‹ De la colonisation au BrésilChapitre 56 sur 145 · SITUATION FINANCIÈRE AVANT L'ARRIVÉE SE JEAN VI · texte numérisé non relu

SITUATION FINANCIÈRE AVANT L'ARRIVÉE SE JEAN VI

Naguère , lorsque ce beau pays formait encore une colonie portugaise, presque toutes les remises se faisaient en lingots d'or ou en or monnaye', le change était au pair de 7,07 fr. pour mille reis , monnaie de compte. Il y avait alors en circulation, en monnaie d'or, les doublons de 20,000 reis, ou fr. 169,61 au pair des monnaies; des doublons de 12,800 reis, ou fr. 90,43, et toutes leurs subdivisions. 11 y avait en outre quelques coins brésiliens qui n'avaient cours que dans le pays, et dont le plus répandu était celui de 4,000 reis.

En monnaie d'argent, on y possédait la double cruzade de 640 reis, ou fr. 4,82, la cruzade, le quart et le huitième de cruzade.

En monnaie de cuivre, il n'y avait qu'une quantité' minime en circulation. Le poids, la forme et la valeur intrinsèque, variaient avec les capitanies où elle avait été frappée, quoique la valeur nominale fût partout la même, et à un quart ou un tiers au-dessus de la valeur réelle.

A cette époque, le montant du produit des mines dépassait celui des importations, et la balance du commerce avec le dehors (qui n'était alors que peu important) se trouvait en faveur du Brésil; l'or qui était marchandise était abondant.

La valeur moyenne annuelle de For monnayé à Rio de Janeiro, depuis la fondation de son hôtel des monnaies en 1703, jusqu'à l'arrivée de Jean VI en 1808, a été de 13,788,890 francs; et bien

qu'il ne soit guère possible de constater le chiffre officiel de la moyenne annuelle des produits des mines d'or, à cause de la fraude active et facile dont ce métal était l'objet, d'après nos suppositions, nous croyons que nous serons encore au-dessous de la realite' en 1 évaluant à fr. 26,000,000, y compris les valeurs monnayées.

Des registres des domaines royaux, il appert que l'exploitation des diamants, de 1729 à 1785, soit en cinquante-six ans, a rendu 2,250,000 carats dont la valeur d'alors, à 75 francs le carat, s'élève à 168,750,000 francs, ou 3,013,392 francs par an. D'un côte, si on considère la fraude qui, maigre' une surveillance se'vère, a lieu en cet article, le chiffre que nous venons de donner paraîtra trop faible; et, d'un autre côté, si on perd de vue la dépréciation survenue dans la valeur de ces pierres précieuses et la diminution des produits de leur exploitation, il est évident que le même chiffre paraîtra trop élevé. Nous croyons donc être à peu près dans le vrai en admettant jusqu'en 1808, pour le produit moyen de l'exploitation diamantine, l'évaluation de fr. 2,000,000 par an; et en faisant la somme des deux résultats ci-dessus, on trouvera qu'au commencement du siècle présent, le produit annuel des exploitations minérales était de 28,000,000 francs, ce qui dépassait alors le montant des importations. Déjà en ce temps aussi, comme aujourd'hui, le Brésil exportait beaucoup de productions de son sol. On voit donc qu'à l'arrivée de la cour de Portugal il possédait de grandes richesses, et telle était la situation en 1808, lorsque Jean VI, expulsé de ses États d'Europe par les Français, vint y chercher un refuge. Jusqu'à cette époque, les revenus du Brésil avaient suffi non-seulement à ses propres besoins, mais avaient encore puissamment contribué à soutenir la mère patrie. Malheureusement une situation aussi prospère ne pouvait plus durer.

DETTE PUBLIQUE

DEUXIÈME PÉRTODE.

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