‹ De la colonisation du nord de l'Afrique; nécessité d'une association nationale pour l'exploitation agricole et industrielle de l'AlgérieChapitre 15 sur 53 · DEUXIEME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIEME SECTION

Kécessité d'one association Eaticnale pour

rexpioîtaîicEi de i'Aigérie. Garanties morales et physiques de succès.

CE Qtl A MANQUÉ JUSQu'a PRÉSENT AUX ENTRE- PRISES DE LA COLONISATION.

Quelle conclusion ressort-il des observations, des faits et des résultats de tout ordre que nous venons d'exposer?

Non pas, comme le soutiennent les adversaires de nos possessions africaines, que la colonisation est impossible. Bien loin que cela soit , chaque fois que des essais sérieux ont été faits par des hommes intelligens, actifs, industrieux et persévérans , le succès le plus complet a justifié leur attente.

Il est donc hors de doute que la culture est possible, et qu'elle peut devenir extrêmement productive.

Ce qui a manqué, depuis huit ans, à toute tentative d'exploitation agri(;ole sur une grande échelle, c'est, quant aux influences générales, la sécurité, et quant aux circonstances particulières, les forces et les ressources de I'esprit d'association.

Le travail, le dévouement, l'ordre, la persévérance , tant que leurs efforts sont isolés et ne s'appuient que sur de faibles moyens, ne suffisent pas pour fonder un établissement colonial. L'esprit d'association, en appelant h son aide , en combinant avec sagesse , et en faisant converger vers un même but , tous les capitaux épars , tous les instincts aventureux , toutes les connaissances spéciales et toutes les forces industrielles , peut seul atteindre ce résultat.

C'est uniquement à l'aide de ses ressources que l'Angleterre, la France , la Hollande , l'Espagne et le Portugal, sont parvenues à fonder de riches et puissantes colonies en Afrique, sur le continent américain et dans les mers des deux Indes.

Qui a créé les provinces de l'Amérique septentrionale constituées aujourd'hui en Etats- Unis? Des associations coloniales.

Oui a donné à la Grande-Bretagne la domination de l'immense région de l'Indostan, comparable pour l'étendue aux possessions territo-

rialcs de l'ancienne Rome ? Une compagnie de marchands ^

Qui a jeté les premières bases de la puissance agricole et commerciale de la France dans le Canada? L'alliance de quelques colons.

Eli bien! nous pensons que le moment est Tenu où tous les capitalistes, tous les industriels et tous les travailleurs doivent se concerter pour appliquer à la culture , au développement et à l'exploitation des richesses productives de l'Algérie, ce puissant auxiliaire de l'esprit d'association, avec lequel on a accompli de si grandes choses dans les autres parties du monde, et qui a manqué jusqu'à présent à la prospérité de la colonie africaine.

Nous engageons les hommes riches, éclairés, entreprenans, à se réunir à nous pour former dans ce but une société nationale, agricole et

' L'étendue de 1 Inde britannique est de 62,572 lieues çarrces , et celui des Etats placés dans sa dépendance , de 8o,45o , ce qui fait une superficie totale de 142,822 lieues. On compte dans cet immense empire 90,526,000 habilans, quatre villes de 4oo à 600 mille âmes, et dix de 100 à 5oo mille. Les importations faites par l'Angleterre e'taicnt estimées, en i85o, à 102, 182,000 fr., et la valeur des exportations à ifi ,975,000 fr., ce qui fait un mouvement commercial de 2445157,000 fr. Les forces militaires se composaient de 220 mille hommes de troupes indigènes et de 5o mille hommes de troupes européennes. — Statistique de la Grandi-Bretagne et de l' Irlande „ pnr Ahxandre Moreau de Jonnès. T. P'', ch. IX, p. io5 et 121,

industrielle, basée non-seulement sur les combinaisons les plus avantageuses, mais encore sur les principes les plus stricts de la justice, de l'honneur et de la probité.

Quoique nous n'ignorions pas que des spéculateurs sans frein aient abusé dans les derniers temps du principe de l'association , en l'appliquant à des entreprises frauduleuses et en s'en servant comme d'un leurre pour tromper la bonne foi et attirer à eux les capitaux , nous n'hésitons pas à soumettre notre projet de société à l'opinion du pays et à appeler sur lui les lumières de la discussion, sûrs que la pureté de nos intentions ne sera contestée par personne.

Mais avant d'exposer les principes , les opérations et les cultures qui serviront de bases à notre société, il nous paraît indispensable de donner quelques notions générales sur l'histoire agricole, la constitution physique et les produits naturels du nord de l'Afrique.

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