LA GREFFE EST PRISE SUR LE SUJET LUI-MÉME
a) À proximité de la perte de substance en lui conservant un pédicule vasculaire : c’est l'autoplastie par glissement.
b) A distance, sur un os ou un cartillage : c’est la greffe ostéopériostique ou cartilagineuse.
a) Autoplastie par glissement.
C'est Ollier qui, le premier, en 1855, debitra qu’un lambeau ostéopériostique ou cutanéoosseux, tenant par un pédicule, pouvait servir à la réfection ou à la réparation des pertes de substance osseuse voisines.
Kæœnig fit tout simplement sienne l’idée du grand Maître lyonnais pour l'avoir appliquée à un cas particulier. Il décrit en ces termes son premier essai : « La perte de substance fut mise à nu par incision des parties molles, en gardant un pédicule situé à la partie inféro-interne. Puis je taillai, de uu centimètre plus large que le précédent, le lambeau des-
tiné à le remplacer, en lui conservant son pédicule en haut: il restait séparé du précédent par une languette adhérente au crâne. Je laissai la peau et le périoste se rétracter, et j'enlevai dans toute l'étendue du lambeau une coque composée de la couche externe de l'os. 11 va de soi que cette coque était brisée en maints endroits: malheureusement cela lui fit perdre en partie sa convexité et je dus la modeler pour lui en rendre une suffisante. Alors rien ne fut plus facile que de recouvrir la perte de substance crânienne avec:le lambeau ostéo-périostéo- -cutané et la surface de dénudation ostéoplastique avec . lambeau cicatriciel. |
Peu employé, ce be a été repris pendant la, guerre par Cazin, par Mayet : bon nombre d’autres chirurgiens l'ont expérimenté avec des résultats variables. Il peut avoir ses indications particulières, mais il présente de graves inconvénients : inutilisable dans les larges pertes de subtances, il élargit la « zône dangereuse », du trépané et risque de traumatiser à nouveau l’encéphale.
b) La greffe ostéopériostique.
En démontrant le rôle actif du périoste et de la zone sous périostée si l’on veut obtenir une régénération osseuse, Ollier fit de la greffe ostéopériostique une méthode infiniment supérieure à toutes celles employées jusqu'alors. Après lui, Poncet, Breuil, Mac Ewen, Jaboulay et plus tard Hahn, Huntington, Curtillet ont publiés de beaux succès. Depuis le début de la guerre. Delagenière, Mauclaire suivis par un grand nonbre de chirurgiens, prélèvent leurs grefles
sur le tibia, sur le grandtrochanter, sur l'omoplate et obtiennent de bons résultats.
c) La greffe cartilagineuse.
Le dernier né des procédés de cranioplastie, la greffe cartilagineuse était employée déjà en rhinoplastie par Nélaton, Ombrédanne, puis surtout par Morestin qui, au Congrès de la Société internationale de Chirurgie tenu à New-York en 1914, sur « les grefles et transplantations dans la chirurgie réparatrice », montra toutes les espérances que l'avenir pouvait fonder sur cette méthode. Plus tard il en précisa la technique ; Gosset, l’adopta préconisant la greffe par volet chondro-cartilagineux et créa un « chondrotome » qui rend plus facile et plus rapide le prélèvement du greffon. Avec L. Bazy, Leriche, Villandre une foule de chirurgiens ont publié leurs résultats, décrit leur technique, mais il semble que jusqu'ici on n'ait pas accordé toute l’attention qu’elle mérite à la question primordiale des indications et des contre indications opératoires.