‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 2)Chapitre 92 sur 154 · ORIGINE DES TERRES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES TERRES

Acres.

Acres.

Dollars.

Dollars.

Terres de la couronne \ Ht-Canada Crownlands \ Bs-Canada

Terres du clergé [ Ht-Canada Clergy lands \ B8-Canada

Terres des écoles com- (

munes j H»-Canada Common schools lands (

Terres des écoles de (

grammaire J Ht-Canada Grammar schools lands (

3 1 4 DE LÀ COLONISATION AU XIXe ET AU XXe SIÈCLE

On voit, par ce tableau, qu'en 1865 ces terres se sont vendues au prix moyen de 42 cents l'acre, soit environ 2 fr. 30 et en 186G au prix de 68 cents environ, soit à peu près 3 fr. 60. Voici quelles étaient au 31 décembre 1866 les étendues de terres arpentées et prêtes à la vente : dans le Haut-Canada, terres de la Couronne 3,286,351 acres ; terres des Ecoles de grammaire 45,993 acres ; l'évaluation des contenances manquait pour les terres du clergé et des écoles communes; dans le Bas-Canada, terres de la Couronne 6.276,215 acres, et terres du clergé 257,708 acres. Le Statïstical Colonial Absiract ne donne pas pour le Canada, comme il le fait pour l'Australie, l'étendue des terres vendues chaque année par l'Etat ; mais ces espaces sont considérables : on en peut juger par ce fait que, de 1883 à 1899, les terres cultivées en blé, orge, avoine, maïs et pommes de terre, sont passées de 4,239,607 acres dans la province d'Ontario à 4:804,507, et de 548,722 acres à 2,407,194 dans le Manitoba (l'acre = '41 ares).

Le revenu ordinaire du Dominion of Canada pour l'année finissant au 30 juin 1899 était de 9,661,223 livres sterling (environ 243 millions de francs), sur lesquelles les douanes produisaient 5,202,000 livres sterling, plus de la moitié du total . La dette s'élevait à 70,923,000 livres sterling, ou 1,792 millions de francs. Cette dette publique est égale à environ sept fois le revenu annuel; elle s'est accrue de 70 p. 100 depuis 1883 où elle ne montait qu'à 42,116,480 livres sterling. Au moment où nous revoyons ces lignes (janvier 1902), le tauxdu crédit publicGanadienest de 3 à 3 1/4 p. 100; le pays est très prospère. Les colonies britanniques s'endettent rapidement; mais,plusieurs — et celle-ci est du nombre — font un assez bon usage des emprunts; le Canada, comme la plupart des colonies britanniques, recourt à un tarif de douane très protectionniste ; récemment, il a accordé des droits différentiels, c'est-à-dire une modération détaxes, aux produits de la métropole, qui paient un tiers de moins à la douane que les produits étrangers.

Nous voudrions fournir quelques renseignements particuliers sur certaines provinces anglaises du nord de l'Amérique qui sont restées longtemps séparées du Dominion of Canada, c'est-à-dire sur l'île du Prince Edouard, la Colombie britannique, et l'île de Vancouver. Actuellement, elles sont confondues avec \e Dominion pour le mouvement commercial et le revenu. Elles ont, d'ailleurs, été incorporées dans le Dominion en 1873.

L'étendue de l'île du Prince Edouard est de 2,000 milles carrés. D'après le recensement de 1901, sa population totale est de 103,258 âmes contre 108,891 en 1881,94,021 habitants en 1871, 80,857 en 1861 et 62,449 en 1850 ; elle a donc presque doublé en

trente années, puis elle a rétrogradé. A. partir de 1873,1'île du Prince Edouard n'a pas de comptes à part pour le revenu, la dette, etc...

Les documents sont loin d'être abondants sur les deux dernières etintéressantes provinces anglaises du nord de l'Amérique, à savoir la Colombie britannique et l'île de Vancouver. Ces deux contrées ont été tantôt réunies et tantôt séparées sous une même rubrique dans les tables statistiques officielles. La Colombie a plus de 370,000 milles carrés de superficie, l'île de Vancouver 13,000. Il est facile de voir que ces chiffres ronds sont approximatifs et que la surface exacte de ces deux pays n'est pas connue (1). Le recensement de 1861 portait la population de la Colombie à 11,816 âmes, dont 7,862 hommes et 3,954 femmes ; les Indiens n'étaient pas compris dans ces chiffres. A. la même époque, la population de l'île de Vancouver était évaluée grosso modo à 23.000 âmes. En 1871 , elles ne figurent toutes les deux réunies que pour 33,586 âmes ; en 1891, pour 98,173,dont 63,003 hommes et 35,170 femmes. En 1901, grâce aux mines d'or, la Colombie britannique a une population de 190,000 âmes, en accroissement de 93 p. 100 depuis 1891. Le revenu public de ces deux possessions réunies, avant l'annexion au Dominion, montait à 102,990 livres sterling :1e capital de la dette publique s'élevait à 322,228 livres. Le mouvement maritime de la Colombie et de Vancouver était, en 1870, de 343,833 tonnes, y compris le cabotage. Ce chiffre était inférieur à celui de plusieurs des années précédentes, notamment de 1865 et de 1866. Lesimportationss'élevaient,enl870,à335,133 livres sterling,ne formant guère que la moitié ou le tiers des importations de chacune des années qui s'écoulent de 1861 à 1865. Les exportations (les métaux précieux exclus) ne montaient, en 1870, qu'à 106,635 livres sterling. Les chiffres avaient été moitié plus élevés en 1865 et en 1866. Depuis 1873, les relevés du commerce sont confondus avec ceux du Dominion. Les exportations d'or avaient été considérables pendant quelques années: en 1864, elles s'étaient élevées à 1,200,000 livres sterling pour la Colombie et 556,000 pour Van-

(1) Les statistiques anglaises sont, à ce point de vue, très défectueuses. Ainsi, dans certains recueils officiels, la Colombie britannique et l'île de Vancouver figurent pour 213,000 milles carrés; dans le Statistical Abstract pour 1878, ces deux pays sont inscrits pour 356,000 milles carrés, et, en outre, le NoHli-West- Territory pour 2 millions 656,009 milles carrés; dans Y Abstract pour 1888, on trouve les chiffres de 390.344 pour la Colombie et Vancouver et de 2.553.000 pour le territoire du Nord-Ouest ; dans celui de 1899, publié en 1900, la Colombie, britannique, sans qu'il soit fait mention de Vancouver, qui y est sans doute réunie, figure pour 382.300 milles carrés et le North-West-Temtory pour 1,791,295; ces chiffres sont discordants ; mais les écarts, étant données les immensités relatives, peuvent être négligés et on explique, dans le Statistical Abstract de 1899, que Ton a déduit de la superficie du Dominion le district Franklin et, en outre, 605,235 milles carrés d'eau, à savoir la surface des lacs et fleuves compris dans les limites territoriales du Dominion.

34 G DE LA COLONISATION AU XIXe ET AU XXe SIÈCLE

couver ; ces chiffres baissèrent rapidement : en 1865, la Colombie n'exportait plus que 578,790 livres sterling d'or et Vancouver 426,198; en 1866, les deux colonies réunies n'exportaient que 1,026,000 livres sterling d'or, et enfin, en 1867, que 700,000 livres sterling. L'exportation de l'or dans les années suivantes n'a pas été notée. C'est cette décroissance passagère dans la production de For qui a nuià la prospérité, et par conséquent àla navigation et au commerce, de la Colombieet de Vancouver (1). Néanmoins cesdeux provinces à population acl uellement restreinte paraissent réservées à un brillant avenir ; le transcontinental canadien leur a profité ; elles tireront aussi parti du prochain percement del'isthme de Panama ; enfin on y a découvert de nouveaux et très importants gisements d'or ; la nature y est, en outre, pittoresque et magnifique.

L'île de Terre-Neuve est restée séparée du Dominion of Canada : sa superficie est de 42,734 milles carrés : la population qui, en 1869, étaitde I46,536âmes, en 1881 de 179,509, en 1891 de 197,934, est évaluée à 210,000 en 1899, s'accroissant de 1,000 âmes par an environ. Le revenu public était de 285,423 liv. st.enl888,il s'élève à 360.000, environ 9 millions de francs, en 1899. La dette publique montait en capital à694,9151iv. st. (17,540.000 fr.) à la première de ces dates et à 3,407,000 (plus de 85 millions de francs) à la seconde, accroissement énorme. Le mouvement de la navigation (entrées et sorties réunies) portait sur un tonnage total de 596,000 tonnes en 1888, et de 1,241,000 en 1899;mais dans les années intermédiaires il variait de 700.000 à 950.000 tonnes. La valeur totale des importations s'élevait, en 1888, à 1,562,000 livres sterling (39 millions et demide francs) ; ellesontgraduellementfléchidepuiset ne montent plus qu'à 1,296,800 liv. st. (32,700,000 fr.) en 1899, restant fort au dessous des importations de 1859 qui s'étaient élevées à 1,324,136 livres, et de celles de 1857 qui étaient de 1,413,423 livres. Les exportations de Terre-Neuve atteignaient 1,372,103 liv. st. en 1888 (34 millions etdemi de fr.); elles ont fléchi à 1,012,148 liv. st. (25 millions et demi de fr.) en 1899, montrant un recul notable sur les années qui s'écoulent de 1856 à 1859 où elles dépassaient 1,300,000 livres, et, en 1857 où elles atteignaient 1,651,000 livres; elles se sont un peu relevées en 1899 où elles montent à 1,425,270 liv. st. (36 millions de francs). Comme on le voit, la prospérité de l'île de Terre-Neuve semble avoir été assez vivement atteinte à partir de 1861; elle reste, en définitive, une colonie à allures modestes, stationnaire même; nous avons parlé plus haut

(1) On ne note plus les exportations d'or que pour l'ensemble du Dominion Canadien, et encore confondues avec celles de Tardent ; elles sont portées pour 888,764 liv. st. en 1895, 965,611 en 1896, 717,647 en 1897, 949,960 en 1893 et 825,211 en 1899 ; soit une moyenne de 22 à 24 millions par an ; elles ont dû tripler ou quadrupler en 1900 et 1901 à cause des nouvelles mines de la Colombie britannique et surtout de celles du Klondyke au Canada,

LA COLONISATION ANGLAISE. — L'AFRIQUE AUsTRALE. 347

des droits qu'a la France sur une partie des rivages de cette ile, , de leur cession éventuelle et des compensations qu'elle comporterait. (Voir plus haut, page 296).

Page 1