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LES COLONIES FRANÇAISES EN OCÉANIE

^lle-Calédonie peut espérer un bel avenir : elle a des richesses tturellesi spécialement des gisements de nickel, de cobalt et de livre, on a aussi parlé de houille, d'or et de zinc : les forêts abonîntenbois de sandal. Môme avant la déportation des condamnés ^ la Commune parisienne, la colonisation s*y portait et s'y déveppaitlentement sans doute, mais cependant avec plus de succès le dans nos autres lies de plus ancienne acquisition. En 1863, il 5 s*y trouvait que 434 Européens; en 18Ô5, on y comptait n colons, 49 immigrants indiens, 042 fonctionnaires et soldats, 15 transportés de droit commun : en tout, 2.000 Européens. En TlOy le nombre des colons était de 1.562, celui des fonctionnaires 3 289 ; venaient ensuite 754 soldats, 1.176 immigrants asiatiques Li africains et 2.302 transportés non politiques. Ce développement a nombre des colons libres en Calédonie avant 1871 est remaraable. Les indigènes paraissaient se convertir au christianisme : se laisser diriger par les missionnaires; mais Ton connaît cette ilture purement négative qui enlève au sauvage ses instincts rimitifs et ses qualités originelles sans lui donner les facultés de homme civilisé. On a beaucoup parlé d'une immigration chinoise u indienne à la Calédonie ; on a voulu engager les colons de ourbon, si maltraités depuis quelques années, à se transporter ans cette terre nouvelle que Ton réputait abondante en sols srtUes. Ce dernier système vaudrait mieux que le premier ; car ous ne saurions trop condamner Timmigration par engagement es Chinois dans les colonies européennes. On a recouru plus tard t Ton recourt encore à Timmigration des Néo-Hébridais. Jusqu'à 87i;c'est à peine si les richesses naturelles de Tlleont été efQeuées. Voici, en effet, le tableau du commerce pour 1863 et 1870 ;

ImportatioDs francs I.4S4.000 3.249.182

Exportations 46.112 SQ3.d50

ToUnz 1-530.112 ' 3.552.832

On voit que les exportations étaient presque nulles. C'est évilemment la transportation qui, jusqu'en 1870, a fait vivre la lOuvelle-Galédonie. Le système administratif y a, dès les premiers ours, été moins défectueux que dans nos autres dépendances ; on i évité à la Nouvelle-Calédonie les fautes que l'on avait commises L Taïti ; on a voulu d'abord emprunter aux Anglais le système [a* ils avaient suivi dans leurs colonies pénales : on a mis les coniamnés qui se conduisent bien à la disposition des colons dans les conditions qui rappellent Vassïçnmeni of convicts à Sydney )u à Yan Diémen.

Depuis 1871, pendant une décade d années, il est échu à la

Nouvelle-Calédonie une bonne fortune. Gomme toutes les colonies, elle a profité des troubles civils de la métropole. Servani déjà de lieu de transportation pour les condamnés de droit commun, elle est devenue le lieu de déportation des condamnés poar participation à l'insurrection parisienne de 1871. Plusieurs milliers de déportés, 3 à 4,000 environ, y ont été internés. Leur chiffre a été sans doute en décroissant. De 3,037 (y compris les membres d€ leurs famiUes) en 1875, les déportés étaient descendus au chiffre modique de 3,345 en 1877. Les gr&ces d'abord, puis Tamnistie de 1880, ont privé la colonie de cet élément de population. Parmi les condamnés de cette nature qui y avaient été conduits, un très petit nombre seulement y est resté après que la liberté de rentrer dans la mère patrie leur eût été octroyée.

Les insurgés parisiens de 1871 n'étaient certes pas la catégorie d'hommes qui convenait le mieux pour peupler une colonie agricole. La plupart d'un naturel inquiet, beaucoup appartenant aux professions libérales, Journalistes, professeurs, employés, ou aux élégants métiers de l'industrie parisienne, ébénistes, ciseleurs, graveurs, ayant tous l'esprit de retour, on ne devait guère s'attendre à ce qu'ils fissent souche de colons.

Néanmoins ils créaient toujours dans l'île un marché qui suscitait autour de lui la culture. Les colons civils égalaient à peu près en nombre, dans l'année 1877, les transportés : on comptait 2,982 des premiers contre 3,345 des seconds. Les cultures en éprouvèrent de l'impulsion, l'industrie aussi et le chiffre des exportations de nie prit quelque importance. Des établissements de crédit se constituèrent, dont le principal, il est vrai, dut suspendre ses paiements et liquider.

La déportation a fait, à la Nouvelle-Calédonie, une réputation assez mauvaise. Les journaux métropolitains d'opinion avancée ont décrié le climat de l'île, ses productions, le sol. La presse étrangère a fait de même. On a prétendu que cette contrée était naturellement stérile, sauf quelques très rares morceaux de terre le long des cours d'eau. Le même reproche fut fait, il y a quatrevingts ans, à l'Australie, il y a quarante ans, à l'Algérie. Si la Nouvelle-Calédonie n'est pas la terre promise que l'on rêvait, elle a des ressources, cependant, qui peuvent se développer. Sur les deux millions d'hectares environ qu'elle occupe avec ses dépendances il pourra, avec le temps, s'établir et vivre dans l'aisance quelques centaines de mille habitants.

Les chiffres que nous allons donner montrent le progrès accompli.

Voici quelle a été la population européenne de la Nouvelle- Calédonie en 1864, 1868, 1877 et 1887 :

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