres bases, et destinée à utiliser le matériel de la première. Quand il suggère à la France les principes d’après lesquels elle doit

: Rev. encycl:, déc. 1832, p. 58a, 583. — * {dem, p. 500, Sat. oc |

PARTIE IV, — SECTION LU. 307 établir ses colonies pour qu'elles aient quelques chances de succès :, il ne fait de même que lui donner, d'une manière détournée, le conseil d'abandonner des projets dont la réussite lui

paraît impossible.

Des colonies agricoles dé la Hollande.

Renseignemens extraits des documens officiels. — Témoignage de M. le baron de Lüttwitz. — Renseignemens particuliers obtenus par correspondance. — Refus de répondre et faux-füyans. — Oppositions entre ces diverses informations et les opinions de MM. Huerne de Pommeus, de Villeneuve et de Morogues.

I n’y a plüs maintenant qu'un seul exemple par lequel on puisse éssayer de défendre le système que nous attaquons : c’est celui des colonies agricolés de la Hollande. Lors même que les résultâts en ‘seraient favorables, nous ne pensons pas qu’on dût les considérer comme une preuve "décisivé en faveur de ce genre d’éta-

* Rev. encydl., déc. 1832, p. 595, 596.

blissemens. On pourrait n’y voir qu'une honorable exception due au patriotisme et à la persévérance du peuple hollandais. Mais ces résultats sont-ils aussi heureux qu’on le croit comrmmément? Non, certes; autant, du moins, que nous pouvons en juger d’après les renseignemens que nous avons pu rassembler sur ce sujet.

Et d’abord, si nous consultons les rapports officiels dont ces établissemens ont été l'objet , nous y voyons que l'on. se plaint avec amertume du peu de dispositions des colons pour l’agriculture, de leur peu de désir de s’instruire, de leur paresse, de leur désordre ', de leur esprit d'avenglement, de mécontentement et d’ingratitude *; que, pour mettre uni terme à leur dissipation , on est réduit, comme en Belgique, à fonder à leur usage des boutiques ‘approvisionnées de tout ce dont ils peuvent avoir besoin *., et à créer pour eux une monnaie factice $; que l’on se voit obligé de chasser les uns et d’en “envoyer d'autres dans les colonies de ptnition ;

* Algemeen verslag, 12 aug. 1825, 20 sept. 18e. —" Idem, 12 juin 1833. —* Zdem, 12 aug. 1825.

4 Financieel verslag, 18 aug. 1826.

* Algemeen verslag, 57 jul. +828, 12 jun 1835, 20 sept. 1827.

PARTIE IV. =— SECTION Il. 309 que la mendicité continue, en dépit des ressources que cette.institution offre pour la détruire et des belles espérances que l'on avait conçues à cet égard : ; que les colonies n'obtiennent que difficilement le paiement des sommes qui leur sont dues pour le placement des indigens *; que, malgré toutes les peines que l’administration et le roi lui-même se donnent pour exciter le zèle du public en leur faveur * , le nombre des souscripteurs et le montant des s souscriptions diminuent d'année en année #; que l'on recourt constamment à de nouveaux em-.

prunts pour Îes soutenir ‘ ; qu'à la fin de 1831, ces emprunts, au nombre de onze, s'élevaient à la somme de 5,580,000 fl. (fr. 11,809,512 }, sar quoi l’on n'tvait amorti que 1,511,000 fl (fr. 5,197,880); en sorte que leur dette était à cette époque de 4,060,000 f1. (fr. 8,61 1,652) ‘;

* Algemeen verslag, 12 aug, 1825.

? Financieel verslag, etc., 17 aug. 1826. — * Idem, 15 july 1826 ( Rapporten, p. 72, 73), 13 aug- 1825. — Algemeen verslag, etc., 12 aug. 1850.

« Voyez le tableau IV à la fin du volume.

5 Financieel verslag, 15 july 1824, 13 aug. 1825. — Verslag, 2 sept. 1827; verslag, 13 aug. 1850.

* Besluit der Commissie , etc., 7 déc. 1833. L'imprimé porte

enfin que, le 1°’ juillet 1832, elles ont été réduites à suspendre l'amortissement. '

Les conclusions défavorables qui peuvent se déduire de ces renseignemens officiels sont confirmées par le rapport de M. le baron de Läüttwitz. Avant de sé décider à proposer à l'Allemagne et à la Prusse l'exemple des colonies des Pays-Bas, il voulut s'assurer par lui-même qu’elles iméritaient les éloges magnifiques qu’en avaient faits M. Huerne de Pommeuse et divers écrivains allemands *. Il les visita en consé- .quence ‘en 1830. Dans:le ‘compte qu'il rend'de cette visite, que les événemens politiques le forcèrent de borner aux provinces septentrio-

pales ?, il nous apprend que « les Hollandais, « qui, par leur habileté dans là finance, ont su « transformer. l'essence idéale de l'argent jus- « qu’à produire l'illusion au plüs haut degré « dans les dettes de l’État et les opérations du

pour le montant de la dette 4,071,000 ft. 11 paraît qu'il y à une erreur de calcul, puisque cette somme est de 2,000 fi. plus forte que l’excédant de Permprust sur Pamortissement.

* Verslag, 12 jun 1833. .

* Von Lürrwrrz, Ueber verarmung, etc, s. 47. — * Idem, s. 57. 7.

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