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IV. GOUVERNEMENT PROVINCIAL, ET STATISTIQUE ADMINISTRATIVE

Les provinces sont administrées par des présidents nommés et révocables par l'empereur. Les lois de l'empire règlent leur autorité et leurs attributions. Ils convoquent assemblées législatives provinciales, et président, chaque année, à l'ouverture de leurs sessions, alors ils leur font un exposé de l'état des affaires publiques, et leur indiquent les mesures urgentes à employer et à adopter pour l'amélioration de la province. Ils proposent le budget pour l'année financière qui s'ouvre. Parmi leurs prérogatives les plus importantes, est celle qui leur confère le droit de sanctionner les lois provinciales, ou d'y mettre un veto suspensif.

C'est du discours d'ouverture de la session ordinaire du Ier mars 1842 de rassemblée législative de Sainte-Catherine, que nous extrairons ce qui concerne l'administration de cette province,

DIVISION TERRITORIALE, ETC

L'intégrité et la noble franchise du maréchal Anteiro José Ferreiro de Brito, qui en était alors président, nous sont un sûr garant d'exactitude, et nous saisissons avec empressement cette occasion pour lui transmettre le témoignage public de notre haute estime, ainsi que l'expression de notre profonde gratitude pour l'accueil constamment bienveillant dont il nous a honoré, pendant le trop court séjour que nous avons pu faire dans le pays qui était confié à sa sage administration. Nous remplissons ce devoir avec d'autant plus de satisfaction que cela nous fournit l'occasion de dire que nous avons trouvé, en lui, en M. José da Silva Mafra, dans tous les membres de l'assemblée provinciale et dans quelques habitants, dont nous avons eu le bonheur de faire la connaissance, des fonctionnaires publics et des citoyens qui, par leur désintéressement et leur capacité, feraient honneur aux pays les plus civilisés de notre vieille Europe.

Après avoir annoncé à l'assemblée que les derniers vestiges de l'invasion des rebelles de Rio Grande venaient de disparaître dans le district de Lages par la destruction de quelques groupes de bandits, dont quelques-uns se trouvaient alors entre les mains de la justice, le président ajoute qu'il espère que l'état prospère dans lequel se trouve de nouveau la province de Sainte- Catherine, sous le rapport de la tranquillité et de la sécurité, sera durable, non-seulement parce que les révoltés ont été mis pour toujours hors d'état de nuire par suite des différents échecs qu'ils ont essuyés, mais encore parce qu'il se trouve actuellement dans la province des forces de terre et de mer suffisantes pour que, unies à la garde nationale de première ligne, aujourd'hui bien organisée et bien disciplinée, et soutenue par l'esprit des habitants et le respect des lois et des institutions de l'empire dont ils se montrent si bien animés, elles ne puissent à l'avenir opposer une barrière insurmontable à toute tentative séditieuse comme celle qui a eu lieu en 1859.

Abordant ensuite la question des Indiens, le président ajoute que de petits détachements de garde nationale, placés dans des positions choisies, ont suffi pour mettre les habitants à l'abri de toutes les entreprises des Indiens ; qu'à Lages on venait de faire une sortie contre les Curibitanos, dans laquelle, sur les bords du Rio dos Caxorros, on avait fait huit prisonniers des deux sexes; enfin, qu'aux premiers jours de l'année précédente, il avait ordonné

une expédition dans les forêts désertes du munieipe de San-Francisco, d'où étaient sortis précédemment les Bugres qui, à plusieurs reprises, avaient causé beaucoup de mal aux habitants de cette subdivision ; que l'expédition, composée de vingt-cinq hommes et de deux guides, après avoir rencontré plusieurs campements abandonnés, en trouva un le 9 avril qui était habité, dans les champs de Jararaca, aux sources de l'Itapecu ; mais qu'une tourmente étant survenue, et que la troupe n'étant pas encore réunie, on fut obligé de remettre l'attaque au lendemain; que les sauvages s'enfuirent, abandonnant dans leurs habitations six enfants, dont cinq moururent, et dont nous avons vu le sixième chez le président.

Cette expédition, qui ne coûta que 1,881 francs, suffit pour prouver aux Indiens qu'on veillait à la sûreté des habitants, et pour les tenir en respect pendant plusieurs années.

Instruction publique.

L'instruction publique ne fait point de progrès dans la province, ce que le président attribue à l'inaptitude et au défaut de zèle des professeurs, ainsi qu'à l'incurie des parents qui, pour ne pas perdre le fruit des services insignifiants que leurs enfants peuvent leur rendre, les privent de l'instruction que l'autorité leur accorde gratuitement, et les maintiennent ainsi dans l'abrutissement.

Pour obvier à cet inconvénient le président exprime le vœu que, par une loi générale, tous ceux qui, à un âge donné, ne sauraient ni lire ni écrire, soient exclus des emplois publics.

Le seul cours de grammaire latine qui se tient dans la capitale de la province, n'avait été suivi, l'année précédente, que par dix élèves.

Les cours publics d'instruction primaire étaient fréquentés par 618 sujets, dont 133 du sexe féminin, et dans les écoles particulières, qui sont au nombre de douze pour les garçons et de onze pour les filles, on comptait 296 élèves dans les premières et 191 dans les secondes.

1 Voyez la carte de la province jointe au mémoire.

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