PARTICULIERS
Cependant, depuis la conquête, un grand nombre d'Européens sont venus s'établir sur le territoire de l'Algérie dans l'espérance de participer aux avantages du commerce ou de la colonisation. L'espace manque partout, assurent les rapport* officiels, à la population toujours croissante, qui se presse dans les murs de la capitale *.
L'ancienne cité ne suffit plus, en effet, aux besoins du nouvel établissement, quoiqu'on ait entrepris des travaux considérables et dépensé plusieurs millions pour utiliser le site accidenté sur lequel elle est bâtie, et pour l'approprier
' Tableau de la situation des établissemens français. Expose du minisUc de la guerre, p. x.
— seaux développemens de notre civilisation '. Aussi le gouvernement se propose-t-il de reculer les limites de son enceinte murée , d'y comprendre les faubourgs de Bab-Azoun et de Bab-el-Oued, et d'entourer ces deux nouvelles annexes de la ville française d'une muraille en pisé , percée de créneaux et défendue par un large fossé '^.
Des améliorations de tout genre ont été accomplies, ou sont en pleine exécution, dans la capitale de nos possessions d'Afrique.
Les voitures peuvent maintenant circuler, et les brises de la mer pénétrer sans obstacle , dans les rues Bab-el-Oued et Bab-Azoun, autrefois surplombées d'immenses auvents et trop étroites pour recevoir deux cavaliers. Celle de la marine, communiquant du môle avec la Grande-Place et les deux rues que nous venons d'indiquer, donne un débouché à l'arrivage des marchandises débarquées sur le port. Toutes trois ont changé de physionomie e^ sont devenues le centre du commerce de détail établi par nos marchands ^.
Des bâtimens ont été élevés ou réparés pour
' Situation des établisscmens français j W" part., ch. XXXYI, p. 395.
^ Discours prononcé par M. Allardj à la Chambre des députés, dans la séance du 7 juin i838.
^ MM. Lessore et Wyld, Voyage pittoresque dans la régence d'Alger, I" livraison, p. 2.
servir de local à l'intendance civile, à la commission de vSanté, à la cour de justice, au tribunal de police correctionnelle et au conseil municipal composé de notables français et indigènes *. On a transformé d'autres édifices en casernes, en hôpitaux, en dispensaires, en prisons, etc.
Les nombreux aqueducs qui amènent l'eau à Alger, et surtout ceux de Hamma et d'Aïn-Zéboudja, ont été refaits ou rectifiés dans plusieurs de leurs parties les plus importantes -. Les quais, pour la plupart très -mal construits et encore plus mal entretenus, étaient tombés dans un
' Situation des établissemms français dans l'Algérie, 1'" part., ch. XIV, p. 176.
« Les conseils municipaux des villes d'Alger, d'Orau et de Bone, se composent de notables français et indigènes, en nombre, et dans une proportion déterminée , pour chaque localité, par un arrêt du gouverneur-général. Ils sont présidés par l'intendant ou le sous-intendant civil , et, à leur défaut, par le maire.
» Le conseil municipal de la ville d'Alger est composé de 19 membres, dont 10 français, 6 musulmans et 5 israélites. (Arrête du gouverneur- général du 18 novembre i8540 Ceux d'Oran et de Bone, de 5 français , 5 musubnans et i israélite. (Arrêté du Il décembre i854-)
» Les attributions du conseil municipal sont celles qui étaient conférées, en France, aux corps constitués sous la même domination par la loi du a8 pluviôse an VIII, et les règlemens antérieurs à la loi du 21 mars i85i. » — Ibid., p. 196.
' Tableau officiel, P' part., ch. XIV, p. 176.
ëtat complet de délabrement. On a travaillé à les restaurer entièrement, en 1836 et en 1837, et ils ont reçu, du côté de la Douane, un complément dont le commerce recueille déjà de grands avantages. L'appareil vicieux de l'ancien phare a été remplacé, en 1834, par un feu catoptrique et à éclipse , qui s'aperçoit à une distance de cinq lieues ^.
La marine marchande se trouvait aussi mal à l'aise , dans les limites de l'ancien port, que la population européenne dans l'enceinte de la vieille cité mauresque. C'est h peine si vingt-cinq navires de cent cinquante h trois cents tonneaux pouvaient y trouver à la fois protection et asile contre les tourmentes de la mer ^. Le gouvernement s'occupe activement de remédier à cet état de choses, par la prolongation de la jetée qui chaque jour envahit les eaux ot s'élève à leur surface comme une masse rocheuse. M. le ministre de la guerre faisait remarquer à la Chambre des députés , pendant la session de 1838, «que ces grands travaux assureront d'inappréciables avantages au port d'Alger, et que bientôt il pourra recevoir avec les navires de commerce les bàtimens de guerre, aujourd'hui
' Tableau officiel, l'" part., ch. XIV, p. 175.
" Histoire de Barberoussc avec un aperçu historique et statistique du port d'Alger, par MM. Sander Rang et Ferdinand Denis, t. U, notes, p. "5^1 et 345. 1837.
Ibrcés de jeter l'ancre au loin dans la rade, ou de gagner le large dans les gros temps ' ».
Le mouvement des travaux d'amélioration locale, d'utilité publique et de défense militaire s'est étendu aussi aux villes d'Oran , de Mostataganem, d'Arzew, de Constantine, de Bone, de Bougie, de la Galle, etc. Dans la première de ces villes, on a construit rapidement des habitations, des boutiques, des bains, des cafés; car partout la civilisation européenne porte ses vieilles habitudes avec l'esprit d'innovation. Sur tous les points, on a pourvu à l'installation
■ Tableau de Ut situation des èlablissemens français. Exposé des molifs, p. x. Documcns divers, p. i^o.- — Documcns officiels relatifs à la colonisation d'Alger, déposes sur le hiiicaii de la Chambre des députés, W part., p. i20 et 121.
L'ancien port avait une superficie d'environ quatre hectares. Le poi1 projeté, adjacent à celui-là, serait formé par une jetée partant du môle et se dirigeant dans le sud-est vers les rochers de Bab-Azoun. La jetée aurait 670 mètres de longueur, sur une profondeur moyenne de \\ mètres qui serait celle du nouveau port. ■"
Celui-ci, se développant sur une superficie de 21 heclares, présenterait toutes les convenances d'un port marchand , et un mouillage assuré pour vingt gros vaisseaux de ligne au moins. La dépense de la jetée et des quais s'élèvera à 12 millions, et quelque minime que soit le travail de chaque année, on en retirera immédiatement le fruit , car chaque jnètrc courant de jetée ajoutera un espace notable au port actuel. — M. AUard , Discours prononcé à la Chambre des députes dans la séance du 7 juin i858.
— Godes services publics et militaires, relevé les fortifications et les murs d'enceinte , déblayé les ruines et préparé le terrain à la colonisation '.
Nous plaçons à la tête des ouvrages généraux, qui auront pour résultat de favoriser les entreprises du commerce et de la colonisation, le dessèchement des marais et l'ouverture de routes nouvelles.
Le génie militaire, de 1833 à 1835, a pratiqué des desséchemens dans les environs de la Maison carrée et de la Ferme modèle, qui ont assaini ou rendu à la charrue d'excellentes terres présentant une superficie de plus d'une demi -lieue. Des efforts du même genre ont été dirigés ou doivent se porter prochainement sur des ténemens à l'est de Bouffarick et dans les campagnes de Bougie et de Bone -.
Là ne se sont pas arrêtés les utiles et hardis travaux du génie, qui a été si admirablement secondé par l'ardeur et le zèle de nos soldats. Depuis plusieurs années, il travaille à relier for-
' Tableau di la situation des èlablissemens français dans l'Algérie,, p. 55, 64, 68, 177, 178, 179, etc.
M. Genly de Bussy donne un relevé des immeubles démolis à Alger, Bone et Oran, pour cause d'utilité publique. Etablissement des français dans la régence d'Alger, t. II, p. 169 et 168.
'■' Situation des ètablissemens français, V^ part., p. 178 et 179.
tement les villes, les camps fortifiés et les ëtablissemens de rintérieur avec la capitale, par un système complet de voies de communications. Déjà, en suivant le parcours ou les embrancliemens des lignes nombreuses qu'il a ouvertes ou empierrées, on peut communiquer avec Bir-Radem, Douéira, Bouffarick, Blidah, Coléah, Mersel-Kébir, Mostaganem, Arzew, Oran, etc. ^
Si plusieurs de ces routes ne s'étendent pas au-delà des campagnes du Sahel et des bords de la mer, d'autres, beaucoup plus importantes, se prolongent jusque dans la plaine et à travers les défilés de l'Atlas. C'est ainsi que la grande voie d'Alger à Oran, qui, à Bouifarick, s'embranche avec celle de Blidah, après avoir passé à gué la
' Tableau officiel, etc., p. /\i, 45, 162 et 164.
On a ouvert ou cmpicné 8o,56o mètres de grandes roules , 0!i a restaure beaucoup d'anciens chemins, et do nouvelles voies vicinales ont été établies dans le massif d'Alger, sur une longuevir de 27,780 mètres.
Au nombre de ces communications, on doit citer en première ligne celle qui, tracée le long de la mer sur un développement total de plus de 6,000 mètres, part du fort la Moune et aboutit d'Oran à Mcrs-el-Kcbir. Elle a été creusée dans le roc vif, sur 2,4oo mètres environ, cl a exigé une percée souterraine de 5o mètres. Cette route permettra de diriger par terre, sur Oran, toutes les marchandises faciles à débarquer , grâce à la sûreté du mouillage , et doiniera le moyen de maîtriser entièrement la baie par des feux à bonne portée. — Ib.
rivière de la Chiffa, pe'nètre dans cette chaîne de montagnes par la vallée de l'Oued-jer, la franchit auprès de Miliana. et descend dans le bassin du Schélif.
En somme toute , pendant les sept années de notre domination , les travaux maritimes et civils ont absorbé 3,533,331 fr. SI c, et les dépenses du génie, en fortifications et en bâtimens militaires, 7,828,355 fr., ce qui donne un total de 11,361,686 fr. 51 c. Nous avons vu que , dans les prévisions du gouvernement , l'ensemble des travaux extraordinaires qui restent à compléter ou à entreprendre exigeront encore 26,800,000 fr., sur lesquels 15,400,000 fr. seront absorbés par les services civils.
Sans la coopération des troupes qui, moyennant un faible salaire de 28 à 30 centimes par journée de travail de sept heures , ont participé activement à tous les travaux, les dépenses eussent été beaucoup plus fortes *.
' Situation des établis semens frant^ais dans V Algérie , II'' pari., ch. XIV, p. i8o, i84- — De l'établissement des Français dans la régence d'Alger, par M. Geiily de Bussy, t. P"^, p. 271 et 278.
« L'importanle question de l'emploi de l'armée aux grands travaux de loute, souvent agitée et encore indécise en France, a été complètement résolue en Afrique. Les environs d'Alger et d'Oran en offrent d'admirables témoignages. Il est à remarquer d'ailleurs, que c'est toujour» parmi les soldats travailleurs, pourvu
Le génie militaire et les ponts-et-chausse'es ont recruté aussi beaucoup d'ouvriers dans les rangs des Arabes de la Mitidja et des Kabaïles des tribus lointaines. « Les travaux de dessèchement paraissent être ceux auxquels on peut les employer avec le plus d'avantages, remarque le ministre de la guerre. Le prix ordinaire de leur journée est de 1 fr. Il n'y a pas seulement économie réelle à faire entrer ainsi dans nos chantiers le plus grand nombre d'indigènes; c'est, en outre, le meilleur moyen d'adoucir leurs mœurs par l'amour du travail, de les habituer à vivre au milieu de nous, de leur faire sentir les bienfaits de notre civilisation. L'expérience de ces dernières années ne permet plus de douter qu'ils ne se présentent en foule sur les différens points où des travaux publics seront entrepris, si ces ouvrages prennent l'activité et le développement qu'on veut leur donner * » .
que l'on ait soin de ne pas les employer pendant les fortes chaleurs, qu'il y a le moins de malades. » — Tableau officiel j p. i8i.
' Situation des ctablissemens français dans V Algérie, II' part., p. i8i.
La participation des ouvriers arabes aux travaux du génie suggère à M. Genty de Bussy une observation que uoas croyons devoir consigner ici. «M. le colonel du génie qui lésa examinés de près, remarque-t-il , ne tarit point sur leur exemplaire docilité, sur leur exactitude, et il assure avoir reconnu dans les
. Voilà pour les progrès de Tordre matériel , accomplis sous l'empire de la domination française. D'autres améliorations, moins étendues h la vérité, se rattachent au mouvement de l'ordre moral.
Des écoles nationales , maures ou juives, dans la capitale de l'Afrique française, ont été fondées pour les élèves de toute condition, de tout âge et de tout sexe; et le conseil municipal d'Alger, au mois de janvier 1833, a voté des fonds pour la création d'un collège, où l'on enseigne les langues française et arabe , grecque et latine, et les sciences physiques et mathématiques ^.
En 1837 , six écoles de garçons et cinq écoles de filles étaient parvenues à rallier, les unes 362 et les autres 343 élèves. Dans les institutions indigènes , on comptait 375 enfans maures des deux sexes , et 320 juifs. Le collège, vers le même temps, avait 115 élèves, et le cours d'aral^e était suivi par 40 autres. ïl existait, en outre, à Mustapha, une école privée
portions de terrain qu'ils ont desséchées, une telle précision qu'elles ne le cèdent en rien à celles qui l'ont été par nos plus habiles sapeurs.» — De l'établissement des Français da la régence d'Alger, 1. 1^% p. 276.
^ Situation des élablissemens français j 11* ]^siil., ch. VI, p. 25o et 261.
ns
ayant 13 élèves, à Kouba, une école communale composée de 6 élèves, et à Delhy-lhrahim , un autre école où se faisait l'éducation en commun de 52 enfans, dont les deux tiers appartenaient à des Européens, et l'autre tiers à des auxiliaires arabes du corps des Zouaves ^.
Quatre écoles primaires à Oran et cinq à Bone, étaient fréquentées, celles-ci par 144, celles-là par 125 garçons ou filles -. Dans la seconde de ces deux villes , les écoles indigènes maures comptaient 45 élèves, et dans la première , les écoles indigènes juives , 300. La bourgade de Mostaganem avait 25 élèves de la religion musulmane et 20 de la communion israélite.
Prises dans leur ensemble, les institutions publiques ou privées de la colonie réunissaient donc 2,287 élèves de toute race. Assurément, ce n'est pas un des spectacles les moins intéressansde l'Algérie, que cette inauguration de l'enseignement français, qui a déjà fait, dans une autre partie de l'Afrique , de si grandes choses pour la régénération de l'Orient.
■ Situation des établissemens français dans l'Algérie j p. 252 et 254.
' Ibid., p. 25i et 254.
ACCROISSEMENT DE LA POPULATION AGRICOLE. PRINCIPAUX OBJETS DE CONSOMMATION.
Il nous reste à parler de la population de la colonie et de sa consommation , deux choses qu'il nous importe de bien connaître, puisqu'elles ne peuvent manquer d'exercer une grande influence sur la prospérité de toute exploitation agricole et industrielle.
D'après les calculs d'un officier supérieur de l'armée d'Afrique, la population de la régence, qui aurait été de deux millions d'individus au commencement du dix-huitième siècle , serait aujourd'hui réduite de plus de moitié. Elle s'élèverait à peine à 800 mille amcs, parmi lesquelles il y aurait 400 mille Maures, 200 mille Kabaïlcs, 120 mille Arabes nomades et 60 mille Turcs, Coulouglis, et juifs. Mais lors même que cette
évaluation approximative serait exacte , elle nous laisserait encore dans le doute sur le nombre des hommes de toute origine vivant dans les limites du territoire réservé *.
L'administration garde un silence absolu à cet égard, et se borne à nous apprendre le chiffre de la population européenne.
Il existait dans les diverses provinces de l'Algérie, à l'époque du dernier recensement , 6,592 Français, 2,193 Anglais, 5,189 Espagnols, 1,983 Italiens, 782 Allemands, 25 Portugais, 4 Grecs, 2 Russes, en tout 16,770 hommes appartenant aux pays d'outre -mer. La répartition de ces élémens étrangers , entre les villes de la régence, présentait les mêmes inégalités que le développement de l'industrie locale : on comptait
' Considérations statistiques j historiques et militaires sur la régence d' Alger j par le général Juchereau de Saint- Deais, sous-chef d'état-major-général de l'armée d'Afrique, en i83o, p. 4i et 49'
« Tous les ouvrages publiés jusqu'ici sur Alger ont beaucoup «xagéré la population de cette régence. Quelques auteurs l'ont portée à trois millions, d'autres à deux millions , le plus modéré de tous, Shaler, l'a réduite à un million.
» Il est difllcile et presque impossible d'avoir une idée exacte de la population dans les Etats ottomans , parce que les Musulmans, imbus des mêmes préjuge's qui existaient autrefois chez les Ismaélites, repoussent comme un très-grand pe'ché toute opération relative au recensement des peuples. » — Ibid., p. Sp.
à Alger, 9,8*24 colons; à Oran, 3,80^; à Boiie, 2,622; à Bougie, ilo, et à Mostaganem, 104 *.
Si donc on ajoutait aux proportions que nous venons de donner le chiffre des forces de l'armée française, on obtiendrait un total ge'ne'ral d'environ 60,000 Européens établis ou cantonnés dans le Nord de l'Afrique. Encore ne comprenons-nous pas dans nos évaluations le personnel de la marine étrangère qui, par un mouvement de va et vient, grossit toujours de plusieurs milliers d'hommes la masse des habitans de toute nation.
La population de la capitale de la régence qu'on portait dans la première période du dixhuitième siècle à 75,000 habitans, était estimée,
' Situation des clablissemens français dans V Algérie, IP part., ch. XVII, p. 298 et 299.
Yoici quel avait été le nombre total des colons dans les années antérieures, d'après la statistique oilicielle :
Pendant les années i835 et 1857, environ 600 Européens avaient été enlevés par le choléra. La population coloniale, en i858, montait à 17,4^8 individus. — Noiwtl aperçu sur l'Al- §èricj par M. Léon Blondel , chap. lïl, p. 55.
— IGO —
eu 1837, à environ 60,000 personnes, en y comprenant les indigènes ^ Dans ce nombre, il y avait environ 15,000 soldats ou individus appar< tenant à Farmée, 15,000 colons et matelots, 25,000 Maures ou Arabes, et 5,000 juifs. La classe des domestiques se composait de 472 individus, et celle des esclaves de 255.
Les renseignemens recueillis par le gouvernement sur la consommation de l'Algérie, sont aussi imparfaits que les relevés de la population générale.
On sait, toutefois, que l'approvisionnement en blé de la Raclibah , ou du marché aux grains d'Alger a été, pendant l'année 1837, de 189,31 1
' Situation des ètablissemens français, IP part., chap. XIII, p. 278. Voyez aussi Zc recensement de la population de la ville et des faubourgs d'Alger, au i'^'' fcvrier i838, et l'état des naissances, mariages et décès, pendant l'année 1857. Ibid., p. 5oo et 5oi,
Ou voit par le premier de ces tableaux, que la population officiellement connue, était formée de 8,238 hommes, de 8,216 femmes, de 5, 002 liUes, et de 4,500 garçons. Dans ce nombre se trouvaient 7,895 locataires, et 1,179 popriétaircs.
L'administration n'avait pu comprendre dans son dépouillement les corporations des Rabaïles, des Mozabites, des Biskris, des nègres, etc., qui ne sont pas encore organisées, mais qu'où évalue à environ 5, 000 individus.
En ce qui touche les croyances religieuses, il y avait 7,864 catholiques, 211 protestans, et 6,o65 israélites. Le reste de la population profess<'\it l'islamisme.
hectolitres, dont 82,000 sont venus par mer de l'extérieur, 29,140 de la côte, et 15,000 par terre de l'intérieur. Les quantités d'orge, apl)ortées au même marché, ont été de 65,337 liectolitres, sur lesquels 53,000 sont arrivés par mer de l'extérieur, 10,082 de la côte, et 2,255 par terre de l'intérieur ^.
La valeur en argent des farineux alimentaires, importés sur tous les points de l'Algérie, en 1837, est estimée dans le tableau générai du commerce, publié par l'administration, à 6,515,285 fr. 93 c. Le prix des animaux vivans est porté à 2,675,249 fr. 50 c, et celui des produits et dépouilles d'animaux, à 1,736,801 fr. 10 c, ce qui fait un total de 4,412,050 fr. 60 c. Les vins ont compté pour 3,477,088 fr. 65 c, les eaux-de-vie et liqueurs pour 726,501 fr. 35 c, l'huile d'olive pour 584,191 f. 90 c, le tabac fa-
' Situation des clahlisseviens français clans l'Algérie, W part., p. 5i I.
Il a clé vendu, en outre, sur le luarclié aux graîns d'Alger, 6,739 sâas ou 4,043 b. 4^ !• <le légumes secs. Le sâa, mesure de capacité en usage dans cette A'ille , est de la contenance de 60 litres.
Le mouvcmciil du marché aux huiles, le plus impoi'lant après celui aux grains, avait présenté un total de 2i,ii5 guerbaas ou de 675,680 litres. Le guerbaa, espèce d'outre, contient 56 litres.
666,656 litres d'huile avaient été apportés par la voie de terre, et 9,0^4 seuicmcut par la a oie de mer. — \\iv\.
briqué et en feuilles pour 358,609 f. 83 c, elles bois de construction pour 1,772,519 fr. 63 c. *
Nous avons rapporté ailleurs que l'intendant de l'armée d'Afrique avait acheté des colons 500 quintaux de blé indigène. Des achats de grains ont été faits également pour la consommation des troupes dans les districts d'Oran, de Bonc, deDréan, de Ghelma, et de Medjez-el-Amar, etc.
Les bestiaux fournis par les diverses localités ont pourvu presque entièrement aux besoins de l'armée pour laquelle il a été abattu, pendant le premier semestre de l'année 1837, 8,290 bœufs, 2,195 vaches, et 2,049 moutons ou chèvres ^.
Ces nombres généraux manquent sans doute de précision, mais ils suffisent pour donner une idée des facilités que trouverait un établissement agricole et industriel pour le placement de ses produits dans les limites mêmes du pays.
Il nous paraît utile, avant de passer outre,
de donner quelques indications sur le prix
moyen des principales denrées et des objets de
consommation sur les marchés de l'Algérie.
En 1837, le sac deblé de 45 kilogrammes se
• Tableau de la situation des è/ablissemens /rançais dans l'Algérie^ p. 55o, 55 1 et 552, ' Ibid., p. i45 et 5 ko.
vendait 9 fr, 7 c., et le sac d'orge 4 fr, 82 c. Le demi-kilogramme, ou la livre de pain, valait 20 c. Plus cher proportionnellement, le litre de vin ordinaire coûtait 2 fr. 4 c. On payait 40 c. pour un demi-kilogramme de bœuf, de veau ou de mouton. Une volaille se vendait 1 fr. 25 c. Le quintal de riz s'achetait 30 fr., et le quintal de pommes de terre o fr. L'huile fine, la bouteille, était cotée à 1 fr. 67 c, et l'huile à brûler à 89 c. le litre. Le bois, la charge d'un âne, valait 4 fr. 50 c, le charbon 5 fr., etc., etc. ^.
' Tableau oJjTicidj elc.;, p. 5o8 et Sog.