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COLONIES FRANÇAISES : MADAGASCAR; LES CONCESSIONS DETERRES

avoir.en un quart de siècle on un demi-siècle, quelques dizaines de mille, ce qui eût été désirable.

Dans les conditions présentes de stagnation de la population en France et de désertion de la vie rustique, malgré les efforts très louables que fait en ce sens le gouvernement du général Galliéni, on devra s'estimer heureux si on peut fixer sur le sol malgache quelques dizaines, mettons au grand maximum, une centaine de familles de colons ruraux français chaque année : cela ne fera jamais, en supposant que ce mouvement se maintint sans défaillance, que 5,000 familles de colons ruraux français au bout d'un demi-siècle ; en les supposant beaucoup plus prolifiques que chez nous, cela pourrait faire, dans un demi-siècle, 40,000 à 50,000 membres de familles de colons ruraux français ; en admettant que les étrangers y ajoutassent un appoint de moitié, on arriverait à 70.000 ou 80,000 âmes pour cet élément précieux d'Européens ruraux. Ce serait là un résultat excellent, des plus remarquables, mais que nous n'osons espérer ; suivant toutes les probabilités on restera au-dessous. En tout cas, il ne peut y avoir dans ce peuplement rural européen qu'un appoint, des plus utiles il est vrai, en tant que ferment, au peuplement de l'île. Il faudrait que la race française fît preuve à Madagascar de la prolificité Franco- Canadienne pour que les résultats fussent beaucoup plus considérables ou peut être même qu'on pût attirer dais cette île une immigration de Franco-Canadiens.

On avait pensé aussi à ouvrir Madagascar aux Boërs de l'Afrique Australe, aies y conviera s'y établir. Mais, en supposant qu'on eût des immensités de terres convenables à leur offrir,et qu'ils répondissent à cet appel, quelles que soient les éminentes qualités qu'ils possèdent, les Boërs, au point de vue de leurs rapports avec nousmêmesetavecles indigènes, lormeraient un élément dontl'humeur indépendante et hautaine, le caractère difficilement assimilable et peu tolérant, ne seraient pas sans susciter quelques inquiétudes.

Toute réflexion faite, c'est donc bien de la multiplication rapide de la population indigène que dépend l'essor de Madagascar ; c'est ce qu'il ne faut pas perdre de vue. Nos procédés de colonisation doivent s'adapter à ce but.

Tant que la population indigène n'aura pas considérablement augmenté, c'est-à-dire d'ici à un quart de siècle, sinon à plus, les cultures tropicales riches ne pourront être qu'exceptionnelles. On devra s'occuper de l'aménagement des richesses forestières, de la reconnaissance et de l'exploitation, en tant que la rareté de la main-d'œuvre le permet, des richesses minérales, de l'élevage et de l'amélioration du bétail, en outre, qui trouve dans la nature du sol et l'immensité des prairies des conditions très favorables et qui a un débouché quasi illimité dans l'Afrique

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Australe où une riche population blanche, attirée et retenue par les mines d'or, fait un grand usage d'alimentation animale. Les cultures vivrières, enfin, quoique nous les nommions les dernières, devront former la hase de cette organisation économique.

On a donné dans cette grande île un certain nombre de concessions territoriales, de deux catégories : les unes très étendues, les autres d'une surface modérée; mais on n'a pas fait jusqu'ici, en cette matière, la débauche à laquelle on s'est livré, pour le Congo français.en 1899 (voir plus haut, pag. 199 et suiv.). L'état des concessions de la première catégorie ayant fait, vers la fin de 1899, l'objet de contrats spéciaux définitifs ou de projets de contrats soumis à l'approbation ministérielle, comprenait 24 concessionnaires pour une superficie totale de 6,214,364 hectares ou 62,000 kilomètres carrés, un peu plus du dixième de l'étendue totale de l'île. La plus vaste de ces concessions ou locations de terres domaniales est faite à une société dénommée « Compagnie Française d'Agriculture » et comprend l'immense surface de 3 millions d'hectares, correspondant à environ cinq de nos départements français moyens; c'est beaucoup, c'est même trop; elle est située dans la province de Farafangana et le Cercle Annexe de Fort-Dauphin. Vient ensuite la concession à « la Compagnie Coloniale et des Mines d'or de Suberbieville et de la côte Ouest » ; elle a 1,503,000 hectares, correspondant à deux et demi de nos départements moyens; elle est située dans les bassins de Flkopa, de la Betsiboka et de la Ménavava et à la Pointe d'Ambroanio. M. Suberbie a été un des pionniers de notre colonisation, ayant précédé notre prise de possession effective de l'île ; à ce titre, il avait droit à une bienveillance particulière, et quoique la société à la tête de laquelle il se trouve ait subi bien des vicissitudes et traversé des années peu florissantes, elle a, dans l'ensemble, rendu des services au pays. Après ces deux énormes, trop énormes concessions, surtout la première, s'en présente une troisième portant sur 395,000 hectares, disséminés en une dizaine de lots; puis, une concession de 250,000 hectares ; deux autres d'ensemble 290,000 hectares à la même personne ; une de 150,000 à une « Société Roubaisienne » ; deux de 100,000 chacune, plusieurs de 25,000 à 85,000 ; quelques autres enfin assez restreintes de 2.500 à 22,000.

Il semble que les concessions qui précèdent suffisent pour une première expérience et qu'il n'y ait pas lieu d'y beaucoup ajouter actuellement ou prochainement. Tout au plus pourrait-on concéder ainsi chaque année, pendant quelque temps, 1 million d'hectares ; jamais une même concession ne devrait embrasser plus de 400,000 ou 500,000 hectares, ce qui équivaut à la surface d'un des petits départements de la France Continen-

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