‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 2)Chapitre 67 sur 154 · LE CONGO FRANÇAIS ; LE COMMERCE · texte numérisé non relu

LE CONGO FRANÇAIS ; LE COMMERCE

Importations Exportations Totaux

Années francs francs francs

Le développement, s'il est considérable en 1899 relativement à 1898, est encore peu important par rapport à 1894 et 1895.

Les chiffres d'exportation des trois principaux produits sont particulièrement intéressants, les voici pour les quatre dernières années :

Ivoire

Caoutchouc

Bois

Années

Tonnes

Francs

Tonnes

Francs

Tonnes

Francs

L'ivoire ne peut guère être considéré comme une matière d'exportation indéfinie; le caoutchouc pourrait l'être, si on l'aménage, le bois encore plus ; il y a dans ces deux articles de grandes possibilités d'avenir. Sur ces quantités, la France recevait pour 263,265francs d'ivoire, 818, 408 francs de caoutchouc, 465 936 francs de bois, représentant respectivement 15 tonnes, 173 et 2,01 0 tonnes.

Ges trois articles réunis, l'ivoire, le caoutchouc, le bois, représentent 6.043.985 francs sur un total d'exportation de 6.625.041. Quant aux denrées coloniales d'alimentation, dont la production est privilégiée par d'énormes réductions de droits à l'entrée de la métropole, le café, le cacao, la. vanille, etc., le développement en est très modique et très lent. En 1897 le Congo exportait 30 tonnes de café, valant 33.089 francs ; en 1898, 58 tonnes valant 141,267 fr. et en 1899, seulement 49 tonnes, d'une valeur de 54,209 francs; le cacao a eu plus d'essor, l'exportation en â été respectivement, dans les trois années précitées de 8, 16 et 23 tonnes, d'une valeur de 14.762 francs, 22.886 et 46.498 francs. Gomme au Gameroon (voir tome Ier de cet ouvrage), le cacao paraît réussir plus facilement dans ces régions que le café.

On citait, en 1899, un assez grand nombre de plantations, tant de café que de cacao et de vanille, et aussi, ce qui pourrait avoir beaucoup plus d'importance, de caoutchouc : 6 de ces plantations, d'une étendue variant de 4 à 60 hectares, dans la région de Libreville ; 4 autres, allant jusqu'à 100 hectares, dans la région de l'Ogoué ; 2 dans la région de Fernan Vaz ; 1 plantation européenne à Batah, dans la région dite du Nord ; 2 dans celle de Mayumba; 4 dans celle du Kouilou, dont une de 150 hectares, 1 dans celle deLoango, ayant 210 hectares. H y a aussi un cer-

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tain nombre de plantations indigènes, soit de villages, soit de traitants, particulièrement de cacao.

Tous ces essais sont méritoires ; ce n'est pas là, toutefois, que semble être l'avenir, surtout l'avenir prochain, de la colonie, et l'on aurait grand tort d'ajouter aux sacrifices, c'est-à-dire aux détaxes, de la métropole pour encourager davantage ces cultures. L'avenir prochain, et même le grand avenir en tout temps, de la colonie consiste dans l'utilisation de ses richesses incontestables en caoutchouc, bois, produits oléagineux, coton, peut-être, et plus encore, dans le développement des cultures vivrières, qui amènera une énorme augmentation de la population, et fournira d'abondantes sources d'échange, ainsi que de la main-d'œuvre libre et volontaire.

La mise en œuvre du pays est jusqu'ici très embryonnaire. Depuis 1898, il y a eu un certain développement; mais ces rudiments de commerce, dûs uniquement à la cueillette empirique sur une minime fraction de cet énorme territoire, ne peuvent aucunement faire pressentir l'avenir économique de ces immensités.

Le régime commercial du Congo français n'est pas uniforme. L'ancien Gabon, c'est-à-dire à peu près le bassin de l'Ogoué, entre la frontière du Gameroon au Nord et la rivière Sette-Cama au sud, estassujetti àun régime protecteur très accentué, à savoir le tarif général métropolitain, avec quelques exceptions et atténuations, mais sans que les produits français y jouissent d'une complète immunité. Les marchandises françaises y sont soumises aux droits suivants : 10 p. 100 sur les tissus de toutes sortes non confectionnés et les pagnes ourlés ; 50 francs sur les tabacs par 100 kilogrammes ; 2 à 5 francs sur les armes par unité; des droits variables sur la poudre, le plomb, les cartouches ; 160 francs par hectolitre d'alcool, et de très légers droits de statistique sur les autres objets, en général 15 centimes par colis ou par tonne. Les produits étrangers, outre les taxes précédentes, en acquittent de beaucoup plus élevées : 20 p. 100 notamment ad valorem sur les tissus, 10 p. 100 sur les produits chimiques, 3 francs sur les armes de traite, 14 francs par 100 kilogrammes sur les savons. L'écart entre les droits sur les marchandises françaises et celui sur les similaires étrangères, tout en étant légitime en principe, est le plus souvent trop élevé ; en outre, afin de procurer des ressources au pays, il serait désirable que tous les produits français, ou du moins la plupart, et non pas seulement ceux ci-dessus énumérés, lussent assujettis à une taxe de douane, dût-elle n'être que de 6 à 7 p. 100 de la valeur.

La région du Congo proprement dite, c'est-à-dire tout le reste du territoire de notre colonie, bassin de la Sangha compris,

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