PARTIE IV. — SECTION II
« badget, n’ont pas manqué d'employer de a « manière la plus compliquée les mêmes arti- « fices dans l’adininistration des colonies '; que « la comptabilité de ces établissemens est tenue « de telle sorte qu'il est difficile de se former « une idée claire de.leurs revenus * ; que ces re- « venus ; tels qu'ils sont indiqués. dans les rap- «ports de l'administration , ne doivent pas « méme suffire à acquitter les modiques salaires « mentionnés dans ces rapports *; que l’inven- «taire du capital'est illusoire, en ce que les « terrains y sont portés au-dessus de leur va- «leur. # » M. de Lüttwitz ajoute que l’on ne peut se refuser.de reconuaître dans ces colonies l'application de la maxime énoncée dès l’origine de l'établissement par le général Van der Bosch, qu'il fallait faire travailler les pauvres sans interruption, lors même que leur travail rie rapporterait rien.
Notre correspondance particulière confirme quelques uns des renseignemens que rous venons de tirer des documens officiels et de l’ou-
* Von Lürrwrrz, Ueber verarmung ,etc., 8. 50. — * Idem, s. 51.—? Idem, 5. 51, 52. — * Idem, 5. 52, 53. — ‘ Idem, s. 52. Voyez la note XIII à la fm du volume.
vrage de M. de Lüttwitz. « Si, pour le moment, « nous dit-on, le gouvernement ne fait pas beau- « coup de sacrifices pour les colonies, il devra « dans la suite en faire de. considérables ; vu « l’énormité de la dette qu’elles ont contractée « sous sa garantie. Non seulement elles n'ont « pas éteint la mendicité, mais il est impossible « qu'elles le fassent, parce que les ressources « manquent pour y envoyer tous les mendians.
« — Si la mesure de dégrader les colons , en les « réduisant de la condition de fermiers à celle « de simples ouvriers, n’a pas été appliquée gé- « néralement , comme en Belgique , elle’ l’est « individuellement , pour punir la négligence et « la paresse. Il y a beaucoup d’indiscipline et « d'immoralité dans quelques uns de ces éta- « blissemens. — Les subsides accordés aux indi-. « gens par lés communes, les provinces et l’État, « depuis la fondation des colonies agricoles, ont « été généralement en augmentant. ‘» On remarque il est vrai, quant à ce dernier fait, que la proportion dans laquelle ils s’accroissent n’excède pas sensiblement celle dans laquelle s’ac-
* Voyez le tableau V à la fin du volume.
PARTIE IV. — SECTION II. 313 croit la population du pays. Mais, si l’on a égard aux grands sacrifices que la charité particulière fait pour les colonies, sacrifices qui ont augmenté considérablement la masse des dons volontaires que l’on faisait aux pauvres avant leur fondation , on sera forcé de reconnaître que, bin de diminuer le paupérisme, elles lui ont donné une intensité nouvelle.
Si nous ne pouvons pas donner sur les colonies agricoles de la Hollande des détails plus nombreux et pluis précis, ce n'est pas à un défaut de sollicitude et d'activité de.notre part qu'il faut l’attribuer ; nous n'avons rien négligé pour nous en procurer. Nous nous sommes adressé tour à tour à des personnes placées dans des positions diverses, et qui semblaient devoir les mettre a même de nous donner des renseignemens utiles, à des administrateurs des colonies, à des habitans de lieux situés dans leur voisinage, à des écrivains philanthrapes, à des hommes que leurs fonctions appellent à résider à la cour et à entretenir des relations avet les chefs du gouvernement. Nous avons été. seconidé dans ces recherches par des recommandations puissantes , pâr le zèle : bienveillant d’honorables amis, par la touchante
sollicitude d’un sexe dont l’ingénieuse adresse se joue des obstacles, et néanmoins nous n'avons rien obtenu. Les promesses positives de personues dont nous ne pouvons mettre en doute le crédit et la bonne volonté n’ont eu aucun résultat. On n’a fait aucune réponse aux neuf dixièmes des lettres par lesquelles nous demandions les renseignemens désirés. Le petit nombre de documens qui noas sont parvetus ne renferment, outre les informations vagues et incomplètes que nous avons mentionnées , que des réponses évasives et des refus formels *. Mais ce silence, ces faux-fuyans, ces refus, n’ont-ils pas leur langage ? ne fournissent-ils pas des preuves aussi convaincantes que pourraient le faire Îles assertions les. plus explicites du peu de succès des colonies agricoles de la Hollande? A quoi, en effet, peüt-on les attribuer, si ce n’est à tout ce qu'il'en coûterait aux Hollandais pour convenir à la face de l'Europe qu'une entreprise si vantée reposait sur des fondemens qui n'étaient pas solides ?
‘ Voyez la note XIV à la fin du volame. E
De la division d'une partie de l'Angleterre en districts nommés Hundreds (Cents).
La division du sud de l’Angleterre en Aundreds est d'origine saxonne. On en trouve le germe dans Tacite : Eliguntur principes qui jura per pagos vicosque reddant. Centeni singulis ex plebe comités, consilium simul et auctoritas adsunt ‘. (Le mot hundred désigne en Saxon cent vingt.) On peut supposer que l'espace occupé par 120 chefs de famille, hommes libres, formait un hundred. Les hundreds sont de grandeurs très différentes ; ils varient de 2 milles carrés à 300 milles (kilom. 5,20 à 776,60) carrés de surface et de 1,000 à 430,000 âmes de population ; aussi les a-t-on, selon leur étendue, réunis ou divisés pour former les juridictions administratives. (Population of Great Britain, 1831, p. 14, 15.)
‘ De Moribus Germaniæ, $. 12.
NOTE II
Renseignemens statistiques sur la charité légale en divers pays.
Détails sur l’état de la charité légale en Écosse, dans les Pays- Bas, en Suède, en Norvège, en Danemarck, en Livonie, en Prusse, en Allemagne ,:en Italie, en Grèce, dans plusieurs des cantons de la Suisse et des États de l’Union en Amérique.
G. 1°. Écosse.
Les lois de l'Écosse sur les pauvres ne diffèrent pas beaucoup de celles de l'Angleterre. Il est vrai que dans une partie du pays, on a jusqu'ici assisté les indigens sans recourir à la taxe. Néanmoins déjà, en 1824, sur 890. paroisses que comprend l'Écosse, environ 300 étaient sous le régime de la charité légale. Ces 300 paroisses, dont Glascow et quelques quartiers d'Édimbourg faisaient partie, contenaient à peu près la moitié de la population du pays, savoir : un million sur 2 ,093,456 âmes *, Dans les districts où . la taxe est établie, son montant est fixé par les propriétaires , et payé en partie par eux, en partie par les locataires ou les fermiers *. On y a recours toutes
* Edinb. Rev., oct. 1824. — Poor Laws of Scotland. : Nassao, À Letter to lord Howick, p. 28.
NOTES. 317 les fois que la collecte des églises est insuffisante pour l'entretien des pauvres. Le produit de la taxe est distribué par une assemblée composée du pasteur, des anciens et de quelques propriétaires *. Mais si l’indigent croit avoir à se plaindre de cette assemblée, il s'adresse à la cour d'assises (court of session), qui s'est attribué le droit de contrôler les mesures des propriétaires et du consistoire, lorsqu'ils repoussent les réclamations. ?
Dans les Orcades et les iles Schetland, la taxe se lève sous forme de ronde.