‹ De la colonisation chez les peuples modernesChapitre 27 sur 76 · COLONIES D'EXPLOITATION. — CONCLUSION · texte numérisé non relu

COLONIES D'EXPLOITATION. — CONCLUSION

puissances européennes, la double transformation dont notre siècle a été témoin : Témancipation des esclaves et la rupture du pacte colonial. On a vu que les conditions nouvelles faites aux colonies par cette double ré/orme diffèrent radicalement des conditions où elles sont nées et où elles ont grandi. Il en résulte qu'elles ont tout à apprendre. La propriété, le travail, le commerce sont régis par des lois plus simples, plus justes et plus naturelles ; mais quand pendant deux siècles et plus on a construit à force de règlements et de contrainte une organisation tout artificielle, il en coule de revenir à un état de choses normal et régulier ; de là rélat de souffrance et de crise que Ton a pu remarquer dans la plupart des colonies que nous avons passées en revue. Il faut du courage et de rintelligence pour échapper à cette transition douloureuse ; il faut aussi de la prudence et de la prévoyance pour ne pas retomber par une voie détournée dans Torganisation défectueuse d*où Ton vient à peine de sortir, pour ne pas reconstituer, en remplaçant sur une trop large échelle Tesclavage ancien par rimmigration asiatique, cet état de choses artificiel et antisocial, fécond en crises, et où l'on ne saurait trouver de stabilité. Il y a 35 ans que Rossi, dans un rapport sur une loi des sucres, glissait cette observation pleine de finesse et de sens : « Ce que les colons ont le plus à redouter, ce sont leurs habitudes. » Quand ce mot fut écrit, Tesclavage n'était pas encore aboli, le pacte colonial n'était pas encore rompu. Aujourd'hui que ces deux réformes ont été irrévocablement accomplies, combien le mot de Rossi n'est-il pas digne des réflexions des colonies ?

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