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Souffrante depuis quelques jours de malaises vagues, de douleurs diffuses dans le ventre, elle est prisé subitement, le 4 janvier 1908, d'un malaise aussi subit qu’immédiatement grave, Ce jour-là, la malade, qui n'avait pas eu ses règles depuis près de trois mois, s'aperçoit de quelques pertes rouges et se met au lit; elle souffre de coliques et veut se lever pour aller à la garde-robe.
A peine debout, vertiges, éblouissements, chute sur le parquet. Les docteurs Clément et Manotte, appelés, trouvent la malade en état de syncope. Injection d’éther, de caféine, de sérum artificiel. Peu à peu, la malade revient à elle; son pouls, d’abord incomptable, peut être perçu, mais il est à 180; la température est à 30°.
La nuit est atroce : à chaque instant, les docteurs qui veillent là malade, craignent une syncope mortelle. Injection d'éther, de caféine, de sérum en grande quantité: glace sur Jeventre-
Le 5 janvier au matin, la situation est un peu méilleure : le pouls est à 140; l'état général sé relève.
Les docteurs, qui ont fait le diagnostic ferme de grossesse extra-utérine rompue, télézraphient au docteur Tixier de venir d'urgence, la malade n'étant pas jugée transportable.
6 janvier. — Consultation à 11 heures entre les docteurs Tixier, Clément et Manotte.
La malade, très pâle, a cepéndant toute sa connaissance. Elle se plaint de coliques et de sensation de tension dans le ventre.
Celui-ci est très météorisé, mais laisse percevoir une grosse tuméfaction diffusé occupant toute la moitié droite de l'abdomen, remontant jusqu'à l’ombilic et plongeant dans le Douglas. Tumeur rénitente à contours flous. Rien à gauche. L'utérus est perdu dans la masse droite. Pertes continues.
Le diagnostic d'inondation péritonéale s'impose. On aé: cide une intervention immédiate.
Rapidement, une salle d'opération de fortune est installée,
Let et un excellent lit à renversement apporté de l'Hôpital de Rumilly.
Intervention. — Grande laparotomie médiane du pubis à l'ombilic. Les anses intestinales parésiées, sont recouvertes d'un enduit poisseux rougeâtre. Caillots très abondants disséminés entre les anses. Des compresses refoulent l'intestin sous le diaphragme.
À ce moment, un jet de sang rouge vient du fond du pelvis. Rapidement, la main saisit l'utérus et, en se guidant sur la corne droite, la trompe. Ceile-ci, gravide, est largement rompue : c'est elle qui s'est mise à saigner sous l'in- Huence des manœuvres d'exploration et du changement de tension intra-abdominale déterminé par la laparotomie.
La trompe est rapidement enlevée, l'hémorragie s'arrête.
On fait la toilette rapide du pelvis et de la fosse iliaque. Alors, aans l'épiploon épaissi, infiltré de sang, on découvre dans la fasse iliaque droite, une masse de caillots tassés, putrides, sentant très mauvais.
Surpris de cette odeur anormale {opération 3 jours après la rupture), on en cherche la cause et on découvre, au milieu du sang cailleboté, l'appendice volumineux, adhérent et à l’épiploon et aux caillots putrides.
Appendicectomie rapide, ablation grossière du sang épanché.
Inspection des annexes gauches reconnues saines.
Fermeture totale du ventre sans aucun drainage.
Suites opératoires. — La malade fut schockée, mais, grâce au sérum largement administré, aux injections d’éther, une réaction bienfaisante fut rapidement obtenue.
Dès le troisième jour, la malade pouvait être considérée comme sauvée.
Au cinquième jour, une phlébite gauche typique s’installait. Cette phlébite fut la signature de l'infection générale déjà instituée au moment de l'opération et rappelle les phlébites consécutives aux appendicites, si bien étudiées par
MM. Villard et Vignard.
I! n'y eut aucune complication abdominale.
La malade vit sa phlébite évoluer d’une façon normale. Elle est complètement rétablie.