‹ De la charité légaleChapitre 68 sur 106 · PARTIE VI. — SECTION Il · texte numérisé non relu

PARTIE VI. — SECTION Il

Telles sont les causes qui conduisent à la charité légale’. Le développement de ces causes peut être amené ou favorisé par des circonstances qu'il importe de signaler. Et d’abord, le défaut de charité dans un pays peut non seulement, comme nous l'avons déjà montré, conduire immédiâtement et directement à la taxe, mais il peut encore y conduire indirectement en provoquant quelques unes des mesures qui en contiennent le germe. On peut même dire qu'entre ces mesures, il en est qui sont la conséquence ordinaire et presque inévitable d’un défaut de charité dans les populations au sein desquelles on les introduit. En effet, si l'autorité civile est acheminée à s’immiscer dans le domaine de la bienfaisance privée , soit pour prescrire la charité par ordonnance, soit pour présider à la perception et à la distribution des aumônes; si, pour organiser la bienfaisance, on prend dans quelques communes opulentes des moyens qui impliquent le domicile de secours, ou qui tendent à le faire établir, n’est-ce pas communément lorsque la charité particulière se refuse à

: Voyez la note XV à la fin du volume.

pourvoir aux besoins des indigens? La première cause du mal est donc très souvent dans les dispositions des riches, qui laissent souffrir des malheureux qu'ils pourraient soulager. Enoutre, ce défaut de charité force les personnes qui s’occupent des intérêts des pauvres à leur procurer des secours par des procédés qui portent le caractère d'une sorte de contrainte. En voici quelques exemples. De 1788 à 1803, on avait en vain cherché à Rostock à organiser convenablement les assistances et le travail pour les pauvres; les contributions particulières étaient insufhsantes. En 1803, on arrêta un nouveau plan d’après lequel on devait occuper tous les indigens valides; on ne voulut point cependant encore recourir à la taxe. Mais que fit-on?

On déclara que l'on ferait connaître par la voie de la presse les noms des personnes qui, sans motif connu , se refuseraient à souscrire, et que l'an se réservait de prendre contre elles des mesures ultérieures. *

À la suite d'une maladie épidémique qui eut lieu à Dublin en 1817, la ville fut inondée de

‘ Rostock, Armen versorgwmgs Anstaken.

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