II. ao
3o6 SiE LA CHINE. LIV. VII.
Arbres àt$ ^^' ^^^^^^^ Uvre$ font mention de chanforéb,àpro* deUes de santé, qui répandoient une douce eu ttDgiiiiè-* odeur, et dont la lumière éloit fort amie des yeux. Les plus célèbres de ce genre étoient celles d*un ancien médecin : on les allunioit dans la chambre des malades pour hâter leur gnérison, ^ empêcher que ceux qui les aeryoient ne fbssent atteints de leur mal ; mais on n^entre point dané lé détail de leur composition : on sait seulement que celles dont on faisoit usage pendant la maladie d*une prin* cesse , appelée Tchan , avoient deux pouces de diamètre ; qu^elles répandoient ieur parfum à la distance de caat pas , que la gi'aisse d^huître entroît dans la mixtion des matières qui les eomposoient , et qu^elles étoient peintes de diverses couleurs.
§ XL — Le ton-chou , le ton-yeou , le Uha-yeou: atbns qui donnent des huiles. L'arbre caoutchouc ne croît pas à la China,
u tùii-etm. Leton-chott ( i ) est un grand arbre qui croit
sur les montagnes et dans les forêts élevées de la Chine. Ses branches sont ascendantes , gar«
(i) Vemicîa montana. Vernkcia foliis aubcordatU, acumi^ natis, andulatiâ; pedunculU polyftoris, iefmirtaiibu9. Lotir. Flora G)chin«h. , pa^t 7a».
KlSTOIIiE NATURELLE. S07
nies de feuilles éparses , presque dessinées en ^,.j,p^, ^ cœur y aiguës, très-enlières , ondulées, lissep foré\s/apro-
' ^ » i' priëtés ulile$
tçur leurs deux surfaces : on remarqqe deu^ pe*^ ou tioguiiè-' tites glandes au point de leur insertion avec les pétioles. Les fleurs sont monoïques ; elles naisseat plusieurs sur un même péduncule , et forment des grappes courtes ^ l'extrémité des rameaux* Un calice à deux divisions ; corolle blanche , composée de cinq pétales oblongs et campanules ; dix étamines réunies en faisceau à leur base ; point de style dans les fleurs fe^ melles ; un stigmate sassile , obtus , marqué de trois divisions. Le fruit est une drupe arron-i die , d^une grosseur médiocre , et qui renferme un noyau a trois loges , dans chacune desque^ les est une semence oblongue. Ces noyaux sont aboadamment imprégnés d^une substance oléa* gine^se. Le liquide gras qu^on en obtient par 1
l'expression a quelques rapports avec le ver-* nis ; il tient de sa malignité , et Ton doit éviter d'en respirer la vapeur.
On fait usagé de celte espèce d'huile pour f^i^'^' ^« ^•''la peinture et la décoration des appartements.- On la £iit cuire avec delà lithafge , et Pon y mêle les couleurs qu'on se propose- d'em-» ployen Souvent on Tappliqiie pure et sans mçlauge sur le bois j pour le défendre des im-*
3o8 DE LA CHINE. lIV. Vit.
Arbres des P^cssions de la pluîc ct dc rhumidité , et quelforèu , à pro- quefois aussi sur les carreaux des appartements, ou tîDguiiè- lorsqu^on veut les rendre propres et luisants. Mais s^agit-il d*un ouvrage recherché, et yeuton dëcorer avec quelque luxe une salle , une galerie , un cabinet ? alors les peintres chinois couvrent les colonnes et la boiserie d^une sorte de pâte y qu^ils préparent avec de la filasse , de \d^ chaux ou quelque autre matière semblable. Us laissent un peu sécher cet enduit; ensuite, après avoir mêlé Thuile avec la couleur quHls ont choisie « et fait cuire ce mélange avec la litharge, ils l'appliquent avec des brosses, selon les compartiments qu'ils veulent former. On dore quelquefois les moulures et les ornements de sculpture qui s'élèvent en relief; mais cette dorure , qui ne fait que rendre la décoration plus riche, est souvent peu nécessaire , tant le ton-chou , mêlé aux couleurs , donne de lustre et d'éclat aux boiseries qu'il recouvre.
uun-rtow. Lç^ Chinois ont encore quelques autres arbres qui leur donnent différentes espèces d'huile. Au premier rang de ceux-ci est le ton-yeou , arbre d'autant plus précieux qu^il fournit l'huile propre dont on se sert pour délayer , étendre et appliquer le beau vernis
HISTOiaS NATURELLE. Sog
de la Chine. Quelquefois même elle le supplée , Arbres des sur-tout dans les décorations des grands édi- ^^j^l^; ^JJ-J^^ fices, tels que les portiques , les salles et les ^^ singulier appartements du palais impérial. Gomme il seroit aussi difficile que dispendieux d^appliquer le véritable vernis sur les énormes go-* lonnes qui supportent le faîte de ces vastes bâtiments, on se contente de les enduire d^uile de tau-yeou , dont les couches transparentes donnent de réclat aux bois , sans rien masquer de leur beauté naturelle.
Le tchoryeou est un autre arbre à huile d^une ^ t^àa-yam. hauteur médiocre, lequel croit fiians aucune culture sur le penchant des montagnes , et même dans les vallées pierreuses;. Les baies qull porte sont vertes, d^une forme irrégulière, et contiennent des noyaux médiocrement dui^, et plutôt cartilagineux qu^osseux. Ces baies ou fruits, conservés pendant quelque temps après la récolte , rendent une grande quantité d'huile qu'on regarde , lorsqu'elle est encore fraîche et nouvelle , comme une des meilleures de la Chine. L'arbre isai-tsé, qui produit une fleur jaune , donne une huile à brûler 'y et l'amande de l'abricotier sauvage fournit aux Chinois celle qui leur tient lieu de Thuile d*o*
3i6 aé la cntKÊ. Lîv. VI*:
'Arbre» des H^c > c* dotit ils 86 feervcnt pour la tablé (t). Julei^uiiiM ï* '^'s paroîk pâà que Parbt-e càotOshont ou «nguiic- croisse à la Chioê , comme Tout âvâticé quel- L. r^eriuwr. qoc^ botanistes. On sait quC cet arbre, qu'on trouve à la Guiane française et dahs plusieuri autres parties de PAtiiérique, est celui d*oà découle la célèbre goMmé élastique , Substàticfe singulière qtie M. de la Condamine à lé premier fait connottre en France , à son retour du Pé^ rou , et dont l'analyse à long-tettips tourmenté les chimistes de TËuropé. Quelques môrceaut de gomme élastique ou d'une substance qui lui ressemble beaucoup ^ envoyés de là Chiné en Fra Ace , firent croire que les Chinois ëtdieiit possesseurs de IWbre quilaproduit. LéP.BôUr
(i) a Quelques champs , dit M. Stauulon , étoient couverts fi de palmà ch'risH bu ricin , dont la graine sert aux Antilles « à faire de l'huile > éi qu'oii ehtploie dans la itiédkcine \ m^is » les Chinois Tout reit^ue propre k être maof ée ♦. » Toutes les espèces connues de ricin sont des purgatifs violents , et il seroit très-extraordinaire que les Chinois fussent parvenus à eil bibtehir Ufaé huile d« tahte. Cohiitté faoUs ne dët'otivrons -aucune U^ce dé ce îk\\ dftiift les Mémoit-bs âe» InU^ibnbalres, t[ui nous oÂt fait tonnintre la plùpatt des hUtles côméstihles de la Chine , bous pensons que l'assertion du voyageur anglais , pour être crue , a besoin d'être confirméfe. Les Chinois tohtioisSfetit aussi l'huilé que donhte la ttavettte^ dont ils se* tAteUt dte tdlahi})b immenses.
* VajtH* ^ Mtuartnejr, tome IV, pagt 109.
geoîs fut consulté , et te missionnaire , après Arbres de» avoir fait les recherches nécessaires, répon- ^^^.'^^{1» ^^PjJ^^ dit par une lettre datée de Pé-kin, le 19 no- ^ «nguiièvembre 1784. H résulte de cette réponse <jue la gomme élastique chinoise , qu^on appelle lon-yeau-po , n'est le produit naturel d'aucun arbre , mais seulement une composition. Le missionnaire fit d'inutiles démarches pour fc'etî procurer la recette ; les ouvriers Chinois ^ toujours tnystérieux sur les ^océdés de leurfe arts > éludèrent toutes ses questions^ Il apprit . feulement, qu'outte.la cire et plusieurs autres îïlgrédiens qu^i! n'^ pu découvrir » ^ fait cnti^er dans cette compôsitiom une huilé qu'oft tire d'un arbre fort coiMnDU danis les provinces méridionales. « Cet hihte , dit le P. Bôur- >» géois , s'appelle ton dans le langage ordi^- 1» iiaire \ mais ceut ^g^i se piquent de mieut » parler dtôent Ion, par allusion au serperit, » parce ^ue les branchés de cet àïbre imitent » asse% la figure de ce reptile. Yemi signifié » huile, » Cet arbre est vraisemblablement lé même que celui dont nous venons dé parler sous lé nom de ton-yeou. Le missionnaire ajoute que les Chinois emploient leur gomhie élastique à un gtand nombre d'usages; qu'ils en font des boutons , des agrafes , des ornementa
3l3 DE LÀ CHINE. LIV. VII.
Arhrcs des Û!^. *^*^ » ^*^* 5 '^^^^ qu'îls H^OUt paS k SC-
^°ri^iés ^Jîîies -^^^* ^^ ^^ conscTver liquide, et qu'ils sont ou singuiiè- obligés d'cu Tcnouvcler la composition toutes
les fois qu'ils veulent en fabriquer quelque
.ouvrage,
§ XII. — Le fchu-kou.
utchB-kou, Cet arbre est d'autant plus précieux pour le^ Q^înoi^ > que son écorce intérieure leur fournit une grande partie du papier qu'ils consomment. Lorsqu'on rompt ses branches , i?écorce sa' détache et s'eplève sous la forme de l.<ïM9gs rubans.' Si l'on vouloit juger de soo le/s^p^e [pai^ ses feuilles , on croiroit que c'est yn mûrier sauvage ; mais, par son fruit, il res- ^ipble plQs ^u figuier. Ce fruit tient aux branches, sans qu'il y soit attaché par aucun pédupeulç ; il rend du l^it comme la figue , lorsqu'on l'arrache avant sa maturité. Un grand ïipjaihro.^j^ traits de ressemblance avec le ii- §ûïQr:etilce mûrier pourroit le faire regarder comme une espèce ;de sycomore, . Si l'on fait , au printemps , une incision à l'écorce de cet arbre , il en découle un suc ]ai);eux, avec lequel on fait la meilleure coUe connue pour les livres , cartons , et tou$ le^ petits meubles en papiers. Les Chinois as-
rcs.
HISTOIRE NATURELLE. 3lâ
surent qu^elle colle pour toujours , et que les Arbr«s des vers et les mîtes craignent inéme d'en ap- ^°'^t!V * '^t'iPes procher. ou singuiiè-
Cet arbre croît sur les montagnes et dans les terrains pierreux. L'herbier chinois indique la manière de le multiplier et d'en perfectionner Tespèce. « Il faut , dit-il , à Téquinoxe » du printemps , prendre la graine de cet ar- » bre , et après l'avoir lavée , la mêler avec la » semence de sésame , et les jeter en terre » péle-méle. La graine de sésame poussera » avec les premiers jets de l'arbre ichu-kou ; » mais il faut bien se donner de garde de cou«- » per cette plante ni en automne ni en hiver: » il faut attendre le printemps suivant. Alors » on met le feu dans le champ , et dès cette » même année on verra croître avec vigueur » les plants du ichu-kou. Au bout de trois » ans , cet arbre est en état d'être coupé , et » son écprce est propre à la fabrication du » papier. »
§ XIII. — Le kou-chou.
L'arbre appelé kou-chou ressemble assez à nos figuier^ , soit par le bois de ses branches , soit par la forme de ses feuilles. Sa racine pousse ordinairement plusieurs tiges , qui forment une espèce de buisson : quelquefois
Arbre dnvt le U^t •^emploie daus ia dorure chinoise.
3i4 DE LA CHIMÉ. LlV. Vlî.
Arbfes des ^^'^ ^^ pôfte qu^uti seul Iroïic , droit , arrondi , fôréts , h p*-^ çi qui 3 pi^js ^e neufà dix pouces de diamètre. ou sififiuiiè- Les branches du kou-chou sont d'un bois M-
les.
çer, môëlieux, et couvert d'une ëcorce semblable à celle du figuier. Ses feuilles sont profondément découpées : deux découpures principales partagent chacune d'elles en trois . lobes. Leur couleur et la disposition des fibres sont les mêmes que dans les feuilles de figuier ; mais elles sont plus grandes , plus épaisses y plus rudes au toucher , au n^oins à leur sur&ce feupérieure ; celle de dessous est tapissée d'un colon doux et fin. Quelques^ unes de ces feuille!» «ont entières , sans être échancrées , et pnt là forme d'un cœur alongé.
Cet arbre «rend un lait dont les Chinois se servent pour appliquer l'or en feuille. Ils pratiquent au tronc de l'arbuste une ou plusieurs incisions , dans lesquelles ils insèrent les bords d^une coquille ou de quelqu'autre semblable récipient , dans lequel le lait coule. Quand ils l'ont recueilli , ils s'en servent avec le pinceau , et en dessinent les différentes figures dont ils veulent embellir leurs ouvrages ; ils appliquent aussitôt des feuiUes d'or sur les figures , et la liqueur les attire si fortement , que jamais Tor pe s'en détache.
HISTOIRE :NATUR£LL£. SiS
ê XIV. — Le isao-jcia , ou lefiçier chinois ( i). Aibi-es dei
^ » ^ \ / forêts, à pro-
priétés utiles
Le tsaà-kia , dont le nom signifie Varbre ou singuiîèauœ cosses noites , est encore appelé par les Chinois corne noire ou touteau pendant, parce qu^il offre quelques-unes de ses siliques ou cosses ^ arrondies et alongéés en forme dô cornes , et d^autres qui ont la figure d'une lame de cbutead. Où prétend que cet arbre éloit connu- à la Chine plus de mille ans avant Tère ^
chrétienne ^ etquUl en est parlé dans le Tcheou^ //JivrégéHeralenient attribué au célèbre prince Tcheou-kon (2) , fils de Ouenc-ouan. Le tsao^ kûsi est mis par les botanisties chinois au rang des faux acacia , quoique les botanistes d^Eu-^ ropé qui eh ont parlé ne le rangent point dans cette classe. Il devient un très -grand arhre ;< il conserve ses feuilles toute Tannée dans les provinces méridionales , mais il les perd
*ti)Gleditsia macrocanla. Gleditâia spinUrohusiis^ ^ufjiosisy plurimis ; foliis pinnatis i foliolis lanceolaiis , rigidulis , cre^ nulaio-dentàiis f tèguminîbus elongatis , puîposis , incrassaiis^ Deslbht. CkitâL h. P. 4 > p. 182 , et Hi«t. dés arb^^ t. ff, p. 348. ^~ Boir* in Diiham» ^ edit. hoy. > 4 , p. 103.
Un individu de ceUe espèce , qu'on croit être provenu de graines reçues de la Chine , est cultivé au Jardin royal dts iPlaûtes de Paris.
i U) Ce prinèe ttiourut Van 1 106 avant J. C,
res.
3i6 DE LA CHINE. LIV. Vit.
Arbres de* ^ans ccllcs du nord à la fin de Tautomne. Il îrit'le';^^H« résiste très-bien au froid de Pé-iin , et ne deou singuiiè- mandé ni secours ni abri contre l'hiver.
Le P. Gibot , à qui nous devons quelques < renseignements sur cet arbre , n^a pas jugé à propos d'en donner une description particulière , parce qu'il avoit déjà envoyé en Europe un dessin colorié , représentant une branche de tsao-kia , . chargée de ses feuilles , de ses fruits et de ses épines. Il crut encore que cette description étoit d'autant moins nécessaire , qu'ayant lu celle que donne du /èWi^r l'illustre M. Duhamel , il trouva qu'elle étoit très-exacte et conforme dans tous ses détails avec un tsao^ kia qu'il avoit sous les yeux , planté dans le jardin même des missionnaires dePé-kin. Ccjux de nos lecteurs qui voudront se procurer une connoissance plus précise des caractères bo'taniques de cet arbre, peuvent recourir à l'excellent Traité des arbres et des arbustes.
On compte à la Chine plusieurs espèces de féi>ier, parmi lesquelles on distingue çur-tQut celle qu'on croit être venue originairement de Perse. Cet arbre s'élève jusqu'à la hauteur de quarante à cinquante pieds. Se3 siliques sont très - longues , et remplies de graines dont la pulpe ^ noire en dedans et couleur de chair ep^
HISTOIRE NATURELLE. ^l'J
dehors , est très-àgréable au goût. Ce féi^îer , . " ^^ étoit devenu tellement à la mode , que les em- forêts, à pro-
. ; ^ ^ priétés ulilrs
pereurs le faisoient planter dans les cours m- ou singulier térieures du palais ; et l'histoire raconte que Min-tî, qui monta sur le trône Tan 494, mangeoit habituellement de ses graines par régime. Cet arbre ne se trouve plus aujourd'hui que dans les provinces méridionales , où il avoit (l'abord paru. Il est bon d'observer ici que les poTr'^^VJnmri^ Chinob ont suivi de tout temps la pratique iVret"'** **"**" très*sage de planter d'abord , dans leurs provinces du.midi , les arbres et les végétaux qui leur arrivent des pays étrangers méridionaux. Lorsqu'ils s'aperçoivent ensuite que ces arbres et ces plantes se sont comme naturalisés dans le climat de la Chine , il les font avancer peu-à*peu vers le nord , pour en étendre Tutilité à toutes les provinces. Cette méthode , qui est judicieuse et philosophique , mérite*^ roit d'être observée et suivie pour tous les végétaux des Indes et de l'Asie qu'on tente dUntroduire et d'acclimater en France.
Les recettes de jardinage et de culture étrangère peuvent quelquefois être utiles ; mais il est sage de ne pas les garantir , lorsqu'on les expose. Voici le secret que révèlent quelque3 livres chinois pour augmenter la fécondité du
3l8 DE LA CHINE. LIV. VII.
'TT ^ Uao-kia , et le forcer de produire une grande forêu,àpro- quantité de fleurs et de siliques. Ce secret
prtélés utilej ^ ^ ^ ^
OU singviiè- con$iste , $elon quelques auteurs , à forer le tronc de Tarbre à la naissance des racines , et à insérer dans ce trou de la limaille de fer , ou encore mieui^ de la mioe de fer crue. Selon d^autres » il suffit d^ enfcHicer de gros clous du côté du nord et du côtp du midi , de manière qu^ils ne débordent pas , et qu'on puisse les sceller avec de la terre grasse. Un fleuriste de la dernière dynastie chinoise , rapporte qu^après avoir foré Tarbre au nord et au midi y il s'est contenté d^y enfoncer des chevilles de bois , qu'il scelloit ensuite de terre grasse , et que cette pratique lui a toujours réussi.
mJTduXvr!**'" L'estime que les Chinois témoignent pour lenr /évier est fondée sur la connoissance qu'ils ont de ses rapports utiles avec les arts et la mé« decine. Ses graines et ses siliques sont jour* niellement employées dans un grand nombre de professions et de métiers. Les orfèvres s'en servent pour blanchir l'argent , les bonnetiers , pour nettoyer et rendre leur premier éclat aux longs poils de vache , teints en rouge , dont sont ornés les bonnets d'été; les- pelletiers-* fou* reurs , pour la préparation de plusieurs peaux , et sur^tout de celles dq iuouton ^ dont on fait
re«.
ttlSTOlRË NATtIR£LL£. SlC)
si grand usage à Pé-kin , dans la province Arbres des Pé-tchë-lî , et dans toutes celles du nord. ^**T*Î*/*P~*
' ^ prietes utiles
dernier article est d*une importance réelle. ©«* «inguiièa ne peut disconvenir que la plupart des urrures préparées en France , et sur^tout les IX de moutons et d'agneaux , ne conservent un fond de mauvaise odeur, qui se décèle el se fait sentir lorsqu.*on en a fait usage pendant quelque temps. A la Chine, les peaux de moutons du plus bas prix , telles que sont celles dont on double les vêtements les plus communs , et dont se couvrent habituellement les ' manœuvres et les paysans , ne sentent jamais mauvais : portées et fatiguées pendant quatre on cinq hivers , elles ne rendent pas plus d'odeur que le jour où elles sont sorties de la maiit de Touvrier qui les a préparées. C'est princi*» paiement à l'emploi des graines et des siliques du isao-kia que les Chinois semblent attribuer le degré de perfection auquel ils ont porté la préparation de leurs pelleteries.
lia médecine chinoise fait usage des sili(}ues , des graines, des épines, ^es feuilles, et de récorce du tronc et des racines du tsao-kia. On vante Tefficacité des siliques pour rappeler à la vie ceux qui sont tombés en apoplexie , pour guérir les constipations invétérées f tuer
Arbres des *®* ^^^^ » faciliter raccottchement , préserver forêts, à pro- ^^3 maladies contisiKieoses . etc. Les épines
pnétës utiles , * . , , .
ou singuiiè- sont appelées /ce7i-&/2 (le clou céleste), à raison des Ycrtus singulières qu'on leur attribue , et qu41 seroit trop long de rapporter.
Les graines du tsao-kia sont admises parmi les ingrédiens quiserrent à la toilette des dames chinoises , maisies missionnaires n^ont pu nous apprendre à quel titre elles obtiennent cette honorable faveur.
Lorsqu^on ouvre cette graine on aperçoit^ entre elle et la coque , une espèce de gomme transparente et très-dure , destinée peut-être à conserver et à nourrir les deux lobes qui recouvrent le germe. D'après quelques essais, il paroit que cette gomme pourroit être , dans certains cas, substituée avec succès à la gomme arabique.
§XV. — Le camphrier (i).
La Chine produitParbre prédeux qui donne le camphre , et cet arbre est appelé tchan; il est de la classe des lauriers. Lorsque! est jeune , son tronc #e revêt d^une écorce lisse et verdàtre , qui devient grise , épaisse et raboteuse en vieillissant. Son bois est d^un tissu
(1) Laurus camphora. Laumsfolii^ triplinerpiis^ ianceolatc^ Qi^atis, Linn.
peu serre ; il est d^abord blanc , et se nuance Arbres des ensuite de teintes et de veines rougeâtres. Ses ^®':^,**; ^ Pf,®*
^^ pnetes utiles
feuilles sont alternes ^ ovales , entières , lisses , ^^ sînguiièpointues , d'un vert brillant , portées »irde longs pétioles i et marquées en dessous de trois nervures. Le revers de la feuille paroît toujours chargé d^une espèce de poussière blanche qu^on peut enlever par Je frottement. Ces feuilles , comme toutes les parties de Parbre , exhalent une odeur forte et aromatique, qu^elles conservent même lorsqu^'ellessofit sèches.
Le camphrier se couvre de *fleurs nom-* breuses ^ petites , blanches , réunies en bou^ quets y que soutiennent de longs péduncules ^ et qui sortent de TaisseUe des feuilles. Chaque fleur , qui a son péduncule particulier ^ est composée de six pétales oblongs ^ sinués , ai^ gus , lesquels renferment six étaminés très'-' courtes , garnies de filets qui s^implantent dans le réceptacle,, et surmontées d'un sommet velu et brunâtre ; au centre est un pistil terminé par deux mamelons et porté sur un style simple. A ces fleurs succèdent d^ baies sphériques , de la grosseur 4'un pois , blanches avant leur maturité, et qui noircissent lorsqu'elles y sont parvenues ; sous une pulpe Irès-nàincé est une coque ligneuse y à une seule loge, laquelle
ii« ai
322 DE LA CHINE. HT. Vîî.
"^ ~ contient une petite amande blanchâtre , lai-
rorèts,àpro- tcuse et à deux lobes.
prîétés utiles i • j i •
eu singuliè- On assurc que plusieurs de ces camphners parviennent à une prodigieuse hauteur, et qu'il s^en trouve de si gros , que yingt personnes peuvent à peine les embrasser. Lé tronc de ces arbres , lorsquUls sdnt vieux , jette des étincelles de feu ; mais la flamme en est si subtile , qu'il n'est point à craindre qu'elle se communique : les cheveux même n'en seroient pas^ brûlés. Le camphre ordinaire ne coûte à Pé-kin que deux sous l'once , mais il est infé-
chiîTiSSiwVà ™"^ ^ celui de Bornéo , au jugement même
«.4TdiVr«î. ^^3 Chinois (r).
La manière dont quelques-uns de. nos au* teurs ont parlé de la distillation du camphre , doit faire juger qu'ils ont ignoré les procédés qu'on eiAploie pour obtenir cette . subs-
(i) Le P. Loureîro , après avoir fait très-frëquemftient usage de ces deux espèces de camphre, pri^eud qUe leur irertu est absolument la même, et que la difficulté de se procurer celui de Boi*n^ est la seule cause de la différence ëporme de prix, auquel les Chinois l'achètent. U n'assure cependant pas que le camphrier de Bornéo , qu'il n*a pas vu , soit de la même es- {»èce que celui de là CSiitie. Flora Caaàin, , tome I"^, page Soy. Au reste ,4cs botanistes n'ont encore ^ue des notions très-incertaines sur le camphrier de Bornéo. Sa fleur est inconnue. On sait que son fruit a été envoyé dé Sumatra au chevalier Banks.
HISTOIRE KATUE£LI,E* 323
tance salutaire. Le camphrier ne distille point arbres d s de lui-même comme certains arbres résineux , ^®^« » * Pf^-
. , / 1 pri^té» utile»
qui y pour leur conservation ^ se déchargent ou ainguiiède ce quHb ont de trop onctueux parmi leurs sucs ; ilne. distille pas non plus par la voie des incisions ; on se serviroit à la Chine de ce moyen ^ si l'on pouvoit remployer avec suc-* ces ; car ces sortes d'incisions , &ites ans urbres résineax, y sont fort en usage.
Voici la manière dont on obtient le campht^e. .«p^î^^ouTlin On prend des branches nouvelles de l-syphre *"'"^***"^ "* ichan , \pn les coupe en petits morceaux , et on les laisse tremper durant trois jours et trois nuits dans Tean de pi|its. Lorsqu^elle»ont i^tébien macérées dans ce bain , on les jette flans une chandière on on les fait boaillir , et pen^ dant ce temps on les remue sans cesse avec un bâton de .boi& de saole. Quand on voit ^ne le suc de ces morceaux de cainphrier s^attache abondamment au bâton , sous la forme de gè-^ lée blanche 9 on passe le tout , etPon a st^n de rejeter le marc ou les immondices. Alors ce suc se verse par inclinaison dans un vase de terre neuf et vernissé. O^ le laisse reposer durait une nuit ; le lendemain <m trouve que ce suc si'est coagulé , et forme une espèce de masse. Pour purifier cette première produc«
324 BE LA CHINE. Lit. Vit.
A bres des ^^^ » ^^ *^ *^^' ^'^^"^ bassin dc cuivre roage J forèt»,àpro- qq cherchc quelque vieille muraille faite de
priëtës utiles * ^
ou sînguiiè- terre ; on prend de cette terre qu*on pile et qu^on réduit en une poudré très-fine ; on place cette poudre au fond du bassin. Sur cette couche de terre , on répand une couche de camphre , et on Parrange ainsi successivement , couche par couche , jusqu^à quatre ; et sur la . dernière , qui est de terre bien pulvérisée ^ on . place une couverture faite des feuilles de la plaide po-ho, c^est^à-dire du pouliot. Le bassin de cuivre étant ainsi garni , oli le couvre d^un autre bassin , et Ton a soin quUls soient parfaitement unis : pour mieux s^en assurer ^ on les lute , par les bords où ils se joignent , d^un enduit de terre jaune qui les tienne exactement fermés; Le bassin étant plein de cette mixtion, on lé met sur lefeu, et Ton a soin que ce feu soit réglé , égal , ni trop vif ni trop foible : la pratique instruit du jbste miliejj qu^il faut tenir. On doit être très^attentif à ce que l'enduit dé terre grasse , qui joint les bassins, tienne bien , et quUl ne s^ fasse aucune fente , de crainte que les parties spiritûeuses ne 8*é* chappent ; ce qui ruineroit Touvrage. Lors-»» qu^on a donné le feu nécessaire , oh attend que les bassins soient refroidis; alors on les
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aiSTOIKE KATURELLE. §25
sépare , et l'on trouve le camphre sublimé et Arbres de^' attaché au couvercle. Si Ton réitère Topération ^*»^^H» ^ Pr°"
* pnetes utiles
deux ou trois fois , on obtiendra du camphre ou singulier! en belles parcelles. Toutes les fois qu'on vou-< dra s'en servir. en certaine quantité, on le mettra entre deux vases de terre , dont on entourera bien les bords avec plusieurs' bandes de* papier mouillé ; on tiendra^ ce vase , environ pendant une heure , sur un feu égal et modéré , puis , ayant laissé refroidir le vase , on trouvera le camphre dans toute sa pe^fectîon , et prêt à être employé.
Cette manière d'extraire le camphre de la substance même de l'arbrç , peut se pratiquer dans toutes les saisons de Tannée ; ce qui ne pourroit avoir lieu, si on l'obtenoit comme les. autres résines , lesquelles ne découlent que pepdant un certain espace de temps assez court. D'ailleurs , en ébranchant l'arbre du camphre ^ on lui nuit beaucoup moins qu'on ne te feroit en recueillant son suc par des incisions toujours hasardeuses.
La résine précieuse qu^on obtient du camphrier n'est pas le seul produit qu'oi^ retire de cet arbre : il fournit encore un bois excellent pour la construction des barques et des .vaisseaux , et qui peut être employé pour tousi
326 BE LA CHINE. IIY. YII.
Arbres des ^^^ gcnrcs dc ïneubles , sur-tout pour les ar- ^riéîe's^iftiUs ^ï^oircs , Us buffets , les cassettes, que les ou wguliè* fourmis blanches , si redoutables dans l^Inde ,
res.
n'osent attaquer, repoussées par la forte odeur dé camphre que ce bob conserve.
§ XVI. — Varbre de casse.
On trouve des arbres de casse dans la par* tie de la province d^Yune*nane , qui confine au royaume d' Ava. Ces arbres sont assez hauts et portent de longues gousses , qui leur ont fait donner par les Chinois , le nom de fchanko-tsé'^hou (Parbre aux fruits longs). Ces gousses sont en effet très-longues , et ne sont point composées de deux cosses convexes , comme le sont celles des légumes ordinaires , mais d'une espèce de tuyau creux , partagé en plusieurs petites cellules , qui contiennent une substance moelleuse, entièrement semblable à la casse dont nous nous servons. Les Chinois comptent uti assez grand nombre d'es* pèces , qui appartiennent à ce genre de plantes. Nous aurons occasion d^en indiquer quelques*
unes.
§ XVII. — Le tsé-san)ruent''pé 9 ou Varbre cYpris-genévrier.
irtuiirtV""*"' Ce* arbre est une des singularités de la na*
ture : il tient tout à -la -fois du cyprès et du arbres à^ eenéyrier. Le tronc , dont le diamètre est fo»;*'»^ à pro-
^ ^ ' pnétés utiles
d'environ un demi-pied, jette , a peu de dis- ou tîngaiiètance de terre ^ une grande quantité de bran<> ches qui s^étendent de tous côtés , et se par-» tagent en une infinité d^autres qui forment le buisson le plus touffu. Toutes ces branches sont chargées de feuilles, dont les une^ ressemblent à celles du cyprès , les autres à celles du genévrier. Celles - ci , qui sont longues , étroites et piquantes , sont rangées les unes après les autres , et forment le long des rameaux , quatre , cinq ou six files distinctes , régulièrement espacées. D'où il arrive qu'en ^ regardant chaque rameau par son extrémité , on aperçoit des espèces d'étoiles de quatre , cinq ou six rayons , la feuille la plus voisine de l'œil ) couvrant exactement celle qui la suit , et laissant parfaitement vides les intervalles qui séparent ces files où rayons. Les rameaux , que couvtent ces feuilles de genévrier, se trouvent ordinairement au bas des branches principales ; les rameaux qui croissent le long de la partie supérieure de ces mêmes brafiches » ont des feuilles de cyprès. Ihse trouve des branches entières qui ne tiennent que du cyprès , d'autres qui n'appartiennent qu'au ge-
328 DE £A CHINE. LIY. YII.
Arbres des ^^^^^^^^ î quelques^uDca de ces! branches: aont forêu, k pro- ïni-partics ; et l'on en voit enfin . quelques
priées utiles ^ .
OH sbguliè- autres sur lesquelles oh ne troUve qu'un petit nombre de feuilles de cyprès, entées à Textrémité d'un rameau de genévrier, ou quelque petit rameau de genévrier qui sort d'une )>ranche de cyprès. Quand cet arbre est jeune ^ toutes ses feuilles çont celles du genévrier ; elles sont de cyprès quand il est vieux.
L'écorce de cet arbre est inégale , raboteuse , d'une couleur de gris-brun , tirant quelquefois sur le rouge. Son bois est d'u,n blaçc rou-. geâtre et semblable à celui du genévrier , mais il contient des sucs résineux. Les feuilles put l'odeur du cyprès , et une sorte de parfum aromatique ; elles sont d'un goût amer et acre. Cet arbre porte de petits fruits ver^s , presque , ronds , et un peu plus gros que les grains de genièvre ; ils renferment deux semences rous* sâtres j arrondies en cœur , et dures comme 4^^ pépins de raisiriv
§ XVIII. — le Ui'chou , ou f arbre au çemts (i).
Nous avons cru long-temps en Europe que Je célèbre verpis des Chinois n'était qi^'une
( 1 ) Augia sindiisis. . Augïa Jbliès. pinnafis , integerrimis / pa-^ nkuHs ^uto/77z/77a//32/5'. Lour. FloraCochincb. , page 4i i.
composition particulière , dont ce peuple avoit ^^tres des le secret. Nous savons aujourd'hui qu^ils ne forêts, à pro-
* pnetes utiles
doivent qu'à la nature et à leur climat cette ou singuiî^-
rcs>
liqueur précieuse, qui donne tant de lustre et d'éclat à leurs petits ouvrages. Le vernis de la . Chine n'est autre chose , en effet , qu'une substance résineuse , qui décoqlc de certains arbres qui croissent dans les provinces de Kiansi et de Sé-tchuene : ceux qui se trouvent dans le territoire de Kane-tcheou , l'une des villes les plus méridionales du Kian-si , donnent le vernis le plus estimé.
Nos botanistes semblent flotter encore dans Tincertitude sur le genre et l'espèce du tsichou de la. Chine. Les uns l'ont pris successivement pour un anacarde , un balsamier , et le caju-sanga , décrit par Rumphius ; d'autres le confondent encore avec l'arbre au vernis du Japon , nommé par Linné , rhus vernùc* Le tsi-chou chinois diffère de tous ces arbres , et paroît devoir obtenir l'honneur de fonder un genre nouveau.
Cet arbre s'élève rarement à plus de quinze Sr/^S!'""^" pieds de haut , et la grosseur de son tronc est alors d'environ deux pieds et demi de circonférence . L'écorce qui le recouvre est iné-^ gale y raboteuse y de couleur grise. Ses bran*
33o DE LA CHINE. LIV. VII.
Av^^^^ ches, assez nombreuses, prennent unedirecticKi forêts, à pro- ascendaute. Les feuilles sont ailées avec une
priëtes utiles
oa singulier impaire , longues d'environ quatre pouces sur un pouCe et demi de largeur. Les folioles qoi les composent , au nombre de onze à treize , sont petites , lancéolées , aigu& , glabres , très-entières , velues en dessous. Le calice est petit , tronqué , évasé. Les fleurs , d'un vert pâle 9 forment des panicules lâches ^ éparses , sans ordre vers le sommet des rameaux. La Corolle , composée de cinq pétales oblongs , insérés sur le réceptacle , renferme environ cent étamines , plus longues que les pétales , et qui soutiennent des anthères arrondies. L'ovaire est supérieur , comprimé , presque rond , et surmonté d'un style à stigmate obtus. Le fruit est une drupe de couleur brune , orbH culaire , aplatie comme une lentille , et large de quatre lignes : elle renferme un noyau de même forme et à une seule loge.
Un de ces arbres , au rapport de M. Cossigny , fut transporté de la Chine et laissé à risle- dé -France, en 1766, par un jésuite missionnaire. Cet arbrisseau n'avoit alors que quatorze pouces de hauteur : sa végétation a été très-lente , et il ne paroît pas que le cliïnat de cette colonie soit Êtvorable aux plants
HISTOIRE NATUBELLS. 33l
de cette espèce. En ijjS ^ ce tsi-chùu avoit Arbres 1^ un peu plus de quatre pieds de haut , et son ^^jAf^* ^ Pf,**" tronc deux pouces de diamètre. Maltraité et <>" singuiiè-
rcs.
même cassé par les ouragans de 1772 et 1773, il parut toujours se ressentir de Peffort violent de ces commotions ; il prit dès-lors une forme contournée et rabougrie. Il a fleuri pour Is^ première fois en 1778 , au mois de novembre , et a péri deux ou trois ans après. Il perdoit régulièrement ses feuilles tous leà ans , pen«dant rhiver; c'est-à-dire qu'elles commençoient à tomber dans les mois de mai ou de juin , pour ne repousser qu'en octobre.
Ces arbres croissent spontanément à la Chine sur les montagnes, mais on les cultive aussi dans les plaines. Ils exigent peu de soins de culture ; il faut éeulement avoir l'attention de remuer légèrement la terre au pied des arbres , et d'y assembler des feuilles , qui , en pourris-sant, leur servent de fumier. Voici la manière î^p*"«î^Btawî'i" dont les Chinois s'y prennent le plus communément pour multiplier le tsi-^hou. Ils choisissent au printemps un rejeton vigoureux, qui sorte immédiatement du tronc , et qui soit à peu près de la longueur d'un pied. Ils en-* duisent sa partie la plus inférieure , par laquelle il tient à l'arbre ^ d'une sorte de terre
33a I>E LA CHINE. LIV. VIT.
Arbres des J^ùnc qui doit avoir au moins trois poudès d*cpHéîés ^u^Sei P^isseur. On couvre avec soin cet enduit, et oM singulier Qjx Tcnveloppe d'une natte pour le défendre de la pluie et des intempéries de Tair, Vers Péquinoxe d'automne , on découvre un peu de cette terre , pour observer en quel état sont les petites racines qu'a poussées le rejeton. Si Vpii trouve que les filaments qui composent ces racines soient de couleur roussâtre , on }uge qu'il est temps de faire l'amputation; mais oh la diffère s'ils sont blancs , parce que cette couleur indique qu'ils sont encore trop tendres. Il faut alors refermer l'enduit , çt at-* tendre jusqu'au printemps suivant. Qn met en terre le rejeton , dès qu'il est séparé du tronc de l'arbre ; mais dans quelque saison qu^on le plante , soit au printemps , soît en automne ^ il faut observer de mettre beaucoup de cendre dans le trou qu'on a préparé , parce que, sans, cette précaution , les fourmis dévoreroient les racines encore tendres , ou du moins en exprinieroient tout lé suc ^ et les feroient sécher.
Age où ces arbres j^gg Ghiuois uc tircut poiut Ic vcrnis du to-
•oDt «a rapport. MT
chou avant que son tronc n'ait à peu près cinq pouces de diamètre ,. grosseur qu'il n'acquiert qu'à rage de sept ou. huit ^ns. Le vernis qu'on
HISTOIRE KAtURELLÊ. 333*
tirecoit d'un arbre plus foible ou plus jeune , "]^T 7"
n'auroit ni le même éclat , ni la même solidité, forêts , à propriétés utiles Cette liqueur ne distille que pendant la nuit , ou singuiie-
et durant la seille saison de Pété ; elle ne coule
point pendant Thiver , et le vernis que l'arbre
donne au printemps et dans l'automne est
toujours mêlé de beaucoup d'eau» Les arbres
qui croissent k l'ombre fournissent plus de
vernis , mais il est moins^ bon ; il ressemble
à une poix liquide : exposé à l'air , il prend
d'abord une couleur rousse, et peu-à-peu il
devient noir»
Pour obtemr cette résine , on pratique au* P'^H^w^ponrob.
^ r ^ teur le ycrau,
tour du tronc plusieurs rangs d'incisions , dont on proportionne le nombre à la vigueur de l'arbre. Le premier rang est à sept pouces de terre , et les. suivants à la même distance les uns des autres , en continuant jusqu'au haut du tronc , et même jusque sur les fortes branches , lorsqu'elles sont d'une grosseur suffisante. Les Chinois se servent d'un fer recourbé pour ouvrir ces incisions , qui doivent être un peu obliques y et aussi profondes que l'é^ corce est épaisse ; il les font d'une seule main , et tiennent de l'autre une coquille de moule de rivière, dont ils insèrent aussitôt les bords dans l'entaille faite à l'arbre : cette coquille
Arbres des ^'x soulieiit saiis aucun autre appui. QoeLque- ^^iétél^nUM ^^^^ ^^ incisions se composent de trois enou ftinguiiè- tailles f disposées triangulaireoient ; la coquille sHnsère à la base du triangle. Ces incisicMis se font vers le soir , et dès le lendemain ipatin , on va recueillir le vernis qui a coulé dans les coquilles; le soir on les insère de nouveau , et Ton continue de la même n^nière jusqu^à la fin de Véié^ Mille arbres donnent à peu près par nuit vingt livres de vernis.
Ce ne sont point ordinairement les propriétaires de ces arbres qui en font tirer le vernis , mais des marchands qui , vers le temps de Ja récolte^ traitent avec ces propriétaires, àiaison de cinq sous par pied. Ces marchands louent en* suite des ouvriers , auxquels ils donnent par mois une once d'argent , tant pour leur travail que pour leur nourriture : un de ces ou* vriers suffit pour cinquante pieds d'arbre. c^mpî^o^enTieuI ^^ vcroîs , lorsqu'xl coule, exhale des va- IfoM Vu*on^uûr peurs malignes, dont les ouvriers ne se garaa- *^^**' tissent qu'en osant dé préisèrvatifs et de hieau-
coup de précautions. Le marchand qui les emploie est obligé de teiiir toujours chez lui un grand vase rempli d'huile de rabette , dans laquelle on a fait bouillir lane certaine quantité jde ces filaments charnue qtii se trouvent mé^
tttSTOtRE NATt3RELLE, 335
lés dans la graisse de porc , et qui ne fondent Arbres des point avec le sain-doux. Lorsque les ouvriers ^°r^|{^;*Jî;7* vont adapter les coquilles aux arbres , ils em- «u siaguiièportent avec eux un peu de cette huile , dont ils se frottent le visage et les mains ; ce qu^ils pratiquent avec plus d^exactitu de encore quand ils vont recueillir , le matin , . le vernis qui a ' découlé pendant la nuit. Après le repas ^ ils se lèvent le corps d^une eau chaude , dans la* quelle on a fait bouillir des écorces de châtaigfies et de bois de sapin , du salpêtre cristallisé > et quelques autres drogues. Lorsqu'ils sont occupés autour des arbres ,* ils s^enve* loppent la tête d^un petit sac de toile , auquel: on a pratiqué deux trous , et se couvrent le devant du corps d'une espèce de tablier , fait de peau de daim pfissée , qu'ils suspendent au cou par des cordon$>et qu'ils assu}etli3sent avec ^ une ceinture. Ils chaussent des bottines ^ et portent aux bras des. gants faits de la même peau. Les plus funestes effets puniroient bien-r tôt l'ouvrier téméraire qui oseroit travailler à la récolte du verms sans user de ces précautions. Le mal se déclare par des dartres qui deviennent d'un rouge très-vif, et s'étendent en fort peu de temps : bientôt le corps s'enfle avec violence , la peau se déchire , et se couvre
336 BÊ tk CÛINE. iiv. vit.
A bre» des ^'uiie Icprc univcrsclle. Le malade ne résîste-
forêis, àpro- j-qJ^ q^jg pç^ jg jouFS aux douleuFs aiguës qu^il
ou singuiiè- éprouve , s'il ne trouvoît un prompt remède
dans les préservatifs mêmes dont on se sert
contre les vapeurs et les émanations malignes
du vernis.
Lorsque les ouvriers vont recueillir ce suc résineux , ils portent attaché à leur ceinture une espèce de vase fait de cuir de bœuf; d^une main ils détachent les coquilles , et de Pautte ils les raclent avec un petit instrument de fer , pour en faire couler tout le vernis. On le porte ensuite chez le marchand > où on le purifie en le passant dans une toile^' Le marc se vend aux droguistes , parce qoUl est de quelque usage dans la médecine.
La récolte étant faite, le marchand renferme son vernis dans de petits tonneaux exactement calfeutrés en dehors. Cette denrée , tous frais faits , lui revient à peu près à quarante sous là livre ; mais il en tire le double et même davantage , selon que les lieux où il la transporte sont plus ou moins éloignés.
^XLX. — Letcha-ié.
Arbrêsâni^coree. Cet arbrc croit sur les montagnes du nord : son tronc ni ses branches n'ont aucune écorce*
HISTOIEE NATURELLE. SSy
Si on le jette dans le feo , quelque vert qu^il arbres des soit, il brûle avec la même facilité que le bois forêts, à pro-
* priétés utiles
le plus.secL Si Ton en fait du charbon , ce ou jînguUè-
re$a
charbon. s'allume très -aisément, donne une braise très-ardente / sans odeur ni fufnée , et brûle plus longrtemps que tout autre sans se consumer. Nous ne pouvons: fournir d'autres détails sur cet arbre singulier.
§ XX. — Le tan-isao.
Cet arbrisseau croît dans la province de Sé-tchuene , et dans quelques parties de celle de Hou-kouaUi Sa pioëlle fournit la matière des plus belles fleurs artificielles qu'on fasse à la Chine. C'est une espèce de canne ou de bam--: bou qui a quelque ressemblance avec notre bureau , mais dont la moelle est plus blanche ^ plus transparente, plus unie, et d'un tissu plus ferme et moins spongieux.
L'herbier chinois dit que le -ion-tsao croît dans des fonds ombragés et fort couverts. Un autre auteur ajoute que ce roseau croît à la hauteur de plus d'une brasse ; que ses feuilles ressemblent à celles de nénufer, mais qu'elles sont plus gt^asses. Un troisième marque que le ton-tsao croît sur le penchant des montagnes \ et que se$ feuilles oiit la foi'nie de celles
338 DE hÀ. CHIN2. LIY. VII,
Arbres des ^^ ricûi» OU polnui^hnstL Sa Ugc est divisée , rorèu , à pro- comme celle da bambou . par divers nœads ,
pnétët ulilcs , 1
ou ûDguiiè' qai séparent plusieurs tuyaux, longs quelquefois d^un pied et demi. Ces tuyaux ont plusieurs pouces de circonférence , el sont ordi« niairement plus gros vers le pied de la plante. On sème et l*on cultire aujourd'hui des ionisao dans des terres qui leur sont propres. On coupe l^arbrisseau tous les ans, et il repousse une nouvelle tige Tannée suivante. Quand on a £iit la récolte de ces tiges , on en charge des barques qui les transportent dans leKian-nanef c^est dans cette province qu^on en extrait la iiio*élle et qu^on la prépare» Quand die est hors de ses tuyaux , il faut avoir 5<Hn de la préserver de Thumidité , en la tenant enfeN mée dans un lieu sec : sans cette précaution , on ne pourroit plus la mettre en œuvre. Nous exposerons , dans la partie des arts , les divers procédés du travail des flewB artificielles.
§ XXI. -^ Le pi-chou. Le cyprès.
Le pé^chou , que les Tar tares appellent meir lasoun, est de la classe des cyprès. Il croit au-delà de la grande muraille , et vit très4oDg^ tems» KottS ne le connoissons que par ce qu'en a dit le feu empereur Kiene4on f dans son
HiSTQiaS KAXUA£LL£. 889
poëme sur la viile de Moukdw , ou il parle Arbres des ainsi de cet arbre : « Le sombre mailasouH, forets, à pro-
^ . . . pnéiés utiles
» cette espèce de cyprès qui {>Dusse sa vie )4as-> ^^ sîagùUè-
» qu^au-delà dq cent siècles ( exagération poé^
» tique) fixera plud loâg- temps nos regards.
» Ses branches touffues s^ëteodent horiscMita*'
» lement : placées les unes au-dessus des au*-
» très à distance toujours égale ^ elles forment
X des couches symétriques qui pafoissent au-
» tant de cercles dont les rayons f partant du
1» tronc comme de kor oetitre commun y vont
j» marquer en s*À:artant les différents points
» d^ime même circonférence. La lumière du
j» jour ne sâuroit pénétrer à travers son épais
9 feuillage ; il garantit des ardeurs du soleil lu
9 vert acacia; il «rnbellit le pâle saule en le
j» couvrant de son ombre ^ et la terre , autour
» de son pied^ n^est jamais $aM une moite
» fraîcheur.. »
Les Chinois ont le cyprès commun^ M. Van-^ Braam rapporte qu^il en a vu deux ^ dont lé trOnc avoit au moins un pied et demi de dià-^ mètre , et auxquels on altribuoit quatre siè-* clés de durée.
§ XXit. — Bois d'aloès , bois de calamba , bois d'aigle. Ces trois espèces de bois d'aloès^i^uUl ne fa^
34o . DE LA CHINE. LIV. VU.
Arbres des P^^ Confondre a vcc Ic suc purgatif de la plante ^riciei ^'tîks ^'^^^^^ » V^^ ^® trouve dans toutes Içs pharmaou singuliè- cies , croissent à la Cochinchine, dans les proyinces chinoises d'Yuhe^nane , de Kouan-ton et sur les montagnes de Tisle de Hai-nane. Le calamba est un bois gras , résineux, noirâtre , qui y placé sous la dent j cède en quelque sorte à sa pression comme un morceau de cire. Sa saveur est aromatique , un peu amère. Mis sur des charbons ardents, il fond comme la résine , et répand le parfum le plus suave. Aussi est-il avidement recherché par les voluptueux de TAsie , par tous les grands de rinde, de la Chine et du Japon, qui le paient souvent au poids de Tori Les Chinois en brûlent dans leurs temples , et s^en servent dans toutes les occasions d^éclat où ils veulent étaler du luxe et de la magnificence : s'ils ont à recevoir un personnage important , s^ils veulent rendre plus somptueux un festin de cérémonie , le bois de calamba , mis dans d'élégantes cassolettes , parfume leurs appartements.
Le bois de calamba n'est pas indistinctement celui de tout le corps de l'arbre , mais seulement quelques parties choisies qu'on en détache. Un attend , pc^ur exploiter ces arbresi
SISTOIRE NATURELLE. ^i
qu^ils commencent à vieillir : leurs sucs rési- Arbres de^ neux se rassemblent alor^ en plus grande quan- ^°^^,J* » ^^^[^^2 tité autour des nœuds , et ce sont ces parties , o" «nguiieplus abondantes en principes odorants , qu-on sépare et qu'on enlève. Les morceaux de calamba les plus chargés de résine sont ceux qu'on tire du tronc de l'arbre près àes racines. L'excellence du parfum qu'exhale ce bois le rend d'un si grand prix sur le? lieux mêmes, qu'il en parvient rarement en Europe. Cependant M. de Ldtour, dans son cabinetv à Saint-Bri.ce , en possédoit un morceau qu'il avoit reçu directement de la Chine.
Ce que nous appelons proprement bois, d'aloès est moins précieux i on le trouve à Paris , où il se débite , comme on nous Kapporte , en morceaux plus ou moins gros ,' pesants, d'un rouge brun et semés de veines et de petits trous , qui contiennent une résine odorante. Mais on ignore encore d'où provient cette seconde espèce d'aloès ; on ne sait s41 est pris dans ce qui reste du bois de l'arbre dont on a détaché le calamba , ou s'il est le bois, de quëlqu'autre espèce d'arbre résineux.
Le bois d'aigle croît sur-*tout à la Cochin-" chine ; mais on le trouve aussi dans l'isle de Hai-nane et dans quelques autres provinces de
res.
Arbret'des ^ Cbtnc , BU rapport do V. Martini , relateor
^riëwi^'Iikâ ^**^*- ^* ^^^ *** ^**^» compacte, pesant, ou «inguiiè- ^^Qne couleur grise, ou d^on brun noirâtre : sa résine odorante le rend presque aussi précieux et aussi rare que le bois de calamrba. Quelques voyageurs prétendent qu^on te tire du même arbre que le bois d^aloès , et que le bois d^ai* gle est le premier qn^on trouve sous Técorce. Cependant ces deux bois diffèrent sensiblement au goûL Le bots d^aloès est amer : le bois d^aigle ne Test pas ; il laisse seulement sur la langue , quand on te mâcbe , une légère impression d^âcreté. Lés Coehinchinois emploient ce bois sous le rapport' de la médecine : ils le braient dans des lieux bien clos, et en reçoivent le parfum comme une fumigation salutaire , propre à fortifier le cerveau , le cœur et Tâ^tomac. On se sert aussi de ces bois précieux pour travailler de jolis ouvrages et faire de petits meubles. Les ambassadeurs de Sîam , qui vinrent en France rendre hommage à la grandeur de Louis XIV , présentèrent à ce monarque une aiguière et un bassin faits de ces bois odorants , que ces envoyés étrangers estimoient d^un aussi grand prix que s'ils eussent été d'or.
Le bois d'aigle, qui croît au Mexique , et
HISTOIRE NATURELLS; 34S
qui tious est désigne par quelques naturaliis^
tes comme un hois léger , peu résineuit , d^une forôu, àpro-
* A ,. % pnélës utiles
saveur amère , paroit être d'une autre espèce ou singulier» que celui de la Chine et des Indes , puisque celui-ci présente des caractères totalement opposés (i).
§ XXIII. — V arbre aux fruih de bois , découvert à la Chine et inconnu aux Chinois. Le ouatier.
La botanique -chinoise , si détaillée , si vo* lumineuse , si attentive à tout décrire, et h ne pas omettre la plus petite herbe , le moindre granien qui tapisse le sol de la Chine , garde un profond silence sur cet arbre , qui existe à Pé-kin, dans Ikine des cours dVn miao ou tem^ pie , situé au bout du faubourg de la porte occidentale. Cet arbre fut. un jour remarqué par un peintre , ami des missionnaires, lequel, sur* pris de son aspect étranger , en détacha une petite branche qu*il leur porta. « La multitude » de ses galles , dit le P. Cibot , nous étonna* » Nous entreprîmes des recherches , et nous » avons eu la patience de les continuer pen- » dant près d*une année ; mais inutilement,
(1) F'qyesi , au sujet de ces bois précieux , l'explication <jue donne le P. Bôrri, et que nous ayons rapportée, tome II , page 5t.
res.
,^ ^ ^^^ 9 Cet arbre est étranger à Pé-kîn ; on ne le
forêts , à pro- » connoît que dans le miao dont nous parlons.
ou singulier » Comme nous ne pouvions nous-mânes 1^
» aUer voir, nous y avons envoyé des gens qui
]» sont entrés dans le miao. Tout ce que nous
» avons pu recueillir de leurs réponses à nos
» questions, c^est qu^on ne sait point, au miao
» même, d'où est venu cet arbre ; qu*il est
» gros, haut et brancbu comme un acacia;
» que ses galles sout multipliées à Tinfini;
» que les petites branches donnent de nou-.
» velles galles au printemps ; qu'elles ont alors
» un goût de noisettes qui les fait manger avec
» plaisir ;. que plusieurs de ces galles font se-
» cher les petites branches qui les portent ,
» et que Içs autres font corps avec elles, et
» disparoissent en, s'y fondant en quelque
9 sorte. Ces galles , comme celles de tous les
>> autres arbres , doivent leur naissance à l'in-
» secte qui prend vie et croît dans leur inté-
» rieur; nous en avon$ trouvé un au mois
n d'août dans des galles assez grosses ; nous
». avons remarqué qu'il prépare sa sortie de
y> Ipin , et qu'il ne lui restpit plus qu'un peu
y> d'écorce à forcer pour faire le trou par le-
» quel il sort et s'envole. Du resté , pous avon&
3>, eu beau mettre de la couperose dans.reaa,,
» OÙ nous avions Cait infuser plusieurs de ces Arbres des » galles , elle n'a point noirci, et n'a fait que forêts, àpro- » devenir un peu brune de blanchâtre qru'ellé ou singuiiè-
^ res.
» étoit y et changer son odeur aromatique en » une odeur d'urine, à ce qu'il nous a parti. y> Il seroitiniitile de demander quelles sont » les fleurs , et comment viennent les fruits de » cet arbre ; on ne lui en connc^t pas ici. Le » nom même qu'on lui donne à^ arbre auoo j> fruits de bois, mou-çhou^huo-islee , pBxoîi » être un nom populaire, qu'il ne doit qu'aux y> gens du miao. »
Nous regrettons que l'habile missionnaire n'ait pas au moins décrit avec quelque détail la feuille , la galle , et l'espèce d'insecte qu'elle renfermoit. Nou^ ignorons d'ailleurs si des recherches ultérieures n'ont rien appris de plus positif sur cet arbre singulier*
L'arbre qui porte la ouate , ou cette espèce i^o«**î*«' de léger duvet dont on se sert pour remplir des coussins , pour fourrer des habits et des robes^de-chambre , crdît spontanément dans les campagnes , et n'exige aucune culture. Ces arbres sont de deux espèces différentes : on en distingue dé grands et de petits.
Les grands , dont on connoît aussi deux va-^ riétés , ressemblent assez au noyer par la fbrfné ^t la disposition de leurs branches ^ mais leur
^ V - DigitizGdbyVjOOÇlC
346 DE LA CHINl:. LIY. VII.
Arbres des *''^^^ ^^ ordînoiremeiit plus droit et plus forèu , à pro- jjiipi; . il ^gale presque en élévation celai des
priétës utiles ^ o jt :»
^u singulier chênes. Leur écorce , en certains endroits ,
rcs.
est hérissée de grosses épines courtes , larges à leur base , et disposées en files. Leurs feuilles ont plusieurs traits de ressemblance avec les feuilles du noyer et celles du chfttaignier : elles croissent toujours cinq à cinq , n^ont que des pétioles fort courts ; mais qui s^unissent à un pétiole commun , qui a souvent plus d'un pied de long. La fleur est de la forme et de la grandeur d^une tulipe moyenne; mais ses pétales ont plus d'épaisseur , et sont couverts d'une sorte de duvet. Le calice est épais ^ d'un vert clair, semé de points noirs, et de la même forme que celui de la noisette ; à l'ex* ception qu'il n'est pas déchiqueté ni lacinié vers ses bords , où l'on ne remarque que trois échancrures peu profondes.
Tous ces caractères sont communs aux deux espèces ou variétés des grands ouatiers. Voici en quoi ils diffèrent. Les uns se couvrent de fleurs avant qu'ils aient souvent une seule feuille ; les autres produisent les feuilles avant la fleur , et celle-ci est à peine formée en bouton , quand l'arbre entier se montre déjà paré d'une brillante et vigoureuse verdure.
lies premiers sont plus épineux et moins
fournis de branches que les derniers; leurs arbres des fleurs sont de couleur de citron, et le tissu f<M:èt»,àpro-
, pnétés utiJes
de» pétales est assez doux au toucher : il est ^ sînguiièrude dans la fltsur des seconds » et la couleur de celle-ci est d'un rouge foncé en dedans, pâle et jaunâtre en dehors.
Les fleurs des uns et des autres offrent des étamines nombreuses , mais inégalement dis-» tribuées. Dans les uns , quatre petits faisceaux , composés chacun de dix étamines , sortent du point de la corolle où les pétales s^unissent 9 du centre s'élève un cinquième faisceau , com-> posé de seize étamines , au milieu desquelles paroit le pistil', dont le stigmate est un peu ouvert. Dans les fleurs des autres grands ouatiers , les étamines sont en plus grand nombre ; mais distribuées sans ordre et sans aucune réunion entre elles.
Quant au fruit , ou plutôt à l'étui qui ren* ferme la ouate , il est de forme oblongue , et ressemble aux figues bananes anguleuses , que les Portugais appellent figos caroças.
L'ouatier de la petite espèce s'élève beau^ coup moins que les deux autres. Il ressemble assez par son tronc et ses branches à l'acacia; SCS feuilles sont de grandeur moyenne y ova-« les , terminées en pointe , et revêtues en des* .
Trbres des ^^"S et CH dessus d'uD duvct lanugineux et fort '^r^éte's^iïïc ^^^^' De la nervure principale qui partage la ou jinguiiè- feuille dans sa longueur , partent plusi«ur$ autres petites nervures , toutes très-distinctes et bien rangées. Les éluis ^ ^ui renferment la ouate, pendent à des péduncul es ligneux, qu^n peut considérer comme le prolongement de la branche même, laquelle, du superflu de son écorce aussi continuée , forme cinq petites feuilles à Tendroit de l'insertion du fruit. Ces étuis sont composés de deux tubes unis ensem^ ble , et terminés en pointe aux deux extrémités. Ils sont ordinairement de la longueur de neuf ou dix pouces , et de la grosseur du petit doigt : quelques-uns ont plus d'un pied de long. Quand on rompt quelques*uns de ces fruits dans leur verdeur , il en sort un suc lai^ teux , gluant , d'une extrême blancheur , et l'on trouve dans toute la capacité des tujbes la ouate bien pressée, et mêlée à plusieurs pépins jaunes de forme oblongue.
Ces arbres de la Haute-Asie tiennent peutêtre au genre des apocins , répandus dans le Levant et en Amérique, et qui fournissent ^ussi le léger et mèëlleux duvet d'une ouata à peu près semblable..
HISTOIKË NATURELLE. 349
tun.
S XXIV. — Acacia de la Chine. Le sophore. ^^I*"*** **«»
•5 ' forêts , à pro-
ptîétés utilts
Uacacia , dont il existe tant d^espèces dif- ^ «inguiièfêrentes. est un arbre commun à la Chine, ,. -~.
^ ' L'acacia.
OÙ il est connu sous le' nom de hoai-chou. M. Valmont de Boôiare prétend qu^il est Paca* cia véritable ; appelé par Linné mimosa' ni^ loiica.
-r ■ . !•• .. I • Utile à la mUm»
Les auteurs chmois ^rapportent que les grai- ci.» «ta u ui». nés tirées de ses gousses sont employées avec succès dans la médecine. Il faut , disent^ils , à rentrée de l^hivèr , mettre les graines de l'acacia dans du fiel de bœuf, en sorte qu'elles en soient toutes couvertes; faire, sécher le tout à Tombre durant cent jouts ; ensuite avaler cliaque )our une de ces graines après le re^ pas. On promet des effets admirables de ce remède. Une autre prérogative de Tacacia est de fournir des fleurs propres à teindre en jaune, dont elles donnent .trois difierentes nuances également belles. Les teinturiers chinois en font habituellement usage.
L^herbier chinois enseigne quelle doit être la culture de cet arbre , pour qu'il croisse phis promptement et qu'il se conserve . mieux/ « Quand vous aurez ramassé , dit-il , des graip nés d'acacia y séchez-les au soleil , et un peu^
.35o D£ LA CHIME. LIY. VII.
Arbres des ** ^vant Ic solslice d'été j jetez-les dans Teau. ^M^éte's ^JtiïT ^ Qusind elles y auront germé , semez-les dans ou singuliè- » un terrain gras , en y mêlant de la graine de j» chanvre. Chacune de ces semences pous- » sera ; vous couperez le chanvre en • son yy temps , et vous lierez les jeunes acacias à de » petits échalas qui Leur serviront d'appui. » L'année suivante , vous sèmerez encore du » chanvre, ce que vous réitérerez la troi- » «ième aniiée i afin que ce chanvre préserve » ces plantes déUcates des injures du temps: » après quoi , ces jeames arbrisseaux étant de- » venus plus forts et plus robustes , vous les n transplanterez ailleurs ^ et ils deviendront j» de très^beaux arbres. »
usopiiore M. Buc'hoz, dans une de ses dissertations botaniques, annonce le sophoi«, connu depuis quelques années en France , comme une des espèces de l'acacia de. la Chine , d'bù an Ta tiré. Il représente cet arbre comme mi des plus propres à embellir nos jwdihs , tant par la hauteur de sa tige que par la beauté de son feuillage et celle de ses grappes de fleurs. Celles-ci siMît d'un Uanc sale^ légèrement verdâtre, et mêlé d'une foible teinte de pourpre obscur. M. GoUinson , célèbre botaniste anglais ^ passe pour avoir répanda le premier
res.
UXSTOIAE NATURELLE. 35l
en Europe lès graines de cet arbre » qu'il arbres des avoit reçues de la Chine. En 1 792 , on con- **J!i^{J;.^JJiî^ noissoit en France quatre pieds du sophore: «« «ngulièun au jardin du Roi , un autre à Trianoa ; le troisième i Saint*Gerniain-en-Laye , dans les jardins de M. de Noailles, et le quatrième au Pe* lit -Mon treuil, près de Versailles, dans les jardins de M. le Monnier. Cet arbre a fleuri pour la première fois en France en 1779. Celui des jardins de Trianon , qui n'a voit que vingt-cinq pieds de haut , a donné ses fleurs , pour la première fois , la même année que celai de Saint-Germain-^n^Laye, qui avoit plus du double de hauteur et de force. Le sophore paroit très^bien réussir en France et résiste , en pleine terre , au froid de nos hivers. Pour décider si le sophore est véritablement Pacacia de la Chine, il faudrait chercher à découvrir y par quelques expériences faites sur ses fleurs , si elles ont aussi la propriété de donner la belle couleur jaune>; que Tacacia dûnois fournit aux teinturiers de Pé-kin.
On trouve âi la Chine le sophorajaponica, décrk par Hiunbei^. {Fhrajap.^ p. 178.)
DE LA CHINE. LIY. YII.
Arbres des ^ XXV. — Varbre aux pois , / arbre fanmer , le thuya ,
forête,àpro- -^ ■ ' • ■'
priétés utiles ou sÎDgulîè*
L*arbre aox poû.
L'arbre farinicr*
le dragonier, le savonnier,
. L^arbre aux pois, croît nalureUement dans quelques provinces de la^ Chine et dans plusieurs cantons de la Tartarie et de la Sibérie. La figure , la couleur , la gousse , et le goût quoiqu^un peu sauvage de ces pois, annoncent qu^ils sont de Tespèce ordinaire. Cet arbre bizarre , qu^on est forcé de ranger dans la famille des plantes légumineuses , s^élève tort haut , étend au loin ses branches , et le cède à peu d^autres arbres pour la grosseur du tronc. Celui de la Sibérie , dit M. Yalmont de Bomare , ne s^élève qu^à la hauteur d^un mçyen bouleau.
. ^ Si quelques isles de la mer du Sud se félicitent d^ posséder Tarbre au pain , la province de Kouaursi peut aussi se glonfier d^en produire un qui donne de la farine. Cet arbre, au rapport 4u.P. Martini i se nomme kouan-lan : son tronc et ^es , l^.ranches contiennent , au lieu de moelle, une pulpe molle et nourrissante dont on se sert pour tous les usages auxquels on emploie la farine ordinaire ; on en fait du pain , des gâteaux , des bouillies qpi sont d'un assez bon goût , et qui deviennent
une ressource précieuse dans les temps de . ,
disette. forêts, à pro-
priétés utiles
1 jC thuya de la Chine ( i ) ressemble au cyprès ou siuguHèpar ses feuilles , s'élève à une hauteur raédio- -
* Le thuya
cre, et conserve sa verdure pendant toute Tannée. Il donne ses fleurs au printemps , et les porte mâles et femelles sur le même pied; Il a de grands rapports ayec le thuya du Canada; mais il en diffère par des cônes plus arrondis , et dont les écailles pointues sont recourbées en hameçon. On connoît à la Chine une espèce de thuya-pleureur à branches longues et pendantes.
Le dragonier (2) , qui croît dans. plusieurs i^àt^n^^ contrées de Tlnde , est aussi une des productions de Pisle de Hai-nane , située sur les cô-r ' tes de la province de Kouan-ton, dont elle fait partie. La nature a pourvu cet arbre de sucs résineux qui distillent de son tronc et.se con-r densent en larmes , connues dans le commerce sous le nom de sangr-de-dragon. Cette substance , qu'on falsifie souvent , et qu'on nous
(i) Thuya orientalis. Thuya str-obUis squçrrosis',' s^uamis acuminatis, refiexis, hinn,
(a) Pterocarpas draco. Pi^rocarpus foliis pinnatU , Jbliolis watU y acuminatis ; stipulU oblongis , obtusis; frwcHbu% ohtU'* «/^.Willd. spec.pl.; t III; p. goé.
Il, 23
354 DK LA CHINE. LIY. Vil.
- — - apporte sous le même nom de rAmérique,
Arbres des / '^ . , ^ . i » i a a .
foréu,àpro. dcs islcs Canaries et des Indes , paroit être le ou^^dnguiie^ produit dVbres différents. Elle doit être sè- ^^*' che , friable , pure , inflammable et d^une belle
couleur rouge. La médecine fait un assea& grand usage de cette résine comme incrassan te » dessicative , astringente. Les Chinois remploient souvent dans leurs petits ouvrages de tablet* terie , pour colorer en rouge certaines pièces qu^ils recouvrent ensuite de leur vernis. LesftTOBBier. Le Saisonnier (i), dont les fruits peuvent suppléer au savon y et dont on se sert en effet en Amérique , aux Antilles et dans Tlnde pour blanchir le linge et nettoyer les habits , croît aussi dans les provinces méridionales de la Chine. Ces arbres , au rapport d^un voyageur moderne (2), sont même plus beaux, plus droits et plus hauts que ceux qu^on voit ailleurs ; ils ont Pécorce blanche et fort lisse , un feuillage agréable et d^un beau vert. Leurs fruits sont d^un jaune pâle : lorsqu^on les jette dans Peau chaude, ils la rendent blanche > mousseuse , très-détersive ; toute leur pulpe s'y foad, et il ne reste du fruit que le noyau,
(1) SapindcM chinensis. Sapindusfoiiis pinnatii , JblioîU lacifUatis, Lina.
(a) Voyage de M. Cossi^jf à Canton , page 5i6.
&ISTOIRE KATURfiLL£. ^^55
qui est noir et fort dur, et dont on fait de Arbres des très-jolis chapelets. Le savonnier de l'Inde a ^^K^X\' * p?;®-
' ^ * , ^ pnëtés utiles
récorce noire , les feuilles plus grandes , d'un «^^ smguiièvert foncé < et les fruité nôîràlt^es; Le tronc de celui àes ÀrltiUes iiè s'élèré qu'à une hauteur médioeré ; il fournit uii grand dombt^e dé branches couvei-tes d*iine édorce gt*îse èf rude ; ses feuilles sont trète-vertes ^ longUëë ^ étfoîtès ; ses fleurs , disposées en gf dppêë ^ sdht forthées de quatre pétales > soutenus par un calice à quatre divisions : le pistil dévient un fi-uif charilu , jaune, d'un goût ànier, et de la grosseur d^une petite noix. Là pulpe dé ce tViiit , lorsqu'il est mûr, se réduit en une substance claire et gluante comme de la gomme liquide. Le P. diï Tertre , auteur d'une bonne histoire des Antilles n observe qu'il ne faut pas faire un usage trop fréquent de cette espèce de sa^von , parce qu'il brûlé et détruit insensiblement le lihge. Le P. Louréiro rapporté qu'il ià observé à Canton un Savonnier (i) dont les folioles sont lancéolées, glabres j très-éntièrés , iel quiparoît être difféf eut du sapdnhier de la Chine ^ que Linné a décrit , et auquel il attribue dei fblioïes lœiniéesi
(i) Sapindus abruptus. SapindusfoUis abrupte pinnatis^ in." tegerrlniis } eatth iàerfni, Lour. Fldrai'CdcUinch., p. 295.
356 D1& LA CHINE. LIY. YII,
Arbres de» ' § XXVI. — Lt sauk.
forêts , à pro-
oti singuiiè- Les Chinoîs appellent kiu^lieou, le saule de la grande espèce , celui qui s'élève très-haut
Lt Mo!«.
et devient fort gros : suivant la Géographie de Moukden., il y a tels de ces saules dont plusieurs hommes, en se donnant la main, pourroient à peine embrasser le tronc.
Sï^îLui?***** L'herbier chinois donne des préceptes pour planter avec succès cette espèce d'arbres , et la défendre contre les attaques de ses ennemis particuliers. « Les saules , y dit-on , sont » sujets à être endommagés par de gros vers, » ou même à être piqués par une espèce de » chenilles. Voici le moyen de les en préser- » ver. Quand on met en terre une branche de » saule pour la &ire venir de bouture , il faut » percer , à l'extrémité qui sera enterrée , -un » trou qui soit à la distance de deux ou trois » pouces de la partie du bois qui jettera des » racines. On traversera ce trou d'une che- » ville de bois de sapin^ laquelle doit débor- » der de part et d'autre de deux ou trois » pouces : cette espèce de croix mise en terre , » produira un autre effet utile , c'est qu'il » sera moins aisé d'arracher ces arbres nou- » vellement plantés , parce que le bois tra^
HISTOIRE NATURELLE. SSy
» versîer les retiendra bien mieux que ne fe- . , , » roient leurs racines. Il y en a qui, pour forêts, à pro-
. prielés utiles
» mieux garantir des vers cet arbre nouvel- ou singuUt- » lement planté , mettent encore dans le trou "** » quelques gousses d^ail , et un morceau de » réglisse long d'un pouce. »
Le même herbier indique ensuite un procédé s*vi« singulier pour obtenir du saule commun ce que nous appelons le saule pleureur bu para-sol. « Une autre manière déplanter cet arbre de » bouture , c'est de renverser la grosse bran- » che qu'on plante , en sorte que ce qui est la » pointe de la branche soit mis en terre , et » que la tête, ou ce qui tenoit au corps dti » gros saule dont on l'a détachée , soit élevéïe » en haut. Il en naîtra une espèce de saul^ » qu'on nomme ^A^pe/w, parce que ces bran^- » ches , à la réserve de quelques - unes fort » grosses , seront déliées et pendantes comme » une chevelure. La plupart des lettrés se » plaisent à en avoir de semblables dans leur » petit jardin, enface de leur cabinet d'étude. i>
Feu M. Delatour , amateur curieux de tous les arts des Chiijiois , a voulu faire à Saint- Brice cette facile expérience , et Ta fait tenter en même temps par quelques-uns de ses voisins. Mais elle n'a point réussi : les branches
rcs.
'"J^Ç^^^^ des saules » ainsi pUPt44 , se t^opt y eje^ëes , forêts, à pro- çt ont repris ^u crqissant k^^ «JirQctieii vers
prn?te» utiles *^ - -rk -r*
ou singulier le çiel. M. Delatouçfit p^rtau P. Bourgeois, fuissionn^ire français à Pé-kin ,,de son infructqeuge tentative , et lui demanda quelques renseignements sur cette manisjre de propager le saule phurei^r. Voici ce que le mis- .lionnaire lui a répondu par sa lettre du i5 HOvepr^brcT 1787.
« lL«e saule pleureur, ou pamsei , est très- .» conmmun en Chine , çt c^st probablement 3p une production du pay^ m^me. Il vient faci- » len^ent , et peut-être est-il une espèce par- » ticulière. J'en ai planté un grand nombre : » jp coinptQis n'avoir planté que dçs saules » ordinaires , il s'en çst trouva de pleureurs » ou parOiSoU, On dit ici que quand on plante » le$ saules coi^n^uns , la dîne en h^ , ils » devienneiit saules pkurei^rs, ; mais cela ne » ^e vérifie pas toujours» On prétefid que pour » réussir d^ns cette opération , il (^ut attendre >> qye le gaule soit uïi pen gr^,, parce qu'aie lorsla ra.cipe ét^nt déjà dure , elle empêche » les branches de s'élever en haut. Je ne ga- » rantis cependant pç^s cette expérience. » L3*dlf if" Le p. Dentrecolles nous a fait connoître une propriété du s?\i4e , qqi p^roîtra peut-êtr<;
connue du bois de s»ttl«.
HTSTOIHE NATUR£tLE4 35g
Singulière et peu yraisemblable. Il nous ap- Arbres des prend que le bois de saule » quoiqu^il soit de ^ri^î^;^uPt[ig* sa nature léger , poreuse et sujet à la carie , se <>" singulier nourrit néanmoins et se conserve aussi longtemps dans Teau , que les pilotis faits du bois le plus dur. Ce fait est journellement vérifié par la pratique constante « suivie à Pé-kin et dans les campagnes voisines , de foire entrer le saule dans la construction des puits qu^oa creuse dans tous les jardins ^ pour se procurer Teau nécessaire aux arrosements. C^est avec des pièces de bois de saule , plates , épaisses de six à sept pouces , et tirées du tronc d^un gros saule bien sain ^ que les Chinois construisent les rouets de ces puits : on sait que ces rouets , en terme d^architecture , sont la base sur laquelle porte la maçonnerie , dont on forme les parois circulaires du puits^ Ces premières assises en bois de saule se conservent aussi saines et subsistent aussi long-temps que ' les nôtres ^ construites en bois de chêne.
§ XXVII. — Le rotang ou rotin.
Les rotangs sont à la Chine et dans les Indes ^ ^^^^ orientales ce que les lianes sont en Amérique , des plantes sarmenteuses , dont Pactive végétation embarrasse souvent les forêts , obstrue
36o I)E LA CHINE. LIV. Vil.
Arbres des ^^® passages , arrête le voyageur; mais qui forêts , à pro- coiûpenseiit ce léger inconvénient par des uti-
prietes utiles * " * ^ ^
ou singulîè- Utés nombréuses. Le rotang, que les Chinois
res.
appèlent ten , croit dans toutes les contrées méridionales de l'empire ; la province de Kouan-ton en fournit une immense quantité , et il abonde sur- tout dans les environs de Souitchéou-fou, où les montagnes en sont couvertes. On en distingue plusieurs espèces et variétés , dont une se fait sur-tout remarquer par la prodigieuse longueur de ses tiges , qui excède souvent cinq cents pieds -(i). L'espèce la plus commune à la Chine , et qu^on emploie à un plus grand nombre d'usages , est celle qui ne pousse qu'une seule tige (2). Cette tige , qui a plus de cent pieds de long , est de la grosseur du doigt , ronde , d'un brun jaunâtre , très -^ flexible et coupée de nœuds à longs inter>'alles. Ses feuillp sont ailées , fort longues, composées de folioles alternes, ovales, lancéolées , marquées de trois nervures , et armées, ainsi que leurs pétioles ^ d'aiguillons
(1) Calamus rudentum. Calamus caule longissimo, œquali; " spinis ir^uersis, Lour. Flora Çochinch. , p. 26p.
(a) Calamus verus. Calamus frondibus longissimis ; spinis confertis, longis ; spadice bn^i ; corollâ tripetalâ. Id. , ibid. ,
HISTOIRE NATURELLE. 36t .
droits et nombreux. Les fleurs sont blanches Arbres des et à trois pétales; elles naissent en grappe ^° -JV * ^JJ*^^ courte , enveloppée d'un spathe épineux. Le ou sioguUèfruit est une baie de médiocre grosseur, brune , et dont la pulpe se dessèche en mûrissant.
Les tiges de ces arbustes , qui ne croissent jamais seuls , se mêlent , se confondent les unes avec les autres ; elles grimpent et s'ac* crochent aux arbres, rampent sur la terre , se trament çà et là , et ressemblent à des cordes entortillées. Les plis et replis par lesquels elles s'entrelacent , et les innombrables circonvolutions qu'elles font sur elles-mêmes , rendent impraticables les lieux et les passages occupés par cette sorte de liane : les cerfs euxmêmes ne peuvent s'en dégager.
Le rotang est très-souple et ne se rompt <jue très-difficilemçnt ; aussi en tire-t-on le parti le plus utile. Il fournit à la marine chinoise des câbles et des cordages. On le divise en brins longs et déliés , dont on façonne des corbeilles , des paniers , des claies , et sur-tout des nattes , sur lesquelles la plupart des Chinois couchent en été , parce qu'elles sont fraîches. .
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362 DE LÀ CHINE. Liy. TH.