‹ De la colonisation au BrésilChapitre 55 sur 145 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DETTE PUBLIQUE

La question de la dette n'est pas sans intérêt pour tous ceux qui veulent e'tablir des relations suivies avec le Brésil. Ses fluctuations ont une si grande influence sur les affaires, que nous croyons devoir nous arrêter sur un sujet aussi important. Ce sera, d'ailleurs, une occasion d'examiner si les ressources de cet État ne dépassent pas ses engagements , et en même temps nous tâcherons de faire connaître sous l'empire de quels événements et en faveur de qui cette dette a e'te' contra ctée.

Il n'y a pas de production naturelle, quelque riche qu'elle soit, que le Bre'sil ne produise avec peu de labeur et fort peu de capitaux, et ce pays, à la rigueur, pourrait se passer de tous les autres. Mais la richesse de son sol, la douceur de son climat et la faiblesse numérique de sa population , s'opposeront longtemps encore à toute fabrication nationale. Ainsi, naturellement disposé à l'échange, le Brésil est un vaste champ, ouvert à toutes les nations qui ont besoin d'écouler la surabondance des produits de leur industrie, et où elles peuvent récolter, avec profit, les fruits de leur travail , sans froisser les intérêts des habitants, qui reçoivent, en échange de leurs productions, tous ces articles étrangers que les progrès de la civilisation ont rendus de première nécessité pour eux.

Indépendamment de la fécondité extraordinaire de son sol, le Brésil possède encore des richesses minérales si abondantes, que

peu de contrées peuvent en offrir de pareilles. Il y a donc là des ressources suffisantes pour faire face aux engagements contractés en des moments difficiles qui, du reste, paraissent fort heureusement ne plus devoir se renouveler.

D'un autre côté, quelle que soit la crise financière où le pays s'est trouvé, et quelque ardue qu'ait été la crise politique dont il vient de sortir, il est un fait qui, aujourd'hui, domine toute la situation, et c'est celui d'un gouvernement fort et populaire qui, par l amélioration progressive de son administration, marche vers l'ordre et l'économie, et qui, luttant avec courage contre les anciens préjugés de la métropole encore enracinés dans l'esprit des masses, use de tous ses efforts pour retirer la nation de la mauvaise voie dans laquelle elle s'est trouvée engagée, et pour la faire progresser malgré elle.

Un autre fait , plus secondaire à la vérité , mais qui n'en est pas moins important, c'est l'accroissement rapide de sa population libre, par suite de l'émigration des pays étrangers et par l'augmentation naturelle des regnicoles, pendant que le nombre des esclaves, depuis la suppression de la traite , paraît aller en diminuant ; et quoique ce ne soit pas encore en proportion avec l'augmentation de la population blanche, il est permis cependant d'espérer que le moment n'est pas éloigné où la race blanche libre aura remplacé, complètement et sans secousse, la race noire et esclave.

En résumé, l'accroissement de la population libre, les progrès de la civilisation et de la production, l'ordre, l'économie et la force de l'administration, tels sont les faits qui caractérisent la situation brésilienne et qui préludent à son avenir.

Nous allons maintenant tâcher de découvrir ce quest ia dette publique de cet empire.

DETTE PUBLIQUE

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