‹ De la Chine: ou Description générale de cet empire, rédigée d ..., Volume 2Chapitre 24 sur 40 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

242 D£ LA CHINE. LIV. Vf.

Pierreifono- ^^"^ ^ dynastîc ccmimença Fan 1122 avant 'V*aîîrl* J^u»- Christ, ctoit cl€jà fort rare sous la ?>«"•«» «n- dynastie des Hane , qui commença Pan 206 chine. avaut notre ère ; c^étoit alors ce qu'on pouroit

offiîr de plus précieux aux empereurs. Tchinti, de cette dynastie , qui monta sur le trône Tan 32 avant Jésus-Christ , regarda comme une époque glorieuse de son règne qu'on eût lUpuvé, au bord d'une rivière , un ancien kin composé de seize pierres toutes A^yu.

îrli^^»%!^, Ces pierres sonores se trouvent aujour- Lean pin. «r»- ^ïjjyj ^^^ j^g raviues , les torrents^ les rivières qui coiilent au bas des montagnes de r Yune-hane , du Kouei^irheou , du Chene-si , d'Y-ly et du Yoqaene. La pierre d*yu ressemble, pat* son enveloppe extérieure, aux <!ailloi]X qu'entraînent les ruisseaux et les torrents qui se précipitent dans les gorges des âiontàgnes. Les gros yii sont très-rares : les plus grands que les missionnaires aient vus au palais impérial , n'avoient guère que deux pieds et demi ou trois pieds , sur un pied huit à dix pouces de largeur , ^l oh lés regarde comme des pièces uniques. Les yu se trouvent encore sous terre , dans les vallées , auprès des mines , et -dans les crevasses faites par les ravines sur le flanc des montagnçs* Ceux-

HISTOIRE katurï:lle. 243^

ci diiïèreiit des autres , en c« que kur stif- Pierres sonoface est moins poii^ , et qu'ils ne sont jamais "^^^** ^^^ intérieurement ni si bien élaborés, ni d*un P^efT®» ««-

^ gii lierez ^e ta

grain auesi fin. Chine.

On remarque cinq propriétés différentes pre?^ ayi!^ dans Vyu sonore : la dureté , la pesanteur , la couleur , le grain et le son.

La dureté des beaux yu est si grande , qu'on emploie pour les travailler et les polir les mêmes pix>cédés dont on se sert pour Pagate et les pierres précieuses; Tacier le mieux trempé gliese sur leur surface et s'émomse. Plus la nature les a soigneusement préparés, et plus il est difficile de I^s tailler , plus aussi le poli qu*on leur donne acquiert de finesse et d'«ciat. Comnîe plusieurs milliers de fournées ne suffisent pas pour finir certaines pièces , les ouirriers de Tempereur se succèdent sans interruption dans l'atelier dn palais , et quoiqu'ils traTaill^nt le jour et la nuit , ils emploient q^ielquefois neuf et dix années à terminer unse«l morceau. Les frais de la façon, joints au prix de Pachat , font que les beaux morceaux d^yu coûtent des sommes énormes.

La pesanteur de la pierre d'^ -est proportionnée à sa dureté. On en conserve au palais de l'empereur un morceau bxut ^ qu'il semble

244 ^K ^^ CHINE* LIV. YI. *

Pierres «ono- *ï^'"^ honuDC dcTroit pouvoir portCF ; il ein res et quel- fout quatre , Seulement pour le remuer. Ce

ques autres ^ ' mt ^

pierres sia- morceau D^a Cependant que deux pieds et demi ëhine!' de long sur un demi-pied d^épaisseur. Il est de figure irrégulière et de couleur verte , qui est celle de Tespèce dyi/ la plus commune*

La couleur la plus estimée aujourd'hui dans les pierres dyu, et qui est réellement la plus belle , est le blanc de petit lait,, d^une seule teinte : viennent ensuite le bleu clair , le bleu céleste , le bleu indigo , le jaune citron , le jaune orangé, le rouge de bois dUnde, le vert pâle j le vert d^eau , le vert foncé , le gris de cendre , etc. Les Chinois font plus de cas de Vyu qui est d^une seule couleur , sans nuances ni d^radations , à moins qu^l ne soit marbré agréablement de cinq couleurs.

A regard du grain des yu , le plus dur et le plus pesant est toujours celui qui a le grain le plus fin. Mais quelle est la sorte d''yu la plus sonore ? Le missionnaire qui nous a transmis ccis détails avoue qull ne peut répondre à cette question , parce qu^il ne s^est pas trouvé à portée de faire les comparaisons nécessaires : ce n'est que chea Tempereur , qui réunit seul toutes les espèces dyu , qu'on pourroit les comparer : encore est-il douteux

HISTOIRE natubellï:. ^4^

qu^on y trdùve divers kin exécutés sur les pierres sonomêmes dimensions ; ce qui seroit cependant q„e8** aïirls essentiel pour la comparaison. pierre* «in-

^ * * ^ ■ ^ . guheres de la

Le nieou'yeourché , ou pierre graisse de Chine. bœuf, est la seconde espèce de pierres sono- ^^J^y^r* ""*"• Tes connue à la Chine. Elle n^a ni la dureté ^ ni la pesanteur , ni la douceur du son de Vyu; et elle est bien moins rare et moins estimée. Cependant il est très-difficile d^en trouver de grandes pièces propres à faire des kin; les plus recherchées sont celles dont le jaune , qui est réellement celui de la graisse de bœuf, est d'une seule teinte , sans nuances ni dégradations. Cette pierre vient de la province d'Yune-nane. Elle se trouve dans la terre, près des mines , «u dans les vallées , au bas des montagnes. Sa première surface est rabote\ise , d'une couleur sale , mélangée de marrwi et de vert ; vient ensuite une couche de blanc de lait caillé / laquelle est suivie d^une autre couche dont la teinte est jaune. Ce jaune devient plus foncé à proportion qu'il appro-. che du centre. Il seroit assez intéressant d'examiner pourquoi le centre de cette pierre est plus travaillé, plus fini, plus compacte, et d^une couleur plus foncée que ses autres parties. "Vyu donne du feu au briquet ; le nieou" '

246 Bfe LA CHINE. LIT. Y 1.

Pierres sono- y^ourch^VieTk doBtiè pa^ > tcttc ^krre parok rcs et <juei- p},js approch^r de Tag^te, ^l elle pourroU pîerres sîd- bien n'être qu'une aâfate particulière à la Chine. Chine. Pour que le nieùu-yeou-^he soit so-

nore , il iaut qu'il sOit bien jaune et sans ondes de cristal ; mais il s^en faut de beaucoup qu'il soit aussi sonore que Vyu.

La pierre amm- La troisièuie espèce de pierres sonores, nommée hiarirchér reqd un son si métallique, qu'on seroit tenté de la preodfe pour une composition ; mais il est cïonstaté qu'elle est de la nature des pierres. On en trouve de noires , de grisâtres ^ de verdâtres unies, et d'aur très marbrées de kl toc. Les plus noires sont les plus scHiores^ Cette pierre singulière vient d'un lac du Tché-kian : elle pardit être une espèce d'alb&tre , noirci et dénaturé par les eaux qui t'ont pénétré.

Ahtre t%^\r.t de Une Quatrième espèce de pierres sonores

pierres lonorei. * * *

ressemble au marbre par ses nuances , qui sont grises^ , noires et d'un blanc sale y sur un fond blanc de lait. La plupart de ces pierres ont des taches transparentes , qui sont une vitrification commencée ; elles paroissent tenir le milieu entre le talc et le ciistal. On remarque que leurs frémissements s'interrompent et sont beaucoup moins longs*

HISTOiai^ NATURELLE. 24?

Le$ chimistes et les savants de l'Europe ne pj^^^^ ^^^^ s'étoient point encore attaches iusquUci à ob* "» «* ^»«*-

^ * ' ^^^ ques autres

server çî quelques-unes de nos pierres n'ont pierres sîn-»

pas ieâi mêmes propriétés que les pierres sono* chîoe.

res de rextrémité de l'Asie. Il paroît cepen»

dant que les Romains ont connu ancienne^

ment une pierre sonore de la classe des hian^

ché^ ç< Pline , dit M. Tabbé du Bos , dans ses

» Réfieapions sur la Poésie et la Peinture,

» en par^ut des pierres curieuses , observe

j> que la pierre qu'on appelle cakophonas ou

» son d'airain» est noire f et que, suivant

» rétyniolqgie de son nom , elle rend un son

» approchant du $on de ce mêlai, lorsqu'on la

» iouchçt Voici le passage de Pline : Calco^

» phonofi mgra est ; sed illisa , ceris tinnitum

y> reddit. Lib* 37 , sect. 56. »

Quelques pierres sonores, envoyées de la ^."^"f^yj^j.**"* Chine euFrance^ ont enfin piqué la curiosité de PQ3 chioiistes; ils ont cru qu'il éloit à propos de déterminer à quelle classe de pierres elles pouvoient appartenir. Feu M. le duc de Ghaulnes s'est particulièrement occupé de ce travail : voici }e résultat des expériences qu'il a faites $ur un kin du cabinet de M. Bertin.

« On a demandé à l'Académie de^ sciences , » à M. Rome de Lisle, et à plusieurs autres

Pierres sono- * savans minéralogistes , s'ils connoissoîent la re» ei quel- » pierre noire des kin : ils ont répondu par

ques autres * ^ . .

pierres sin- » le passafic de Pline , cité dans le dictionnaire

giilière&.dela ^ ^

Chine.. » de Bomare , dans Boece de Bôtt , dans Lin«

» nœus y et ont ajouté que M. Anderson par-> » loit j dans son Histoire naturelle d'Islande, » d'une pierre bleuâtre et très-sonore. Comme » la pierre noire des Chinois devient bleuâtre » quand on la lime , c'est vraisemblement la » même ; aucun de ceux qu'on a consultés » d'ailleurs ne Pavoit vue.

» La pierre det Chincns ressemble entière- » ment ^ au premier coup - d'œil, au marbre » noir , et est calcaire , comme lui ; mais le » marbre , ordinairement, n'est point sonore. » Elle ressemble également , par son exté^ » rieur, à la pierre de touche , qui est un ba-* n salte , et au basalte volcanique ; mais ces » deux pierres sont des vitrifications.

j> Sa ressemblance avec le marbre noir m'a yk engagé à faire des expériences comparatif* ,» vément. Elle n^st pas phosphorique , ni le » marbre noir non plus ; elle ne fait aucuit » effet sur le barreau suspendu , et ne con-- » tient par conséquent pas de fer dans Fétat y> métallique. Les dissolutions dans les acides, » éprouvés auparavant pour voir s'ils ne con-

» tenoient pas de fer, montrent, par Palkali Pierre* $0007 » phlogîstique , que la pierre en contient un '^"es^'auiril

» indice. Comme le marbre noir ne donnoit pierres singulières de U » pas le même phénomène , on a examiné plus Chine.

» attentivement la pierre sonore à la loupe ,

» et l'on y a découvert dés points pyriteux ,

» auxquels on Tattribue. Dissoute d'ailleurs

» par les acides vitiiolique , nitreux et marin ,

» elle donne toujours les mêmes phénomènes

s> que lé marbre noir ; elle fait un magna gri-*

» sâtre (qui n'est qu'une chaux teinte par le

^> bitume) avec l'acide vitriolique, et laisse

^ en arrière une portion noire , insoluble dans

» les acides nitreux et marin , qui est , comme

» dans le marbre noir , un véritable bitume

» combustible.

» Le marbre noir et la pierre sonore cal-«

» cinés deviennent entièrement blancs , et

» donnent des chaux très- vives ; ils perdent

» leur bitume par l'action du feu. La pierre

» sonore paroît cependant contenir un peu-

» moins de matière phlogistique ou colorante;

» car les précipités par l'alkali fixe sont un peu

» plus blancs (et même bleuâtres) que celui

^ du marbre noir. Essayée par l'alkali volatil,

9 elle ne contient pas de cuivre. Les autres

S&5o BE LA CHINE* LIT. YI.

Pierres sono- ** précipites , par les différentes substances , Tes et quel- ^ donoent tous les mêmes apparences. »

cjues autres * *

pierres sîn- M. le doc de Ghaulncs en étoit à ce point Chine. de son analyse , lorsqu'il fit prendre des in*

comp«r*:soo d« formatiotts cbes; les marbriers : ils répondi-

cet pierres avec *

j^fferent, nur. j.^||^ quc Ic HMirbre bleo-turquin étoit très^sonore. On en a efiC&ctivement Ta de grandes tablettes , qui le sont beaucoup ; mais ayant fait construire un hn aTec ce marbre , il nV Toit plus cette qualité. En essayant des marbres noirs de Flandres, on est enfin parrenu à trouver quelques morceaux qui rendent beau* coup de son, et Ton en a fait tailler un km qui est presque^aussi sonore que ceux de la Chine. Toutes ces observations ppurroieiit autoriser à croire que les pierres des kin ne sont autre chose qu'un marbre noir , entièremei^ com^ posé des mêmes principes que nos marbres , mais que quelque différence dans Porganisation rend plus ou moins sonore.

»« f.|is de erii- M. le duc observe encore que les Chinois

tal el d'ane c«pèc« *

d'aiMirt. Jqjj|. aussi des kin de cristal , et qu'on en voyoit

un de cette espèce à Saint-Brîce , dans le cabinet de M. Delatour ; qu'ils emploient également une espèce d'albâtre , et que M. Bertin a reçu de la Chine àts morceaux de cet al-.

HISTOIRE NATURELLE. uSt

Lâtre» figurés comme les kin de pierre noire, terres on<vqu^on annoBce comme sonores , mais qui ne ^^^ «* n^^-

. ^ qu€s antres

paroi^eai rendre aucun son ; enfin , que la pierres $inpierre à'yu, dont les Chinois font leurs plus ^"hin^' beaux kin y n^est autre chose qu^unti agate.

La mode et le préjugé s^accordent aujourd'hui , à la Chine ^ à mietire les pierres d*^ au niveau des bijoux et des plus belles pierreries^ L'industrie y toujours prompte à flatter les goâts dominants , déploie tant d'art et d'habileté d^as la-manîère dont elle met ces pierres en œuvre « qu'elles se sont élevées à un prix qui surpasse de beaucoup celui de l'or. On en fait des anneaux, des cachets » des tabatières , des boîtes de seateur , et on leur donne des formes si élég^ntes^ qu'après les diamants et les petles» elles tiennent le premier rang dans cette multitude de bagjktelles précieuses que les dames chinoises et tairtares , pour rehausser l'éclat de leur coi£&ire , entremêlent à leurs cheveux.

Autres pierres singulières de la Chine,

Nous avons déjà parlé des denderites qui s'e Dcnderiief. trouvent aux environs dcKao-tcheou (i), espèces de pierres qui ont la finesse de grain et la pureté du marbre , et qui , semblables aux

(0 Tome P'', page 194.

aSa DE LA. CHINE. LIV. Xt.

Pierres son - P'^rres de Florencc , représentent naturélleres et quel- ment des eaux , des montagnes , et toutes les

ques autres ^ .

pierres sin- variétés d'un paysagc. Mais toutes ces pierres

gulièresdela ^ . ,, ,i^*,

Chine. figurees n'approchent pas de la beauté de

celles dont parle Tempereur Kan-hi dans ses Observations de Physique (i). « On trouve, » dit ce prince y sur les bords de la mer Orien- » taie , une espèce de pierre qui tient de Pa- ., :») gâte : elle en a la dureté , la transparence , » le grain et Péclat ; les couleurs en sont aussi y> vives , les teintes aussi variées , et les nuan- » ces aussi délicates. Mais ce qui en relève p beaucoup le prix » et la met fort au-dessus ^ de Tagate , c'est qu'on y voit tantôt une >> grenade ouverte avec sa couronne , et ses pe- » tits grains , en émeraude ou en rubis. , tel- >> lement distincts qu'on peut les compter; V» tantôt un li-tchi (2) avec SQn écorce ver- D meille et sa chair d'un blanc de lait. Dans » d'autres ', c'est une huître , une moule , une » cigale , un papillon , dessinés et peints avec » unç délicatesse que l'on ne pourroit jamais

(1) Observations de Physique et cPHistoitv naturelle de l'empereur Kaii?hi , dont les divers ouvnages forment une collection de plus de cent volumes. Ce prince lettre , le second des empereurs tartares , et l'un des plus grands monarques doi^t 0'honore le trône de la Chine , mourut le 20 décembre 17^2.

( i) Fruit de la Chine , dont nous ps^lerons.

filSTOIRE NATURELLE* 253:

» imiter. Il y en a' aussi où Pon voit repré- Z ^~^

^ * Pierres sono-^

» sentes au naturel des bois que l'hiver a »*«« «* ^^i-

ques autres

» dépouillés de leurs feuilles , des campagnes pierres sin-

» couvertes d'un brouillard léger , des mon- Silnc.

D tagnes escarpées et leurs précipices , des

» horizons magnifiques, que le soleil couchant

» embellit de mille couleurs. La peinture n'a

» rien de si vivant ni de si fini. J'ai choisi

» plusieurs Centaines de ces pierres , toutes

» plus curieuses les unes que les autres. J'aime

» à y admirer comment un simple jeu de la

» nature confond toutes les idées de l'indus-

» trie humaine , et épuise toutes les ressour-

» ces de sa pénétration. »

Selon le même monarque , les belemnites ^t«M°de'fot!î ou pierres de foudre , qu'il regardoit , d'après l'opinion vulgaire , comme une production du tonnerre, ne sont pas rares à la. Chine et dans son voisinage. « LesMoungous errants, dit-il, » tant ceux des côtes de la mer Orientale , » que ceux des environs du Cha - mo , s'en » servent en guise de cuivre et d'acier. 11 y » a de ces pierres qui ont la figure d'une » hache , d'autres celle d'un couteau ', quel- » ques-unes sont faites en maillet. Ces pierres » sont de différentes couleurs ; il y en a de » noirâtres , d'antres qui tirent sur le vert.

dre.

2S4 D£ LA CâlNE. LlV. VI.

Pierres »o«o- ^ ^^^ pîerres de foudre sont àe$ métaux , de* res et quel- j^ pierrcs, descaîHoux , que le feu du tonnerre

ques autres '^ '

pierres sin- » a métamorphos^ en les fondant Subitement,

au lier es -de 1a

Chine. » et en unissant inséparablement difformités

i> substances, il y a de ces pîerres où Ton dîs- » tingue sensiblement une espèce de vitrifî- 2> cation. y> fj*;^«***^»- Les lettrés chinois, et toas ceux qui manient le pinceau , se servent d'une espèce particulière de pierre , un peu creusée , pour préparer et délayer leur encre. Toutes les écritoîres en sont garnies. Les meilleures de ces pierres , dont Pusage est si répandu , se tirent des environs de la ville de Quei-lin.

f^erret colories. La Chinc foumît aussl un grand nombre de pierres tendres et même dures , que la nature a diversement mélangées de couleurs et de teintes différentes. Les artistes chinois savent tirer parti de ce fond ainsi préparé , en y 'exécutant des bas - reliefs où les chairs , les vêtements , les fleurs , les fruits empruntent de la pierre même leurs 'C<î«ileurs propres et naturelles. Leur industrie patiente exécute le même travail sur les agates et les pierres précieuses : mais ces morceaux sont d'un trop haut prix pour qu'ils nou& parviennent ; ils entrent ordinairement daos le cabinet4e Tem-

âlSTOlRE NATURELLE. 255

pereur ^ qui abonde , dit-on , en raretés de ce picrTCtMmo- £renre. **«* ®* n"«ï-

^ ques autre»

Quelques espèces de pierres oUaires , de F««rrcs «în-

, , . 11, . A gttlièrc» de la

steatites ou pierres de lard, paroissent être Chine. particulières à la Chine. Ces pierres sont dou- p»«"«« «ïï-î"»ces , et , pour ainsi dire, savonneuses au toucher, d^une transparence de cire, nuancées de diverses couleurs , assez dures pour recevoir le poli, pour être sciées , tournées et travaillées avec des instruments d'acier. Les sculpteurs chinois en font un grand usage , et en façon* nent des vases , des coupes , de jolies figures d'hommes et d^animaux , qui ornent les cabi« nets des curieux.

I^ emploient aqx mêmes petits ouvrages Pienredtru. une autre substance à laquelle nous avons donné en Europe le nom de pierre de riz , à raison de la ressemblance (}ue son ton de cou* leur , son poli , et son éclat vitreux lui <ion- '

nent avec celte espèce de grain. Cette subs* tance est fragile , d'une cassure concboïde, et cède facilement à la lime ; les acides n'ont au* cune action sur elle. La pierre dé riz n'est que le produit de l'art , une simple composition , dont les Chinois se -réservent le secret.

Ofi trouve aussi près de Nane-hion , dans la province de Canton , des pk^res d'une si

;r ' srande dureté, qu^onenfait des haches et des

Pierres sono- " ' ^

res et quel- couteaux ; ct Quelques autres qui ressemblent

ques autre» , i ^i - * .

pierres • sin- a Tencre de la Chine , et dont on sert comme

ffulières de la ,.

Chine. d^un crayon noir.

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