OBSERVATION VI
M. Témorn. — In Congrès Français de Chi rurgie 1903. Appendicite. — Grossesse extra-utérine à droîte avec fœtus de 6 mois. — Inondation péritonéale.
[1 s’agit d'une femme âgée de 37 ans. Sans jouir d'une excellente santé, elle fut toujours bien réglée. Elle a eu un enfant il y a dix ans. Ses dernières règles datent du 10 juillet 1903.
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Il y a six mois, elle fut soignée pour une crise légère, mais bien nette d'appendicite.
Le 19 juillet, elle fut prise subitement de douleurs violentes, avec vomissements, douleurs, ballonnement du ventre, ayant leur maximum à droite. Les douleurs diminuèrent et la malade alla un peu mieux, mais J’état général ne s’améliorant pas, la malade souffrant de nouveau, elle se décida à une opération.
Le maximum de la douleur est à droite, mais, ce qui frappe, c’est la pâleur de la malade, le pouls mauvais et rapide, bien que le ventre ne soit pas très douloureux et qu'elle n'ait pas de vomissements.
Opération le 3: juillet. Incision latérale. Dès que le péritoine est ouvert, du sang noir s'écoule de la cavité abdominale ; ce sang remplit tout le petit bassin, et s'échappe autour d’une masse formée par l’appendice et l’épiploon adhérents. On referme la plaie et on fait aussitôt une laparotomie médiane. Il s'agit bien d'une inondation péritonéale, les ansesintestinales baignent dans le sang. On enlève le plus possible de ce liquide épanché.
Ou refoule les anses intestinales et on trouve alors, derrière l'intestin, un fœtus de six mois environ, du sexe masculin, baignant dans le sang et sorti d’une poche ouverte qui est attenante à la trompe droite. La masse appendiculaire y adhère, et celle-ci est enlevée avec l'épiploon. On termine par l’hystérectomie totale.
La trompe formait par un diverticule la poche fœtale et était complètement adhérente à l’appendice, dont l'extrémité sphacélée, présentait, au milieu de la masse épiploiïque, un petit abcès.
Les suites furent simples, et la malade guérit très rapidement.
Voilà donc deux malades qui ont eu une crise d'appendicite, l'uneunan, l’autresix moisavant l'opération Lorsque la deuxième crise éclate, rien ne peut faire penser à une grossesse extra-utérine ; le toucher difficile d’ailleurs, ne fait rien percevoir; elles sont règlées et tout plaide pour une appendicite.
Faut-il voir dans la première crise appendiculaire la cause de la grossesse extra-utérine? Il n’est pas impossible que l’appendice ait pu, par son adhérence à la trompe, causer cette localisation anormale de l’ovule fécondé.
Il est probable que la deuxième crise a provoqué l'inondation péritonéale en déterminant une congestion intense, une inflammation de l’hémato-salpinx au point d'adhérence et, par suite, la rupture de la poche.
Au point de vue du diagnostic à établir, il n’est pas sans intérêt de rapprocher les deux observations: chez l'une et l’autre malade nous avions été frappés de la pâleur de la face, de la petitesse et de la fréquence du pouls, sans qu'il y eût de la température exagérée et sans aucun signe de péritonite. [Il semble qu'il y ait là un caractère spécial, qu'il est utile de connaître, car, si nous discutons encore pour l'opportunité de l'opération à chaud, aucun de nous n'hésitera à opérer dans un cas de ce genre et, tous, nous acceptons la formule du professeur Pinard: Toute grossesse extra-utérine commande l'intervention chirurgicale, à plus forte raison lorsque cette grossesse se complique d’appendicite et d'inondation péritonéale.
Si le diagnostic pouvait être posé, c’est par la voie