‹ De la classification objective et subjective des artsChapitre 14 sur 67 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

Classement d'après les objets des arts eux-mêmes.

s retrouvons ici les idées que nous venons d'exposer. Les arts t la littérature forment une branche de connaissances que nous rons d'abord à examiner sous l'aspect du beau, puis sous celui des . puis sous celui de la réunion des deux.

Si nous obsrrvons l'évolution liistorîqao. ce n'c^t pas lo poli vue plus abslrnit du bcan qui n dnmii]i'\ w n'cîl iiii?iiif pas celi sens, mais l'iiHiofl concrète de l'un cl de l'aiilrc. Ceci domande ej^ ■ plicatioQ. Du reste, l'étude de l'évolution wnus fera luieux comprentlre l'essonce mâme de cette distinction.

Le sentiment du beau est abstrait, il ne s'est û&gitgé que peu h peu des éiémnnts plus mainriels et plus groaiiisrs ; le benii est parti, pour ainsi dire, de la sensibilité : celle-ci n'est ^ snn tour que l'épuraliou du sens génésiaque qui la douiiuc cnrnre, et ca dernier sens a été primé d abord par les besoins plus grossiers de lo nutrition, do la piotectiou contre le froid. Tel n été l'orilro suivi parle penre humain. Le point de (léitarl a Étâ le corps, dans ses fonctions d'abord les plus inllmes, mais les plutt indispansablcs, puis le môme dans ses (onctions plus clevées, colles des* relations, <;elles des sens ; puis, en passant par la sensation, on s'est élevé Jj'ju.im seutiruent, mais ce Taisant on restait toujours dans le même ordre d'idées. Tout cela gravita, non autour de l'esprit de l'homme, de son intelligence, de sa volonté, de ce qui lui donne sou autunoiitie véritable, maïs autour de son corps envisagé d'une manière ds plus eu plus ufflnèe. C'est pour cela que dans le vocabulaire les arts oat une appellation qui tient de prés ji celle des beaux-arts, quoique la différence de degrés entre les deujt classes soit bien grande.

11 est, eu dfet. assci dlMcile de comprendre, au stade de civilisation auquel nous sommes parvenus, comment il peut y avoir un rapport entre les ^xei'Cices ilii corps par exemple, entre la gymnastique qûa nous rangeons ici et la peinture et la sculpture qui vOul se trouver ft côté, quoique à un certain intervalle. En quoi la gymnastique renlral-elle dans lu science du beau ? On répond de suite qu'elle renlro, non dans la classe du beau, mais dans celle des sens, ctque, ccjmme par ailleurs, les sens, puis la sensibilité, sont parallèles au beau, comme le sujet à l'objet : la connesiou suit. Mais on peut répondre d'une manière plus directe que c'est le corps, sou barmonie, ses formas, sûo expression, qui donnent la prenaière idée vive et sensible du beau; qu'ils réveillent, soit comme conséquence de l'attrait génésiaque, soit comme effet d'un égoïsme visuel, aoit par le plaicir éprouvé par le jeu régulier des fonctions. Il ne faut pas d'ailleurs oublier qu'une partie des exercices gjmnastiques, la danse par exemple, est destinée k mettre en reUef la beauté de la femme, et qu'elle excite, par conséquent, à devenir plus intense l'idée de la beauté. Par la méms rajj

■ ye'ul-être |icul-nii expliquer i-e pi-iiclmulde benncmip de leinines pnur

a tiommos <[iii e<iéciilL'Dl plus lrci|iieintiieiil les exercice!* ^viuuatt-

Lliqucs. enti'o autres les exercices inililairos. Cetio culture spéciale ilu

iorpacorrHapoQii A un iuslioct qui oat tout cùiporel et eu outre poiit

[Ugmentcr labiiàuté m.i^cullai; par lia dév^luppiimi^nl approprié. Ou

foi l que la gymnastique, ipii s'adresse «U!( seus. est en connenion

■veiîlidr-e, d'al)Ord toute niiitcriellc, du beau.

L On pont a'étoiiocr davantage que les arts et mi'-tierx aïeul uu rup-

îTl direct nvec les arls propi-emenl dits el le beau, et cependant leur

fonaexion est peul-êtreoucore plus frappaolc l'arini les arts et iné-

Hera toute une catégorie constitue les lut'licrsdc luxe, p-u exemple

^ul de l'habille m cal, celui de l'anieulile nient. Ur, le rapport avec le

, la fusion du léléruent st«s «vec rélèmenl //(?««, tlw cilé sub-

lif nvec te ciMcobjoclil', se touche ici du doigt. La toilette eslencon-

XiOD intima avec la culture du corps dans le but presque exclusif

a beau ; l'ameublemeot sert à faire ressortir aussi la personne et la

pilctle, et s'approche plus encore du beau, car il devient plus indé-

Wadsiil delà personne et coalïne aux œuvres d'art.

L'existence de ces trois domaines diatincts de la science du beau Mt donc certaine : d'abord du cOité olijectif pur, scimce dU limu eaux-arts ; puis du côté mbjcctif pur, science de la semi- Hité ou de la seiisufion dans les exercices gymnasCiques ; enlin du «ité à la fois subjectif el objectif, acienoe du ùeau et de la seiinài/îlé I la (ois dans les arts el métiers de luxr.

La temiinologie usuelle n'est pas sans imiMirtancc pour établir la classification instinctive. A ce point de vue, les beaux-arts propriMiient ' Hîtssont appelés du môme nom générique d'art que les esercices cors (art de la danse, art de l'escrune, etc.) el que les arts et métiers iTtiste, artisan, ai't de la broderie, de lu tapisserie, etc.). 1^ mot art ^tun mot dont te concept ordinaire comprend tout ce qui est beau, il de fête, ou de luxe, à un degré plus ou moins élevé. . Tous les arts ainsi compris lato senxu out un autre cai'actère combUU : l'iuulilité matérielle et iaimédiate. C'est ce qui est leur mérite

»uu sens, les idéalise, les élève au dessus môme des sciences. I 11 reste à établir la sériation de ces trois catégories dans l'ordre bis- [que; comme toujours ou est parti ici du point le plus matériel tour s'Idéaliser peu k peu.

I Or, ce qui est plus matériel, iihis concret, c'est la fusion intime, •distincte, des deux éicmcnts, Vofijvc/cfel \esiibjectif. daus les arts

et mtftifr*. I.fs [iiemicrs besoin* do l'homnis sont corporels : il fiul so iiK'Knt II l'abri du froid et des iolenipériBs par l'abri et le vête-, iiicnl i-t i^ii iiK^iiin lcnni)s se procurer la nourrilore par la chasse, la ' j)i^i'lif<iii l'cxpldilalion agricole. De la les rudiments de l'archiieclnn (■[ivionfrrâ Hciili^iiicnl au )>nial de vue de la solidité et de la commodité Il ilr l'iii'l i\c se vêtir. Piiia, peu à peu. ces arls se perfectionnent et M- sr^ini-uti-nt. L'art du vélciuonl so divise en art de tisser, de teindre etc. ; relui ilu biîlitncnt comprend bientôt tout ce qui le complèle, par (-M'iiiplc riiciiciiblcincul, d'abord d'utilité, qui tient le milieu entre In ruiiKlnielion et te vi'teiucnl. Ccn trois arls et métiers : de la l'iiiiKinirliiiii. de rumeublunient, du vAlement, sont les embrjons de Um» IcKiirtu lie luxe.

l.hiiiiil iiiix tiu);t'cn8 de se procurer de la nourriture, ils oe consistent ipiit pliiN tard iliiiiH l'art agricole et le pastoral. Il s'agit d'abord snrloiil lie hi pi\:lie. do la chasse, de la navigation. Pour cela il faut des IriHiniiiii-iitM, iiiaÎH aussi l'adresse pour s'en servir; enfin la force, l'iinin aura iiflaire Kouvcnt aux niiimaux féroces. Ce n'est pas tout : 1(1 lulli! pour l'exiNleiice est ou\crto entre les hommes , il faut lutter fjinhi' NeN ?>('tiihblileH, et pour triompher il est nécessaire que le corps Kiùt itxerei^ a la fnire et il l'adresse. De là le besoin des exercices ^'yiiiiKisiiiiiie^. \<)iiH \<iici atuoiiô «tniii à la sccoude catégorie sériale.

1.I-- i:\rrrii-ri ifii rtir/is -"oiil d'iiboril dirigés vers le développement ili- In /'(iivv ; puis rfj»/i7'.v<»', luènie la J7/S(r vienueni de plus en plus tujiidnir iii:elli; ri, nn^iue r;'y substituer. L'adresse est une force afRoée : liii-iilôt liisexereiies i|iit ne sefnisuiont que daus le but immédiatement itlileilii ciinipiiMeuii de lapturc, <)'ultaque ou de défense, se font pour le: pliiÎHir du Jihri! jeu des luouveineuts du corps. La danse est le point suprême de ces exeiriies. Elle est h l'origine de la civilisation, et elle rerttn un |)eiidiaiil qui survit aux civilisations les plus avancées, tellr:ui(Mit elle est iiatiiielle; car clic consiste essentiellement dans le iiioiivenieiit, dans un iiioii\uiuent rjlhmiquequi existe dans toute la Nature. C'cHt la danse qui va servir de transition et amener an gri)iq)e supérieiii, aux arts proprement dits.

liU danse, eu ell'et, comprend, d'un côté, le moti'jemenl rythmique avec la iiie.surc qu'où peut en abstraire, d'autre cûlé le geste et la musique cxprîjnaul le scnlimcut et tendant au beau, et enfin le changement de la [orme vivauto et de ses aspects. Par là elle conduit panillcleuieiit à la musique, à la littérature dramatique, à la statuaire et à la pointure. Tout part ainsi du corps humain, dumoL On re-

iCOredaDs aoa poèmes It formes fixes, comme autrefois dans tàe et dans le chœui', l'image de lu danse.

a mesure qui peul sabslraire de la danse vient régler et diriger le int, puis la musique. La pantomime qui s'en dégage est l'umotce il'art dramatique et, par lui. de loijle la littérature. Enfm le tableau wanl Formé de certaines figures de la danse amène aux arts gly-

s et i In peinture.

[Tel est le processus, la gradation, au point de me historique. Si [lis prenons le fioinl actuel, nous observons ceci. A son tour re supérieur influe sur l'ordre inférieur et le transforme. Les x-arts proprement dits viennent dominer et renouveler, d'un les exercices du corps, d'autre c6té les arts et métiers. C'est nsi que l'influence de la peinture et du dessin perfectionne les Eliers de luxe, que pur ejcemple ceux de l'habillement deviennent de 1 plus artistiques. De même l'art de l'ameublement recherche iplus en plus le beau en lui-même. Les exercices du corps, la danse jéme tendent à plus de grâce, à des mouvements plus savants et Los harmoniques.

LCe ne sont pas tous les arts et métiers qui sontréuais sous ladéindance des boau\-arts. mais seulement ceu.i de luxe et de déjratiou. Par exemple, tous ceux qui ont pour but l'élaboration et la bn^lormatioD, ou l'extraclion de la matière brute, ou encore la créabn de nouveaux objets par des combinaisons nouvelles, échappent Bcette classe : ils ne sont plus des applications des arts, maïs des applications des sciences, et nous les retrouverons à ce litre sous une autre rubrique.

■ Lee beaux-arts sont la partie indépendante des sciences du beau, Ibdis que les exercices corporels en sont l'instruction et la discipline, I que les arts et métiers de luxe en forment l'application et l'emploi kx besoins de l'homme.

t D'où les trois catégories que nous allons successivement traiter.

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