I- de toute généralisation, de toute synthèse sérieuse
13° SCIENCES ETHNOLOGIQUES et ANTROPOLOGIQUES
L'uutliropologie est la science de l'homoie, ot si on la prenait dans Eçe sens vasic, elle engloberait toutes les sciences du fait humain, et ■une partie de celle delà nature, le! uous u'enleudons que la science lis l'homme prise dans un certain sims, celui restreint de l'elhnologie. Et même l'etlinologie tout entière n'entre pas dans la présente rubrique : l'archéologie préhistorique, par exemple, ne vise plus le fait humain, mais le devenir humain, et à ce litre est une science de l'évolution, une science du fait humain considéré dans le temps cl dans l'espace. D'une manière générale, tant que la connaissance directe des faits manque et que ces faits ne sont connus que par les résultats, c'esl-à-dû-e lorsqu'on observe une période préhistorique, il n'y a plus lieu à histoire, mais à évolution seule, et l'on entre dans une catégorie spéciale que nous classons beaucoup plus loin.
Cependant toutes ces sciences sont connexes, et pour ne pas briser l'unité il nous faut faire ici ce que nous avons déjà fait (|uand il s'est agi de la philologie et de la hnguistique, examiner les sciences anthrohpologiqués dans leur ensemble.
Leur lien avec la linguistique est certain ; quoiqu'il n'y ait pas de {Coïncidence exacte entre les langues, les nations et les races, il y a me grande analogie, et par régions les deux se recouvrent enlièrcmeut. , Les sciences ethnologiques comprennent : i" l'anthropologie, i* l'elhaologic, 3" l'ethnographie,, /\' l'archéologie historique cl préistoriquo.
1° L'milliropologie propremcal dite, appelée par cerlains auteur» Iii somûtohgie. embrasse l'étude de l'hommo, on général, abslraction faite des dinérenciations proveaaDt de la diversité do3 races ; elle contient donc lalo sensu l'aualomie et la physiologie, et d'autre cCtlé. la psycliologie, mais ces dorDléres sont dos ecicncoB epéclaks, L anatomlfl ot la physiologie envisagent l'homme comme lout autre animal, et sont des branches de la zoyiogio : la paychologia a sa place particulière. Il reste seulement ici la eomatologie externe qui comprend l'anthropométrie, l'observation de la couleur de la peau, de la chevelure, de la régie de proportion, de la heunté physique, l'anthropologie criminelle et la clasdricatlon anatomiquc des races, ainsi que l'examen des opérations mentales de l'homnie dans leur production.
a" L'ethnologie comprend lalo sensu: i^ln sociologie historique proprement dite, étudiant l'organisation du gouvernement et de la famille et des relations internationales ; a° l'étude des religions dans les évolutions historique et géographique ; 3' la linguistique ; 4" le folk-loro, consistant en l'exposé dea coutumes et des narrations tradition ucUes, des proverbes, des croyances et pratiques superstitieuses ; 5° la technologie racontant l'évolution des arts militaires, de la céramique, de la coustruclion des instruments, moyens de transport, habillement, poids et mesures, moyens d'échange, elc, l'évolution des arts eslhétiques. En réalité, lout cela est compris dans la sociologie qui a une place k part parmi les objets considérés dans les m'dleux du temps et de l'espace. Il ne reste ici que l'étude du l'olk-lore, des traditions de chaque peuple, à laquelle il faut ajouter celle de ses patois, de ses superstitions.
3° L'ethnographie. Celte branche a bien sa place ici ; elle se subdivise en : i° ethnographie générale, ou élude dea origines, subdivisiona et caractère des races et des nations, des alliances et croisements, des migrations, et anthropogéographie ou aires de caractérisa lion ; a* ethnographie spéciale, ou division en race blanche, race uoire, et autres, ainsi que leurs subdivisions.
4° L'archéologie, qui se divise en : i' générale et préhistoriquo, comprenant la géologie de l'époque bumaine, les phénonitïues glaciaires, les temps préhislorlques, les âges de pierre, de broi de fer ; a" la spéciale, égyptienne, assyrienne, phénicienne, etc.
Celle dernière science appartient à celle de l'évolution que I étudierons plus loin.
En réalité, il n'y a lieu de classer ici parmi ces sciences que i
l'anthropologie ce qui csl relalif à la face eilcrne de l'homme, dans l'ethnologie ce <]iii regards la diftérencîation en diverse» races, crifiu ce qui louche les fondions cérébrules ({u'on ne trouve Ji un degré supérieur que cliei: lui. Mais ces dernii^res entrent eu parlic dans le psychologie ct-npr^s :
D'où :
1° Anthropologie.
a) — Elude de l'aiiatoinie de l'Iionime, en lanl qu'elle dillîre de celle des autres animaux ;
b) — Etude de l'anatomie, de la psysiologie, de la nosologie cérébrale et de la criminalité ;
u) — Etude de la psychologie purement physiologique. 3" Ethnologie. — Etude des dilTérentcs races humaines et de ieurs particularités.
B. — Science commune
Métaphysique
Celle philosophie n'est que l'abstraction de la religion; à la foi, il est vrai, elle subsliluo la raison, ou plutôt le ruisonnement, mais ce raisonnement a pour point de départ des aiiomes iudémontrés, des entités dont l'esistence réelle est supposée.
Lorsque l'homme ne connaît qu'une religion, il nepeul que l'accepter ou la rejeter tout entière, et quand il en connaît plusieurs il tend à admettre fermement ce qu'elles ont de commun, et à douter de ce en quoi elles divergent. C'est ainsi que la métaphysique naît quand une nation a été eu contact avec une nation étrangère dissemblable.
Aussi la philosophie commcnce-t-elle où les religions aboutissent à la 'nora/c^. Socrate, sans doute, n'est pas le premier philosophe, mais il est le premier qui ait répandu, vulgarisé la philosophie ; hé bien, sa docliine est beaucoup plus morale que mélaphysi<jue ; il ea élail da même des prédications du plus grand de tous, Jésus-Christ.
Platon succède à Socrate ; après la morale philosophique, c'est le tour do dogme plntosophiqae.
Cette transformation de la religion en métaphysique ainsi observée, I observons la métaphysique elle-même.
La méthaphysiqae doit se distinguer avec soin do certaines sciences I qui ontété confondues avec elles sous le nom très vague dephihsophîe ;
ces scionccsquc nous clnssons ailleurs surit la psycliologie. lu moH la logique. la oiRmologiQ ; la métaiihysi'iae proprement dits se téâàl donci ce iju'op Bppc\ïtt\a thi'otiicét cl Vnnlologi'if, c'esl-àdii-B à l'investigfalion de l'origine et de la fin do l'homme et du monde, c'est-âdtn; n Ce ipii échappe» l'observation dircclo. Mai» il Tnut recoiinatLre en inûimc temps que les siècles de métuphysique avaient commis l'erreur de retendre à toulos les sciences distinctes fjne nous venons d'énumércr.
Il faut tvnirconiple do celte erreur, si nous exposons historiquement les divisions de la forme métaphysique.
Cette science ainsi constituée et csagércc quant h. son domaine a produit un grand nombre d'écoles qui se ramènent aux grouM suivants :
i" Écoles qui se préoccupent surlout de la morale : celles de Soc^ lie Zenon ;
a° Écoles rjui s'occupent de la lofjiijae : celle d'ArÎBtole. la ! lastique du moyeu âge, celle de Bacon et de Descartes ;
3" Ëcoles qui s'occupent de psycholo'jie : celles de Condi Hume, des aensualistes :
4° Ecoles qui s'occupent d'ontologie et Ihéodicée ; celles de K^ Leibnitz, Pascal, et ]esdoctriues/)a/!(/lL■(>to.■ 5• Cejles qui s'occupent de cosmologie co'les d'Epicure, de Locko. Les écoles métaphysiques propieraeut dites sont celles qui s'occupent dQ tkéodicée cl A'onlQlorjie. Trois points forment surlout l'objet de leurs discussions :
i" L'origine de fhomms et du monde, ce qui implique la question é l'existence et de la nuluic de Dieu ;
a" La fin de l'homme et du monde, ce qui iiupliquc la questîod l'immorlalilé de l'âme ;
3" La distinction de VoliJecliJ et du subjectif, et la question dû réalité de l'objectif, ce qui entraîne celle de la certitude.
Sur ce lerraîu essentiellement métaphysique, la science mcls{ri sique, telle qu'elle a été constituée, est indestructible, non dans ses conclusions, mais dans sa raison d'être. Les questions posées sont, e cUul, insolubles par l'observation seule, et les travaux des gra] philosophes sur ce terrain qui est le leur ne seront pas perdus.
Il n'eu est pas de même sur le terrain, usurpé par celte science,! morale, de la psychologie, de la logique. Ces sciences spéciales a'oi grandi que depuis qu'elles ont été enlevées à la mélophjaique qui leur appliquait en vain ses procédés.
^ Sur les questions mctapbyeiquu^ pures que nous venons d'êuu- T, les philosopliGS onl (aadb [Amieiira écolos et donné dus hoIufbns dîfi6rcntcs qui se raitièoenl :iux groupei suivants : i" groupe; lliêixlex. — L'auteur du monde et Uo l homme est Dieu. iDieuesirabsoIu, — Il est distinci du rooudo qui est contingent. I L'&cae est immortelle. — l.'o/>lerti/ oihlc réellement, 'a' groupe : pnnthéistes. — Dieu et la monde se confondent et sont >iternets. — L'esprit, un moment semblant distinct, retourne on leu. — Il n'y a pas à'olijfctif.
I 3* groupe : alhéîsles. — Le monde seul eiistc et ses lois lui sont liérenlos — I.'e^prit n'existe pas distinct, mais forme une des ropriëtés de lu matière. — Il n'y a pas de subjectif.
a métaphysique a vivement attaqué la religion de laquelle elle eat Kue, elle a longtemps et victorieusement opposé la raison k la/oi, et n règne semblait assuré, quand une pliilosopliie nouvelle, issue de I métaphysique, mais absolument conlraire. est venue ;> sou tour mtester la puissance de la raison pure, abattre colle ci qui est allée joindre la foi et leur substituer Tobservalion, l'eipérimentation et Huductiou.
t Quelques métaphysiciens, travaillant la logique, avaient préparé 3 résultat, en découvrant la méthode qui devait plus tard renverser [ métaphysique; c'élaieul Bacon et Descaries, mais celte méthode,
e l'avaient pas sérieusement appliquée.
[ La métaphysique portait ce vice essentiel, qui lui était commun IVec la théologie, de ne pas s'assurer de ses pointa de départ. Le fcéologien, en supposant comme un asiome l'autorité des livres icrés, raisonnait dès lors très logiquement, et si l'on venait k conles- T le point de départ, on n'était pas digne pour lui de discussion. Le iétaphysicien faisait de même ; il parlait de co principe énoncé nme uxiomCj que l'âme est une substance simple pour en conclure ■e ramène peut périr. Descartes lui-môme dans son fameux : Je , donc je tuis, donnait le démenti le plus éclalant à la méthode iOndo qu'il venait de découvrir, et couimeltail une pétition de Kncipt ou tout au moins établissait une vérilé par une voie toute ^l'ectcve.
I La philosophie métaphysique domine les scieuces abstraitestcrèles, comme la religion avait dominé celles concrètes; elle les nglobe ; le droit, par exemple, se règle d'après des axiomes léta physiques.
A If.ur lour, lorsfia'oii passe auï sciences concrùtcs, de même que la religion, par abstrai^Hon, avait donné naissanco à la métapliysique, la métaphysique, en a'fptiraul el eu laissant l'éclinraiidagf des axiomes supposf's sur lequel elle s'était appujce, deviendra la philOBOfih^t expérimentale ut positive.
THOISIKMIC CLASSE