‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 2)Chapitre 108 sur 154 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

L'éventualité d une colonisation par les peuples asiatiques.

Facultés sérieuses, quoique incomplètes, des peuples asiatiques pour la colonisation. — L'ancienne colonisation chinoise. — Les ambitions coloniales du Japon. — Yézo. — Situation du Japon en Corée. — Formose. — La colonisation arabe en Afrique. — Emigration croissante et rôle des Indoua dans l'Afrique orientale. — Eventualité que cette partie du continent africain arrive à contenir une grande population indoue. — La colonisation malai>e. — Les peuples asiatiques pourront échapper uu jour à la séquestration européenne.

Une éventualité, à laquelle les peuples civilisés n'ont guère songé jusqu'ici, est celle de la colonisation par les peuples asiatiques. Il est hors de doute que cette colonisation s'est effectuée dans le passé et que, sinon comme domination politique, du moins en tant qu'infiltration et influence morale, elle persiste de nos jours.

Prolifiques, industrieux, sobres, raffinés dans leur culture intellectuelle, quoiqu'ils se soient arrêtés à un certain degré de développement et qu'ils soient dépourvus de l'esprit scientifique, les Chinois ont débordé sur toutes les contrées voisines ; ils en ont fait, tantôt au point de vue politique, tantôt et plus généralement au point de vue du commerce et de l'influence morale, des tributaires. Tel a été le sort de la Corée au Nord, de l'Indo-Chine,du Siam,du Thibet au midi, de IaKachgarie à l'Ouest. Aujourd'hui encore, les essaims chinois cherchent à se déverser partout où il y a,dansieur vaste zone d'attraction, soit des contrées primitives à populations indolentes, soit, au contraire, des contrées à civilisation très avancée, mais à population ouvrière très exigeante et dédaignant les métiers vulgaires ou sordides : les Philippines, les îles de la Sonde, d'une part, la côte occidentale des Etats-Unis et l'Australie, de l'autre. Partout, le vide les attire, soit le vide d'une contrée ayant des possibilités de développement, soit le vide de certaines professions.

Us se déversent maintenant en Sibérie, où leur élément devient de plus en plus nombreux et obligera le czar à compter avec lui.

Plus longtemps enfermés dans leurs îles du sud et du centre si bien douées, les Japonais, d'une nature moins émigrante, colonisaient à peine leur grande et un peu réfractaire île septentrionale, Yézo.Mais avec leur transformation ou leur renaissance. du moins leur européanisation, en 186S, les grandes ambitions leur son venues. Ils ont convoité et convoitent encore la Corée, ils se son fait céder Formose par la Chine, ils so dirigeaient en grand nombre (voir plus haut, page 453) vers les îles llawaï et ce fat pour eu.

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