‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 5)Chapitre 83 sur 131 · LRS COLONIES FRANÇAISES EN OCÉANIE · texte numérisé non relu

LRS COLONIES FRANÇAISES EN OCÉANIE

opulation ciTile (coloDs) 1.060 1.417 2.982 5.585

Toupes l » » 1.602 1.714

'oDctionDaire8,ageiit8 pénitentiaires etleursfamiUes) 811 281 1.430 1.762

déportés et leurs funiUes » » 3.345 »

libérés astreints à la résidence » » 1.532 2.515

>>ndamnés en cours de peine 289 1.962 6.453 7.477

Totaux 2.110 3.660 17.344 I9I53

Le développement, quoiqu'il ne soit pas énorme, n*est pas insi- ^iflant. La population blanche libre atteint 0,061 individus; en en lèfalquant les i ,762 fonctionnaires, agents du service pénitentiaire et leurs familles, ainsi que les 1,714 hommes de la garnison, il reste 5,585 habitants auxquels ou à la plupart desquels on peut conférer la qualité de colons. Ces 9,061 âmes de population européenne libre se divisent en 6,111 hommes et 2,950 femmes. L'écart n'a rien d'étonnant pour une colonie aussi jeune et où l'élément militaire et administratif tient encore une grande place. Il est remarquable, d'ailleurs, que sur cet effectif on trouve 1,692 habitants nés dans la colonie, dont 385 au-dessus de l'Age de quatorze ans. Quand on voit combien cette terre a été dédaignée, puis mal famée, cet élément blanc purement local mérite d'être signalé. Parmi les 2,515 libérés astreints & la résidence, il n'y a que 177 femmes ; cela est regrettable, aussi bien au point de vue de la moralité présente qu'à celui du peuplement. La proportion est bien plus défavorable pour les condamnés en cours de peine ; il ne s'y trouve que 11 femmes contre 7,466 hommes. Il serait utile de développer la transportation féminine, d'encourager les femmes des maisons centrales ou les filles perdues des grandes villes qui se rendent coupables de délits, à aller en Nouvelle-Calédonie. C'est avec des éléments viciés que se sont fondées beaucoup de colonies aujourd'hui florissantes, comme les récoltes poussent sur le fumier.

En dehors des 19,053 habitants de race européenne, il se rencontre 43,699 hommes de couleur, dont 1,825 composent l'immigration réglementée, c'est-à-dire les travailleurs soumis à une certaine surveillance, et 41,874 constituent la population indigène dans les tribus.

La population dite réglementée consiste en 72 Hindous, 109 Chinois, 4Cafres, 4 hommes de la Réunion, 991 Nouveaux-Hébridais et enfin 645 Néo-Calédoniens qui ont consenti à s'engager sur les travaux dirigés par les Européens.

11 y a vers la Nouvelle-Calédonie un petit filet, bien mince encore, d'immigration libre qui, dans certaines années, y a porté 4 ou ^ Européens ; en 1883, par exemple, il s'y rendit spontanément

241 Français et 284 autres Européens; en décembre 1890 on annonçait Tarrivée d'une douzaine de familles de paysans français provenant toutes du même village de la Dordogne.

La Nouvelle-Calédonie et son groupe peut être une colonie tant agricole que pastorale, minière et industrielle. L'agriculture jusqu'ici en est encore à la période des tâtonnements ; mais le voisinage de l'Australie, terre de formation analogue, indique la voie où il faudrait entrer et les ressources qu'on pourrait tirer de cetle contrée. Observation curieuse et qui marque la négligence de nos publications ofBcielles, les Statistiques Coloniales pour Tannée 1887, parues en 1888, ne contiennent aucun renseignement sur r agriculture en Nouvelle-Calédonie.

Les colons eurent le tort de vouloir se livrer d'abord à des cultures spéciales et délicates comme celles de la canne à sucre el du mûrier. On échoua, pour la première du moins. La grande île, étant au quart couverte d'herbes, peut être une contrée productrice de bétail; il y a là plusieurs centaines de mille hectares disponibles. Dans ces derniers temps on en a profité pour élever 1,800 chevaux, une dizaine de mille moutons, autant de porcs, de chèvres qu'il faudrait proscrire et un nombre beaucoup plus considérable de bêtes à corne ; mais le prix de la viande sur pied est très bas, 40 centimes le kilogramme. La production ne pourra se développer que lorsque la population deviendra plus dense ou quand on aura appris à exporter, comme les Anglais, les viandes abattues. Le blé paraît aussi réussir, et également la vigne.

Il est possible que le sol d'une grande partie de l'île soit médiocre, étant formé de madrépores; mais il est impossible, d'autre part, quïl ne s'y trouve pas une grande quantité de terres, sinon la moitié, du moins un bon tiers, susceptibles de culture relativement soignée.

\ C'est, toutefois, les mines qui jusqu'ici entretiennent le plus d'activité dans la Nouvelle-Calédonie. On y a découvert et l'on y exploite des gisements importants. Les principaux métaux jusqu'ici extraits sont le nickel, le cobalt, le cuivre, le plomb argentifère et le chrome. Le premier de ces métaux donne lieu à une exploitation déjà sérieusement rémunératrice. Les concessions appartenant à trois compagnies, mais surtout à celle dite U Nickel, dont les actions se cotent avec 40 ou 45 p. 0[0 de prime à la bourse de Paris, s'étendent sur 1,075 hectares; l'exporUtion ou la livraison dans la colonie a été, en 1888, de 8,423 tonnes de minerai. Le prix moyen de la tonne de minerai est à Nouméa de 125 francs. La teneur moyenne en nickel est de 9 à 10 p. 0[0. En 1888 on comptait 704 ouvriers occupés aux mines de nickel, dont 535 blancs, et 169 noirs indigènes. Les concessions de cobalt, disséminées

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