‹ De la Chine: ou Description générale de cet empire, rédigée d ..., Volume 2Chapitre 26 sur 40 · II · texte numérisé non relu

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Terrcf ar«- ^^"^s ^^ email colorë suF Ics différentes pièces les, poterie; jg poterie ; et, DouF les accréditer, il en a éta-

matières de la * ' » jt ^ » ^

porcelaine, bli Tusage dans son palais, et les fait entrer dans le nombre des présents qu'il distribue.

Ceux qui ont voyagé dans Tlnde connoissent les gargoulettes , ou vases d'une espèce de poterie qui a la propriété de boniiier et de ra* fraîchir Peau. Ces vases , à cet égard , sont préférés à ceux d'or , de cristal et de la plus belle porcelaine , et les riches s'en servent comme les pauvres. Il en*est de même , à la Chine , de plusieurs ouvrages de poterie , qu'on juge spécialement propres pour certains usages: le thé , par exemple , est trçuvé meilleur quand on en a &it chauffer l'eau dans tel vase , et quand on l'a fait infuser dans tel autre ; le riz n'a toute sa saveur , et ne se cuit bien que dans dés vases d'une poterie grossière et sans émail ; les fleurs , qui languissent dans la faïence et la porcelaine , croissent pour ainsi dire k vue d'œil dans certains pots de terre, etc.

Il est certain , i^ que, pour la cuisine et la médecine, on fait plus usage de la poterie à la Chine qu'en France , et qu'on s'en trouve bien ; n^ que les artistes en tirent un meilleur parti , et la plient mieux à leurs usages : par

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exemple , les peintres broyent leurs couleurs Terres argidans uïkjou^po , ou. vase d^une terre dure, en *<^»». poterie ;

'' ' . ^ ^ matières de la

se serrant d^ une molette d« la iné«i« matière ; porcelaine. 3*^ que la beauté et la finesse d« quelques argiles ,?""oa»?i« *il ont mis i^indnstrie chinoise à portée de faire ^'''*"*' en poterie des pièces très-précieuses , soit par la délicatesse du travail , soit p%r leur gran<deur, ou par la beauté et la singularité de leurs formes. Le P. Amiot rapporte quUl a vu une cuvette de de^ix pieds de large sur trois pieds et demi dç long^ dont le fini étoit si précieux ^ que , même exécutée en marbre , avec les ressources que donne le ciseau à un habile artiste ^ cette pièce eût mérité d'être admirée. j

Le jos de la laitue pilée , mêlé à Targile dont on fiait la poterie 5 donne à cellp-ci une teinte naturelle très - agréable ,. et lui pro^ cure encore tm autre avantage plus précieux « celui de pouvoir être rendue plus légjère , et amincie autant que peut Tétre la pièce de por« celaine la plus délicatement travaillée. D^près ce procédé , on fabrique à Pé-kin de petits rases de ménage très-commodes ^ daos lesquels» les liqmdes s'échauffent en un instant.

Les belles porcelaines df la Chine sont trop Sî*^orceûln//dI célèbres , pour que nous n^indiquions pas ici '^ ^'"*'

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Terres argi- ^^ matière doiit OH compose leur pâte : nous ks, poterie ; parlerons ailleurs du travail même de la por-

matieres de la * ^ ^ *

porceiaioe. celaiue. Cette matière est le produit du mélange de deux sortes de terres , ou pierres , Tune ^^pelée pé-tune-ise, et Vautre kao^line; celle-ci est parsemée de corpuscules qui ont quelque écla^ ; Pautre est simplement blanche , et très-fine au toucher. Ces matières premières se transportent dans les manu&ctures , façon- M«ik?fSlï«^» i^^cs en forme de briques. Les pé-^iune-tsé, u prépm. ^Qxxt le grain est si fin , ne sont autre chose que des quartiers de rocher qu'on tire des carrières, et qu'on réduit en poudre. Toute pierre n'est pas propre à cet emploi : la boime pierre, disent les Chinois , doit tirer un peu sur le vert. On se sert d'une massue de £er pour briser ces quartiers de roche ; oq eÀ ihet; ensuite les morceaux brisés dans des mortiers ; et , par le moyen de certains leviers qui ont une ^ tête de pierre armée de fer y on achève de les réduire en une poudre très-fine. Ces leviers sont ipis en action, ou par le travail des hommes, ou par la chute de l'eau ^ ,de la même manière que les martinets dans nos moulins à papier. On recueille ensuite cette poussière , on la jette dans une grande urne remplie d'eau , et on la remue fortement avec une pelle de

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fer. Quand on Ta laissé reposer quelque temps, xerres argr il surnage une espèce de crème , épaisse de i«* *?^**li\* quatre à clilq doigts^ on l'enlève et on la trans- porcelaine, met dans un autre vase plein d^eau : on agite plusieurs fois Peau de la première urne , en recueillant à chaque fois la cii(lme qui s'y forme , jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le gros marc , que son propre poids précipite au fond du vase ; on le tire et on le pile de nouveau. A l'égard de la seconde urne , où l'on a jeté ce qui a été recueilli de la première , on attend qu'il se soit formé au fond une espèce de pâte. Lorsque l'eau qui est au-dessus est devenue claire, on la verse en inclinanldoucement le vase , pour ne pas troubler le sédiment , et Ton jette cette pâte dans de grands moules propres à la sécher : avant qu*elle se soit entièrement durcie , on la partage et on la façonne en briques ou tablettes , qui s'achètent par centaine. La couleur de cette pâte , et la forme qu'elle a reçue , lui ont fait donner le nom do pé-tune-tsé.

' Le kaO'Kne^ qui entre dans la composition ^*^snt. de la porcelaine , demande un peu •moins de travail que les pé-lune-tsé. La nature a plus de part à sa préparation. On en trouve des mines dans le sein de certaines moQtagnes ,

r T qui sont recouvertesau-dehors d- ane terre rou-

Terrcs » arjgi- ^

lé», p0Uiie; aeâtre. Ces mines sont assez profondes; on r

matières de la ^ , , ,. , 0

porcelaine, trouve le kachlmê en grumeaux , dont oâ forme de^ briques , en observant les mêmes procédés qiie pour les pé-lunetsé* Le P. Dentreeolles pense ique la terre de Malte, appelée la terre de Samt-Paul^ a beaucoup de rapport avec le kàO'line, quoîqu^onn^y remarque pas les molécules argentées dont celui- ci est senié.

?er«r^*'* ^ ""'^ ^'^^^ ^" kao'line que la porcelaine fine tire toute sa fermeté ; il y tient, en quelque sorte, lieu de nerfs. Il est assez singulier que ce soit Faddition d'une terre molfequi donne de la force et de la consistance aux /i^'-/i#?wî-/^^', qui proviennent des plus durs rochers. Un marchand chinois raconta au P/DentrecoUcs que des Anglais ou des Hollandais firent acheter des pé-tune-tséj. qu'ils emportèrent dans leur pays , daiis le dessein d^y fabriquer de la porcelaine ; mais que n'ayant pas pris de kaO'Une , leur entreprise échoua , comme ils Tont avoué depuis. Ils uouloient^ dit ce Chinois en riant ^former un corps dont les chairs se soutinssent sans ossements.

Autre terre qni Lgg Chinoîs out découvcrt dcDuis quelques

donne une porce- i: « i

pt"7hè7eî*""**' années une nouvelle matière , propre à entrer

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dans la composition de la porcelaine. C'est Terres, argîune pierre ou espèce de craie , appelée hoa-- ^^xi^àtxl ché , dont les médecins préparent une sorte po»c^ï»w»C' de tisane qa^iis disent être détersive , apéritive et rafraîchissante. Les ouvriers en porcelaine se sont avisés d^employer cette même pierre en place de kao^Kne. On la nomme hoa , parce qu'elle est glutineuse , et qu'elle approche en quelque sorte du savon. La porcelaine faite avec le hoa-ché est rare , et beaucoup jplus chère que l'autre ; le grain en est extrêmement fin ; et, quant à la beauté supérieure qu'elle donne au travail du pinceau , si on la compare à la porcelaine ordinaire ^ elle est à peu près ce qu'est le vélin comparé au papier. De plus ^ cette porcelaine est d'une légèreté qui surprend une main accoutumée à manier d'autres porcelaines ; aussi est - elle beaucoup plus fragile , et il est difficile de saisir le véritable degré de sa cuisson. On ne se sert pas toujours du hoa-ché pour le faire entrer dans la pâte de l'ouvrage ; on se contente quelquefois d'en faire une colle assez déliée , dans laquelle on plonge la pièce de porcelaine quand elle est sèche , afin qu'elle en prenne une couche avant de recevoir les couleurs et le vernis*

C, T Lorsqu^on a tiré le hoa-ché de la mine , on

Terres , argi- ^ ^ ^

les , poierie ; Je ]ave avcc de r.eau de rivière ou de pluie ,

matières de la ^ .

porcelaine, pour en séparer un reste de terre jaunâtre qui . s^y trouve attachée. On le brise ensuite , on le met dans une cuve d'eau pour le dissoudre , et on lui donne les mêmes façons qu'au kaO" Une. On assure que le seul hoa-ché, ainsi pré* paré et sans le mélange d'aucune autre terre , suffît pour faire de la porcelaine. Il tient la place du kao-line , mais il est beaucoup plus cher. La charge du kao-line ne coûte que vingt sous y celle du hoonché revient à trois francs ; différence de prix 'qui renchérit considérable -* ment cette sorte de porcelaine.

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