MÉTHODES OPÉRATOIRES
Je ne pourrais citer dans cette monographie tous les procédés ; je ne parlerai que des méthodes principales.
Guillemeau, le premier, a fourni les données précises de l’opération. Il faut, dit-il, protéger le gland, couper le prépuce dans sa totalité, la muqueuse comprise. Pour atteindre ce but Ricord a fait construire une pince fenêtrée avec laquelle il saisit le prépuce et à l’aide d’un bistouri qui
passe à travers les mors, il fait la section. Cette pince d’une pression très dure cause une grande douleur.
Vidal de Cassis adopte ce procédé. Pour couper d’une façon plus régulière le prépuce, il commence par fixer par des points de suture, la muqueuse et la partie cutanée ; il place, ensuite uné pince à pression, fait la section et rabat, par un coup de ciseau dorsal, le restant de la muqueuse et affronte cette muqueuse avec la peau à l’aide des serresfines. Ces petits instruments, inventés par Vidal de Cassis, ont une grande utilité, car les serres-fines arrêtent généralement très bien l’hémorrhagie et causent une guérison prompte : elles ne doivent rester en place que douze à vingt-quatre heures, sans quoi elles produiraient du sphacèle.
M. Panas a construit une pince dont les branches sont armées de dents de souris, pour bien fixer la muqueuse avec la partie cutanée. Après avoir attiré le prépuce, il le saisit avec sa pince à dents de souris, puis il replace en a"i i''rc une seconde pince lisse et à pression, et il fait la section entre les deux pinces. Il termine l’opération par l’affrontement de la muqueuse et de la peau à faide de serres-fines.
Les mahométans emploient un procédé qui pour être primitif, n’en est pas moins ingénieux. Ils isolent le prépuce du gland à l’aide d’une forte pression produite par une simple ficelle au devant de laquelle ils font la section. La pression de cette ficelle non seulement prémunit de toute hémorrhagie, mais supprime la douleur de la diérèse. Par ce procédé, il se produit malheureusement presque toujours des phymosis cicatriciels ou des accidents septiques.
Une méthode très simple à laquelle on a encore souvent recours est de faire la section du prépuce par une incision dorsale avec des ciseaux mousses. On poursuit ensuite l’ablation du prépuce, en suivant la direction de la racine du gland.
M. Tripier a fait construire une pince qui ressemble à
"celle de M. Ricord, seulement elle est armée d’une seule branche de-ciseaux qui doit fairela diérèse. Comme on lésait, la section produite avec les ciseaux est non-seulement difficile, mais elle est encore coutuse.
Voici comment opèrent encore aujourd’hui les opérateurs attitrés du culte judaïque. Pour protéger le gland, ils se servent d’un instrument ayant la forme d’une lyre et divisée partiellement par une rainure médiane. Après avoir détruit les adhérences à l’aide d’une sonde cannelée, ils posent horizontalement la lyre qui exerce une légère pression sur le prépuce, qu’ils saisissent avec la main gauche, et pratii]uent la section entre la lyre et leur index. Ils rompent ensuite avec leurs ongles la muqueuse qu’ils renversent derrière le gland. Comme hémostase et pansement ils appliquent une bandelette d’amadou ou bien encore de l’ouate trempée dans de l’eau de Pagliari ou dans une solution au pcrchlorure de fer. Cette méthode fort imprudente donne des résultats très irréguliers. En effet, cette lyre ne fixe pas la muqueuse avec la portion cutanée. Aussi la portion du prépuce qui reste présente les formes les plus fantaisistes. Je reproche encore aux opérateurs leur manque de propreté. Ils ne comprennent pas la valeur que le chirurgien attache aujourd’hui à l’asepsie. Enfin leur éducation médicale est si limitée qu’il leur est impossible d’arrêter une hémorrhagie artérielle ou de se rendre compte de la gravité d’un accident qu’ils ont causé.