‹ De la Chine: ou Description générale de cet empire, rédigée d ..., Volume 2Chapitre 28 sur 40 · ARBRES DES FORETS, A PROPRIÉTÉS UTILES OU SINGULIERES · texte numérisé non relu

ARBRES DES FORETS, A PROPRIÉTÉS UTILES OU SINGULIERES

Arbres des i-'A vastc étendue de la Chine renferme pres-

pHe't^s*uhies ^"^ toutes Ics cspèccs d'arbres qui nous sont

res. ""^"*'*' connues , et elle en possède un grand nombre

d'autres qui lui sont propres , ou du moins

étrangères à nos climats occidentaux.

§1. — Le chêne.

R*«^t"«e'.'*gTJl: I^^ chêne jouit à la Chine de b même estime qu'en Europe , et le surnom â^arbre de Vhéritagey que lui ont donné lies anciens Chinois , et qu'il conserve encore aujourd'hui , montre qu'on a su , dans tous les temps , y apprécier son excellence et ses nombreux rapports d'utilité. Cet arbre croît naturellement

res.

dans toutes les provinces , et il paroit même "'j^^. — T* que dans la haute et moyenne antiquité il y forêts, à proétoit encore plus commun qu'il n'est aujour- ou sînguiièd'hui y sur-tout dans les plaines et les terres cultivées. Les Chinois en distinguent un plus grand nombre d'espèces que nous : outre le chêne à feuilles de châtaignier, ils ont un . chêne épineux , un chêne mâle qui ne donne que des fleurs , un autre qui produit des glands fort gros , et tellement huileux qu'on les piloit autrefois pçur en faire des torches. Il est à regretter que les missionnaires n'aient pu nous faire passer aucun renseignement particulier sur ces espèces de chênes, qu'ils ne se sont pas trouvés à portée d'observer, ^ous nous bornerons à quelques remarques générales :

i^. Tous les chênes , dans les provinces les plus méridionales , conservent , ainsi que les autres arbres , leurs, feuilles pendant toute Tannée : la distinction, que nous mettons à cet égard entre les chênes blancs et les chênes verts , n'y a pas lieu ;

2^. C'est peut-être bien à tort que nous nous sommes tant de fois récriés sur la grossièreté prétendue dés premiers Grecs , qui se nourrissoient de glands. Le P. Cibot nous apprend que les anciens livres chinois font fréquem*

Arbres des ^cnt mention de quelques espèces de chênes, '^riëiV^^i^ dont le gland offroit un aliment aussi agréa- Qu singuiiè- jjje que la châtaigne y et qu^une foule de personnes graves lui ont attesté qu^il en existe encore dans plusieurs provinces. Le gland dont S€ nourrissoient les anciens Grecs pou voit être cehii d'une de ces espèces de chênes. Qui osera d'ailleurs déterminer jusqu'où peuvent s'étendre les différences et les variétés que le sol , le climat et une industrieuse culture peuvent introduire parmi des arbres et d£s plantes de même genre ? Les Chinois ont essayé d'enter le chêne sur le châtaignier , et ils sont parvenus à se procurer des glands plus gros , en plus grande quantité , et d'une saveur plus u gland rendu doucc. Bicu dIus . le P. Cibot annoùce qu'au ^^*"' moment où il écrivoit un missionnaire ,. ar-

rivé à Pé'kiii des provinces méridionales , lui a confirmé , comme témoin qui en a fait usage , que le gland le plus âpre peut fournir une i^urriture;salubce. Voici le procédé très-simple qu'emploient les Chinois m/éridionaux pour préparer» le gland et le rendre comestible. Après avoir dépouillé Tamande du gland de son écorce , ils l'écrasent sous la meule ou dans un mortier , en y mêlant un peu d'eau. Lorsque cette amande est réduite en une pâte

bien fine , ils la détrempent et la lavent jus- Arbres des qu^àcinqousix fois dans différentes eaux, qui ^"^p^^- * *„Çf|^* lai enlèvent successivement toute son âcreté «u ânguiiènaturelle. Quelques-uns préparent ainsi leur provision pour plusieurs mois , et conservent cette glandée , après l'avoir fait sécher au four ou au soleil, comme delà farine ordinaire. On remploie de différentes manières : on la mange en bouillie ; on en fait des crêpes et des gâ* teaux. Les missionnaires, qui peuvent aisément transporter de cette farine dans leurs courses , en font une bouillie qu'ils trouvent aussi saine que* nourrissante. Au reste, remarquons q^ie rien de ce que nous rapportons ici ne doit paroitre excéder les limites de la vraisemblance : la plupart des naturalistes modernes conviennent qu^it existe , en diverses régions de la terre , quelques espèces de chêne , qui donnent un gland aussi doux que Tamande de la noisette ; et quand à l'usage du gland ordinaire comme aliment,' on trouve^ dans l'excellent Traité des arbres de^M. Duhamel, quV/i 1709 des pauvres, quimouroient de faim , faisoient du, pain avec des glands ordinaires qu'ils réduisaient enfariné; et quoique ce pain fût extrimemenl rnaui^ais, qu'if

Arbres des ^^^ fi^ Cependant une grande consommation; forêts, à pro- 30^ L^ médecine chinoise fait souvent usa^c

prietes. utiles o

ou singMiiè- des différentes parties du chêne , et elle se

rcs.

trouve parfaitement d'accord avec la méde* cine européenne sur les vertus qu'on doit attribuer à récorce , aux feuilles , aux glands , aux capsules qui les renferment , et aux galles qu'on recueille sur cet arbre ;

4^. L'histoire fournit aussi quelques détails sur le chêne. Il paroît qu'il y a eu de ces arbres qui ont subsisté pendant plus de quatre cents ans ; qu'on en a vus dont le tronc avoit près de vingt-quatre pieds de circonféi'ence , et plus de cent pieds de hauteur, et que quelques-uns ont couvert de leur ombre un arpent entier de terrain. Les historiens remarquent que 9 dans la moyenne antiquité , on plantoit beaucoup de chênes dans les parcs et les jardins des empereurs ; et il résulte, en général, de leur témoignage , que le bois de chêne a toujours élé singulièrement estimé pour la marine, la charpente, le pilotis, la menui* série , le chauffage et le charbon.

Nous parlerons ailleurs de l'emploi que font les Chinois des coques ou capsules des glands pour leurs teintures.

S II. — Le cidre chinois , ou le nane-mou ( 1 ) . Arbres iJei

^ ■ ^ ' forêts , a pro-

priétés utile»

Les branches décroissantes de cet arbre, à ^" «nguiiè-

^ res.

mesure qu^elIes s'élèvent, lui donnent une i^^^^^Z forme pyramidale : ces branches ne sortent du tronc qu'à une certaine hauteur, et se tcrmi* nent par une touffe ou bouquet. On regarde ce bel arbre comme le cèdre des Chinois , quoique sa feuille , au rapport de Duhalde , ne soit pas la même que celle d^s cèdres du Li- ' ban ; mais le P. Cibot , qui a été à portée de l'observer , Tannonce comme de la même espèce. Ainsi q^ie le cèdre du Liban , il se plaît au milieu des rochers et sur les montagnes, demande l'exposition au midi et des siècles pour croître ; une dynastie le lègue à l'autre pour toutes les grandes pièces de charpente. De tous les arbres de la Chine , il est celui qui donne les troncs les plus droits , les plus hauts et les plus gros. Parmi les colonnes en nane-

(1) Le P. Cibot prévient que le nom de nane^mou (bois du midi ) , n'est pas donné au cèdre , considéré comme arbre , mais comme bois de charpente , lorsque , taillé en colonnes et en poutres ^ il a vieilli , consuipé sa résine et changé sa couleur rougeâtre en ude i:ouleûr de terre d*ombre. Le cèdre est appelé proprement à la Chine Varbj-e de mille ans , tsienenienc-^liouj ou même ouane^niene^hou , l'arbre de dixmHïc \

ans.

28o DE LA CHINE. LIV. YII.

Arbres des ^^" V^^ oment la sépulturc des Min , siiaëe forêts , à pro- ^ g^p^ Heucs de Pé-kin , on en remarque plnou siiiguliè- sieurs qui ont plus de seize pieds de cirçonférence. Son bois gagne à vieillir ; quatre ou cinq siècles en adoucissent le grain , et lui font acquérir une odeur suave , aromatique et peripanente. 11 est regardé comme incorruptible, et il semble que la durée ne puisse rentaxner : il existe des colonnes faites de ce bois qui ont plus de mille ans , et qui en dureront peut* être encore autant ou même plus , s^il ne. leur survient aucun accident. Quand on veut , disent les Chinois , élever un bâtiment qui puisse durer toujours , il faut y employer le seul bois de nane-mou. Aussi son usage est-il particulièrement affecté à la construction des maisons impériales , où toul.es les colonnes, les poutres, le$ portes sont faites de ce bois. Si nous possédions le nam^mùu en France, la sculpture en bois et notre ébénisterie pourroient en tirer le parti le plus avantageux. Outre sa bonne odeur et sa belle couleur feuille morte , il a une douceur de grain qui se prête au plus beau poli , et il y joint la qualité précieuse d'être comme insensible à l'action corrosive de l'air et aux variations de sa température.

S III. — Frêne de la Chine. Arbres de»

•^ forêts , à pro-

priétés utiles

Les Chinois distinguent deux espèces de ^^ «nguiièfrêne» le tcheou-tchune , frêne puant, et le „' - .

*^ ' Fr4ne chinois 9

hian-tchune , frêne odorant. Le P. Cibot , à f^fdEÏrope.'** qui nous, devrons un gra^d nombre de détails sur V Histoire naturelle de la Chine , avoit cru long- temps que le premier de ces frênes étoit le même . que celui d^Ëurope ; mais Payant examiné de plus près , il aperçut des différent ces assez nombreuses pour faire naître le doute sur leur identité. Les fleurs lui parurent différentes de celles que nos botanistes assignent à notre frêne commun. Dans le frêne puant de la Chine , les fleurs ont cinq pétales , les étamines sont plus multipliées , plus petites , le pistil et la grappe même, à laquelle ces fleurs sont attachées , paroissent différer.

Des dissemblances encore plus marquées séparent le frêne odorant de notre frêne commun. Autant Todeur que répandent les. feuilles du tcheou-tchune est repoussante et désagréable , autant celle qui s^ exhale des feuilles du hian • tchune est aromatique , et paroît plaire à ceux qui aiment les odeurs fortes^ Celui-ci , au premier coup-d'œil , ne paroît pas différer du frêne d'Europe. Il croît^ dans l^s

Arbres des ™^™^s eodroits , s'élèvc à la même hauteur ; forêts, à pro- goD Dort , soD troiic , SCS branchcs se ressem-

pnete!» ulile» *^

ou singuliè- blcnt ; ses feuilles se trouvent également ran-

res. ,

gées par paires le long d^un pétiole commun ; mais en l'observant (de plus près , on remarque que les feuilles du frêne odorant sont d^un vert plus gai , que les folioles sont plus effilées, et que Taxe qui les soutient ne se termine pas par une impaire. Les fleurs et les fruits diffèrent totalement.

La grappe que forment les fleurs a plus de ressemblance avec celle de la vigne qu^avec celle de nos frênes. Les fleurs sont de grandeurs inégales ; elles ne paroissent pas toutes à*la-fois , et durent plus long* temps.

La fleur est composée d'un petit calice à cinq pièces , d'une corolle à cinq pétales blancs ; de quatre étamines qui naissent d'un petit mammclon rougeâtre et arrondi; Le style , qui pose sur l'ovaire , se termine par une petite trompe.

L'ovaire devient. un fruit, couvert d'une écoFce ligneuse et dure , laquelle s'ouvre en cinq pans , lorsque le fruit est mûr. Sur chacune des cinq faces du fruit , qui offre une sorte de pulpe , sont rangées deux ou trois graines aplaties. Ces graines, formées en ailes de mouche , et presque aussi minces vers leur extrê-

HISTOIfiE NATURELLE. 283

mité , renferment dans leur base une semence Arbres des d'une figure qui varie , mais composée de deux ^®r**^» *Pr^ lobes qui couvrent un germe. La pulpe qui ou siosuiiè-* recouvre ce fruit csX une substance spongieuse comme la moelle du jonc , mais plus com* pacte.

Si toutes les fleurs subsistoient et parve* noient à la fructification , la grappe succom* beroit sous le poids des fruits ; mais il est rare qu'il reste un sixième de ces fleurs. Malgré cette réduction, lorsque les fruits commencent à grossir et à s^alonger , on les prendroit de loin pour une forte grappe de verjus.

La cuisine chinoise ne dédaigne pas d^empranter quelque secours de cet arbre. On jette dans Teau bouillante les premiers bourgeons et les jeunes tiges du frêne odorant , qu'on retire ensuite , et qu^on fait macérer dan^ le vinaigre. Les Chinois les mangent avec le riz , et sVn servent en assaisonnements comme nous des cornichons ; mais bn doit en user très-sobrement, à moins qu^on ne veuille s'exposer , pour peu qu^on ait le sang vicié , à être attaqué d'éruptions à la peau et couvert de frondes. La médecine fait usage des feuilles , des fleurs , et de la seconde peau de 1^ racine du frêne odorant.

284 ^^ ^^ CHINE. LIV. Vil.

Arbres des LoFsque iious parleroits des vers-à-soie sau forèu, à pro- vages , on verra qu'il ëtoit essentiel d'insister

prietes utiles , .

ou singuiiè- ici suF les caractères botaniques du frêne cbi-

TtS.

nois , dont ces vers se nourrissent , afin qu^on ne le confondît pas trop légèrement avec le frêne européen , sur lequel peut-être ces utiles insectes pourroient ne pas trouver les sucs nourriciers qui leur sont propres (i).

§ lY. — Le pin. Là pin lo^-y a-son.

Lepiû. La Chine et la Tartarie fournissent yne immense quantité de pins : les montagnes qui environnent les villes de Tchu-tcheou , de Sianyan et de Hoei-Tcheou en soiit couvertes : un grand nombre de ces arbres y acquièrent une grosseur si extraordinaire , qu'on assure que plusieurs pourroient contenir jusqu'à trente personnes dans la cavité de leur tronc. C'est parmi ces énormes pins qu'on choisit les colonnes , destinées à soutenir la charpente de tous les grands édifices : le bois des autres sert

(i) « Les Chinois /dit M. Staunton (tome III, page 199) , » nourrissent des vers^-soie avec les feuilles du fr^ne, comme » avec celles du mûrier. » Ce peu de mots contient plusieurs inexactitudes. Ce sont les vers^-soie sauvages , et non ceux de l'espèce ordinaire , que les Chinois nourrissent avec les feuilles dû frêne ; et celui-ci , comme on vient de le voir , n*est pas le même que le frêne d'Europe.

HISTOIEE NATURELLE, 285

à la construction des maisons et des vaisseaux Arbres de chinoisi La résine que fournissent ces arbres forêu , à pro-

' prie'tes utiles

est , dit-on , plus pure et beaucoup plus abon- oa singahèdaate que celle que donnent les pins d^Ëurope. Il semble que le temps ne puisse les dépouiller, des sucs liquides dont ils sont péné* très. On voit à Pé-kin des pièces de bois de pin , venues de Tartarie , qu^ou a mises en œuvre depuis plus de soixante ans, et qui cependant, durant les chaleurs , jettent en* core de grosses larmes de résine , qu^on serôit tenté de prendre , au preinier coup - d'œil , pour de Tambre jaune.

La plus singulière de toutes les espèces de i^*pi« '*-/«■**»

pin qui croissent dans cette partie de TAsie

est , sans doute , celle que décrit Pempereur

Kan-hi dans ses Obsen^ations de Physique et

d'Histoire naturelle. « 11 y a , dit ce prince ,

» à Keou-ouai , hors de la grande muraille ,

» une espèce de pin qu^on nomme lorya-son,

» dont le tronc , les J>ranches , les feuilles et

» les fruits ressemblent entièrement h ceux

» des pins ordinaires. Cependant il a cela de

» particulier, que les feuilles tombent toutes

» en automne, Son bois est très-dur et d'un

» bon usage ; mais le suc en est venimeux.

» Quand on coupe cet arbre , il faut prendre

res.

Arbres des *^ garde quc quelques gouttes de ce suc ne forêts» à pr^ „ jaillissent sur la peau : en quelque endroit ou singuiië- » quHl en tombe , il s^y forme des bulles et » des boutons fort difficiles à guérir. Sa ra* » cine , qui est rougeâtre , pourrit très-diffi- » cilement quand on la conserve. Si on Teny> terre , ou si on la met dans Peau , elle se » pétrifie en. assez, peu de temps : elle est » très^-bonne alors pour aiguiser et repasser » les instruments les plus fins et' les mieux » trempes. Cette métamorphose change si » peu la figure de cette racine , qu^il faut y » regarder de bien près pour s'apercevoir » qu'elle est pétrifiée ; mais son poids aug- » mente considérablement. »

§ V. — Le tié'li^mou ou bois de fer (i).

Cet arbre , qui croît dans plusieurs provinces de la Chine , s'élève à la hauteur de nos grands chênes. Il est sur-tout remarquable parles qualités de son- bois , qui ressemble au fer par sa couleur, sa dureté, et par sa pesanteur, qui ne lui permet pas de flotter sur Teaii. Les branches sont sans épines , s'élèvent eii sortant du tronc , et couronnent l'arbre d'une

(1) Baryxylum rufum, slnicè ÛéAi'-mqu.^Baryxylumfoliis pinnatis , paucirjugU, Lour. Flora coqhmch. , page 536.

res.

vaste cime. Les feuilles sont ailées et se com- . , ,

Arbres des

posent d'un petit nombre de couples de fo- rorèrs,àpro.

; . , 111 11 ^ .> priélés utiles

Jioles ovales, oblongues, glabres et tres-entie- ou singulières. On remarque dans la fleur, qui est jaune et à cinq pétales , dix étamines inégales , plus courtes que la corolle ; un ovaire oblong, comprimé , surmonté d'un style filiforme » plus long que les étamines. Les fleurs , disposées en grappes lâches , terminent Textrémité des branches. Le fruit est une gousse longue , un peu courbe, épaisse, presque ronde, et qui contient plusieurs semences.

Le tié'U-mou de la Chine seroit-il le même arbre que le metrosideros amboinensis , décrit par Rumphius (i)? Celui-ci est un grand arbre , assez commun dans lesisles'Moluques , qui fournitun bois de charpente très-dur , susceptible d'un beau poli , propre aux ouvrages de tour et à être façonné en meubles. Plusieurs botanistes ont énoncé ce doute , qui subsiste toujours.

Le //é-/i-mQ{/ est employé comme charpente dans toutes les constructions où il s'agit d'opposer la plus grande résistance , et de vaincre l'effort des plus lourds fardeaux. C'est de son bois que sont faites les ancres des vaisseaux de guerre chinois.

(x) Herb* amb. , liv. IV, c. 7, tab. 10.

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à^:% P?" § VI. - I^ tsé-tane ou bois de rose.

priétés utiles

res. ""^^ *^ Cet arbre , sur lequel la botanique se tait et dont on ne connoît encore ni le genre ni l'espèce, fournit le bois le plus beau et le plus précieux dont on fasse usage dans la menuiserie chinoise. Il est d^un noir tîrantsur le touge , tayé et semé de veines très-déliées, qu'on croîroit être peintes. Les ouvriers chinois en façonnent des tables, des chaises, et autres pièces d'ameublement. Tous les ouvrages faits de ce bois sont très-recherchés , et coûtent plus cher que ceux mêmes auxquels on applique le vernis.

Les montagnes de l'isle de Haî-nane produisent aussi un bois de rose ou de violette , appelé hoa-H, et un bois jaune dé la plus? grande beauté , qu'on croit être incorruptible. Des colonnes de ce dernier bois , lorsqu'elles ont une certaine grosseur, sont regardées comme sans prix : aussi sont - elles réservées pour le service du palais impérial.

§ VU. — Le hn-Ju-çu.

f u\n^p"rLrvaTf ^^ trouc de cct arbre égale en grosseur celui contre les «ngeiu- j^ ^^^ grauds prumcrs ; il se partage en deux

ou trois grosses branches principales , qui se

HISTOIR£ NATURELLE* 289

subdivisent en d'autres plus petites. Son TT 7^

* "^ Arbres des

écorce est d'un gris roussâtre, et mouchetée forêts,àpro-

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