INDICATIONS DE LA CIRCONCISION
Nous avons, dans le cours de ces dernières années, fait plus de 150 opérations contre le phimosis, sans parti pris ni système.
Nous avons toujours été déterminé à agir par un état local ou par des troubles médiats qui nous semblaient se rattacher aux inconvénients de cette malformation.
L’extrême faiblesse de certains petits sujets a été parfois pour nous une contre-indication de pratiquer la circoncision proprement dite, mais l’âge ne nous a jamais arrêté en présence de la nécessité de libérer le gland.
Nous avouons ne pas comprendre le conseil absolu de Lagneau (Dict. en 30 vol.) d’attendre jusqu’à la puberté pour opérer le phimosis.
Guersant conseillait d’attendre la quatrième année, et Trélat, allant plus loin, acceptait l’âge de trois ans, pour opérer.
En fait, l’opération ayant pour objet de remédier à une malformation ou plutôt à une mauvaise confor-
mation, dont les conséquences : troubles urinaires, prolapsus du rectum, hydrocèle, hernies, etc., se montrent parfois de très bonne heure et doivent être guéries avant qu’elles aient pris le caractère d’une infirmité définitive, nous avons pensé que c’est surtout l’indication qu’il faut avoir en vue et qu’on doit opérer les enfants quel que soit leur âge.
C’est ainsi que nous avons, dans le cours de cette année même, opéré des enfants de six mois, pour des accidents de dysurie et de prolapsus rectal.
Nous devons cependant ajouter que notre hâte dans l’intervention dépend du caractère pressant des accidents que provoquent l’étroitesse et la malformation préputiales.
Ce n’est que pour des accidents aigus ou pour des complications menaçant de s’aggraver que nous avons été amené à opérer dans le très jeune âge. Et nous appelons accidents aigus la rétention d’urine, la dysurie phimosique avec balanite, le ténesme vésical, le prolapsus du rectum.
Quant aux accidents moins impérativement pressants, tels que l’hydrocèle vaginale, la hernie ombilicale, les hernies inguinales, nous pensons qu’il est préférable de suivre le conseil de M. Trélat et d’attendre la troisième ou la quatrième année.
Pour les hernies inguinales, toutefois, nous n’attendons que si, en observant attentivement le petit sujet, nous reconnaissons que la malformation préputiale n’est l’occasion ni d’épreintes, ni d’efforts de miction, ni de cris, circonstances qui entraînent le