PREMIÈRE CATÉGORIE DES ARTS
Les beaux-arts.
t Les beaux-arts dans la nomenclature habituelle ne comprennent ni
%poéiie, ni à plus forte raison la littérature, mais seulement la mu-
iqne et les arts du dessin ; ils doivent cependant la contenir. La
Btlérature est, comme eux, réglée par Yesthètique, satisfait le même
st^nlimeal H tond n la rèalisalion du beau, quoiqu'elle y parvleoiu par dci tnri>eiiH lui|)al|>ablis>. Lu dh^osilion d'espril. pour la produiro l'sl eisclcmcnt la mime, el co n'oit pa> on vuiu qu'on dit d'un poète qu'il ost uu arUste.
Il e.Ht vrai tjuo ceux qui veulent bien asainiilnr la poésie aux buauic* arl» «u rcriisuul h étendre cçlle a.âaiinllutiuu à Iii /irose. Mût on peut rcpoudrc d'ubord quo lu vor«iiicaLioii u'est pas te seul insiritmetil de la pnésie, quo l'ait iira[nali<iuc emploie tour à tour les doux oiodu d'(;x[ire»3ii>n el doriaf malnleiinril la préférence à la prose qui est pins réaliste. U'un uutruvi^té, certain» genre» en prose descendent diwctiiiueut de certaine autres Rii vers, par i*\i-mple le rouiau qui est te successeur en ligne dlrccLe du po^mu épique.
Ccrlaltis autres genres do litlêraluro demandonl la m^mû ïiis^rulion sont des créuliona en deliors de loule iludc Inimédialo, aussi
bien que la poésie. Ainsi l'éloquence : l'orateur est un artisle au.
même litre que lo poÈlc.
Conformément à ces u/ia/oi//?^, 'l'aine, dans m. pkilosùfihie dlA comprend dans l'art aussi bien la poésie que la musique.
Les beaux-arts se composent donc des arts du dessin, de i .iiqiifi et de la litlériiture : le premier groupe est concret, le 9 concret-absli'iiit , \c ttoisAiima abstrait, EipHquons Ql ju;
Les arts du dessin sont concrets, parce qu'ils prennent poar j de départ la nature visible et s'y arrêtent : ils l'imileul d'atiordj l'idéalisent de plus en plus, mais toujours en la reproduisant ; l forcément réalistes i un certain degré- Eufin ils l'expriment s^iÊ
tif/iipmcnt et .ii/nop/ii/uernent.
La musique a un degré déjà d'abstraction : on ne voit pins, c tend, et l'onïe est un sens moins matériel, plus allîné que la vtfl toucbe à l'àme de plus près, exprime des sentiments plus indélêfi nés et semblant parla même plusinliuis. Tel chant rappelle vivemçèiE les circonstances dans lesquelles on l'a entendu autrefois ; aucun por^ trait même ne ferait si singulière impression. La musique est plus subtile, plus idéale que les arts du dessin. D'autre côté, elle est successive et présente par trait.
Enfin la littérature est encore plus abstraite '■ plus rien de seQ,B:bl6 n'en forme le fond, les sons ou les écrits qui l'expriment sont presque indilTéreuts. Pourtant les sons ne perdentpas toute leur influence dans la poésie, plus réaliste que la prose, quoiqu'elle semble l'être moins.
iDiimcDl devient pur, Il est
L'élément matériel disparaît cnfln. < essenliellement successif.
Les arts suivent la même succession historique, et celte succeasion est nettement accusée, si l'on ohserve les deux extrêmes, les arts du dessin et la littérature. Longtemps toute la littérature reste lapidaire, se compose d'inscriptions sur les monuments ; il n'y a même pas toujours d'inscriptions ; certaines cathédrales enseignent l'histoire de France en ornant leurs murailles de la galerie des statues des rois ; la disposition archi tectonique indique l'idée, la croyance. « Ceci tuera cela ", le livre tue l'architecture. La littérature supplante peu à peu les beaux- art a.
Il faut bien remarquer une différence importante entre les arts du dessin et les arts musicaux. C'est que l'œuvre des premiers s'accomplit simultanément et syn optiquement, tandis que celle des seconds successivement; il en résulte que l'art du dessin se réalise dans l'espace, tandis que celui de la musique dans le temps. Nous aurons plus loin l'occasion de faire la même remarque dans les sciences positives. Celle des nombres s'y accomplit aussi dans le temps, tandis que celle de la géométrie se meut dans l'espace. On ne peut nier d'ailleurs qu'il y ait entre la science des nombres et la musique une grande analogie ; de même une analogie incontestable existe entre la géométrie et les arts du dessin. Quant à la littérature, elle ne se réalise proprement, ni dans l'espace ni dans le temps, cependant plulôt dansle temps. L'observation que nous venons de faire suggère l'idée qu'il y a entre certaines sciences et certains arts particuliers une connexité.
Mais tous les arts, qu'ils appartiennent à l'un ou à l'autre des trois groupes, sont dominés par une science commune, l'est/iéli^ue, dont la direction, comme celle de beaucoup de sciences, a été historiquement vraie et fausse alternativement, tout d'abord vraie, puis fausse, puis vraie de nouveau.
L'esthétique vraie et primordiale est plutût latente que formulée; elle ne renferme qu'une seule règle : se conformer à la nature, à la vraisemblance, au but pratique cherché. C'est en vertu de cette règle que l'architecture grecque primitive ne perd jamais de vue le caractère constrticlif pour celui purement ornemental.
Cette esthétique est suivie historiquement d'une antre bien différente et tout à fait fausse ; on la lire de l'exemple des u-ttvres déjà W produites, et on n'admet plus pour l'avenir que de nouvelles œuvres cussiFiCAiios (3oo) 7
- fl8 —
conrornies eri tout aux premières, Ea même t«inp3 od a perdu de vue les motifs qui avaient déterminé les artistes anciens daas tel cas, et qui dans tel autre les eusseat fait agir difTéremment. On eal dans la période des procédés d'art Un tel syslime peut étouffer les arts àki leur naissance, quand il existe dans les civilisations passées des monuments qu'on prend tout de suite pour modèles : c'est ainsi qu'en architecture le dorique a élé imité et déformé.
Enfin une réaction se produit; les esprits novateurs secouent peu à peu ces cliaines ; on raisonne les procédés convenus, on étudie un plus grand nombre d'caiivrcs d'art, et une esthétique plus comprébensive, plus souple, plus intelligente, vient au secours de l'art, loin de lui être nuisible.
Cette esthétique est une science commune aui arts du dessin, à la musique et à ta littérature- Sa véritable place est non avant, mais «près, caria règle et la critique suivent le travail artistique et s'en dégagent, loin de te précéder. Nous l'examinerons donc k la fin, tnai« il faut déterminer de suite son caractère spéciat : c'est celui de science subjective, ou Aart subjectif.
En elïet {et nous verrons qu'il faut faire la même division dans les sciences positives et dans les sciences sociales) en dehors des connaissances qui visent leur objet lui-même, il en existe pour chaque groupe une autre générale qui vise non plus cet objet, mais nous-mêmes en tant que nous sommes aptes et occupés \ l'étudier Un exemple fera sentir cette vérité qu'une telle formule ne rend pas assez saisissable. L'architecture a pour objet la constniclion envisagée sous le rapport du beau en satisfaisant la faculté sensible de notre esprit ; la peinture a pour objet la représentation colorée dans les mêmes conditions. Ce sont donc des arts objectifs, L'esthétique, au contraire, indique comment notre sensibilité elle-même doit être cultivée, elle est eostilte l'instrument de culture du beau. Quand la sensibilité so porte sm- le beau, l'art est objectif; quand elle se porte sur elle-même pour se régler, se diriger, avoir conscience de soi, s'étudier en se rélléchissaDl, l'art est subjectif : est ['esthétique.
Nous verrons, et nous sommes obligé d'anticiper pour mieux le faîrecomprendre, qu'ilen es tde même dans les scîencespositîves. Quand l'intelligence s'applique au monde extérieur ou môme au monde intérieur, l'esprit, elle découvre une science objective : l'astronomie si elle s'applique aux astres, la géologie si elle s'occupe do la terre etc., la psychologie s'il s'agit de l'esprit lui-même. Mais si linlelligence s'ap-
pliqueJi l'înleUigencepour se réfléchir, pour fixer lesloiadesOQ travail intérieur ; si l'intelligence se travaille eUc-méme, se replie sur ellemême, s'élabore et se développe, elle découvre une science, instrument des sciences objectives, science suôjeclwe elle-coéme, la logique.
Certains auteurs ont relevé une autre distioclion entre la connaissance subjective et l'objective. Par exemple, en ce qui concerne l'audition, serait objective la science du son Inî-ménie, l'acoustique; serait subjective la science de l'instrument anatomique humain destiné à percevoir les sons, l'oreille ; serait aubjective-objoctive la science physiologique de la perception des sons par l'oreille. La distincLion ainsi établie repose sur une erreur: l'étude anatomique des organes de l'homme, même de ses organes cérébraux, n'est pas subjective, mais objective ; il n'y a de subjectif que l'étude de la maniil^re dont nous concevons les faits exlernes, dont nous le s percevons ou les transformons.
De même encore dans l'ordre des sciences sociales, la volonté, en observant les faits humains externes, découvre les sciences sociales objectives : l'histoire, la linguistique, l'économie politique, la sociologie, qui se révèlent dans les choses sociales elles-mêmes, dans les faits, par leur observation. Mais si la volonté se replie sur elle-même, se réfléchit, elle découvre les lois, uoq plus des faits, mais du bien subjectif, de la volonté à son tour, lois qui seront l'instrument ultérieur des sciences sociales objectives et qui constiluent la morale organisant les moyens de distinction du mal et du bien.
Donc chaque ordre de connaissances, à côté et au-dessus dos sciences objectives, contient une science subjeclice. En matière do beaox-arls. cette science subjective est Veslhéliqiie.
D'où distinction des beaux-arts en :
r Beaux-arts objectifs ; 3* Beaux-arts subjectifs.
Nous en traiterons séparément.
r Beaux-arts objectifs.
Us comprennent, nous l'avons dit, une partie concrète, une cojicréte-abstraite, une abstraite.
A. Beaux-arts concrets.
\h sotit viilgairemenL couiius mous le aoin à'urli du dessith- C'est qu'eu cficl un art particulier leur est commun et forme leur substratum, le dCBiiin. Od ne peut pas être pelulre, ou ne peut guère âlm architecte ou sculpteur saut dessiner. Il s'agit, bien entendu, daai ce sens, non du dessin définitif, ni do la gravure, laquelle est un dessin sans conlour, mais de l'esquisse, de l'ébaucbe.
Les beaux-arts concrets ou arii du dessin comprennent donc r ï' \a& arts particuliers, t' l'art commun, le dessin et l'ébauche.
Arli particuliers.
Les arts particuliers de ce groupe sont par ordre chronologique
dans l'hui
lilé :
1" Var/rki/ecture el la décoration ;
3° La sculpture et la glyptique ;
3* La peinture et la gravure.
Leur succession est trop connue pour que noua y insistions. L'ar cbilecture est à l'origine des civilisations, dont elle exprime d'abord seule toute l'idée. Les ca(ie)*ncs primitives, les monuments mégalithiques, les pyramides nvecleat épigraphie, les cathédrales ensoal d'autant d'exemples. Toute l'histoire d'Egypte, toute celle de Niaiva et de Babjlone sont ainsi écrites : la muraille est le feuillet de a livre. C'est que construire ne se fait pas d'abord pour l'art, mais pôi» la nécessité, la commodité; l'intention manque ; on fut maçon lorsqu'on commença, an était devenu architecte lorsque l'on finit.
Mais l'architecture dans le sens large est de deux sortes : elle consiste d'abord à bâtir avec la direction el les proportions qui expriment telle ou telle idée, c'est l'architecture proprement dite, ou à orner oett( construction elle-mâme, ce qui amène à la sculpture par les bas-reliefs et à la peinture par les vitraux et les fresques, ou enfin à orne) intérieurement et à remplir l'édifice construit, et à l'orner extériea rement, ce qui comprend l'art du mobilier décoratif et celui des jardins, que nous allons retrouver plus loin.
D'où : 1° architecture proprement dite; 2° décoration.
ïiÀV *.
- lOi -
L'arcbitecture proprement dite précède l'autre : les Isinples , les
>Dt longtemps nus, et la beauté archilecloDique n'ea ressort
b mieux. Elle prend successivement et par évolution trois carac-
bien distincts. EUe est : \'' horizontale ou à plates bandes;
%ourbe ou cintrée ; 3' verticale.
a première esl l 'a rclii lecture grecque, et en partie seulement celle
Da Renaissance, en même temps celle de l'Inde, de l'Egypte, de
ntique Orient.
lEIle exprime l'inTini, le calme, la solidité. Elle comprend plusieurs
ïèces qui se caiaclérisent surtout par les différences de la colonne,
^gsivement dorique, ionienne et corinthienne.
KLa seconde est l'architecture romaine, et aussi plus tard la romane.
^Byzantine, la russe ; elle se caraclérise partout par la ligne courbe
■ se retrouve dans l'arcade, la voûte, le dôme, le bulbe, et qui
lûâeie fîni, la perfection du cercle entier ou partiel, sans aspiration.
B. troisième est l'architecture arabe, a nglo -normande, gothique;
e caractérise : i° par l'arc brisé ou ogive, lequel, de plus en plus
Ti, réalise, autant que possible et autant que la courbe nécessaire
ITau Eoulien le permet, la ligne verticale: a° par la hauteur réelle de la voûte rendue possible par celle des piliers ; 3" par la hauteur appurente rendue plus grande que la hauteur réelle, et devenue telle par l'absence presque lotide de murailles ; ou leur aJotcremeiU devenu possible au moyen des contreforts et des arcs-boutants ; 4° par l' élévation et la forme en aiguille du clocher.
La décoration intérieure et exlérieure suit un développement analogue. Nous envisagerons la principale, celle qui s'applique au bâtiment en classiOant la sculpture et la peinture. Quant à l'ameublement, l'art des jardins, nous ne pouvons entrer ici dans les distinctions qu'ils comportent. Nous allons d'ailleurs les retrouver un peu pins loin.
La sculpture suit chronologiquement l'arcbileclure; elle s'en délache peu h peu. Elle comprend deux familles : la sculpture proprement dite et la glyptique.
La .sculpture proprement dite commence, prenant naissance dans I iicliileclure. par le bas-relief. Ce relief ressort d'abord à peine, n'est ' { 'l'une saillie, ou, s'il est plus fort, c'est qu'il doit être vu à distance et qu'il y paraiira faible comme sur les frises. Puis le bas-relief devient haut relief, se détache davantage jusqu'à ce qu'il se détache tout à lait, A'immeuble devienne meuble et constitue la ronde-bosse, la statue.
L« glijpliquf, ou l'art de graver les médailles el les pierres précieuses, est, pour ainsi dire, Y architecture] meuble, portative' Comme l'autre , elle conserve X'histoire par ses éjiigrapflies el ses portraits : c'est V architecture en miniature. Il faut y rattacher la numinniati'ine qui est bien une dépendance de l'histoire dans le sens de son utilité, mai^ qui, tant qu'on n'a pas frappé les piè«es d'une manière complètement mécanique, était un art.
La glyptique comprend: i" collo en rWie/. a' celle en creux, ;i' l'art de graver las médailles.
Le groupe de la peinture est chronologiquement le dernier ; i! présente des caractères tout à Tait distincts, et exige, soit pour jea instruments, soit pour les idées, un état de civilisation plut; avancé. Il tient son origine de l'architecture qui j- prélude par les vitraux coloriés, et la commence par la /■/■esçwe. Elle forme presque w/ie an/t- Mf'je à la sculpture ; celle-ci est r^a/isie, la peinture est idéaliste; l'antiquité a atteint la perfection dans la sculpture, la peinture nous a été réservée
Mais ici nous classiRons seulement. 'La peinture signifie la représentation et l'idéalisation des objets sur une surface plane : c'est son essence. En a'élevant elle parvient à la couleur, mais cette couleur peut ne pas exister, d'où cette division : la peinture sans couleitni celle avec couleurs.
La peinture sans couleur représente sur une surface plane les traits et les ombres : c'est le dessin, non plus celui qui ne sert que d'esquisse pour la peinture, de plan pour Tarcbitecture, ou de construction graphique pour la géométrie, mais le dessin complet. pouvant, sauf la couleur, équivaloir à la peinture elle-mâme.
La peinture sans couleurs, ou dessin complet, comprend : i" le dessin proprement dit, a" la graoure. 3° la photograpki':.
La peinture proprement dite comprend : i' la peinture vitrifiée, c'est-à dire celle qui ne fuit qu'un avec la substance peinte où elle pénètre plus ou moins profondément et avec laquelle elle se combine ; cette famille comprend la céramique, les vitraux, les émaux ; a* la peinture qui se dessèche immédiatement, et à laquelle on ne peut faire des retouches ; à ce caractère matériel correspond celui moral, qu'elle ne renferme pas d'abord, d'unité de point de vue, d'ensemble, de perspective véritable, et n'est qu'une suite de peintures toutes différentes et seulement juxtaposées : c'esiXa fresque, 3" la peinture sijnplemenl appliquée, susceptible de retouches et présentaal
une unité, un système ; c'est exactement la peinture à l'huile, la peinture suc toile, avec l'inconvéDient de sa fragilité et de sa durée limita, avec l'avantage de la perspective aérienne.
Ces trois peintures se succèdent dans l'ordre ci-dossus indiqué : la céramique fut bien la primitive, la seule chez certains peuples ; la peinture à fresques qui dépend de l'architecture a exercé les premiers grands maîtres ([uî n'ont peint qu'accessoirement les plus beaux tableaux.
Cependant il y a entre la peinture d'une part, la sculpture et Tarcbilecture d'autre part, quelques arts intermédiaires, maïs de second oidre et dont l'emploi n'a pas prévalu.
Ainsi l'usage le plus ancien est de peindre les monuments et les slalues, et quoique le goiM n'ait pas consacré ce genre, il est curieux de le noter, comme situé ait point de bifurcation des trois grands arts du dessin non encore différenciés.
Tels sont les trois arts particuliers, architecture, sculpture et peinture, qui ont pour fondement un art plus général el commun : Vart du i/essiii.
An général concret.
Cet art est le dessin, non point ce dessin complet qui est une branche de la peinture, mais le dessin élémentaire, linéaire, qui donne la forme et le croquis des objets, et qui forme le sitbstratum. le plan des œuvres de ces autres arts.
Ce dessin comprend : i" le dessin géométral et linéaire ; l' le dessin industriel ; 3" le dessin ornemental ; 4' enfin le dessin formant I Vébauche de l'architecture, de la sculpture et de la peinture, et en- I seîgnant la perspective linéaire.
C'est par lui que les beaux-arts de ce premier groupe conduisent I aux sciences positives par la géométrie.
Tels sont les arts concrets, dits ôeaux-arts parce qu'ils nous ' viennent directement par la perception des sens, et du plus malériel de tous, le sens de la vtif.
B Beaux-arts concrets -abstraits.
Ui arts de ce deuxième groupe nous vienueut auari de la perception des xeiis, mais d'un sens plus affini, plus immatMd, que cdui de la vtii; le sens de l'ouïe. lia sont donc encore concrets, mais avec une tendance à l'abstraction ; le sentiment inspirf par la mu- , ttique est en effet plus indéfinissable que celui que procure la Yue d'un tableau; ce sentiment peut même itre différent, sans .variations du thème ni de l'exécution musicale, suivant les dispositions subjectives de l'auditeur.
Ces arts ne portent qu'un seul nom, celui de la musique. Mais ils possèdent dos morfes j) différents de la produire, que ces modes conslitucnt autant d'arts difTérents.
Cependant ils possèdent une théorie commune formant un art général connu sous le nom d'harmonie et bien différent de» arts'parlîculiers qui ne s'occupent que de la composition et de l'exécudon.
La musique, ainsi que les beaux-arts abstraits, littéraires, dont nous traiterons ensuite, diflèrent des arts du dessin, non seulement en ce (|u'ils nous parviennent les uns par Vouîe, les autres directement par V intelligence, tandis que les arts du dessin nous arrivent par la vue, mais en ce que les arts du dessin font sur ^nous une impression simultanée, instantanée, tandis que la musique et la^littérature font sur Dous une impression successive : la peinture ne peut exprimer qu'un moment, la musique exprime une continuilé.
Arts musicaux particuliers.
Les arts musicaux comprennenl, suivant la succession chronologique naturelle : i" le rkythme ou la danse ; a" le chant ou mélodie ; 3° la sym.phonie.
Le rythme consiste dans la mesure, abstraction faîte des sons, ou lorsque ces sons sont à peu près uniformes, il comprend : i" les iustrumeats à ;]erctfS5ion, a° la danse.
La danse qui a perdu son importance en avait une grande à l'origine, elle figurait dans les cérémonies sacrées. Elle sert de point de joncdon, d'un côté entre les beaux-arts musicaux et les beaux-arts
lâu dessia parce qu'elle s'adresse aux yeux en même qu'elle satisiait l'oreille par le rythme, d'autre côté entre les arts musicaux et les
Barts littéraires en ce qu'elle est la première des représentations théa- |lrales. La danse est à la fols un labteau et une musique abstraite. Nous allons la retrouver un peu plus loin à sa même place: elle ïert de transition, pénétrant jusqu'aux arts musicaux.
Le chant est ensuite leplus naturel; il est le plus ancien avec la danse, [u'il soit organisé en solo, en duo ou en chœur, il est primitif, rourvu qu'il n'en résulte pas de véritable symphonie. La voix humaine vient avec l'homme ; elle émeut davantage que tout autre tûstrument ; elle entraîne toujours avec elle quelques-unes des passions do l'esprit ; on un mol, c'est la musique animale, vivante, avec la qualité que nous venons d'indiquer, avec le défaut r de ne pouvoir monter ni descendre très haut dans l'échelle des sons. Le chant comprend, suivant la position des cordes vocales qui le Mduisent, trois catégories : i* la voix A' homme, les cordes vocales ■itant situées dans le larynx au-dessus de la trachée-artère ; a° la voix ite femme, ces mêmes cordes étant situées dans une autre partie du larynx, mais toujours au-dessus de la tracliée-iirtère; 'i' le chant ; l'oiseau dont le larynx est situé au-dessous de la trachée- artère Vdle-méme. L'expression diffère totalement suivant ces dispositions.
Dans le chant tous les sons se suivent, ils sont justes s'ils se
Fioivent à certains intervalles marqués d'avance ; s'ils ne se produisent
ws concurremment et par accord, le chant est mélodique. Dans le
liœur cependant, il peut devenir harmonique ; mais comme il n'y a
Kis dans les voix cette différence essentielle de timbre qui existe entre
a instruments, Une devient pas véritablement sympAoni'g'lie.
La musique instrumentale se divise en plusieurs genres suivant la
lature de l'instrument employé. Elle comprend : i" les instruments à
percussion, comme les tambours et les cloches \ 3° les instruments à
tefrfej; 3* les instruments à vetit. Les instruments à cordes sont k
fcrdea frottées, comme le violon, ou à cordes ;oï>Jcées, comme la harpe,
I à cordes frappées, comme le piano. Les instruments k vent se
pvisent, suivant leur embouchure, en instruments : l' à embouchure
le /îûte; a° à anche, comme la clarinette; 3° à embouchure en bocal,
tOmme les instruments de cuivre. Ces trois sortes d'instruments à
isat se réunissent ensemble pour former l'orgue.
La symphonie est née beaucoup plus lard ; elle dirige la musique
xlerne, tandis que la musique ancienne était dominée par la mélo*
difi. Elle consiste dan» l'accord : i" de plusieurs iDsIrumeots, a' de U voix et des instruments, produisant cependant des notes dilTérentei; toutes tes compositions tendent de plus en plus à V orchestration.
An musieai général.
C'est la théorie de la musique qui k relie tnx sdmce* podtivea par Ya'-ou'-lique. branche de la physique. C'eat Ybarmonie- Elle analyse les imprcasîona da l'oreille, règle lei compoaitioni k faire, critique au point de vue matériel lei compoiitioni fkitea : c'est de la musique qui s'ahxtrait. L'art passant par un sens extérieur, l'onle, est parvenu jusqu'il l'intelligence ; il devient conscient de lui-même, se raisonne. Il n'a pas attendu cependant cet affinement pour être fécond ; les œuvres des giands maîtres ont précédé l'harmome, et c'est de ces œuvres mi^mes que l'harmonie a été tirée par induction.
De même que l'art général du premier groupe, le dessin,-sert de transition entre ce groupe et les sciences, de même cet art général du second grou{>o joue à son tour ce r61e, Nous verrous qu'il en est ainsi de l'arl général du troisième groupe.