ANIMAUX DOMESTIQUES
Race bovine. — C'est principalement dans les plaines qui se trouvent au haut de la Serra Gérai, qu'on élève la race bovine ; la partie de la province de Sainte-Catherine qui est comprise entre la mer et la Serra Gérai , ne formant qu'une seule et immense forêt vierge, ne peut offrir les pâturages nécessaires à sa propagation. Le long du littoral on rencontre quelques défrichements et quelques troupeaux. Depuis la rébellion d'une partie de la province de Rio Grande, qui heureusement touche à son terme, cette branche de l'économie rurale a été fortement négligée; mais elle ne peut tarder de reprendre bientôt toute l'importance qui lui est réservée , car les individus de l'espèce que nous y avons vus doivent à peine le céder , en force et en beauté , à ceux que nous avons eu occasion d'admirer si souvent dans les provinces Argentines, à Mendoza et surtout au Chili.
Race chevaline. — Jusqu'à présent rien n*a été fait à Sainle-
AGRICULTURE, ETC
Catherine pour l'amélioration et la propagation de ces animaux si utiles à l'homme, et leur éducation y est complètement négligée. Malgré cela , la race en est fort belle encore , et si elle ne peut rivaliser avec celle du Chili, elle pourrait du moins lutter avec avantage contre toutes celles de l'Europe.
Il y a sept ans, avant la guerre de Rio Grande, les chevaux de la plus belle venue ne se vendaient que quarante à cinquante francs. Aujourdhui le prix en est plus que doublé; mais dès que cette guerre, ruineuse pour le Brésil, sera terminée, les chevaux reviendront à leur ancien prix , et on pourra de nouveau s'en procurer, pour les besoins de l'agriculture, au taux déjà indiqué. Déjà aujourd'hui on les trouverait, si on les faisait venir par troupes des Campos Geraes.
Mulets. — C'est encore du sommet de la Serra Gérai que descendent ces animaux si nécessaires à l'habitant de Sainte-Catherine. Sans eux il serait à peu près impossible de parcourir les trois ou quatre sentiers qui traversent cette province, et d'escalader la Serra Gérai. Pour qui n'a pas passé par les misérables routes qui conduisent dans l'intérieur des forêts séculaires, il est difficile de se faire une idée des services que rendent ces animaux ; mais nous y reviendrons, nous contentant pour le moment d'ajouter que le mulet, quoique considérablement renchéri, ne s'y vend aujourd hui qu'au prix moyen de cent cinquante francs. L'espèce en est assez belle; pour la force et la taille, elle a quelques rapports avec celle du Mexique, mais elle ne peut pas se comparer à celle de Mendoza, et encore moins à celle du Chili.
Menu bétail. — La brebis , la chèvre et le cochon réussissent parfaitement, mais on s'occupe fort peu de la propagation des deux premières espèces. C'est à peine si on rencontre quelques brebis et
quelques chèvres , et cela s'explique par la nature de la végétation du sol qui doit encore être défriché. Mais l'éducation de ces espèces ne peut manquer d'y réussir, car nous en avons vu des individus de la plus belle venue.