‹ De la colonisation au BrésilChapitre 126 sur 145 · MORALITÉ DU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

MORALITÉ DU GOUVERNEMENT

geait à transporter mensuellement, de Rio de Janeiro au Para, et vice versa du Para à la capitale, la malle du gouvernement, moyennant un subside de 10 contos de reis par voyage, qui valaient alors à peu près, au change du jour, 30, 000 fr., pouvant d'ailleurs exploiter ses bateaux comme paquebots, lesquels, assimilés aux navires de guerre de l'empire, étaient affranchis de tous droits de tonnage et autres. Mais, vers la fin de 1841, la compagnie, s'étant imaginé qu'elle avait fait un contrat onéreux , s'adressa au gouvernement brésilien qui, bien loin de vouloir la ruiner en la mettant en demeure d'exécuter ses engagements, alla au-devant de ses besoins et passa avec elle un nouveau contrat en date du 30 décembre 1841 , par lequel il lui alloua un subside de 20 contos de reis ou 60,000 fr. pour chaque voyage au Para, indépendamment de beaucoup d autres avantages qu'il serait inutile de transcrire ici.

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La banque commerciale établie à Rio de Janeiro , et dont les opérations principales se font sur les escomptes, eut besoin de modifier ses statuts quelque temps après sa fondation. Elle s'adressa au gouvernement à cet effet , qui , par son décret du 23 juin de l'année écoulée, lui accorda toutes les concessions qu'elle demandait, en considération des avantages qu'un tel établissement pouvait procurer au pays.

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Le 11 décembre 1841, le docteur Mure obtient du gouvernement brésilien une concession de deux lieues carrées (duas léguas qua-

dradas). et quelques subsides devant servir à 1 établissement d une colonie industrielle au Sahi, province de Sainte-Catherine. Parmi les conditions imposées au docteur, se trouvait celle dy transporter cinq cents colons au plus tard dans l'espace d'une année, à compter de la date de la concession. Le 25 avril 1842, M. José da Silva Mafra, ayant été nommé inspecteur de la colonie, reçut ordre d aller la visiter et de faire parvenir un rapport au gouvernement sur la situation de cette colonie ; le 22 juin , d'après ce rapport , le docteur Mure n'avait encore que vingt et une personnes, parmi lesquelles trois femmes et deux enfants . Mais dix-sept nouveaux colons venaient d'arriver au S. Francisco, le port le plus rapproché du Sahi; la plupart étaient des charpentiers et des laboureurs. Comme on le voit, ou le docteur Mure avait été malheureux dans le choix de ses moyens et de ses colons, ou bien il avait été mal soutenu en Europe. Quoi qu'il en fût, le 11 décembre 1842, le nombre des colons à transporter était loin de se trouver au Sahi; mais le gouvernement brésilien, comprenant toute fimportance de la colonisation, bien loin de profiter de la circonstance que son contrat n'avait pas été exécuté en temps opportun , et de saisir ce prétexte pour ne plus continuer ses subsides, vint, au contraire, en aide au docteur Mure, en lui promettant de nouveaux encouragements qu'il ne tarda pas à lui accorder.

Nous pourrions citer ici beaucoup d'autres exemples de la bonne foi que met le gouvernement brésilien dans l'exécution de ses contrats, et des puissants encouragements qu il n'a cessé d'accorder à tous ceux qui ont contribué au développement de la prospérité de l'empire, par l'accroissement de sa population , de son industrie ou de son agriculture. Mais nous nous bornerons à affirmer qu'après les investigations les plus minutieuses, il n'est arrivé à notre con-

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