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L'exécution des lois qui sévissent contre les mendians rencontre aussi de grandes difficultés dans les dispositions des officiers municipaux, des magistrats.et des juges chargés de leur application. Ils ne s'acquittent pas de cet office, ou ils s’en acquittent mal; quelquefois même ils entravent à dessein les mesures dont le soin leur est confié. Tantôt ils négligent de faire arrêter les mendians, soit à cause des frais que nécessite cette arrestation ', soit à cause de l'énorme dépense que-coûte leur entretien dans les dépôts , soit parce que la-peine qu'ils doivent subir leur paraît d’une-odieuse sévérité *; tantôt ds éludent la loi au moyen de la forme des certificats qu'ils délivrent à eeux des indigens de leur ressort qu'ils veulent soustraire aux poursuites de la police 4; tantôt ils facilitent l'évasion du mendiant qui a été arrêté ‘. Quelquefois , il ya dés-
* Grisons, der Gem. Schw. > Jahrg. 2, 8. Gr. — Duché de Nassau, B. in., etc., etc.
* Belgique. Anuvasens, Foreign communications n° r.
* Belgique , idem.
4 Brandebourg. Winrzarzco (Coms, Appeudce).
* Angleterre. Josuk Cmir (Buanx, Lois sur les pauvres, ch. 11).
PARTIE V. — SECTION Il. 19 accord entre les autorités dont le concours serait nécessaire pour assuret l'exécution de la loi. C’est ainsi que, dans le canton de Vaud, le pouvernemènt central, qui à plus à coeur les intérêts généraux du pays que les intérêts locaux, est peu disposé à favoriser le transport des mendians dans leurs communes. En vain l’idministration de Lyon a-t-elle fat, ces. dernières années, tous ses éfforts pour ‘débarrasser la ville
des mendians ,-én les traduisant devant les tri
bunaux, selon la teneur-de la loi ; les tribunaux ont refusé de voir des coupables dans des individus dont l’indigence pouvait être le seal crime, de des entasser dans des ptisons qui n'étaient pus assez spacieuses pour les contenir ; de les y envoyer à l'école de‘la démoralisation perdre tout cé qui pouvait leur rester d’honnéteté, de se stigmatiser eux-mêmes aux yeux de la France, en faisant exécuter dés lois que , sur tous Les autres points du pays, la réprobation générale laisse énsevelies dans le code. Un magistrat qui a été à la têté de l'administration du département du Rhône, blâme comme illégale cette conduite de l'autorité judiciaire * ; mais qu'importe qu'elle
‘ Boëvina pu Mozanr, Causes du malaise en France, p. 424.
ait contre elle le Code pénal, si elle a pour elle la justice et l'humanité!
Quelquefois même la mendicité .est encouragée par les personnes chargées du soin de la détruire. Dans le canton de Berne et dans celui d'Appenzell , les chefs des communes envoient les pauvres quêter aux portes des particuliers. ‘
Enfin , on a beaucoup de peine à obtenir que les. agens mêmes chargés de l'arrestation des mendians s’acquittent. de cet office. En vain cherche-t-on , comme nous l'avons vu, à exciter leur zèle par des primes dont on augmente progressivement la valeur; en vain pumit-on leur népligence. ou leur. mauvaise . volonté d’une amende, de la destitution, de châtimens corporels * ; soit humanité, soit crainte de l'animadversion publique , soit quelquefois connivence intéressée, ce n’est jamais qu'à la dertière extrémité qu'ils se décident à arrêter les men-
dians. °
, * Berne, Armenwesen, Briefe, etc, Br. 7. — Schw. Gem, Ges., 1825, s. 111. — Appenzell, Der Ge. Schw. .) 1 Jabrg., s. 08.
: Voyez la uote IV, à la fu du volume.
5 Canton de Berne, Schw. Gem. Ges., 1820, s. 236. — Fribourg, Publication du petit conseil du 13 nov. 1812. —