PARTIE Vil. —— SECTION 111. IIIÎ
mendians. On organisa en leur faveur des mo yens de travail. Le plus grand nombre d'entre eux partirent; les autres furent logés dans de vieilles baraques, et on leur donna de l'ouvrage. L'argent manquant pour soutenir cette entreprise, le comité qui la dirigeait disposa ses ressortissans en procession, et les envoya donner un charivari à tous les riches qui n'avaient pas souscrit. On rassembla de cette manière 9500 L st. (fr. 23,512) de contributions volantaires , somme avec laquelle on put entretenir les processionnaires pendant six mois. ‘
Ce mode de contribution est usité, non seulement à Dublin, mais à Cork, à Randon, et dans d'autres villes de l'Irlande. C’est au moyen de ces charivaris donnés aux personnes qui refusent de souscrire, de menaces de toute espèce qu'on ne cesse de leur adresser, de la publication de leurs. noms, que les saciétés instituées pour la suppression de l: mendicité lèvent dans ee paya les fonds qui leur sant nécessaires. *
1 Observations of the necessity of a legal provision for the Irish poor, by John Douglas Esq. London, 1828 (Quart. Rev., july 1828, p. 84).
» Quart. Rerv., feb. 199r, p. 5a1.
On conçoit aisément que de tels procédés peuvent devenir dangereux, soit en donnant l'exemple d'introduire dans l'exercice de la charité un élément qui gêne jusqu'a un certain point la liberté, soit en revétant un caractère menaçant pour l'ordre public, et en pouvant faire désirer ainsi que la loi intervienne pour y substituer des mesures plus régulières. IL est vrai qu’en Irlande, ces procédés n’ont pas conduit à la charité légale. Peut-être même est-ce en partie à leur brutalité que ce pays doit de n'être pas encore soumis à ce régime. Mais il est manifeste que, sous l’empire d’une police plus sévère, ils auraient pu facilement y acheminer. D'ailleurs , ne forment-ils pas eux-mêmes un mode de perception pire que la taxe ?
Un pays est exposé au même danger, quoiqu'à un moindre degré, lorsque , sans recourir à des moyens si violens, les amis des pauvres sont pourtant réduits, pour recueillir des aumônes , à user d’importunités fatigantes, d'appels directs à l'amour-propre, de dénonciations à l'opinion publique. C'est ainsi que, dans le canton de Schaflouse, lorsque la quête du dimanche ne pourvoit pas suffisamment aux besoins des plus