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POSSESSIONS FRANÇAISES OUEST— AFRICAINES I LES FINANCES

de bois dépassant 500 kilogs (1). Certaines personnes voudraient que, pour attirer les produits spéciaux de ces colonies, caoutchouc, acajou, etc., en France, où ils se portent peu jusqu'ici (voir plus haut, pages 144 et 148), il y eût une détaxe des droits de sortie quand ces marchandises seraient dirigées sur un port français,ce qui est le cas en Gochinchine pour les riz ; si les traités le permettent,une détaxe de moitié dans ce cas serait admissible, à titre d'expérience.

Dans celles de nos colonies ouest-africaines qui ne guerroient plus ou qui n'ont pas à supporter les frais d'occupation et d'exploration de très vastes territoires, encore à peine conquis, la situation financière est bonne. La Guinée française, la Côte d'Ivoire, le Dahomey font face à toutes leurs dépenses propres et disposent même d'excédents leur permettant de gager la construction de lignes de chemins de fer de pénétration ou tout au moins de les amorcer et de les conduire à une certaine distance de la côte. En l'année 1901, aucune de ces trois colonies ne demande ni ne reçoit une subvention de la France pour ses dépenses civiles (2). Les recettes de la Guinée française montaient à 1.571,000 francs en 1899 ; M. Etienne en fixait le chiffre plus récemment à 2.400.000 francs pour l'année 1900 (3) : la colonie pourra assurer tout au moins la première partie de la voie ferrée de Konakry au Niger; elle a emprunté, à cet effet, 8millions en 1899; en 1890, le budget de cette colonie n'était que de 308,000 francs, il a donc octuplé en dix ans, sans que les indigènes aient, comme dans plusieurs des colonies anglaises de la Côte, montré qu'ils trouvaient le fardeau trop lourd. A la Côte d'Ivoire, le budget en 1889 ne montait qu'à 300,000 francs ;en 1899, il a atteint 1,770.000 francs, provenant, pour la plus grosse masse, des droits de douane, très faibles en général, sauf sur l'alcool où ils pourraient être encore relevés. En 1900,les recettes de cette colonie ont dépassé 2 millions. Encore plus brillants sont les résultats du Dahomey; les recettes en 1899 s'y sont élevées au chiffre considérable, pour un territoire si étroit sur la mer et de si modique population, de 2,765,850 francs Un auteur allemand qui relate ce chiffre le fait suivre d'un point d'exclamation, qui est de sa part un point d'admiration. « Les finances de la colonie, ajoute-t-il forment un tableau très réjouissant, einsehr erfreuliches Bild(4). » En 1900 les recettes du Daho-

vl) Nous avons démontré dans notre Traité de la science des finances, 6e édition, pages 652-654, que les droits d'exportation sont, dans nombre de cas, surtout en pays neufs et peu développés, légitimes et utiles.

(2) Voir le Rapport de M. Le Myre de Vilers sur le budget de 1901, page 174.

(3) Revue Economique de Bon/eaux, mars 1901, page 58.

(4) Zimmermann , Die Kolonial Politik bWankreïchs, page 391.

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niey, faisant un nouveau progrès, ont atteint 31/2 millions (l).On comprend combien il serait absurde, par des taxes protectionnistes oppressives, d'aller détruire ou comprimer le superbe essor de ces trois colonies.

Le Sénégal, quoique beaucoup plus vieux, reste plus en arrière ; il faut dire que c'est lui qui a eu à supporter le plus tôt l'effort de la pénétration française en Afrique; il a pâti aussi des méthodes onéreuses de travaux publics. Enfin le départ entre les dépenses incombant au budget local et celles incombant au budget national avantage trop le premier. Le Sénégal couvre bien toutes ses dépenses d'administration et ne sollicite ni ne reçoit pour elles aucune subvention; mais le chemin de fer de Dakar- Saint-Louis coûte encore à la métropole en 1901 une garantie d'intérêt de 400,000 francs, en tenant compte d'un contingent de 110.000 francs, payé par la colonie. Quant au chemin de fer entre le Sénégal et le Niger (voir plus haut, pages 137 à 140), œuvre, il est vrai, que l'on doit considérer comme ayant, en grande partie, un caractère impérial, il est porté pour une subvention métropolitaine de 668,000 fr. en 1901. Le Sénégal y contribue, de son côté, pour une large part, à savoir une première annuité de 500,000 fr. pendant 24 ans depuis 1898 et une seconde annuité de 417,000 fr, à partir de 1902 pendant une période de même durée.

En définitive, toutes nos colonies de l'Afrique Occidentale, les territoires militaires exceptés, défraient maintenant toutes leurs dépenses civiles ; car les 490,000 francs de garanties versés par l'Etat pour le chemin de fer de Dakar-Saint-Louis, somme qui disparaîtra sans doute dans un .délai d'une demi douzaine d'années, sont compensés par la participation du Sénégal dans l'entreprise du chemin de fer de Kayes au Niger, œuvre d'une utilité tout à fait impériale.

On peut espérer que dans un délai de sept à huit ans, ou dans dix ans au plus, les colonies françaises de l'Ouest- Africain arriveront à participer aux frais de leurs dépenses militaires et ultérieurement aies couvrir complètement, ce qui sera de toute justice, car ce sont les troupes qui assurent à ces possessions le premier des biens, source et condition de tous les autres, la paix. Les dépenses militaires de l'Afrique Occidentale, y compris les trois territoires militaires de Tombouctou, Saï et Zinder, mais à l'exclusion du Ghari, sont portées au budget de 1901 pour la somme del2,615,484francs (proposition de la Commission du budget,chapitre40 du ministère des colonies); il n'y a aucun doute que graduellement tous ces frais pourront, avant 1915 au plus tard, pour la totalité, être mis au compte des colonies dont on a vu le développementet la vitalité. Mais, pendant les sept ou huit, peut-

(1) Bulletin du Comité de V Afrique française, octobre 1901, page 345.

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