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L'augmentation de 938,058 âmes frappe tout d'abord ; elle est en partie fictive et tient à ce que, pour la population musulmane, le recensement de 1886 a été plus exact que celui de 1876J'extension considérable du territoire civil permettant des opérations conduites avec plus de régularité. En mettant de côté les musulmans sujets français et les Israélites naturalisés, il reste 259 J29 Français et 239.924 étranprers de toutes catégories en 1886,soit ensemble 49g;5S3âraes contre 108,792 Français et 158,387 étrangers,soit ensemble 357,179 âmes en 1876. De ces chiffres pour n'avoir que des Européens, il faudrait retrancher 22,538 Marocains et Tunisiens en 1886. Toutefois, il y a une autre déduction importante è faire pour n'avoir que la population civile. L'armée est, en effet, comprise dans le chiffre donné plus haut pour la population française de toute catégorie. La population française, dite municipale, c'est-à-dire déduction faite des corps de troupes, prisons, etc., est
(1) Malheureasement. dans Tété de 1885, le phylloxéra a été découvert aux «OTipons de Tlemcen et ultérieurement sur divers autres points.
inscrite pour 219,071 âmes en 1886, ce qui représente une augmentation d'environ 63,000 âmes relativement à la même population en 1876, laquelle ne s'élevait qu'à 156,365. L'élément français civil dépasse ainsi encore les divers éléments étrangers européens réunis. On peut être assuré qu'à l'heure actuelle (1891). la population civile d'origine européenne doit être d'au moins 470,000 âmes, dont un peu plus de la moitié française.
Daprès le même dénombrement, sur les 477,115 Européens recensés, y compris l'armée, 124,021 Français et 91,584 étrangers, soit ensemble 215,605 étaient nés dans le département algérien où ils avaient été recensés; 121,649 Français et 7,507 étrangers étaient nés dans un autre département d'Algérie ou de France (on ne distingue pas, ce qui est un tort), ou dans une autre colonie française; enfin, 13,859 Français et 118,295 étrangers étaient nés à l'étranger. Ainsi, en 1886, on trouvait en Algérie plus de 215,000 habitants de race européenne qui étaient nés sur le sol algérien. Par le simple fait des naissances qui montent parmi les Européens à 15 ou 16,000 par an, la population d'origine européenne née en Algérie et y vivant doit aujourd'hui (1891) dépasser le chiffre de 225,000. Quel que soit le courant d'immigration, dans quinze ans la population de race européenne née sur le sol algérien représentera les deux tiers du groupe européen y vivant. A ceux qui nient l'acclimatation, il suffit d'opposer ces chiffres.
Le recensement de 1866, soigneusement analysé par le D' Ricoux, fait connaître que parmi les 122 J19 Français établis en Algérie à celte époque, 36,979 étaient nés en Afrique, parmi lesquels on constatait 1,454 mariés. D'un autre côté, parmi les 95,871 étrangers européens, 35,529 dont 1,548 mariés étaient nés en Algérie. C'était en tout 72,508 individus de race européenne qui avaient reçu le jour en Afrique. Un voit que vingt ans après, en 1886, le nombre des personnes de cette catégorie s'élevait à 215,000 au moins, ce qui est un accroissement de 200 0/0; ainsi le chiffre de 1866 a triplé en vingt années. Aujourd'hui non seulement près de la moitié de la population de raCe européenne èlâEIiâ en Afrique y esl née,~ nâaîs encore il doit se rencontrer une très forte proportion dTïOmmes de race européenne nés en Afrlqûè'aè parents qui. eux-mêmes y étaient nés. En 1876, sur 198,000 Français en chiffres ronds, 64,512 avaient vu le jour en Algérie. Le recensement de 1876 ne donne pas de renseignement analogue pour les étrangers européens.
Quant àla remarque que les Européens du sexe féminin résistent mieux au climat de l'Afrique que ceux du sexe masculin, elle paraît jusqu'ici fondée. Elle est loin, toutefois, d'avoir la portée que lui attribue feu le D' Bertillon. Diaprés la Statistique générale detAlgé-