‹ De la colonisation chez les peuples modernesChapitre 35 sur 76 · LES COLONIES DE LA FRANCE. — LE SÉNÉGAL · texte numérisé non relu

LES COLONIES DE LA FRANCE. — LE SÉNÉGAL

été élevée par un décret du 20 juin 1872 à des taux variant de 5 à 15 p. 100. A Gorée, au contraire, les marchandises de toute nature sont admises en franchise de tout droit de douane et de navigation. Les marchandises importées à Saint-Louis jouissent pendant un an du bénéfice de l'entrepôt fictif. L'exportation est libre sous tout pavillon et pour toute destination. Toutefois, par des décrets du 19 fé* vrier 1868 et du 20 juin 1872, les produits coloniaux exportés des dépendances de Gorée, comprenant la côte située entre le Cap Vert et le Cap Sangomar et les rivières de Saloum, de la Cazamance, du Rio Nunez, du Rio Pongo et de la Mcllacorée sont soumis à une taxe, dont le maximum a été élevé à 4 p. 100. Des arrêtés ministériels pris pendant les années 1873 à 1876 ont établi des octrois de mer au profit des communes de Saint-LouisetdeGorée-Dakar. Toutes ces mesures nous paraissent fort acceptables, car il faut en défmi-^ tive procurer des ressources aux colonies, et ce n'est pas Timpôt direct qui peut leur en donner de suffisantes. Nous sommes aussi partisan de l'article du décret de 1864 qui interdit aux bâtiments étrangers l'accès du fleuve du Sénégal au-dessus de Saint-Louis. Il y a là une question d'influence nationale. Au contraire, nous trouvons peu judicieux le décret du 19 juillet 1877 qui admet, sous certaines conditions de faveurs, Timportation à Saint-Louis des toiles Aiies guinées fabriquées en France et dans les établissements français de rinde. 11 s'agissait surtout, dans la pensée des inspirateurs de ce décret, de relever dans l'Inde française les filatures tombées en décadence depuis 1861. C'était là un bien min(% intérêt, et nous ne voyons pas pourquoi notre belle colonie du Sénégal serait transformée en . dépendance de nos établissements indiens (1).

Le commerce du Sénégal est malheureusement stationnaire ou plutôt il a décru dans une certaine proportion, surtout à l'importation. 11 est encore au-dessous de ce qu'il a été au dernier siècle, principalement, il est vrai, à cause de l'abolition de la traite. Il est temps que la construction de chemins de fer à Tintérieur vienne donner de nouveaux éléments de trafic. Voici à 15 années de distance, en 1863 et en 1878, le mouvement du commerce extérieur :

Importations.

S&iaULouis 10,300,009 0,877,544

Corée 8,277,897 5,Ô8.>,4HG

Totaux 18,643,890 12,403,030

(1) Pour toute cette législation, voir Jules Delarbre : les Colonies françaises, Uu" organisation, leur administration, Paris, 1877, pages 64 et suivaDtes.

Exportations.

Saint-Louis 7,147,312 6,169,175

Corée 7,325,481 9,800,765

Totaux 14,472,793 15,959,940

11 y a donc eu une diminution notable des importations dans les quinze dernières années, et si les exportations se sont accrues, c*est dans une faible proportion : encore sont-elles restées fort au-dessous du chiffre atteint en 1868 qui était de 21 millions et demi. Ce n'est pas à trente millions que-devrait s'élever le commerce du Sénégal, c^est à plus de cent millions, en attendant mieux. Sur les 28 millions qui formaient, en 1878, l'ensemble du trafic extérieur de ce pays, le commerce avec la France entrait pour plus de 16 millions et demi, c'est-à-dire à peu près pour les quatre septièmes.

Voici, d'autre part, les chiffres de la navigation pour les années

1867 et 1878 :

Saint-Louis.

Entrées. Sorties. Entrées. Sorties.

Navires français 72 74 74 73

— étrangers 6 3 6 2

Totaux "ts" "tT SÔ" "tT

Gorée,

* Entrées. Sorties. Entrées. Sorties.

Navires français 590 466 657 660

— étrangers 64 56 71 60

Totaux 654 522 "728 726*

L'importance du Sénégal devrait s'accroître bien au delà de ces proportions. Dakar, notamment, jouit d'un grand trafic depuis l'établissement de nombreuses lignes de paquebots allant d'Angleterre ou de France au Brésil ou à La Plata. Beaucoup de ces vapeurs font relâche à Dakar. On trouve dans la Revue maritime et coloniale, du mois de mars 187'i, une très intéressante description de Gorée par M. Bérenger-Férandy médecin principal de la marine. L'île de Gorée n'est, à vraiment parler, qu'un rocher de forme oblongue, ayant environ 800 mètres dans son plus grand axe et 320 mètres de large au point le plus spacieux ; la superficie n'est guère que de 365,000 mètres carrés, soit 30 hectares et demi. Le sol est . absolument improductif. On propose pour y faire une promenade de 7,000 mètres d'y importer de la terre végétale de Dakar. En dé* pit de cette stérilité et de cette étroitesse, cette île a de grands

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