‹ De la classification objective et subjective des artsChapitre 28 sur 67 · PREMIER STADE · texte numérisé non relu

PREMIER STADE

Stade de la science conçue el con:ervée.

A ce stade nous devons étudier successivement la science concrète, la science concrète-abstraite, et la science abstraite.

FiŒMifcHEMENT. — Scleiices concrètes

Les sciences concrèles se diviseut à Uur tour en sciences spéciales, l en science générale.

1" Sciences eoncrêles spéciales.

Ce sonl celles qui ont pour objet le subslrulum, la jndlièie organî^ite et inorganli/ne. Mais elles ont trois manières bien difîérentes E derèmdier, en altaol Instoriqnemenl du simple au complexe, chto- Lnologlqueuieal cliez l'individu civilisé, du complexe ou simple.

En ctTet, les êtres perceptibles pur les sens qui composent le monde IT^euvent dire euvisagâs, soit dans leur forme et lour struclttre. c'est- L&-dlre morphologiquement , soil dans leurs fonctions, c'est-à-dire \phyiiologigiiemènt, soit dans leurs re/a/!0«s, cesl-à-dire récipro- ^gtiement ; le tout forme un ensemble ontologique.

Ce qu'il j a de plus complexe, c'est la forme el ta slruclure ; ce qu'il t déplus simple, ce soûl les rapports; les lonctious sont moins lomplexcs que la slruclure, plus complexes (jue les rapporta.

C'est indiquer par là même quel osl l'ordre qui a été suivi dans ;etle élude, soit par l'homme civilisé individuellement, ooît par l'hulité d'abord incivUiaée collectivement , L'individu suit la méthode Naturelle, ici comme dans les arts ; il part du complexe pour arriver mple, de la structure pour aboutir aux relations ; il préfère apprendre d'abord le complet, puisqu'il peut le faire. En effet, les ■très se présentent aux regards de l'homme d'abord dans leur en- JemWe ; ceu'est qu'après celte première vue que vient la deuxième Eui analyse et divise ; la sjnlhèse a nécessairement précédé. Il en serait de même de l'humanité, s'il ne se présentait des obstacles ; eus-ci existent; la vue, non armée du microscope, n'est pas 2*abord sutQsanle : on ne peut s'arrêter à voir, puisqu'on voit mal; j oulani demander h. un aveugle de loarner sa pensée vers l'ob- ^jecUf et de s'interdire le subjectif. L'humanité va donc du simple au Iicompleie, Nous avons exposé cette théorie; nous n'^i revenons que Ijpour montrer qu'elle est applicable partout.

- Sciences des relations.

Celle science fut d'abord unique. Elle consistait dans l'astronomie. Ëe n'est qu'avec la théorie précédente qu'où peut comprendre com-

ment l'homme a cherché à voir dans les astres avant d'avoîp jeté UQ seul regard sur les merveilles qui l'entourent de près. L'histoire prouve que la première science positive cif//i'j^0 fat l'astronomie. Elle se confondil d'abord avec une science chimérique, Vaslrologie, el avec Une autre réelle, mais d'un ordre didérent, las mathématiques. Les premiers savants, Egyplienf, Chaidécns, sont des astronomes, comme les premiers artistes sont des architectes.

Gomment l'astronoaiie est-elle cultivée, lorsque le premier intniment nécessaire mauque,lc/^/f.«co;>«i'C'eRtqu 'il y «rf«t/j:as/rono»it«s, l'une qui consiste à observer la structure de chaque corps céleste {Hïb séparément: c'est uniî étude morphologique ; pour celle-là le télescope lui-même ne suRit pas, il faut l'analyse spectrale, et cette sdenca n'est encore aujourd'hui qu'embryonnaire. L'antre consiste à étudia les rapports entre les astres, entre eux et la terre, la distance qui les sépare, leurs dimensions, leurs positions, leur action et réaction réciproques, ce qui est affaire beaucoup plus de calcul que d'observation. Ou voit un peu, on devine beaucoup, et comme on le fait mathématiquement, on peut deviner juste. En un mot, cette seconde sorte d'astronomie n'est qu'une application du calcul. Or. le calcul, l'homme le puise en lui-même, le tire de son esprit, sans les concours extérieurs, et la priorité de l'astronomie s'explique ainsi. Sa méthode est déductive à une époque où l'induction était encore impossible à l'homme.

Cependant, comme la seconde sorte d'astronomie n'est pas la seule, que d'ailleurs elle-même a besoin d'observation, elle est logique, mms en même temps erronée, parce qu'elle part de faux points de départ ; elle fait tourner le soleil autour de la terre. La première lunette tenue par Galilée peut seule redresser cette erreur, non directement, mais parce que dès qu'on peut voir, on veut voir soi-même, et qu'alors on est sur de bien voir.

Ainsi l'astronomie a été la première science de ce groupe à se former ; ajoutons qu'elle a été aussi la première à se reformer, à secouer les erreurs, quoique le but de cette science soit plus éloigné de nous, mais parce que les éléments en sont plus simples, et par là même plus subjectifs. L'astronomie, dans son premier état, n'était que la science des relations, non celle des êtres eux-mêmes, n'exigeait pas la connaissance intime de ces êtres, par conséquent pas d'observation détaillée, ce qui la rendait possible malgré l'imperfection des instruments.

Depuis, daulres sciences des relations se sont formée» ; on peul même dire qu'il eiiste dans chaque science une branche qui s'occupe des relations des êlres entre eux, abstraclion faite de leur structure et de leurs fonctions.

C'est ainsi que, par exemple, l'anatomie de l'oreille et des instrumcaU d'audition qui s'occupe d'un subslrutum, le substratum liuiuaiu, est une science de structure, que d'autre cAlé la IhéoriG des sons est une branche de la physique el étudie les forces, mais qu'il est une branche de la science qui a pour objet l'elTct auditif du son, de ses rapporta avec l'ouïe : c'est l'acoustique stricto sensu.

De miioie, Telle t toxique des plantes ou des substances minérales sur les animaux est une science de relation (la loxicoloffie).

Il ue faut pas confondre l'étude des relations concrètes des dtres

enlre'eux donl la place est ici avec celle des relations abstraites, soit

quantitatives, soit qualitatives, qui équivalent aux lois et font partie

(1ê la science abstraite,

I^^^U ne faut pas la confondre non plus avec celle des fonctions de re-

^^^hiOD d'un être isolé qui ne cousidèru la relation que dans l'un des

^^Kux. êtres en relation.

b). — Sciences des fondions.

r Dans le groupe de sciences relatives à la matière organique ou non, ce qui est connu en dernier lieu, c'est la structure , l'arrangemenl intérieur el la classification en raison de cet arrangement: ce qu'on perçoit auparavant, ce sont les manife»talions extérieures, l'exercice des fonctions, \ extérieur physiologique. D'autre côté, c'est ce fonctionnement qu'il est le plus urgent et le plus pratiquement utile de connaître.

L'essence des êtres n'est d'abord qu'un objet do curiosité, plus tard de science utUe, mais très avancée ; pour la découvrir, l'instrument du microscope est indispensable, car ce sont les infiniment petits qui fournissent seuls Texplicaliou des autres ; de là l'ordre chronologique de l'élude des fonctions.

Quelles sont ces sciences ?

;iles se répartissent en plusieurs séries d'après les dijférenles actions.

KLes fonctions des êlres organisés ou non sont de trois sortes : pelions de nutrition ou conservation, fonctions de relation, fonçais de reproduction.

Les fonclioiift (la nulritUm on de couscrvation sonl Ic5 plus iirgeoles et celles ijuipar conséquent rrnppent l'allenlion loiit d'abord, surtout quand il »'agit du corpa humain. Ce sont elles qui lont l'objet delà physiologie proprement dite, quaud il ne s'agit que du la couuaissaDCS do c<>s fonctions.

Mais la connaissance des fonctions am&ne k celle do leur altéralion, do leur trouble et de la canse de leur trouble ; In physiologie conduit i la pathologie, et d'atlleiirs w trouble est aussi visible ipM la fonction cUc-mSmc, la cause [le ce trouble l'est moins, d'où la dif* flcultô du diagnostic : c'est ipie pour trouver celte cause il foui pénétrer la structure intime des tissus du corps, ce qui fut longtemps (m< possible par iusuflisance de la vue et faule d'instnimcnla pour j suppléer. La connaissance des troubles des fonctions ne couduil pas seulement II la recherche de leur cause, mais aussi ù celle des moyens d'y remédk'r, d'où la thùrapeutique ; mais pour chercher le remède, il faut d'abord avoir trouvé la cause du mal, et nous venons de dire ce qui rendit très longtemps obscure cette cause, d'où les lents progrès de la médecine. Chacune de ces trois sciences : physiologie, pathologie, thérapeutique, renferme de nombreuses ramifications dool nous n'avons pas à nous occuper ici. Ainsi, la pathologie renferme la toxicologie quand la cause du dérangement fonctionnd résulte d'une action toxique. Li ihérapeulique renferme : 1° la pharmacie, quand le remède consiste dans l'absorption exterue ou la* terne d'une aidjstance médicamenteuse agissant mécaniquement, physiquement ou chimiquement ; a" la chirurgie, quand le remède au mal consiste dans l' effet d'une action mécanique agissant du dehors; 3° l'art obstétrical, quand cette action mécanique ne s'applique plus, en général, au redressement d'une fonction, mais à son accomplissement régulier, en cas d'accouchement.

Ces trois sciences relatives aux fonctions do nutrition et aussi &»%. autres ci-après envisagées forment, si l'on y ajoute l'anatomie dépendant du groupe ontologique, l'ensemble de la médecine et des professions accessoires. Or, la médecine est certainement, ainsi que l'astronomie, une science très ancienne. Les sciences relatives plus spécialement aux autres fonctions et que nous abordons maintenant le sont beaucoup moins.

Les fonctions les plus importantes pratlquemenlaprès celles dénutrition et conservation sont celles de relation. Ces fonctions comportent une Intelligence plus ou moins parfaite, depuis l'ooimal le plus iofél^QUr

Hiisqi)'à l'homme. Elles OQt pour organe dans le raoade organique

igniinal d'abord cerlaîaes parties du protoplasme . mais plus géoé*

nalemeiit les nerfs, lesquels ont sousleur» dùpendances les muscles, et

«r ceux-ci les Os, et s'en font obéir. Les nerfs qui loucbcnt à la vie de

nulritioa par le système gangltonaire sont les instruments de la

relation par le système cérébro-spiral; mais leurs fonctions s'y

tlédoublent, ils sont moleun ou sensibles ; ai la sensibilité excite im-

uédiafemeiit le mouvement, sans que le cerveau en ait fait la trans-

aission et la mulnlion vloiilaïro, l'aclion est dite réflexe.

La sensibilité fournie par les nerfs sensibles devient par un travail isycfaique. inloiligence, volonl^, ou reste, non transformée, sensibilité pure,

Tel est le travail des fonctions de relation.

L'étude de ces fonctions constitue la psychologie physiologique, 1 ÏA physiologie psychologigiir..

i ces fonctions souvent x'altàrent ; l'étude de ces altérations une pathologie spéciale, une pathologie névrologique psychowlogique, l'élude de l'aliénation mentale, ainsi que de la rage, et des *ulres maladies des centres nerveux, celle aussi des passions moos- (trueuses, de la criminalité, des aberraliouE.

Cette pathologie spéciale conduit à une thérapeutique spéciale, non- seulement l'art de guérir ces maladies, en particulier la folie, mais celui de régénérer le vice, de punir et de réformer le criminel, de constituer la morale hygiénique. La science de l'éducation rentre par certains eûtes dans cette thérapeutique.

Dans cette classification nous n'entendons point prendre ici partie ma le grand débat entre l'école dite spiritualiste et l'école dite ma- M^io^liite. Que la psychologie soit la physiologie du cerveau, ou qu'elle f ÎDit la science des meuifestations d'un élément indépendant, l'àme Ldans le corps, U n'en existe pas moins, avec des explications qui seules ■ diO^reut, une physiologie psychologique.

C'est dans le groupe ontologique seulement que la diOérencc dc- B%ient essentielle. Ce groupe comprend une psychologie, non plus psy- ^ïologique, mais on^/ojîçîfe, si l'on admet l'existence substantielle 1 l'Ame, ne comprend rien à la place si l'on n'admet pas cette leustence.

Enfm, dans tous les cas, il existe en dehors une psychologie sociale {ai se classe dans les sciences sociales et morales, et qui résulte de {J'obsePi-ation, non plus des fondions humaiiies ou animales, mais 8 actions humaines elles-mêmes.

Les troisirmca fonctions sont les fonctions de reprodutlion, de formation, et ces foactioas » étudient ici non surtout dans l'organe générateur, mais dans le dévoloppctncnt de l'être engendré. Leur étude comprend aussi : i° l'observation do cette fouction en elle-même, a* celle des vicc-s qui peuvent l'atletudre. V lu recherche des moyens de réparation.

L'étude de l'Olrc engendré lui-même dsoB sa fomulioo et son développement constitue Y embryologie.

L'étude des déformations que cette formation peut préienter txmA- \\\UG la. lératolOQie et l'étude des idiosynctfsies, et particuliéremeat de celle qui consiste dans la morbidité héréditaire.

Eulin la recherche des moyens d'y obvier peut porter sur des mojeiu mécaniques ou orthopédiques ou sur une hyggiène spéciale et prfr vcntive,

L'hyjiéne elle-même dans sa généralité n'est qu'iue branche de la thérapeutique qui se place à côté de la chirurgie et de la pharmacie.

Nous avons compris dans ces sciences la plupart de cdles qui contribuent à former la médecine, entre autres la pathologie et la thérapeutique ; mais nous devons ajouter que la médecine dans son ensemble se compose de beaucoup d'autres choses, et qu'elle constitue, non une science pure, mais une science appliquée, nous la retrouverons plus loin à ce titre, ainsi que la chirurgie et l'art vétérinaire ; quant à l'hygiène, elle lait partie de la culture du corps que nous avons déjà claasifiée.

Tel est le groupe des sciences relatives aux fonctions. Nous n'avons, dans le détail, pris pour exemples que les fonctions des animaux, pour plus de clarté; mais il faut étendre ces divisions au règne végétal d'abord, puis au règne inorganique.

Le régne végétal possède la division tripartite en fonctions de nutrition, de reproduction et de relation ; seulement ces dernières sont plus bornées. II en résulte la physiologie végétale, l'embryogénie végétale, et la psychologie végétale. Chacune de ces branches emporte les mêmes subdivisions ; la physiologie est descriptive de la fonction, ou de l'altération de la fonction, ou du remède, soit préventif, soit curatif de l'altération de la fonction, le remède préventif est ici la culture rationnelle ; cette culture est aussi un moyen de reproduction.

Le régne inorganique possède aussi des fonctions. La combinaison ou la décomposition, le passage d'une forme cristalline à une autre ou à une forme amorphe, la transformation des liquides en gaz ou en

lOlides et l'éciprcHluemeQt, les mouvements des matières qui ne sont I pas légis par des lois dont la fixité soit évidente, sont autant de ses ) fonctions.

- Science des élres e

Il est sans doute étrange qu'on ait commeucè d'abord par l'étude des relati07ts entre les êtres, puis par celles de leurs fondions, avant de passer i l'observation des êtres eux-mêmes ; mais l'histoire prouve que cette anomalie existe, et nous en avons donné la raison.

Lorsqu'on a enfin entrepris cette étude, on s'est d'abord porté, faute d'instruments, à l'observation de la forme extérieure, puis à celle des formes intérieures fixes, de l'ossature, et ce n'est que quand le microscope a été perfectionné, qu'on a pu aborder les tissus eux-mêmes et parvenir jusqu'à l'élément du tissu : la cellule. On a ainsi connu, autant que possible, chaque individu. Quant à la comparaison entre les individus, on verra qu'elle appartient à une autre classe. Quelle est la division de la science ontologique? Elle se fait d'après l'objet. Or, cet objet est, en passant du I complexe et du concret au plus abstrait et au plus simple, j" la àiologie, 3" lu géologie, 3° l'astronomie descriptive.

La biologie est la science de tous les êtres doués de vie ; on n'accorde ordinairement cette qualité qu'aux animaux et aux végétaux, il faut l'attribuer aussi aux minéraux qui vivent à leur manière, naissent, se développent et meurent, et ont au moins et autrement que par intus suscpption, des tondions de nutrition- La biologie se divise par là même en biologie animale, végétale l minérale.

Dans un autre sens, suivant qu'elle pénètre plus ou moins l'objet

ibservé, elle comprend la morphologie externe, \a. morphologie in-

bme OQ anatomie, etla morphologie élémentaire, ou observation de

k cellule.

La géologie est l'étude, non plus des êtres doués de vie et îndivi-

mais de leur ensemble formant notre planète, sans relation

(voc les autres planètes. C'est la partie emhryogénique des êtres

Ux- mêmes.

Entin l'astronomie descriptive fait pour les autres planètes ce que

i géologie fait pour la terre; elle étudie leur conslilutioa, sans se

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