‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 5)Chapitre 81 sur 131 · LES COLONIES FRANÇAISES EN OGÉANIE · texte numérisé non relu

LES COLONIES FRANÇAISES EN OGÉANIE

u*il y avait des baleiniers : quant aux Marquises et à la Calédonie. Iles serviront d'étapes pour les lignes de paquebots qui uniront tans l'avenir l'Australie et l'Asie & l'Amérique occidentale et à Europe après le percement de l'isthme de Panama. Ces îlots ont lonc une certaine importance au point de vue de la navigation : Is peuvent servir, ce qui est un avantage en cas de guerre lavale, de dépôts de charbons pour nos flottes; il était utile [u*ils tombassent en nos mains; ils peuvent, en outre, être employés comme lieu de déportation pour nos condamnés : enfin lueiques-uns, du moins, ont une étendue assez considérable et les richesses naturelles assez grandes pour mériter qu'on les nette en culture.

Nous n'étions censés exercer qu'un droit de protection sur les les Marquises que nous possédions et gouvernions en fait, tout sn laissant aux indigènes toutes les franchises désirables. Nous avons fini par les annexer en 1881. Aux Marquises, il faut joindre d'autres petits archipels qui sont dans la même région, les îles de la Société et les petites îles Gambiers. La principale île de ce groupe, Taïti, a près de 105,000 hectares de superficie ; sa population, y compris celle de ses dépendances, n'est que de 25,000 âmes ; les guerres de religion suscitées par la Jalousie des missionnaires catholiques et des protestants et l'abus des liqueurs fortes ont réduit le nombre primitif des indigènes. On a fait dans cette île quelques essais de colonisation sérieuse. On a Institué une commission municipale, un comité d'agriculture, des conseils de surveillance des écoles, et, ce qui vaut encore mieux, au point de vue de l'exploitation des produits naturels, une caisse agricole, qui fait fonction de caisse de dépôt et d'épargne et sert en même temps d'intermédiaire aux colons pour l'achat des terres aux indigènes : en 1865, il n'y avait que 199 hectares mis en culture; en 1866, il y en avait 1,017; en 1887, on comptait 3.093 hectares en culture, tant h Talti que dans les autres îles de ce groupe. En 1887, il existait à Talti deux usines à égrener le coton, trois usines à sucre, sept distilleries de mélasse et de miel. Un grand obstacle au développement de cette colonie, ça été, comme pour tous les autres établissements français, Texagération et l'arbitraire des mesures administratives : on a éloigné les pêcheurs et les navires de commerce par les formalités et les taxes qu'on a voulu leur imposer. On exigeait des permis de séjour, on forçait les étrangers débarqués à Papeiti à rentrer dans la ville à une certaine heure, on conduisait l'île comme un couvent. En 1861, l'on est revenu de ces fâcheux errements : on a supprimé d'un seul coup les droits de navigation, tonnage, expédition, permis et certificat. Mais le port de Papeiti se trou-

vaît tellement discrédité qu'il faudra du temps pour le relever : la suppression des règlements mauvais ne suffit pas à effacer Ie5 conséquences désastreuses qu'ils ont produites. En 1863, il s'e^t cependant établi des relations assez régulières entre Taîti et San- Francisco.

Le commerce a quelque importance, mais il reste stationnaire. ou plutôt même il a un peu fléchi depuis quelques années ; en 1887, les importations pour les îles de la Société, les Marquises et les Gambiers ont atteint le chiffre de 3.256.511 francs; les exportations se sont élevées à 3.222.045 francs ; les principaux objets d'exportation sont les coquilles de nacre, le copral et diverses denrées agricoles. Malheureusement les neuf dixièmes de ce commerce se font avec l'étranger. Taïti a notamment un courant d'échanges de quelque importance avec San-Francisco, Valparaiso et TOrégon. Quant k la navigation, le mouvement en était représenté, à l'entrée, en 1887, par 34 navires français, jaugeant 3.605 tonnes, et à la sortie par 33 navires français d'un tonnage de 3.708 tonnes. Les navires étrangers étaient au nombre de 110 à l'entrée, jaugeant 19.567 tonnes, et à la sortie ils étaient 88, jaugeant 18.448 tonnes. C'est encore pour de petites possessions un mouvement de quelque importance ; il. est malheureux que la France, qui a une grande colonie voisine, la NouveUe- Galédonie, y prenne si peu de part.

La population de tous ces groupes d'Iles qui montait, en 1887, à 24.418 &mes, comprenait 2.030 Européens, dont 96 femmes. Il est vrai de dire que les fonctionnaires étaient au nombre de 96, les troupes de la garnison et la gendarmerie de 341, les équipages des b&timents de guerre de 1.272, soit ensemble 1.709. Si l'on déduit du reste la population flottante et les 96 femmes, c'est à peine s'il reste quelques douzaines de colons. Dans ces derniers temps, nous avons joint à ces groupes d'Iles d'autres Ilots connus sous le nom d'îles sous le vent, dont la principale est Raïateïa. Ce sont uniquement des postes maritimes assez bien choisis pour la navigation du Pacifique en vue du percement futur de l'isthme de Panama.

La Nouvelle-Calédonie a une bien plus grande importance : c*est I une île d'environ 2.000.000 d'hectares, soit égale à quatre départements français ; avec ses dépendances, les lies des Pins, de Nou, Ouen, archipel Loyalty, elle a quelques centaines de mille hectares en plus, soit la surface de près de 5 départemenU français. La population de tout ce groupe était, en 1887, de 62.752 âmes, dont 43.699 hommes de couleur (indigènes) et 19.053 blancs (Européens, presque tous Français). Admirablement située sur la route commerciale de TÂustralie à l'Amérique centrale, la Non-

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