t. T* A. ri priélés utiles
comme celle du coudner. Li extrémité de ses ou siogullè^ branches est noueuse , inégale , et remplie de "*' moelle. Le tronc de cet arbre fournit des planches qu'on .emploie à divers ouvragés de menuiserie. Le fruit qu'il porte pend à de longs péduncules verts et fibreux ; i^ est rond et un peu oblong, et ressemble aux cerises lorsqu'elles sont vertes. La peau de ce fruit , parsemée en quelques endroits de petits points roux , est assez dure , et renferme une pulpe Tcrdâtre que la maturité réduit enune espèce de bouillie : on s^en sert en hiver pour se frotter les mains et les garantir des engelures.
§ VIII. — Le Ttia-chou , le sou-mou et le ly-mou.
Le premier. d6 ces arbres est , en quelqueçorte , le protectè.ur de la précieuse plante de gine-sen: c'est une espèce de sycomore qui s'élève fort haut , et jette autour de lui une ombre épaisse qui. favorise la croissance de cette racine si recherchée.
Le sou-mfM , que Jes Tartares mantcheôux appellent Âra/ïÂc/, est un fort bel arbre. Ses feuilles sont rondes^, finement découpées i, et armées-de petites pointes dams leur Contour,
290 DE LA CHINE. LlV. Vil.
Arbres des ^^ boiscst très-dur, et on remploie par cette forêts , à pro- raison pour faire des roues de charrette. Le
pnetes utiles ■
ou singuiiè- korkin est une autre espèce de sou-mou , dont
le bois est d^un très-grand usage pour la menuiserie.
Les Chinois disent que tout est inutile dans le ly-mou, que les Manlcheoux nomment mousiha : aussi ne prend-t-on pas même; la peine de l'abattre. L'empereur Kiene-^lon, dans son poërae sur la ville de Moukden , dit que le mousiha doit à son inutilité la longue i^ie dont il Jouit.
§ IX. — Le pé'la-chou , ou Varbre à la cire.
dè'^tlu ui^ui' Les Chinois recueillent sur certains arbres DonrriiieBt. uue circ d'unc qualité fort supérieure à celle que donnent les abeilles. Ils la nomment Pé-da^ ou cire blanche , parce qu'elle est telle de sa nature. Cette cire est produite par de petits insectes qui la déposent sur deux sortes d'ar^ bres , les seuls propres. à les nourrir. La première espèce tient de la nature du buisson , et croît dans les terrains secs et arides. Les Chinois l'appellent kane-la^hou ( arbre sec qui porte de là cire, ) L'autre espèce est on arbre plus grand et plus beau , et qui ne se plaît que dans les lieux humides ; on le nomme choui-la^
ehou , OU arbre aqualique qui porte de la cire. ^ , ^ T* Le missionnaire fi), à qui nous devons ces forèu^àpro-
. pnété* utiles
détails ^ ayant eu peu d occasions d^examiner .ou siaguiiè-* cette dernière espèce d'arbre , a borne ses ob* servations à la première.
Le kane-Ia-chou, étant delà nature desbuis^ sons y se propage aisément paries jeunes pousses qu'il donne , et par ses petits fruits à noyaux, qui y en tombant , se sèment d'eux-mêmes. A peine a-t-il atteint deux oa trois ans, qu'il commence à porter des grappes, formées d'un grand nombre de petites fleurs blanches et odoriférantes, qui subsistent épanouies pea^ dant un mois. Les branches de cet arbuste , garnies de leurs fleurs et de leuris feuilles, pré-* sentent unassemblage de bouquets charmants, qui ne flattent pas moins Podorat que la rue par le parfum qu'ils exhalent. On peut , endi-? rigeant le kcme^la-chou , en tapi^er des hiu^ railles jusqu'à la hauteur de dix pieds , oa enfermer des haies dans la campagne ; il sup« porte également le froid et le chaud , et réusr sit sans culture , même dans le sol le plus in^ grat.
Les petits insectes qui travaillent le pé^la ne se trouvent pbint d'eux-mêmes sur ces ar*
(1) Le P. Cbanseaume ; jésuite.
2g2 DE LA CHINE. LIT. VII.
Arbre» des ^^^^'* ^^ fant Ics y appliquer; mais celle ope-» forêts, à pro- ralion n^est pas difficile, et dès qu'un arbre
priétes utiles ^ * •
ou ûDguiiè- en est garni , il les conserve toujours , à moins que quelque accident malheureux n?en écarte les insectes ; alors ils ne reparoissent plus , et. il. faut leur. en substituer d'autres, que fournissent des marchands qui font ce commerce. M«^è"d"nîlnI Yers le commencement de Thiver , on voit Kioit*ïil!**^'* sur les kane-lorchou , qui ont déjà porté de la cire , croître des tubercules , qui augmen-* tent toujours jusqu'à ce qu'ils soient de- la grosseur d'une petite noisette : ce sont autant de nids remplis d' œufs de ces petits insectes , appelés dans le 'pays pé-rla-tchon ou lu-tchon. Quand la. chaleur, au printemps, est parvenue ' au point de faire épanouir les fleurs de l'arbre , elle fait pareillement éclore les petits insectes. C'est le temps propre où l'on doit appliquer des nids aux arbres, qui n'en ont pas. On« façonne jde petits .faisceaux de paille , surchacun desquels on- place sept oUi huit nids ; on attache ensuite ces faisceaux aux bran-^ chcs inclinées de l'arbre ou de 4'arbrisseaa qu'on veut peupler , en préférant celles qui sont de la grosseur du, doigt , et dont l'écorce est vive , unie et sans ride. On observe aussi de placer les nids immédiatement , ou presque
Arbres des
HISTOIRE NATURELLE. 2g3
ifnmédiàtement sur Técorce. Si ^arbrisseau a
cinq pieds de haut, il peut supporter un ou ^'^^.^éîés'^^^^
deux faisceaux sur chacune de ses tiges, et <>» «ngaiiè'
rcs«.
ainsi des autres , à proportion de leur force et de leur vigueur. Dès que ces insectes sont éclos , ils courent sur les branches , se répandent sur les feuilles, et cherchent à percer récorce sous laquelle ils se retirent volontiers ; mais d'où ils sortent au temps marqué pour fabriquer leur cire.
C'est vers le milieu de iuin que cette cire TemioMweta
' * prodait sa cire.
commence à se déclarer sur les kanemlorchou. On n'y aperçoit d'abord que quelques filaments d'une espèce de laine fine et déliée, qui s'élève sur l'écorce tout autour de l'insecte. Peu-à'péu ces filaments forment un diivet qui s'ëpaissit, et dont le volume augmente de plus en. plus pendant les chaleurs de Tété. Cette croûte couvre entièrement le corps des /aichon, et les défend tout-à-la-fois du chaud , de la pluie et des fourmis. Les Chinois assurent que si oh laissoit trop long-temps la cire sur l'arbre , les insectes ne feroient point leurs nids. Il faut avoir soin de la recueillir avant les premières gelées blanches de septembre. Cette cire se détache aisément , et on l'enlève nvec la inain.
294 ^K ^^ CHIKE. Liy. TIÎ.
Arbres des ^"^ Icltrc du P. d'Iocarville , écrite d€ là forèu,àpro- Chine à M. Geoffîroî , le célèbre auteor du
prieies utiles
ou smguliè- Traité de la Matière médicale , nous apprend qu^on peut extraire la cire des vers mêmes. On les ramasse , on les fait bonillir dans Peau , et ils rendent une substance grasse qui surnage et se fige : c^est la cire chinoise , ou le pé4a.
STclludr.'"*"* Cette cire est blanche, luisante, et conserve sa transparence jusqu'à l'épaisseur d'un pouce. On en porte la^ plus grande partie à la cour , o^ elle est réservée pour l'usage de l'empereur et des princes de son sang. Si l'on en mêle une once ^vec une livre d'huile, ce mélange prend de la consistance, et forme une cire peu inférieure à la cire d'abeilles. Les médecins l'emploient dans le traitement de plusieurs maladies : appliquée sur les plaies, elle en fait renaître les chairs en très-peu de temps. On assure encore qu'un grand nombre de Chinois , lorsqu'ils doivent par-» 1er en public , ou se trouver dans des ' oc^ casions où ils ont besoin d'assurance et de fermeté , mangent une once de cette cire pour prévenir les défaillances et les palpitations de cœur.
Les missionnaires de Pé-kîn ont envoyé de
HISTOIRE NATURELLE. SgS
cette cire en France en 1761. Elle y fut trou- Arbres Aes irée beaucoup plus blanche et plus ferme que forêts, à prône Fest celle d'abeilles. La bougie faite avec ^ singulier. cette cire donne une lumière douce , pure , très-claire , et ne jette aucune fumëe.
Les récoltes de cette espèce de cire n'en répandent pas une grande quantité dans Pem-. pire , où elle est toujours assez rare ; et comme, la provision de la cour prélevée, il en reste très-peu pour * les paHiculiers , ils la paient ordinairement fort cher. Mais tel est l'esprit • public et le ton des mœurs générales à la Chine , que, par là raison que cette cire est dé-» Corée du titre de cire impériale et affectée aux usages du palais , aucun paiticuHer ne se croît permis de s'en servir dans l'intérieur de sa maison. Les princes du sang eux-mêmes n'oseroient en faire un usage journalier. Hors du palais , on ne brûle presque jamais ailleurs de cette cire que dans les cérémonies funéraires , danslessallesconsacrées aux ancêtres, ou dans les oratoires d'idoles. L'empereur lui-même semble donner à cet égard l'exemple de la ré-» serve ; et , quoiqu'il pût d'un mot se procurer toute la cire blanche de l'empire, il est de fait qu'il n'en augmente jamais sa provision annuelle. L'empereur , l'impératrice mère
àgS DI LA CHINE. LIV. Vit
Arbres de ®* rimpératrice épouse , sont les seuls qui ett ^Héws^îiei "*^°* habituellement y plutôt encore par étipu siaguliè- qoette que par goût pour une jouissance fastueuse. Les princes et princesses f*enfens du monarque ^ les reines et les princes du sang , n^en reçoivent chaque année qu^une assez modique quantité. Enfin , lorsque ks magasins^ où cette cire est conservée, sont si pleins qu'il ne reste plus 'de place pour recevoir la nou- Yelle , l'empereur , au lieu de permettre qu'on . en "augmente la consommation dans le palais ,' la distribue en présents aux grands et aux princes étrangers , ou la fait vendre au public pour être employée aux besoins des arts , et servir dans les cérémonies et les circonstances d'éclat. L'esprit du gouvernement se peint ainsi dans les observances les plus minutieuses , comme dans les plus augustes et les plus importantes. rAmeVi^M.'*^* ^^^ Louisiane et la Caroline produisent deux espèces d'arbrisseaux aquatiques (i) qui donnent aussi delà cire ; mais cette cire, bien inférieure à celle de la Chine , n'est pas l'ou^ vrage d'une certaine classe d'insectes : elle est
(i) Myrica cerifera. Myricafolils lanceolatis , subserraùh. caule arborescente. Liiin. Mynca cerifera foliis oblongis , ohtuûusculls , dliis supernè serratis aliis integerrlmis , junioritus marginibus repoîuiis, Lam. DicL encycl. n\éùi
Bl^TOlltE KATUR1;LL£. 297
le produit d^une substance grasse et résineuse, arbres des qui recouvre les baies de ces arbustes. Cette forêu,àpro-
-*^ ^ pnetes ulile»
eire y naturellement verte , devient d*un blanc ou singuUèjaunâtre par les préparations qu^on lui donne ; mais elle ne peut atteindre au degré de blancheur de la cire ordinaire; Les arbrisseaux qui la produisent n^existent pas seulement à la Caroline et à la Louisiane ; ils se retrouvent aussi dans quelques parties du Canada , comme nous rapprend une lettre du P. Rasle , jésuite , missionnaire chez les Abnakis. Il paroit même qu^ils y croissent en très-grand nombre. « Je y> n^ai pas lieu , dit ce missionnaire , de tné- » nager ici la cire ; car Ce pays m^en fournit » abondamment. Les isles de la mer sont bor- \ » dées de lauriers sauvages ^ qui partent , en » automne^ des graines à peu pi*ès semblable$ » à celles que portent le genévriers. Qn en » remplit des chaudières , et on les fait bouil^ » lir avec de Peau. A mesure que l'eau bout, » la cire verte surnage , et se tient au-dessus » de Peau. D'un mînot de cette graine on tire » pr^s de quatre livres dé cire. Elle est très- » pure et très-belle ; m^is elle n'est ni douce » ni maniable. Après quelques épreuves , j'ai » trouvé qu'en y mêlant autant de suif, ou de » bœuf, ou de mouton , pu d'orignac que de
Arbres des ^ ^^^^» ^'^ ^^ ^^^^ ^^^ cicrges beaux, fermes , 'riéte'i ^^les ^* ^^*' ^'""^ très-boii usage. Avec vingt- quatre ou «Dguiiè- » li^TCS de cire et autant de suif, on fera deux
res.
» cents bougies , longues de plus d^un pied. » On trouve une infinité de ces lauriers dans » les isles et sur les bords de la mer : uneseule » personne cueilleroit aisément quatre minois » de graines par jour ; cette graine pend en » grappes aux branches de Tarbre (i). »
Comme ces arbrisseaux d'Amérique croissent près des^aux, il seroit possible qu'ils existassent aussi à la Chine , et quUIs ne fus*^ sent autre chose que la seconde espèce d^r* bres à la cire dont le P. Chanseaume a parlé sans les décrire ; mais qu^l désigne sous le nom de choui-la-^chou ( arbre aquatique qui porte la cire ). •
§ X. — Le ou-liieou-mou ou V arbre au suif(i).
Parmi les arbres extraordinaires de la Chine, celui-ci doit être distingué comme un des plus singuliers. Il croît abondamnient dans les provinces de Tché-kian, de,Kian-nane et de Kian-si, dans les plaines exposées au midi, et situées au pied des montagnes ; il se plaît
(1) Lettres édifiantes, tome XVII , page âSg , anc. ëdit. (a) Croton sebiferum. Crotonfoliis rhombeo-;OPcUis , acuminagis, inlegerrimiSfglabris. hinn.
dans les terraias humides , et semble recher- Arbres des
cher les hords dœ ruisseaux, où il vient et forêts, à propriétés «iiles se multiplie naturellement. Ces arbres sont ou singulier
res.
aussi Pobjet de la culture : plantes en échi* quier , ils attirent de loin les regards par leurs masses mêlées de yert et de pourpre , et offrent Taspect d'un vaste parterre de fleurs.
L'arbre au suif s'élève à la hauteur de hos poiriers ; il ressemble; au cerisier par son tronc et ses branches , et au peuplier noir par son feuillage ; mais les feuilles , taillées en losan* ges aloDgées , ne sont pas dentelées ; elles sont vertes d'abord, et deviennent ensuite d'un rouge vif et éclatant. Les feuilles tombent pen^ dant l'hiver , et comme elles sont un peu grasses et onctueuses , les vaches et les moutons les recherchent avidement et s'engraissent par cette nourriture.
Ges arbres fleurissent à la cinquième lune: leurs fleurs sont petites , d'un jaune pâle et blanchâtre , et forment des chatons soutenus à l'extrémité des branches par des pédun- x cules ligneux fort courts , et qui ne semblent être qu'une extension de la branche même. Les fruits sont des capsules dures , brune^ , légèrement raboteuses et de forme triangulaire j mais dont les angles sont arrondis. Cette ,
res.
3oO DE LA CHINE. LIV. Vit
Arbres d«s ^apsulc cstdivisëc Cil trois portions de sphère, forêts, à pro- qui s'ouvrent quand le fruit est mûr , et lais-
pnetes utiles ^ ^ ^ ^ ^
ou singuliè- sent paroître trois graines ou noyaux arrondis que recouvre une pulpe blanche. Le péduncule se partage alors en trois autres plus petits 9 qui ressemblent h des filets déliés , dont les extrémités, pénétrant dans Pintérieur de la capsule, vont sHnsérer à la pointe supérieure de chacun des no jaux , auxquels ils paroissent avoir transtais le isuc nourricier.
C'est la chair ou pulpe dont ces trois noyaux sont revêtus qui a toutes les qualités du suif : la couleur, Todeur, la consistance en sont exactement les mêmes. On recueille toutes ces graines , qu'on fait bouillir dans Peau avec leurs coques : la pulpe se fond , surnage ,:et se condense d'elle-même lorsque l'èau, retirée du feu , s'est refroidie. Le noyau , dont la substance est assez dure, contient une semence très-huileuse de la grosseur d'un fort grain dis chenevi.' On porte tous ces noyaux au pressoir , où on les écrase comme nous Ëiisons les olives , et il en découle une huile abondante, qu'on brûle dans les' lampes.
^ Les feuilles de cet arbre sont propres à'ieindre en noir ; et quelques propriétés salutaires reconuues dans sa racine , naturellement ra-*
HISTOIRE KàTURELLE. 3ot
fraîchissante , la font employer dans la méde- , Arbre» des
Cine chinoise. ' forêts , à pro-
priétés utiles
Le soif végétal est la matière dont les Chi- on singuiiè* nois fabriquent leurs chandelles , en y mêlant seulement un peu d'huile de lin. pour en rendre la pâte plus molle et plus douce. S^ils avoient Part de purifier cette substance comme nous purifions le suif en Europe , leurs chandelles ne seroient point inférieures aux nôtres ; mais ils négligent de prendre cette précaution : aussi Todeur en est-elle plus forte , la fumée plus épaisse et la lumière beaucoup moins vive. Ces chandelles sont naturellement d'une grande blancheur. Les Chinois en font de rou>ges, en. mêlant du vermillon dans la pâte du suif. Quelquefois aussi on les trempe dans de la cire fondue , dont quelques couches s'attachent au suif, l'enveloppent et l'empêchent 4e couler.
Les Chinois emploient différentes matières »»ch«scUiiioife«. pour fabriquer les mèches. Les habitants des campagnes tirent celles qu'ils brûlent dans les lampes de l'armoise , de quelques chardons , et sur-tout de la moelle de jonc desséchée, avec laquelle ils préparent et composent des mèches , qu'ils nomment hian. Celles-ci sont d'une grande commodité pour conserver à
3oa DE Lil CHINE. LIV. VIÎ.
Arbres des P^" dc frais du fcu et de la lumière pendant la forêts, à pro- nuit , et ellcs ont de plus la propriété de puou sîQftuiiè- rifier Pair des étables où on les fait brAler lorsque les bétes à cornes sont attaquées de maladies épidémiques. Les mèches dont on se sert pour les chandelles sont Ëiites d^ un bois léger et inflammable, dont Pextrémité inférieure est percée d'un trou : celui-ci s'adapte à une pointe de fer qui termine le haut du chandelier , et y fixe ainsi la chandelle.
u Gtti««""^ ^* ^^ coniK>ît un arbre au suif propre à la Guiane ; mais il paroît élrje d'une espèce toute différente de celui de la Chine. L'arbre qu'on cultive sous ce nom à Caïenne est du genre des arbres laiteuK, <et lefs botanistes s'accordent à le ranger dans la classe des figuiers. Sa graine est jaune , arrondie, delà figure d^une muscade y et contient une amande qu'on pile et qu'on réduit en pâte ; celle-ci est mise souç presse , et il en découle une huile qui se fige et se condense en suif.
L'arbre au suif de la Chine a été transporté à la Caroline et à risle*de*France , où il réussit, dit-on 9 aussi bien que dans son pays natal. Des graines , prises à l'Isle-de-France , ont été semées en Bretagne par M. de Querhoent: ces graines ont levé et donné de jeunes plants^
filStOIRE KAtURELLB. 3o3
mais nous ignorons quel a été le succès ulté-* Arbres des rieur de cette première tentative. foréu, à pro-
M. Cossigny prétend qu'on peut retirer de <>« «oguii*la véritable cire de Parbre au suif. « On en re- » tire , dit-il (i) , de la cire très-belle , très- » blanche , très-ferme ; elle a méfne un bril- » lànt que n'ont pas la cire et le blanc de » baleine. On en retire aussi à volonté une ' » espèce de sqif et une huile. Lorsqu'on veut » avoir de la cire» on met les graines entières, » mais dépouillées» de leurs coques , et frai- » chement cueillies , dans de Teau sur le feu. y> ÂWrs la substance qui enveloppe la graine » se fond et nage à la^ surface : c'est la cire. » On pile ensuite les graines; oncles remet j> dans de Teau sur le feu , et on retire deThuile » fournie par les amandes. Lorsqu'on veut » avoir du suif, on commence par concasser » les graines entières ; on les met dans de l'eau » sur le feu ; la cire et l'huile qu'elles rendent » se mêlent ensemble et forment une espèce » de suif propre à faire des chandelles. » Ces expériences auroient besoin , sans doute » d'être renouvelées et confirmées , d'autant plus que la première manipulation , qui donne de la cire à M. Cossigny , lie diffère de celle
(i) F'ojage à Canton.
3o4 B£ hX CHINE. LIV. YII.
Arbres des P^"^ laquelle ks Chînioi^ obtiennent du suif ^ forêts, à pro- q^q p^r le seul retranchement des coques.
pnetes utiles .
ou singuUè- Au reste « il faut remarquer que c'est sur des
.res.
arbres à sujf , transportés de. la Chine à Tlslede^France , que ce voyageur a fait ces observations , et il est encore le premier et le seul qui ^sure en avoir obtenu de la cire.
«îîj^rj'roîî^ Nous placerons ici quelques observations , ctnT'*"*** qui peuvent suggérer et faire naître des idées utiles. Les troisième , quatrième et cinquième siècles depuis notre ère ont été , à la Chine , les beaux siècles des arts. D'après plusieurs écrits, publiés alors et qui se sont conservés, il paroît que les Chinois ont eu autrefois des procédés pour purifier le suif, le blanchir, le dépouiller de sa mauvaise odeur , et le rendre d'un usage à peu près semblable à celui delà cire pour les bougies. Ces préparations ne sont . pas toujours clairement énoncées ; | mais il semble que les unes avoient quelque i rapport à celles qu'on donne 3^n sain -doux pour en faire de la pommade, et léS. autres avec les méthodes qu'on si|it pour blanchir la cire. Ajoutons quelques autres remarques extraites de ces anciens livres-
1*^. Plusieurs lettrés, des siècles dont nous. parlons , ont prétendu que le beurre qu on
HISTOIRE NATURELLE. 3o5
tire du lait , là graisse que donnent les ani- Arbrc$ des maux, le sain-doux du .cochon, le suif dû ^^'[^'V ^ Pr,°'
^ • ^ ' ^ pnetes utiles
mouton y riiuile des poissons , celle des grair ou singuiiè-* nés et des amandes , sont substantiellement la inéme matière , mais différemment travaillée et manipulée par la nature ; et que si Von savoit imiter les procédés de celle-ci , on trouveroitdes huiles dans les graisses , et des graisses dans les huiles. « Le froid , disoient-iis , fige » les huiles en graisse ^ et la chaleur liquéfie » les graisses en huile : il ne s'agiroit que d'i- » miter la double action du froid et de la » chaleur. »
2^. Le livre Tchouene-ou-tchj, parle d^un Mémoire sur la manière d^épaissii* et de.figer les huiles , et insinue que quand on fait évaporer ce qu'il y a de plus liquide ( Pesprit d'eau ) dans rhuile de chenevis , elle devient une pâte pétrissable, et se durcit ensuite comme lé suif.
S®. Selon le livre Y-^min, lorsque Thuile d'umande de pruniers sauvages a fermenté avec une pâte bien fine de ces mêmes amandts , elle donne une espèce- de suif, qui peut servir à tous les usages du suif ordinaire.
4^ Dans Phistoire de la dynastie des Tsine orientaux , il est parlé de chandelles faitçs avec Phuile dé chanvre cuite^ i