‹ De la Chine: ou Description générale de cet empire, rédigée d ..., Volume 2Chapitre 22 sur 40 · LES MÉTAUX, LES PIERRES, LES SELS · texte numérisé non relu

LES MÉTAUX, LES PIERRES, LES SELS

Jjes inëtaux, L^ montagncs de la Chine sont en si grand iesjpierres,ies i^mbre ^ et sitoées SOUS des climats si variés , qu^elles doivent renfermer des minéraux de toute espèce. On y trouve , en effet , d'abondantes mines d'or , d'argent , de fer , de cuivre , d'étain^^de plomB^ de mercure ; des marbres, de&cristaux, du cinabre, des pierres d'azur, etc.

§ I. — Or el argent de la Chine.

L'or et l'argent seroient beaucoup. plus communs dans cet empire, si la politique -chinoise permettoit l'exploitation de toutes les mines qui recèlent ces métaux ; mais les em- | pereurs , comiiie nous l'avons déjà observé , ont toujours craint que cette recherche ne | détournât le peuple de travaux plus utiles ;

HISTOIRE NATURELlLÊ. 207

et ces lois prohibitives sodt toujours main^ Les mëiaut tepues et en yiguQur. Une grande partie de les pierres, le» For qui existe à la Chine se recueille dan» le sable des rivières et des torrents <pii descendent des montagnes situées sur les limites occidentales des provinces de Sé-tchuene et d'Yunc-nane ; cette dernière province est surtout très-riche en mines d'argent. Les peuples Lo-lo , dont nous avons déjà fait mention , et qui habitent la partie la plus voisine des royaumes d'Ava et du Pégou , doivent tirer beaucoup d'or de leurs montagnes , puisque leur usage est de reofiermer une grande quantité de lames d'or dans les bières des personnes illustres qu'ils veulent honorer. Leur or n'est pas beau à la vue , peut-être parce qu'il n'est pas suffisamment purifié. Il paroît aussi qu'ils ne sont pas plus habiles à fondre l'argent, qui est encore plus mêlé et plus noir , majà qui devient pur et aussi brillant que tout autre , lorsqu'il a passé par le creuset des ouvriers chinois. L'isle de Hai-nane, dépendante de la p^rovince deKouan-ton, possède plusieurs mines d'or; mais. elles sont entre les mains des naturels de l'isle, encore à demi sauvages, et qui occupent les montagnes. Le meilleur or de la Chine et le plus cheri

2o8 I>£ LA CHINE. LiV. Vl.

Les rtrf«aux » ^^* ^^^^^ qu'oD tFQUve dans les districts de les pierres, les Li-kian-fou et d*Yon-tchan*fou ( province d'Yune-nane ). Comme Torn'est pas monnoyé , on remploie dans le commerce et il devient marchandise. La consommation de ce métal est peu considérable : il n^est guère mis en œuvre que par les doreurs ou pour de légers ornements ; il n^y a que Tempereur seul qui ^it une grande quantité de vaisselle d'or. Nous remarquerons , d'après le rapport des missionnaires , que Por de la Chine est moins pur que celui du Brésil ; mais que , proportion gardée , on Tacheté bien moins cher , et qu'il y a même soixante-dix pour cent à gagner , quand on l'apporte en Europe.

§ IL — Mines de fer, de plomba d'éiain,

»rS lôuuempl - Ces minesdoivent être très-communes cttrèsai^ondantes , puisque ces métaux se donnent à bas prix dans toute l'étendue de l'empire. M. ï>ortous de Mairan avoit demandé au P.- Parrenin s'il existoit quelques monuments qui pussent déterminer l'époque où l'usage du fer avoit été introduit à la Chine. Ce célèbre missionnaire lui répondit que l'usage de ce métal y étoit très* ancien , et qu'il paroissoit avoir été connu des premiers conducteurs des

HISTOimS KATURELLE. 209

Chiiioiss puis^uUl.en e&t fait mentiba dans le j^^^^^^ Çhou^ r- kin , ^u chapitre l^wrio», où il est l««p»«>«»iï«» rapporté que I0 fer. vient d^. territoire. de "' •

Léaa-tcheQa i(. pTOvince de Chene^i ).: Oa:nQ dit cependant pas que ce fut/là/qii!on eut la première connoissance du fer ; mais comme la Chine a commencé indubitablement à se peupler par, Touest de Pé-Kin ,. ce fut à Léàj»^ tcheou que les che{s:des Chinois reconnurent cette terr^f propice àlafusiondufer»,Conimenk le gratid ¥.u , sUl «ut manqué d'instrumentd de fet-, auroit-il pu réussir à couper les mon*: tagnes y' .<W .exécuter, ces. vastes canaux qu'il i

fit creuser pour* donner un libre cours aux > eaux qui i)iOQ4Qieat les terres ? D'ailleurs y ou ne trouve à la Chine aucune de ces ancieuned pierres tranchantes, travaillées, pour suppléer à r usage du fer,; du moins leé lettrés actuels . n'en ont Jamais cgutendu parler.

Les missionnaires de Pé-kin nous ap- .>^ i

preunent que pour fondre les pailles ou gru-meaux qui se trouvent dans le fer , on le fait tremper exi lirni^s dans de l'huile de sésame >^ d'où. on le retire pour le faire fortement ro«« gir.; Us ajoutant qu'ils ont trouva , daps les an** ciens livres chinois, dessecret3 pour amollir v durcir ou purifier le fer et d'autres métaui ;

lu 14.

2IO DB LA CHtKE. LIV. VU

z 1 — mafe il conviemieiit avec candetir ôuMl est sî

Les métaux , ^

kspierres,le9 difficile detrouver la carrei^ô»daiic€ «)iacte des anciens nbiAsdès drogues a^ec ceuxqu^elles poiteni aufourd^hiriv <iii^îls'n*Oi]ltf>as voaki se hasarder «à n^etovôyer qtie deè irëcetteà fetHives.

*k?éu^*^ Ndtfs ttouB bornerons à 4<iéîq«ei* ïe procédé fycAe par ieq«iel les Cbitioië pt<ëleftd;ent pott^ ymr ddtkier aus vases et aiix «M^silts d^éuân la feormeté dû fer et l^éclat de ï^rgetit. ll^vffit , d^apv^ès «leuts^vres , de tenk* d^s vâsès sur }è feo , plongés dans un «lélabge de tiliXaSUe d'acier , d*^i*senic et de sei.

juiiâM. ' Les mitiiés de ptornrb qui "se^i^ouvent 'dans le voisinage de Canton et "danstdâi de ^é^ kiii renfemient une siabstaïice kàiaéciàt û^wt bleu foncé , qtre les CbitfoiËii dppéU^t iéiHè, ^t dodt leitrs <mttiers se servent pool- p^ndfe jtf porcelaine.' Qbelqaes natiirtilistes^eitip^nttÂit que le isine chinois est le bteu de «î4b^. «^ Un ^nd nombre de provittceir de4aXlhine fournissent deis pierres d'a'imttit ; 'doiltla^itie^ decine emprunte plusieurs dé ses remèdes* On les achète «auipofds, et tes^nëillëures ne se-vèndent que huit ou diîx:*^£i4'^Mee. Les Chinois oM^ le* secret de les^ tailler' «ivëc ^hUM d'aisanoe ^^ dts promptitude. '

AISTOIHE KAtURELLE* ^At

§ IIl. — Cuwre de àwerses couleurs; touienague; ^^^ méiau» , ,vif-argènt; le tsee-jene-tcn, sels.

mmeet âeKoimr^chei^ fimfmUâeflbt ^ depuis un gnafld iMHul^te d'aan^eis ^ toute la petite «QKMiaoie qui.se frappe 4an$ Tempine. Outre le cuivi-« ix>mnioa , leè ^^Uiiaol^ ^en aat un autre qu^ls appellent p^^ton ou cuivre Wànc ; il «t îîi;;t bu.«" ^* 3i lin jet ai pur qu-il â la touche de Targent ,

Ce .cuivre elst natux'eUemeut blanc lorsqu^ojl ie tire de la mine ^ et ^ lorlqu^on en pas&e les ^;rains ^ ea les trouve encore plus .blancs datts l^intébimu! qu^ â^r .sucfacè. ./On a fi^ît, ufi grand jiomlnie d^fixpérîencès à {^•^kso , ptilM syssuner que œ cuivre ne doit sa blandbef^r à aucun mëiange. On a cbenclié à rin^Uer^Joti; il arriva asseec ifi^équeeiinenl: qu^on le v6q4 jcontrèfait ou albjré. On fehriquisayec ce cuii^rt id^i^eMs ouvrages , sur-tout jun mrnibre.pro)- -digieux.ée pipçs^ Pour Taïuoilir et 'éinjiécfaer ^^il ne. soit trop, cassant^ on est okMgéé^jf ajouter pti peu de touienoffue, ou.d'autre senir blable demi-métal ; et iceà:^ «qui ^ne»leii^t d^ilier ^lus d'éclat à sa belle couleur y méknit une cinquième partie d'ai^W. <Jb ine ttQm*3 xe cuivre que dans la proyjnce d'Yune-nane ; mk rapporte à Bé^kîn en pettt&paia^ ronds ^

212 BE LA GâlNE. LIV. VI.

7"^ — —^' d'environ trois livres , lesquels se distribuent

L^ métaux • ^ *

lespîcnre», les et se vendent aux ouvriers , sur - tout à ceux

selj*

qui fabriquent les pipes. Ceux-ci brisent ou scient ces pains en morceaux , qu^ls refondent et qu'ils coulràt en petits lingots ; ils battent ces lingots à froid , en les faisant rougir de temps en temps ; ils les réduisent en feuilles qu'ils plient^ qu'ils étendent , qu'ils soudent ; et malgré lé grand nombre de fois qu'une même pièce est mise au feu et passe *sou9 le marteau , le cuivre conserve toujours sa blancheur.

On lit , dans leé Mémoires de VAcadërme des Sciences, année 1739, partie lùotorique, qu'un morceau de cuivre blanc v envoyé de la Clûne et annoncé cbmme naturel , étoit de* T^nu rouge après la troisième refonte. Oa . n'élève aucun doute sur l'exactitude de cette expérience ; mais comme il est' constaté à la Chine, par un usage journalier, que le bon t^oivre blanc ne se décompose pas, et qu'on sait d'ailleurs qu'il se débite , idans' les pro* vkices et à Pé*-kin même , un' cuivre blanc contre&it ou au moins altéré , il est plus que vraisemblable que le nkorciealu envoyé à l'Académie des sciences de P2h:is !étoit de cette dernière espèce (i).

(1) M. Staunton paroît n'avoir recueilli que de fausses noticms sur le cttivre blanc ^ puisqu'il té régarde coiome ime

HISTOIRE NATURELLE. 2l3

Les Japonais apportent à la Chine uneautre

d*aiM {gaif

Antre ent^ni

m<4içi

Les métaux y

espèce de cuivre qui est jaune , et qui se vend >cs pierres, les en lingot. Gelui-^ci« dit-on, a la touche de Vov. ^ . -.

^ ' ' ^ ^ Cnivre jaune

et les Chinois remploient pour exécuter dife ierents bijoux. On prétend que ce cuivre a^engendre point le vert-de-gris.

Les Chinois connoissent encore une autre espècç de cuivre , appelée fa^'- A/y- to«, ou cuiure qui çient de luirmême. Il paroît que ce n^est autre chose qu^un cuivre rouge y détaché des hautes montagnes par les grandes pluies ^ el qu^on trouve ensuite dans le sable et parmi les cailloux , lorsque les torrents se sont des* sécbés. Les médecins chinois attribuent auiE bracelets de tsé-lay^ton la propriété de fortifier les bras contre les attaques delaparalysie»

La toutenagué ou tuienago , dont nous ve-^ u ioumm^im. nons de parler et qu^on mêle quelquefois dans le cuivra blanc , est encore un. des minéraux de la Chine. Voici ce que nous en apprend M. Yalmont de Bomare : « M« Charles Eke^

composition dans laquelle entrent du cuivra , du zinc , un peu. d'argent , et quelquefois des parties de fer et de nickel. « Le » docteur Gillan, dit-il ( tome IV, page 289 ) , apprit à Cantoa » la manière dont les. ouvriers du pays font leur pétung. ». Le oui\re blanc ne se fait pas, il est llouvrage de la nature : le docteu];> GiUan n a pu apprendre des ouvriei:s.d<s Cai^ton q[ua. la manière de Tiiniter et de le contrefaire. .

)l4 DE LA CHIVE. LIT. Vl.

Les métaux ^ ^^'8 » pi'emîer siiâ>vecaTgue dé la coiâpagtiie Uapierresjies j^ ^es Inde$ de Suèdè I avertit que cette sobs* » tance métallique , qa'ofifk s^koU plri^ însqu^ici » pour un alliage de ziiic et de bismuth , se » trouve en Cbine ^ daas la prormce Woh- » nam (i). Les Chinois Fappellent pihef^ùu ^ » Dans rétat de mînëriai , elle a une couleur

>> bleue*griéfttre y brillante comme de la mine » de fer bleue : elle est pesante , tendre sôoa » terre y mais susceptible de se durcir à l'air. » II n'est pas rare d'en trouver ea filons de-* » puis deux pieds de la sor£ace de la terre y » jusqu'à quatre-vingts toises de profondeur. » On trouve rarement le tuienago tout pur; soa » minerai se fond aisément. » L'habile naturaliste regarde cette substance comme une espèce de zinc.

M.reiir..L«»ciii- |^a oluDart des provinces chinoises foor«

noîs en tirent da . • * *

yourpi«r. Missent abondamment le mercure ou vif-ar-

gent. Mais outre celui qu'on tire dès mines , les Chinois y au rapport dû P; l>lsntrecoIles , ont encore le secret d'en extraire du pourpier sauvage. Si ce secret paroit extraordinaire »

(i) Ce nom, dcrit san^doute seloa la pp^non^tion sué^ doise , peut indiquer k province de Ho*tia«e, ou peut-être ceHe d'Yune^nane , que ses noMil»H&{|ses montagnes rendent si riche en minéraux.

Q^STOIRE KÂTUEELi;.]^. 21$

a «rt ftP «oins fecile 4'eft feijre Tçss^i , et $an9 l^ '^éteuxV inai^ft^r^Uir lei^ «ombreux ayan^ges quippurr le^piei^riç^^UA j*9Â9Qtï rç^i^tpr de^ ceUa décçuvertç , h çurifi^iXé' s^nle saj^t ppur pointer quelques-i;Ki3 idem^ clvîiwtç^ à tenter Tçi^p^rJiçiiç^, y«ici lea pFpç.é44$.p^u ço^plîtmé^ qu'indi^iuent les Uvre$ chiopiis. Prene2> des petite3 feuilles de p^Vflier ^«vage , l^i^is^z-le^ d^n^ un. oi^ir^er avec ^p pik>«p^ f^Ât debobdVacia.i ei^^pQ^zr le$ ^^ sq\^\ dMf 2Wi. enyirqp trois. y>ura, Xorsqq'elks; Sl^Q^A sç<)bé«fij ^ ^tesnlt?^ hr^lei: \ sans cepciQdapt ♦» d^truiijre I9 nature et lesi vertus ; en^^^n ççtle.mass^ 4^^ ^n ya^^M«M. de terre y^mî$sé , ei; ?iprès Tavoir «QJ^n^e^ç^OK^t b»uh jché , ^Ç|)^^îssje^-l1f à W^ çeirtaiçe pr^pjÇwiitjil^ar ^a^ni^ 1^ tef re » où vaqs le UiSjSere^pen^Wt quar rap^0rBi««^f jtoars ; ?pres quoi retire^ le vase> et vous y trcMiyer^ le yif-wgent bie^i fg^^çié^ Le Pi» DentrecoUes ^ étoooé de U siogula^ rite de cette recette , co^ai^lta im lettré de Pé-Ua , babile médecin et droguiste , et lui demanda sHl étoit vrai qu^oa pyt obtenir du mercure par cette voie. ï^e lettré lui répondit que rien n^étoitplvs certain , et qqe dans tontes les bputiqnea de pharniacie on yendoit deux sortes de mercure, Tun tiré des mines, et qn^on appelle çhane-çhoui-ine , et un antri^

216 DE LA CHJKE. LIV. YK

iesmétaiix ^^'^^ extrait des plantes , et qu^on noioine les pierres, te$ isi^O'choui-ùte. Le Hiissionnaite fait là-dessus

sels.

ies' réflexions suivantes : « M. de Réaumnr, > qui, par ses curieuses opérations de chiinie, » a trouvé du fer dans les principes des plantes y » nous dispose à croire qu^on peut aussi troi^ » Ver du mercure en quelques-unes d^elles; » et si, en réfléchissant sur laf nature des V» plantes y n^ùs cherchions quelle est>celle qui » le plus' vraisèmhlablemeht renférmeroit du » vif-argent dans sa composition ,- ne seroit-ïl •» pas naturel de penser au' pOttr|)fer ? caren^ » fin rherbier- chinois , qui en cela s*accordc j» avec nos savants botanistes d-Emrope, dentie » au pourpier des vertus qu'on attribue géaé- >i ralement au mercure, j&e poBir^/er , dit-il,; » est froid de^sa nature , il fmi mourir ks » uers 0t toutes sortes de termine ; . on l'em- » ploie utilement contre tes humeurs malignes » qu'il dissout i etpatce que diùsànaiure iiest ^volatil, il débouche, il tieht libres et éùveris » les divers canùusê et conduits du corps kur » main. Je serois assez porté à Croire que le » vif-argent , tiré des planté^, seroit^d^agé » de plusieurs impuretés que celui qu'on tire » des mines a naturellement ; car pour être » exalté dans les plantes en parties tirès>-sub-

qiSTOIRE NATURELLE. ^ 217

» filôs, il a dû se décharger des fibres ra- j^ métaux ; i> meuses et sulfureuses qui rembarrassent ^^ pierres, le» » |)tus ou mmns , et dont on le délivre en le » purifiant et en le passant au travers de la » peau de èhambis. Si par Pexpérience on » trouve que cette recette soit sûre, on en » tirera un double avantage : le premier , c'est » que partout et en assez peu de temps on » pourra se procurer une certaine quantité de » meipcure ; le second , c'est que par le vifj» argent qu'on aura tiré du pourpier on ju- » géra mieux des divers usages de cette plante , i et Tori déterminera plus ceHainement avec » quelle confiance ou quelle précaution on j> doit s'en Servir, selon les différentes situais tiohs des personnes saines ou malades. » ^

lie P. Cîbot, autre missionnaire , nou^ ap- sît«g«'ftir«p»ép»-

' : ^ r ration au mtt*

prend aussi un fait non moins extraordinaire , ^""^ relatif au mercure et à sa préparation. Cette manière de le préparer est très-ancienne à la Chine , et je ne sache pas qu'on Tait jamais tentée en Europe. On prend des poulets de ' ^

six mois , bien forts et bien portants , et on .les tient enfermés dans un endroit où ils ne puissent manger que ce qu'on leur donne. Là^ on les engraisse pendant un mois , en les nourrissant de bon graijii et de sénevé. Ensuite ,

2l8 DE LA CHINE. LIV. YIv

Le» roëtaiix ^P^^'^^ les avoîr iEait jeûner un ou dgux joor& fespîerresjies pQ^^ jçg vider, on Ics pourrit avec de la pâte où Ton a broyé du fnejfcnf e bien purifié: : on recueille alors avec soin leurs exçréiqeiits ^ qu'ojd fait sécher , et q^^oç administre e^ptsuite d'une manière conven^le çt appropriée au genre de maladie qu'on veut traiter. Qn aesure . qqe le vif-argent , ainsi préps^ré , e&t sur<-taat un remède admirable pour les raaW4^3 de langueur. Le missionnaire ,oli>serve ^'il fa^t changer les poulets troi$ joi^rs «près %u^iU ont été mis à ce régime içei^çuriçl.

i* iste^/eBe^ioa. j^cs Cbiuois out ijiu minéral qu'ils noipment tsee 'jene -* ion , c'est - ^ - dirç çu^ a de l'a0r nité açec le cuivre. « Ce que cette terr^ ççié^ ^» t;gillique a , selon moi, de plu^ singulier , dit » le P. Amiot , c*est sa forine. Ojr la trouve » dans des montagnes qui r enfern^^nt des mines 9> de cuivre, anciennement exploitées on qu'on 9 exploite actuellement , et elle s'y présent? >> toujours sous la forme de cubes de toatçs » les grandeurs ; on trouve même quelques* » uns de ces cubes dans le seÎA des plus durs » rochers. Le tsee "j^^f^-- ton , suivaiit un ar« » ticle de la luéde.ciiiiie chinoise , a la propriété » de résoudre le sapg ^tr^vs^sé après la.fracf ture des os , et <|e dopl^er aux sucs 9S^ux

» la vertu de se consolider promptement. On , p^^iau, » fait rotieir à un feu clair un de ces cubes * Ws pierre*, i«*

- sels*

» on le relire quand on le voit imprégné de » fcq y et on le laîs&e refroidir. On rec(Mn- » mence cette opération une ou deux fois en- » coje , et c^est à la troisième que le cube ^st » dan$ le degré de calcination conrcnable. On 9 le broie dans un mortier jusqu'à ce qu'il soit » réduit en une poussière fine. On prend en- 9 \ii:Qn trois gros de cette poussière , qu'on 9 fait infuser ou qu'on délaie «dans un demi- ?> verre de vin , et on le fait avaler au malade. » Trois heures après avoir pris le remède , le » malade &ent quelque douleur dans les os , >> et comme une espèce de craquement ; et » après douze heures les fragments des os » sont dé)a soudés. On a essaye ce remède sur » des animaux avant de l'essayer sur l'homme ; » on cassa la jambe à un chien , et le chien n marcha à l'otduiaire après dix ou quinze » jours ; on cassa l'aile à un oiseau y et après » trois jour^ l'oiseau s'envola. Pênes auclo-^ p rem esto fides. Il est fort recommandé de » ne ipas employer ce remède , s'il n'a pas 9> passé par l'état de calcination avant d^étre )> réduit en poudre. Il faut , en général , n^en p preadre qu'une petite dose , parce qu'il y a i> du dai^r à en prendre beaucoup. »

ktV^tw"^^^ ^ly.— Mines, de charbon , pierres d'azur, cinabre r le *c^*- icha-^cha , le réalgar, le hion-hoan , le tsiu.

Blincs de char»

'■ Les mines de charbon de terre sont en sî grande quantité dans toutes les provinces de cet empire , qu'il n'est peut-être aucune contrée de l'univers où elles soient aussi communes et aussi abondantes. Ce minéral se trouve avec profusion dans les montagnes des provinces de Chene-si , de Cfaane-sî , et de Pé-tché-li ; aussi l'emploie - 1 - on dans les fourneaux de toute espèce d'ouvriers , dans les cuisines de toutes les maisons, et dans les poêles qui échauffent les appartements pendant l'hiver. Sans ce secours , les bois de chauffage , qui Sont rares et fort chers , ne pourroient suffire à la consommation des provinces septentrion

nales.

.. Le P. Cibot , missionnaire , a fait une remarque , qu'il peut être utile de consigner ici. Il a lu , dans quelques anciens livres chinois , que tout charbon de bois s'améliore et acquiert de la force en restant enterré , et que si Ton choisit bien l'endroit où on le dépose y il parvient , avec le temps , à égaler le charb^in.de terre. « Si nous étions, dit-il, >> moins tiitijldes dans nos observations , naps 7> dirions que nous; en * airons . vu . u^ne espèce

Digit-ized by VjOOÇlC

IIISTOIEE KATtJRELLË. Û^l

» de preuve dans dxt charbon de bois tiré de ; ;

* . . Les metaut ,

» terre , quand oti treusa les fondements du les pierre*, k$

» nouvel t observatoire de notre résidence*

» Quoique nous n'aydn&pas pu constater corn-

» bien d^^années il. a ëté, sous terre , l^assenV

» elles en plus petit nombre . qu* on ne dit>,

» ceouneaprèsavoir été bien séché il estplui^

» compacte et plus pç.sant que Tautre , il en

» resulteroit , ce sçmble , qu^il a acquis; dç

» nouvelles qualités. Que les savants fassent

» leurs expériences et .leurs observations ; sUU

» parvenoient à conduire cette première idée

» jusqu^à une vraie découverte , il n^pst ^^

» douteux qu'ils ne rendissent un service im-^

» portant. ».

La pierre d^a^ur ou lap^-lazuli est connue par sa belle couleur bleue , semée de veines et de paillettes qui ont l^éclat de Tor. Cette pierre n^est pas transparente ; elle est. d^qi^ç teUure serrée , compacte , et finement grenue à sa cassure. Elle est d'une assez grande dureté .pour rayer le verre , mais rarement elle étincelle sous le choc du briquet. 1*05 chimistes sont peu d'accord dans les diverses analyses qu'ils nous ont données de cet^e pierre; il semble au moins résulter de ses principes qu'elle ne doit sa riche couleur à aucune substance métallique.

Pierre d*uqr.

222 DE La CHIKE. LIV. Vf.

hts mëraux ^^ P^**^ *^^^ ^^"^ d'oatre-ttier notiîs vietit àt ^^smerreif Uis Ja Chitte , de Pibràe et dé ta fïmndiê-^Bu'ch&tie ; un en trouve a«iss4 des ^fâ^Céiakiix épâii^s dans les environs du lac B^haX , «a Tàtt^é. Flu*sîeurs provinces de la €kîtle< iTourni^Beiït i^aisur : on le tiré de TYune-nane ^ da Sé*tèhuèôe , du Kkrti- si , et dtt dislrict de 3)ai * téti -feu , dans la ptx>viûc* de Ghine-ii. ^o^ AînéÉàlo^ gbtes àssiireni: -que cette ^îerrè se ^»ônve toujours en masses îtréguiières et' pftû -i^u*tnineul^es , dans difféi^èntës rœhe^ priràitives , i5ur*tot2t de granit ; quelës échàntîMbtiis? ^ui nous parviennent ^otit âcconipàgnéi^ dé Ms^ path , de pelro-sBex , dé fer salphtwé , dt grenat , de chaux carbonatée. Cepéïrfafift te P. BeAtrecoUes , à qui hons devions ià connoissance des procèdes qu'on ^uît dans la fe-^ twrication de la porcelaine chinoise , isetiibté Croire que ce minéral peut avoir d*âutre$ gissements. « On m'a assuré^', dit-il, què'Pïixur » ^e trouvort dans lès mînicres de chairboh dé » pierre , ou dans des (erres rouges ivoîsittes j) de ces minières. ïl^enparoît sur la superficie xf de la terre , et c^est tin indice asisez certain *^> qu'en creusant un peu avant dans lé même 3î lieu , on en trouvera infeîHîblement. H se ^> présente dans la miné par petites pîètes , » grosses à peu près comme* le gros doigt de

fitSTOIRE ï(AtUR£LLË; 2^3

T»la main, mais plates et non pas roiide^. Les mét^tn

» L^aaswr grossie ^t wsde^ ccmimun ; ùiâis 4e '«sficrres^Je*

» fin est très -rare, ttiln^est p&s aisé de le

» discernera VwA. U faut «en faire Péprèuw >

A si VbB ne r^M {làs y être trompe. «Geflê

il épretfvé <:ons«^lè li peindre une porcelaine

» et à la 4rir^ coite. On rend deux ta'éls la

» boîte du beau Imo ( bletf d'azu^r ) , qui n'est

» qae de dix onces , c-est-*à-^dire trente sois

»l^fiincé>(i). » • r '

V^iSÊMt'^ avant 4Mftrfe employa comme îCoti-* leur, ^ge diss prép^atiot» longues et d«^lifcales* 1Kod6:eKpb8efon{3 celles que pratiquent les tîhindis , lorsc|ti6 nous^ décrirons ^le«rr m^ mèfiî^'iippl^iier les cèiilemis surla pôrcelàitfe.

On trouve le cinabre naturel ^^n beaucoup c»*]»rt. de cantons des provinces cbîtioises , et sdW tout ^ns les cavités souterraines de^ montagnes qm a^voisîneht là vi&e de Tdhâh-^tcha ^ Capitule de la partie ^méridioïiale 'du Houkouân. -Les Chinois comtolssent trois sortes de dinabre natuM, qu^ils dt^inguent par les 'ieliidroils où il 5e forme^ : le cinabre de roéhèr , le plus beâu^ le «plus précieux , et qui se tik>oVe dans les cavités et les fentes des rochers ; le •dinabre de terk-e , qui » est celui

(i) Lettres édifiantes, tome XVl , page 365. *"

2^4 ^^ LA CHINE. JLIV. Vl,

Les métaux ^^^ mincs , où on le trouve ^ différentes prc>lespierrcs,le« fondcurs, plus OU moûis puF, cu oo.ocbes , en masses et en grumeaux ; et le cinabre d^eau , fort célèbre autrefois parmi les anciens chinois \ mais qu^on chercheroit inutilement aujourd'hui chez les marchands. On tiroit de certains puits , après les avoir, tnis à sec , .des mottes de terre ou ce cinabre étoit enfermé en morceaux de diiïérentes grosseurs. On trouvoit, dans le Chane-si et ailleurs, desptiits qu'en appelpit puits d^ cùifabre., p^rce ique , pour en avoir , on tue faitoit que le$, reçr^pUr de broussailles et y mettre le feu : comme ces puitâiéldientsaos revêtement ^laflamine n'aroit pas plutôt desséché , fait fendre et entr^^uvrir la terre des parois , que le cinabre js'ymootnoit de toutes parts.

Les Chinois distinguent encore le cinabre naturel en trois espèces , d'après la forme sous laquelle il se présente : ils ont le cinabre em^ pâté, c'est-à-dire celui qui:forme une. masse sur laquelle on. ne distingue, rien ; le cinabre strié ou graine , et le cinjibre écailleux ou feuilleté. Ils ne regardjent comme d'un usage sûr en médecine . que le cinabre écaâlleux , feuilleté .comme le talc, et d'un rouge tirant sur la, couleur de chair. Ils^ renvoient tous les

autres aux fabricants de couleurs , et ne les , I '

' Les métaux ,

croient propres qu'à être employés par les les pierres, les peintres. On sait que ce minéral mis en poudre fournit le vermillon à la peinture.

Le tcha-cha est un minéral d'une espèce utcka^hM. encore peu déterminée : il pourroit être , se^ Ion le P. DentrecoUes , le cinabre si rare dé Dioscoride. Le meilleur se tire de Chine-teou , ville de la province de Hou-kouan. On le trouve dans les mines. Il contient une grande quantité de mercure , et Ton assure qu'on pourroit en tirer une demi - livré de chaque livre de tchà-cha ; mais celui-ci est trop cher , pour qq^n s'avise de faire cette séparation.' lie icha-cha^ en grosses pièces , est toujours: d'un grand prix ; lorsqu'on le garde, il ne perd rien de la vivacité de sa couleur. Ce minéral tient un rang distingué parmi les remèdesinternes. Pour le préparer , on le réduit en une poudre très-fine ; et quand on lave celle-ci , on ne recueille que la partie la plus volatile que l'eau élève et soutient à sa surface. On assure que cette poudre. est un excellent cordial ^ qu'elle ranime le mouvement des esprits , et rétablit en peu de temps les forces et la santé.' Oa s! en sert à.Pé- kin , piendant les grandes' chaleurs , pour composer une boisson rafraî-

12& BS LA CHIKÊ. llV. Vl.

z T chissante. On lui attribue sur-tout des efietd

Le; métaux,

les pierre», les admirables dans les convubions et les mala^ dies malignes des enfants.

u r^igw. Les mines chinoises fournissent les sulfures d^arsenic , rouge et jaune , autrement appelés réalgctr. Ces deux substances donnent de très^ belles couleurs à la peinture. Les Chinois se servent du réalgar rouge pour exécuter diffée rents petits ouvrages , teb que pagodes , magots , figures d^animaux. On prétend même qu'ils en font des vases médicinaux , dans lesquels Us laissent infuser des liquides , qu'ils boivent ensuite pour se purger. J^ai vu à Paris ^ dans le cabinet de M. Bertin , minislfre , une aiguière d^un beau rouge orangé , faite de ce minéral et venue de la Chine. Au reste , on assure que les médecins de Sibérie administrent sans crainte ce réalgar » dans les fièvres in-* termittentes.

%Aki»m^m. Le hion^hoan est un autre minéral de la Chine y qu^on peut regarder comme une espèce d'orpiment. Toutes les mines où se trouvent du soufre , du plomb ^ du fer , ou quelque autre métal , fournissent ordinairement le hion^toan. « On rejette le plus grossier , qui contient des parcelles de fer et du gravier. Le bon , qui est celui qu'on trouve en gros quartiers f vtv^

ferme quelquefois un diamant : m^\B ^^**^ Us m«'uux boQue fortune nVrite que trè» ** rarement. *« pierre», u»

* sels. ^

Cependant le P. I)entrecoU6$ a eonnu un Chi-^ nois chrétien , qui avoit été possesseur d^un de ce« diamants » qu'il vendit à un asses bon prix t quoique la pierre ne fût pas pdlie , et que sa couleur parût un peu bUfaifde. Ce dia« mant avoit été trouvé daoa un morceau de» Uon-hoan , gros comme le poing. Lorsque» les médecins chinois font usage de ce minéral, ils choisissent le plus transparent. Ils Pem* piment contre là morsure des serpents et des '^^ ^

insectes venimeux , et Pordonnént comme remède ou conune un prÀervatif dans les ma^ ladies contagieuses. ' *'

Le tsiu est un minéral qui ressemble asse^ ^'^'"* au vitriol romain* Le P. Dentrecolles sôup-^' çoune ipi'on le iire des mines de plomb, dont sa substance paroit conserver des par< ceUes imperceptibles. Cette pierre fournit le beau yiolet foncé à la porcelaine chinoise. On ea trouve ^ss les boutiques de Canton et de Pé-kw 9 n»ais ce dernier est très ^ supérieur et se vend pr^ de quinze francs la livre* Le isUà a la propriété de se fondt^ ef; de s'a^ moUk*^ et, dans cet état, les orfèvres Tap-» ptiquent ^d forme d^éaaail ainr des^pièces et de

228 Ï)E LA CHINE. tiV. Vï.

■^ " petits ouvrages d'orfèvrerie. Ils insèrent , par

hîs pierres, les exemple , un petit cercle de tsiu dans le contour d'une bague , ou en forment les têtes de ces longues aiguilles dont les femmes se servent pour assujettir leurs cheveux. Quand le tsiu doit être employé à la peinture , on le brise et on le réduit en une poudre très-fine, qu'on jette et qu'on agite dans l'eau , pour en enlever toutes les impuretés.

§ V, — Cristal de roche , pierres précieuses.

criitiidemk». On tire le cristal de roche de plusieurs provinces de l'empire , sur-tout de celles de Hou-kouan et de Kian-si ; mais le plus beau vient des montagnes de Tchan-tcheou-fou et de Tchan-pou-hiene de la province de Fou-ldene , situées sousila latitude de 24 degrés 10 minutes. Les ouvriers de ces deux villes sont trèshabiles à le mettre en œuvre ; ils en font des boutons , des cachets , des figures d'animaux, etc.

R«bu. L'Yune-nahe fournit de véritables rubis; mais iis sont fort petits. H se vend annuellement dans la capitale de cette province une grande quantité d'autres pierres précieu^s; mais on assure que la plupart viennent d'ailleurs» etâur-tout'dés royaumes voisins d'Ava

HISTaiRE KATURELLS. £2g

et de lidos. On sait quHl existe, à la distance de Lc, mëtaux^ deux cents senes ou cordes de la ville de Mo'- lespîerres|le$ han-len , capitale de Laos , une mine de pierreries, qui a environ cent 5^/1^5 de profondeur, et d^où Ton tire dès rubis , dont quelques-uns sont aussi gros que des noix. On y trouve aussi des émeraudes , et Pon assure que le roi de Liaos en possède une dont la grosseur égale celle d^une orange. Un ruisseau passe à travers cette mine, et en détache plusieurs pierres précieuses qu'il entraîne avec ses eaux. Il arrive quelquefois qu^on en riamasse dont le poids est d*un quart ou d^un tiers d'once^

L'améthyste , le saphir , la topase , Faigue marine , le péridot , les agates , les perles , se trouvent à 'la Chine comme dans la plupart des contrées des Indes. Nous parlerons ail-** leurs de. la pèche d^s perles qui se fait sur les ' côtes de Pempire et dans quelques fleuves do la Tartarie chinoise orientale.

' § VI. — r Marbres 9 porphyre , jaspe.

Les carrières de marbre sont très-commu-* ii«rbi«à. nés à la Chine , sur-tout dans les provinces de Pé-tché-li , de Kouan^ton et de Fou-kiene. Celles de Chane-si et de. Kian-nane, et les montagnes qui enviropiient la ville deSuene^*

fl3o J>E LA CHiKE. LIV. TI.

têi métaux ^^^ » foumifi^cnl dès porphyres. Ces marbrer les pierres, les ne le céàttoieM "poiife à ceux d'Europe ^ si les ouvriers chinois possédoient aussi bien que nous l'art de les travailler. €e n'est pas qu'on n'en trouve chez les marchands quelques petites pièces supérieurement polies : les tablet* tea , par exemple y dont on orne les tables des festins, et qu'oh nomme iiene^isane, sont trèsragrëables et nuancées de difiërentes couleurs, qui, quoique peu vives, représentent natut^ellement des montagnes, des rivières,, d^s arbres , des animaux ; ces tablettes sont faites d'un marbre qu'on tire des carrières de Tay^li-fou , et dont on ne choisit que les plus beaux morceaux.

j*spf. Le district de Taî • ton *• fou , dans la pro-

vince de Chane^si , fournit le plus beau yu^ ché de la Chine. C'est une espèce de jaspe d'un blanc semblable au blanc de Pagate : il est transparent lorsqu'il est mfs en œuvre , et quelquefois tacheté.

§ VII. — Le corindon ou spath adamantin.

spaihada««nii«: . Q^ spath cstt utte pierre récemment con-» nue , qu'on ne trouve qu'a la Chine et dans les Indes: elle doit le nom de spatfL adamantin à son extrême dureté , qui égale presque celle

HISTOIRE NATURELLI. â3l

dtt diamant Les Chinois la pulTerisenl, et Le, métaux s^en servent pour taiNer et polir les pierres ^*?p'^"^^'^ précieuses.

On distingue deux yariétés de cette pierre. La première, qui est celle de la Chine , se cristallise en prismes à six pans , sans pyra-* mides ; leur longueur varie depuis six lignes jusqu^à an pouce, et leur largeur est d'environ neuf lignes. La couleur de cette pierre est grise,, ' mélangée de quelques nuances. Les morceaux entiers sont opaques ; mais les lames sont min* ces 9 et les arêtes des prismes transparentes. Sa cassure est brillante et sa texture spathir que , ce qui fait paroitre sa surface légèrement striée. Ses cristaux sont revêtus d'une croûte très-fine et chargée de paillettes fortement adhérentes de mica argenté , entremêlées de particules de feld-spath rouge. On a remarqué sur quelques-uns du sulfure de fer jaune superficiel. '

Cette pierre est si dure ^que non-seulement elle coupe le verre aussi facilement que le diamant , mais qu'elle raie même le cristal de roche et d'autres pierres trèsnlures. Sa pesan« teur spécifique est à celle deTeau, comme trois mille sept cent dix est à mille. Il se trouve accidentellement dans ce spath adamantin da

232 DE hk CHINE. UV. VI.

u$ métaux ^^ ï^ Chine de petits grains d'oxide de fer I^^^P^®"^"*»'" magnétique, qu^on peul en séparer par Taimant , lorsque la pierre est pulvérisée.

La seconde variété du spath adamantin se trouve dans les Indes ; les habitants de Bom* bay 1^ nomment corundunum. £Ue diffère de la première par une couleur plus blanche » par une texture plus décidément spathique ou lamelleuse , et en ce que les grains d^oxide de fer magnétique ^ qui s^y trouveixt mêlés , sont , plus petits que dans la première , et ne jsont

point disséminés dans son intérieur con;une dans celle-ci , mais seulement adhérents à sa surface.

Cette pierre , considérée sous ses rapports chimiques , est très-singulière , et Ton ne peut s'empêcher de regarder comme extraordinaire ^opiniâtreté avec laquelle elle résiste à sa dé^ con^position. (i)

I VIII. — Sels naturels : ahin , çUriol , /i/Yn? , ôorgx, set ammoniac y sel gemme. Salines,,

' La Chine est abondamment pourvue de toutes ces espèces de sels, La ville d*Yueto€-

(i) Ployez un Mëmoire de M. Klaproih , inséré clans le tome Vin de la Société des Curieux iS/a^ Nature , de Berlin; , ftnpëe 1788.

HISTOIRE KATl!R£LLE. â33

tcheou , dans le Kian-si , fournit Talun et le l^s métaux vitriol à une grande pattîe de Tempire. Les les pierres, le* Chinois font un grand usage de Palun pour sûp{4éer à la colle, qui n^entre point dans les préparations de leur papier : ils le passent à une dissolution d'alun pour Tempècher de boire. Le sel ammoniac se vend et se distribue en petits pains ronds , plats , et blancs comme la neige. 11 paroît que les Chinois en distin-> guent quatre espèces: L'once de celui qui ressemble à notre sel ammpniac coûte environ 25 sous. Le borax , qui est d'un usage si fré-quent dans la médecine et dans les arts ^ se trouve dans les mines d^or, d'argent et de cuivre de la Tartarie, et sur-tout dans un des lacs du Thibét. Les Hollandais tirent de cette dernière contrée et de la Chine beaucoup de borai^ brut, qu'ils raffinent d'après des procédés particuliers , dont ils font un secret.

La Chine abonde en nitre : nous avons déjà "«tr^parlé de celui qui se forme aux environs de Pé-kin(i), où l'oeil, le matin, aperçoit au loin des champs entiers qui en sont couverts, comme d'une légère couche de neige. L'empereur Kan-bi, dans ses Observations de Phy-^ sique et d'Histoire naturelle , nous apprend

(i)TomeI",page48.

234 ^> ^^ CHINE. Liy. TI,

Les métaux ^"^ ^* dynastic quî a précédé la sienne les pierres, les croyoit qu'il n'existoit de nitrë qu'à la Chine , et qu'elle avoit défendu , sous les peines les plus sévères , d'en vendre aux étrangers. « On » ignoroit alors , continue«-t-il ^ qu'il y a une a» sorte de terre blanche dans le pays des Kal- » kas et des Eleuthes ( en Tartarie ) qui en » donne un fort beau; l^ nitre des pays. sep- » tentrionaux l'est encore davantage. Celui M qui a &Àt le monde et qui le gouveme , j» ajoute ce monarque ^ a distribué ses dons » dans tous les pays. »

$»i*Mf. . Les salines de la Chine fournissent une in^ croyable quantité de sel. Outre celui qu'on tire des côtes maritimes , et sur-^out de celles de la province de Kian*nane » la Providence , toujours attentive aux besoins des hommes i a. placé d'amples dépôts de selge^mme et cristallisé dans les montagnes des provinces occidentales , où il eût été extrêmement difficile da le transporter des bords de la mer. Le Se- j tchuené a son sel fossile ; le Chane-si et le Çhene-si des lacs , des puits et des sources sa- j lées. Nous avons parlé del'isle Tson*min (i) i où l'on recueille le sel sur la superficie da | sol : Tintérieur de l'empire renferme encore

(i) Tome !«', page 74.

d^aatres cantons , où , sous la forme d^une terre l^^ métaux

grisâtre, le sel est aussi répandu çà et là par >« ?"«««•«$, lei

arpents. « Le sel , dit encore ^empereur Kàn-

» hiy est nécessaire pour la préparation des ali-

» ments. La Chine eh a de plusieurs espèces :

» ici c^est du sel de mer , là du sel de puits ,

» ailleurs c^est du sel d'étang. Tous ces diffe-

» rents seb sont Touvrage du travail et dé

» rindustrie : il faut £aiire évaporer Peau où

» ils sont par le feu , par le soleil et le vent.

 II y a des pays hors de la grande muraille ,

p comme à Tchan-kia , où la nature dispense

» les hommes de tous ces frais de travail et

» d'industrie. Les habitants vont prendre leurs

9 provisions de sel sur le rivage d'un lac , où

» ils le trouvent tout formé en grands et en

» petits cristaux. Ge sel est un peu noir ; mais

» il est aussi bon et aussi agréable au gdut que

» le nôtre : on ne dit pas qu'il ait aucune

» mauvaise qualité (i). »

Une bonne preuve de la grande abondance du sel à la Chine , c'est qu'il s'y vend à très-

. (i) On voit que M. Cossigny connoissoit bien peu les r^-* sources de cet empire » lorsqu'il a dit , dans la relation de sou ^oj(^ge à Canton , page a 54 : a Tout le sel consommé à la » Chine est tiré de la mer ; il n'y a point dans l'èmpirô de sel ^ » gemme ni de fontaines salées. »

a36 DE LÀ CHINE. LIT. YI*

Les métaux » ^^^ P^^^ » ^* *1^'^^ '^^ coûtc que dcux sols la Icspierres^ie* livrc dans prcsquc tout rempire. Néanmoins il forme encore une des branches les plus importantes du revenu de Pempereur. Un missionnaire ëcrivoît en 1786 : « La livre de seize » onces de sel ne coûte que deux sols. Les » fermiers-généraux du sel , en le vendant à » si bas prix , font encore des profits immen- 1^ ses , en raison de Ténorme quantité qu^il en :)» faut dans tout Tempire. La belle maison de 9 plaisance de Pempereur à Yan-tcheou (i) , I» bâtie du temps de Kan-hi, fut élevée , non » aux frais dé ce prince , mais à ceux des fer- » miers-généraùx du sel. Depuis que je suis » à Pé-kin y je les ai vu offrir à Tempereur , » indépendamment du prix annuel de leur » ferme, tantôt soixante - dix , tantôt cent » ouam (2) d^onces d'argent en présent. »

Les Anglais ()e la dernière ambassade , en remontant le Peï-ho pour se pendre à Tienesin , virent une immense quantité de sacs de sel, déposés sur un des bords de la rivière^ M. Barrow^ eut la curiosité d'en déterminer le nombre par le calcul. « Le nombre des tas A entiers , dit-il , étoit de deux cent vingt-

(1) Kqyez la note , tome I*', page 69. (3) Ouane signifie dix mille.

HISTOIRE KATUEËLLË. rlS^

» deux , sans compter plusieurs tas ihcom- Les métaux, » plets. Chaque section ( prise dans l'épais- Jc|pi«"es,ie» » seur du tas ) , contenoit soixante-dix sacs. » Aucun tas n^avoit pas moins de deux cents » pieds de long; quelques-uns en avoient » même six cents. En supposant qu'ils fus- » sent Tun dans l'autre de la longueur âfi » quatre cents pieds , de laquelle un sac occu- » poit deux pieds : il y avoit dans chaque tas » deux cents sections , ou quatorze mille sacs , » etdanslesdeuxcentyingt-deuxtasplus.de » trois millions de sacs. Chacun de ces sacs » contenoit environ deux cents livres pesant » de sel , et conséquemment il y avoit dans » la totalité six cents millions de livres (i). » Mais cette quantité de sel , déposée sur cette partie du rivage , n'étôit pas la seule ; de distance en distance , les bords de la rivière étoient couverts de semblables tas. A quel énorme total ne doit donc pas s'élever l'approvisionnement de cette denrée ? La plus grande partie de ce sel vient par mer des côtes de Kian-nane , de Chane-ton et de Foukiene , et il est ensuite répandu et distribué dans tout l'empire par le retour des barques qui ont apporté le riz et les autres tributs des provinces.

(0 Vojage de lord MoQartn^t tome IQ, page ^.

krpiwlsrûi §^^- ~ Sel particulier , que les Chinois appelUnt sels. kiene (i).

Le hiene est une substance saline , dont les Chinois font communément usage dans leurs lessives domestiques: ils en font dissoudre une certaine quantité dans Teau où ils mettent tremper leur linge avant de lé laver. On tire ce sel de divers cantons, situés principalement au nord de Pé-kin et voisins de la Tartarîe : on le recueille également dans quelques provinces méridionales ; mais il manque à celle de Kouan-ton , où , au lieu de kiene, on emploie, pour laver le Hnge , la décoction d'un fruit en gousse , appelé tsao-kiao-tsé. Ce sel paroît à la superficie de certaines terres , auxquelles il se trouve mêlé : on enlève ces terrés , qu'on lessive avec soin, et Ton obtient le kiene par révaporation. On en distinge trois espèces: l'un est blanc, l'autre jaune, et le troisième tîolet; mais ces deux dernières couleurs sont peu prononcées. Le plus cher est le blanc , et il ne coûte que cinq sous la livre. On trouve

(i) 11 ne faut pas confondre ce ^ieae avec l'espèçis 4e t»rUtç dont nous avons parlé ailleurs (tomeP', page 45). lequel forme des incrustations jaunâtres dans l'intérieur des vases dont on se sert habituellement pour faire bouillir de l'eau^ Cette sorte de taitre ^'appelle plus propreweia càçii-H^fi^

niÂTOIRE NATURELLE. iSg

luelquefoischez les marchands une quatrième Les mëtaux espèce àtkiene, qu^on tire des cendres de la l«s!«c"««»^t«

.1 / ^ sels,

paille de sarrasin , et qu'on extrait à Taide du tarage et de PéTaporation.

Le hiene , qui paroit être un alkali naturel , semble avoir quelques rapports avec le natron d'Egypte. Mais le missionnaire (i), de qiH nous tenons ces détails , manquant des drogues et des instruments nécessaires pour les expériences chimiques , n'a pu s'assurer , par une analyse exacte , de la nature de ce. minéral ; il est seulement parvenu , en mêlant une dissolution ^t vitriol avec celle de kiene , à obtenir un sel qui lui a paru réunir tous les caractères du sel de glauber.

Le kiene est la base du savon chinois , qu'on fabrique en mêlant ce sel avec des huiles ou des graisses ; mais il est rare qu'on l'emploie à un autre usage qu'à se laver les mains. Le missionnaire a entendu vanter beaucoup quelques-uns de ces savons, faits avec plus de soin et de recherche ; mais il convient que celui dont on se sert le plus communément est d^une qualité très-médiocre , et que les Chinois connoisseurs recherchent avec empres-

(i) Le P. Collas , j^uite français ^ mort 4 P^-kia le a a jan-

24o DE LA CHINE. hl\. \î.

Les méiauT" ^^"^6^^* ^^ iDorceau de savon d'Europe. Soit lespierrcsjlcs défaut dans la manipulation , soitimp^ection des matières employées, on blanchit moins bien le linge à la Chine avec le kiene, qu^on ne fait en France avec la lessive ordinaire elle savon.

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