‹ De la colonisation chez les peuples modernesChapitre 20 sur 76 · DE LA COLONISATION DANOISE ET SUEDOISE · texte numérisé non relu

DE LA COLONISATION DANOISE ET SUEDOISE

Noas avons essayé d'esquisser rapidement la conduite coloniale des différentes nations d'Europe depuis les grandes découvertes jusqu'à la fin du xvia* siècle. On a dû remarquer combien ces divers régimes présentaient entre eux d'analogies et se rapprochaient de l'identité. En réalité ils se ramènent à un seul et môme système qui offre comme traits distinctifs les trois caractères qui suivent: en premier lieu, l'absence de toute espèce de liberté commerciale, des monopoles et des privilèges plus ou moins restrictifs, un lien étroit entre la colonie et la métropole, organisation économique tout artificielle qui constitue le pacte colonial ; en second lieu le travail forcé, la violation des droits de Thomme par l'asservissement des races inférieures, en un mot l'esclavage ; en troisième lieu, la concession gratuite des terres soit à de grandes associations, soit à des particuliers, système qui entraîne avec soi les grands domaines, l'ingérence administrative et d'une manière générale l'insécurité de la propriété. Ces caractères sont communs à toutes les colonies modernes antérieures au xix* siècle, sans exception. Si l'on retranche les colonies de l'Angleterre, on trouve un autre trait commun à toutes les colonies européennes. C'est l'absence de liberlés administratives, d'indépendance municipale et provinciale, la sujétion complète aux ordres du gouvernement métropolitain. Contre cet état de choses le xix** siècle devait réagir avec énergie, soit en modifiant d'une manière radicale les conditions des colonies anciennes, soit en suivant dans la fondation des colonies nouvelles un plan essentiellement différent de celui qu'avaient appliqué nos pères pour la création de leurs établissements. Toutes les nations d'Europe devaient l'une après l'autre porter la main sur l'édifice

efti d4QB le nouyean monde et dans Textrôme Orient des colonies correspondant à •a propre importance dans le vieux monde. L'Espagne a pourvu au maintien de la langue et de la civilisation espagnoles en occupant un bon quart de TAmérique. Le Portugal a fait do même. La France peut encore se sauver de Tobscurité et de la médiocrité dont elle est menacée en ayant une politique résolue et active en Afrique, en prenant virilement possession des dépendances naturelles de l'Algérie et du Sénégal et en occupant le Soudan. Mais n*eût-il pas été utile à la civUisation générale que llulie eût aussi sa place dans le Nouveau Monde, et que les 40 ou MMNK) émigrants iuliens eussent constitué, soit dans l'Amérique du Sud, soit dans qtt«lqtt*une des grandes lies de TOcéanie une population italienne de plusieurs miUions d'âmes? l\ en est de même de la Suède et de la Norvège : si ces petits peuples avaient formé dans le nord de l'Amérique ou de l'Asie, une population sauMiiaavo de quelques millions d'individus, le genre humain n'aurait qu'à s'en féliciter. U ne faut pas désirer la disparition des espèces ou des races, quand elles ont des qualités solides. Or l'amoindrissement do son rang relatif dans le monde, labAÎssement indéfini du coefficient qu'il représente dans la population totale du globe, équivalent presque pour un peuple à sa disparition. Les Français, les Italiens pourraient dans le monde civilisé de l'avenir ne pas occuper plus de place, que n'y tiennent anjourd'hni les Roumains ou les Grecs. {SoU de la deuxième édition.)

savant de sacrifices et de faveurs réciproques qui constituait le pacte coloniaL Dans un autre ordre d*idées et de faits, la plupart des peuples européens devaient aussi détruire cette vieille organisation intérieure sur laquelle reposait le travail et la production des colonies à sucre : Tesclavage devait précéder ou suivre au tombeau le pacte colonial. En troisième lieu dans la création de ces magnifiques colonies de TAustralie, la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande, TAngleterre devait inaugurer un mode tout nouveau d'appropriation des terres. EnGn, quoique dans une moindre mesure, le système administratif des colonies devait recevoir un autre coup par la reconnaissance du droit des codons à prendre part à Tadministration de leurs intérêts. Sous quelque aspect que Ton considère la conduite coloniale des principales nations au xix* siècle, on ne peut qu*adhérer à cette observation de Roscher : a Der Grundgedanke m der Geschichte der Colonien ist der stufenweise Uebergang von Bescl^wnkung zur Freiheit. Le point fondamental dans Thistoire des colonies, c'est leur passage progressi^du régime de restriction au régime de liberté. »

Page 1