COLONIES DE LA FRANCE. LE SOUDAN FRANÇAIS OCCIDENTAL
lopper dans de plus fortes proportions encore, croyons-nous, pendant le prochain quart de siècle, la domination française étant maintenant bien assise dans ces contrées et paraissant dirigée dans un assez bon esprit, sauf les exagérations du régime protectionniste que, toutefois, le Sénégal, jouissant d'un régime spécial, comme on le verra plus loin, subit moins que la plupart de nos autres colonies.
Il y a quelques districts relevant géographiquement du Sénégal, à savoir les grandes oasis situées à la hauteur du cap Blanc, qui échappent presque entièrement à notre autorité ; il est nécessaire de les y soumettre. L'échec récent (printemps de 1900) de la mission Blanchet, dans l'Adrar, la captivité et la mort, à la suite de privations et de déboires, de cet explorateur, nous obligent à des mesures qui soumettent à notre influence et à notre direction les quelques tribus réfractaires, dont plusieurs se réclament encore de la suzeraineté inadmissible du Maroc. En même temps que notre situation politique, le commerce du Sénégal se ressentira de l'établissement de la paix française dans les oasis du Sahara Occidental.
L'administration des colonies a publié quelque temps des relevés sur le commerce du Soudan ; elle nous prévient, d'ailleurs, qu'ils offrent des difficultés ; voici cette statistique pour l'année 1898 ; elle a disparu en 1899, le Soudan ayant alors été disloqué et réparti entre les colonies côtières voisines.
f de France, 5,078,359 )
Importations < des colonies françaises 153,192 > 7,452,762
( de l'étranger 2,221,211 )
Exportations pour les colonies françaises voisines. 2,769,386 t 2 90i>923
^ I pour les pays étrangers limitrophes. 132,537 S 9
Total général 10,35 i,b85
Ces chiffres, vu l'imprécision des renseignements, n'offrent qu'un intérêt approximatif ; la désignation Soudan ne désigne pas ou ne désigne plus au point de vue administratif, comme nous l'expliquerons plus loin, un territoire nettement déterminé. Si l'on entend par le Soudan Occidental toute la région nous appartenant, qui est baignée par le Niger et ses affluents, on peut espérer que dans un quart de siècle son commerce s'élèvera à 60 ou 80 millions, sinon à plus, et à 150 ou 200 millions dans un demi-siècle, à la seule condition que notre œuvre colonisatrice soit conduite dans cette vaste et belle contrée avec persévérance et intelligence. Les régions baignées par d'autres cours d'eau que le Niger ou ses affluents, le Mossi par exemple ainsi que la région de Kong, ne sont pas comprises par nous sous cette expression de Soudan ; et de même ne font pas partie du Soudan français occidental, auquel s'appliquent les prévisions que nous venons de faire, le Damergou avec Zinder et toute la région du Tchad qui nous est
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échue ; il s'agit là du Soudan central, dont il sera question plus loin.