‹ De la colonisation du nord de l'Afrique; nécessité d'une association nationale pour l'exploitation agricole et industrielle de l'AlgérieChapitre 19 sur 53 · LE SOL · texte numérisé non relu

LE SOL

La constitution géognostique du grand Atlas , sur lequel nous porterons d'abord notre attention, est à peine indique'e par les voyageurs européens qui ont franchi cette ligne de montagnes. Quoiqu'il soit très-accessible de tous côtés, et qu'un trajet peu considérable sépare son versant méridional de son versant septentrional , il est resté, jusqu'à présent , en dehors des investigations de la science : nous savons seulement qu'il est formé d'une roche de quartz et de mica, appelée gneiss, qu'on distingue, au-dessus de celle-ci , un calcaire de sédiment inférieur; et que les couches de calcaire , primitivement horizontales , sont devenues presque perpendi-

culaires, par la puissance d'un soulèvement dont il est impossible d'assigner l'époque ^

Des roches quartzeuses, le grès et un calcaire grossier ferrugineux, parsemés en beaucoup d'endroits de corps organisés et de pétrifications de toute espèce , paraissent constituer la plupart des collines , qui se ramifient entre le grand et le petit Atlas. Les montagnes du district de Mascara offrent un calcaire mêlé de gypse, et sont couvertes, çà et là, d'une terre blanche confAie la neige ^.

Grâce à l'établissement des Français à Alger,

' Malte-Brun et Huot , Précis de la géographie universelle , t. X, p. 268. — Géographie générale et comparée j par Karl Ritter, t. III, IIP part., ch. I", p. 17O et 171.

« Un des phénomènes les plus remarquables que nous oflie le haut Atlas, c'est sans contredit son peu d^étenduc en largeur. Vue de profil , cette chaîne, comme l'observe très-bien M. de Huniboldt, apparaissait aux anciens navigateurs des côtes, comme une colonne aérienne isolée , supportant la voûte du ciel. Aucun voyageur , pas même les caravanes les plus lentes , ne mettent plus de trois jours pour se transporter des plaines du nord-ouest aiiSt plaines du sud-est. Léon l'Africain , qui franchit le haut Atlas à cheval , par le défdé qui mène du pays de Héa à Souse , mit trois jours pour aller de Tefetna , village situe sur le versant septentrional , à Messa, sur le versant méridional. » — Ibid.

=> Rilter, Géographie comparée ^ t. III, p. 167. — Malte- Brun , Prem <^e geogrât/j/ue^ t. X, p. 270. — Desfontaines, Nouvelles annales des Foyagesj IP série, t. XVI, p. 347-— Poiret, Voyage en Barbarie,, t. II, p. 279.

quelques parties du petit Atlas nous sont mieux connues. Les marnes schisteuses et les calcaires marneux semblent dominer dans la composition des diverses montagnes, qui bordent la partie méridionale de la Mitidja : celles-ci , en se prolongeant horizontalement, sont coupe'es par des veines de calcaire spatliique, de fer hydraté, de silex calcarifère et de quartz blanc. Dans les couches calcaréo- marneuses, les espèces minérales sont peu abondantes et les restes organiques très-rares.

Quelques-uns des derniers rameaux du petit Atlas, sur la lisière de la plaine, sont composés d'un grès calcaire jaunâtre ou d'un calcaire fijrossier ferrugineux.

Le terrain tertiaire subatlantique constitue entièrement les collines situées au nord de la Mitidja et celles qui , en beaucoup plus grand nombre, s'élèvent en masses irrégulières au sud du petit Atlas. La marne bleue semée de quelques veines de gypse laminaire et lamellaire forme la partie inférieure de ces roches : d'une puissance de 200 mètres et au-delà , elle est recouverte par des strates de grès calcaires, ou de calcaire grossier à coraux, légèrement sillonnés de traces de fer hydraté , et dont l'épaisseur varie de 20 à 50 mètres. Vers le faîte des montagnes, à la marne schisteuse succède le phyllade, qui lui-même, sur le versant méri-

dional des hauteurs de Beni-Sala, se change en ardoise. La formation calcajréo- marneuse contient ici des débris considérables de coquilles marines ^.

Au côté nord de la Mitidja , la constitution géognostique des collines est absolument la même : seulement les dépôts tertiaires y sont plus riches en coquilles lluviatiles et inclinés du nord au sud et non du sud au nord , comme au-delà du petit Atlas.

Les principaux sommets du mont Boudzaréah, sur le massif d'Alger, et une partie des bords de la mer, à l'est et à l'ouest de ce point culminant, sont composés de calcaires , de grès tertiaires, de schistes talqueux et de gneiss. Le schiste talqueux passe tantôt au feldspath , tantôt au micachiste. 11 abonde en veines de quartz blanc et enfumé , de fer pyriteux et hydraté , et présente beaucoup de petits grenats, quelques cristaux, et des fragmens de galène et d'anthracite. Au ^nombre des espèces minérales du gneiss, sont aussi le quartz blanc et enfumé, le feldspath pur, des cristaux et de très-belles lames de mica ^.

' P^oyage dans la régence^ par M. llozct, t. I*^', cliap. III, p. 21-29. — Desfontaines, Nouvelles annales des J^oyages , II« série, t. XVII, p. 81 -85.

'^ M. Rozet, Mémoire gèologif/iia sur les provinces d^ Alger et de Tiltericj inséré dans les Nouvelles annales du Muséum d'histoire naturelle , t. II, p. 384 et suivantes.

Les formations des terrains, dans les environs d'Oran, se rapprochent beaucoup de celles d'Alger. Les marnes , le calcaire , le phyllade et surtout les schistes y forment les couches principales du sol. On y remarque, toutefois, de nombreuses dolomies grises, jaunes et brunes , dont les roches sont disposées comme des cratères de soulèvement , et fortement inclinées du nord au sud.

Les substances minérales et les restes organiques sont en général très-rares dans le voisinage de la côte *. Mais sur d'autres points de la province, il existe des traces certaines de minerais -.

A Bone, dans un rayon de plusieurs lieues ,

' M. Rozet, Voyagt à Alger, t. !«', chap. V, p. 56-70.

" Le terrain tertiaire subatlanlique existe sur tout le littoral de la Mccliterranéc , en Espague , en Provence, en Italie. C'est lui (jui constitue les collines qui bordent les Apennins j on l'a trouve très-lnen développé en Grèce; il existe en Syrie; enfin, c'est ce même terrain qui forme le sol de la Easse-Egyple, recouvert seulement par une couche d'alluvion plus ou moins épaisse. Le terrain tertiaire des bassins de l'Autriche , de l'Allemagne, de la Hongrie , etc., est absolument identique avec le nôtre; il est composé, comme lui, de deux étages : marne jjleue, calcaires grès et sables , et il renferme les mêmes genres de coquilles fossiles. Quant aux espèces, elles dilïèrent et elles doivent différer, vu l'éloignemcnt des lieux. » — Ibid., cliap. VI, p. 71 et 72.

"* Situation des ètablissetnens français, I'^ part., p. 5i.

les montagnes se composent de quartz mêle' de mica. En s'éloignant de la mer, les roches changent de nature, deviennent calcaires et quartzeuses : sur le chemin montueux , qui conduit à Constantine , on rencontre fréquemment des produits volcaniques, des scories , des espèces de pierres ponces noirâtres, des laves, etc. *

Tout porte à croire que l'île de Harchgoun , dans le golfe de ce nom , doit son origine à un volcan. On y trouve des pierres calcine'es et beaucoup de pouzzolane '-.

Si nous avons cherché à nous rendre compte des principaux élémens du sol de l'Algérie, c'est que leur nature influe nécessairement sur le développement de la végétation. Ainsi, la formation calcaréo-marneuse favorise puissamment la croissance des plantes ; mais dans les endroits où la marne domine et s'élève k fleur de terre, tout porte l'empreinte de la stérilité. Les broussailles hautes et épaisses sur les terrains schisteux , paraissent languir sur le sol occupé par le gneiss : elles viennent aussi très-mal au-dessus des couches de phyllade et de quartz.

' L'abbé Poiret, Voyage en Barbarie^ t. I*"^, p. i54-i56, et t. II, p. 276-379.

Cet écrivain prétend que les montagnes qui avoisinent la Calle et s'avancent dans le pays, sont presque toutes volcaniques.

^ Le capitaine Conil , Notices sur les points occupes , I" part., §11, p. 59.

Une autre remarque importante, c'est que l'alliance calcaréo-marneuse produit une infinité de ruisseaux, tandis que le phyllade et le gneiss sont presque entièrement dépourvus de sources d'eaux vives ^.

Le sous-sol des plaines est généralement argileux ou calcaire à Alger, siliceux à Bone, et calcaire ou schisteux à Oran -.

Le sol de la Mitidja est entièrement formé par un terrain d'alluvions. Ce sont des couches horizontales de marnes argileuses et grisâtres, et de débris pierreux de différentes natures. On a encore observé que l'Arrach roule des marbres blancs et veinés, des grès , des spaths calcaires , des pierres ferrugineuses , des stalactites et des morceaux de fer; et que des troncs et des feuilles de plantes ont laissé trèsdistinctement leur empreinte diversifiée sur ces nombreuses substances ^. La couche végétale de la Mitidja , qui a souvent plusieurs pieds d'épaisseur , est partout composée d'une espèce de marne diliiviale.

' F'oyage clans la régence d'Alger, par le capitaine Rozet, t. I«% chap. III, p, 21-48.

- Rapport sur la colonisation cV Alger,, par M. de la Pinsonnière, I"' part., p. 64-

^ Desfontaines , Nouvelles annales des Voyages j ïb série ,

Dans les plaines d'Oran, l'humus est beaucoup moins abondant , et ne de'passe guère une épaisseur moyenne de sept pouces. C'est en quelques endroits une marne jaune, et, ailleurs, une argile rouge ou blanche. Quant à la terre" végétale des plaines de Bone, elle se recommande par son

t. XVI, p. 3i8 et 519. — Voyait dans la régence d'Algerj, par M. Rozet, t. !•', cliap. III, p. 44-46.

« La nature de la marne est à peu près la même partout, mais celle des cailloux change; le long de 1" Atlas et jusqu'à près de deux lieues dans la plaine, depuis les montagnes de Beni-Moussa jusqu'au lit de la Cliifïk , ce sont des phyllades mélangées de marnes schisteuses, de fragnaens de quartz et de calcaire noir et gris; depuis la Chilïa jusqu'au-delà du Oued-jer, on ne trouve plus que du calcaire compacte, du calcaire marneux, et des marnes schisteuses ; des fragraens roulés de ces mêmes roches, et dont la grosseur va en diminuant en marchant dans le sens du courant de l'eau, couvrent aussi le lit des rivières et des torrens.

» Ce phénomène est bien apparent le long du cours de la Chilfa; au pied des montagnes, on trouve dans le lit de cette rivière, des blocs très-gros et des cailloux roulés , dont la grosseur varie depuis celle de la tête jusqu'à celle du poing, et à quatre lieues de là, à son point de jonction avec le Oued-jer, ce ne sont plus que des graviers dont les plus gro» sont comme des œufs de pigeon ; le long de la bande des collines , les cailloux du terrain diluvien proviennent en partie du terrain de transition et en partie des calcaires et grès tertiaires.

» Je n'ai point trouvé d'ossemens de grands animaux , ni aucuns débris organiques dans les alluvions de la Mitidja; cependant je les ai examinées avec beaucoup de soin sur plusieurs points très-éloignés les uns des autres. » — Ibid., p. 44 et 4^-

excellente qualité, sa profondeur et sa fraîcheur interne *.

Pris dans son ensemble , le sol de la régence réunit les plus précieux avantages.

Nous avons vu que le professeur Desfontaines mettait l'Algérie pour la puissance productive au-dessus du royaume de Tunis -. L'abbé Poiret admirait ses terres excellentes qui n'ont point cessé d'être neuves, grâce au mode de culture suivi par les Arabes ; et il pensait que des mains plus habiles pourraient tirer un parti admirable de ce pays presque inculte ^. Selon le consul

' M. de la Pinsonnière, Rapport sur la colonisation de la régence cV Alger ^ l^" part., p. 65. — M. Piozet, Voyage à Alger j t. 1", chap. V, p. 67. — Le capitaine Conil, Notices sur les points occupés^ V'^ part., § IIj, p. 5i.

^ Flora atlantica, prefat., p. i.

Strabon , dans son grand ouvrage , signale la qualité supérieure du sol de l'Afrique septentrionale. « Sur les bords de notre mer, dit-il , le pays presque partout , mais principalement aux environs de Cyrène et de Carthage, et, de là, jusqu'à la Maurusie et aux colonnes d'Hercule , est excellent.» {Géographie j, t. I^'^liv. II, p. 564-) C'est-à-dire, depuis Tunis jusqu'au détroit, puisque la Maurusie , à laquelle les Romains ont donné le nom de Mauritanie, comprenait les royaumes d^Alger et de Fez d'aujourd'hui.

^ Voyage en Barbarie j t. I«', p. 169, et t. II, p. 74-

M Le sol, quoique peu cultivé, y est très-fertile. Sa nature est une argile rendue légère par le sable qui s'y trouve en abondance, ou bien ce n'est que du sable mêle aux débris annuels des plantes.

américain Shaler, l'Afrique septentrionale n'a rien perdu de sa fertilité autrefois si renommée *. M. Rozet dit « que c'est une des contrées les plus fertiles que nous connaissions » - , et le capitaine Pelissier assure « qu'elle est susceptible d'une grande variété de produits et d'un immense développement agricole > ^.

Veut-on un témoignage d'une plus haute autorité et en quelque sorte officiel ? M. de la Pinsonnière, en sa qualité de rapporteur de la commission d'Afrique, fait observer « que la beauté

d'où il résulte une terre noirâtre , légère , sans consistance ;, mais d'un excellent produit.

» Nous ajouterons à cela, que comme il y a peu de terres cultivées, il est rare que les indigènes labourent le même champ plusieurs années de suite. Ils choisissent toujours celui qui est le plus à leur portée. La terre, parce moyen, ne cesse point d'être neuve; elle répare, avec le temps, par la destruction des végétaux , ce qu'elle peut avoir perdu par la culture.

» Il est aisé de juger, d'après cela , combien ce pays presque inculte, deviendrait précieux entre les mains de bons agriculteurs. Quand l'homme y aurait les saisons et les élémens à sa disposition, il ne pourrait les rendre plus favorables. » — Ibid., p. 74-

' Esquisse de l'état d'Algerj, t. I*', chap. I*', p. i*

^ Voyage dans la régence d' Alger ^ t. I«'. ch. IX, p. 214.

5 Annales de l'Algérie, t. II, p. SaS.

Voyez aussi l'opinion énergiquement exprimée à ce sujet, par M. Genty de Bussy : De l'établissement des Français dans la régence d'Alger^ t. V% chap. II, p. 6i\.

de la végétation sauvage , partout où elle se montre dans les plaines, confirme l'opinion que l'on a de la grande richesse du sol » ; et, donnant encore plus d'extension à ce jugement favorable, il ajoute « que les terres , loin d'être douteuses, sont en général d'une qualité supérieure » *.

Il suffit d'examiner la conformation et la nature du sol de l'Algérie pour demeurer convaincu qu'il doit abonder en richesses minérales.

Les Romains avaient découvert des mines de toute espèce dans leur province d'Afrique ^ : ils faisaient surtout un très -grand cas des marbres de la Numidie, lesquels étaient d'un beau jaune uni ou tachetés de diverses couleurs ^. Depuis, en traversant dix siècles de vicissitudes,

* Rapport sur la colonisation d'Alger j V" part., p. Sy et 63.

« Cette richesse des plaines se conçoit facilement; elles sont entourées de hautes montagnes qui, lavées par les pluies, se sont, dans la succession des temps, dépouillées en leur faveur ; elles se prêteront à un grand nombre de cultures. » — Ibid., p. 64-

" Situation des établissemens français dans l'Algérie^ Ih part., § XXII, p. 322 et 323.

^ Malte-Brun et Huot, Précis de. la Géographie universelle^ t. X, 1. 162, p. 267. Le siège de cette riche exploitation, selon M. Bureau de la Malle, était à 26 milles de l'ancienne Cirta, dans la direction de l'est. — Renseignemens sur la province de ConstantinCj, § VIT, p. 80 et 81 .

la connaissance de ces exploitations s'est entièrement perdue; et le gouvernement algérien, avec son insouciance ordinaire, n'a voulu prendre aucune mesure, ni tolérer auQunes tentatives qui auraient eu pour objet d'en retrouver les traces *.

Les preuves de Texistence de ces trésors souterrains ne s'en montrent pas moins partout à nu sur les flancs ravinés des montagnes. Les calcaires gris et noirs qu'on voit alterner avec les marnes schisteuses et le phyllade, et les schistes talqueux du petit Atlas et du massif d'Alger, ont fourni, ou pourraient donner, de très-bonnes pierres de construction, des grès, du marbre blanc, de l'ardoise et des terres pour la fabrication des tuiles, des briques, du pisé, de la poterie, etc. -

Deux colons, MM. Morel et Châtelain, ont découvert récemment à six ou huit heures de marche d'Alger, dans les vallées de l'Arbâ et de l'Oued -el-Akhra , plusieurs carrières de gypse ou de pierres à plâtre; et, plus loin, dans les gorges de l'Atlas, de très-beaux mar-

' Situation des établis s&mcns français dans l'Algérie , IP part., p. 323.

* Voyage dans la régence d'Jlger, par M. Rozet, t. X, p. 27, 28, 52, 55, 58, 42. 4'J, etc.

bres statuaires , de l'albâtre , de l'ocre jaune , de la terre de pipe et du blanc d'Espagne *.

Le calcaire tertiaire d'Oran a été employé de tout temps aux constructions de la ville. Trois gros bancs en pleine exploitation , dans la carrière de Saint-André , donnent de trèsbelles pierres de taille. A Mers-el-Kébir, il y a une carrière de marbre, brèche fond noir. On extrait largement du plâtre de la gorge formée par les montagnes de cette baie, et la pierre à chaux existe partout ^.

En France, comme dans tous les pays de l'Europe, on a trouvé des couches de lignite dans la partie inférieure du terrain tertiaire subatlantique. Or, cette formation, comme nous l'avons démontré tout à l'heure, occupe une

' Revue africaine^ V' livraison, août 1837, p. 44"48.

« L'exploitation du plâtre indigène est peut-être un des objets les plus importans pour la colonie, qui est obligée de tirer d'Europe celui qu'elle emploie : elle serait surtout avantageuse pour la place de Bouffarick, qui n'est éloignée que de quelques lieues, et pour les constructions à faire dans une grande partie de la plaine, où les matériaux et la chaux manquent assez généralement. Elle tournerait aussi au profit de l'agriculture , car il n'est personne qui ne sache quelle force de végétation le plâtre donne aux prairies artificielles. » — Ibid., p. 46 et 47-

^ M. Conil, Notices sur les points occupés,, V' part., § II, p. 55. — M. Rozet, J^oyage dans la régence d'Alger^ t. I", chap. V, p. 68.

^ 194 — grande partie des montagnes et des plaines de l'Algérie, et tout fait présumer que l'espèce de houille qu'on en tire chez nous existe également dans les dépôts trans-méditerranéens. Un ingénieur .distingué prédit un plein succès aux sondages qu'on pourra entreprendre au milieu des collines d'Alger ou des plaines d'Oran pour la recherche du lignite ^

Les rapports officiels nous apprennent qu'on a reconnu l'existence de l'or à Frendah. Dans les montagnes des environs de Bougie, les Kabailes exploitent depuis long-temps des mines de fer, dont les produits leur servent à fabriquer des canons de fusils , des instrumens aratoires et d'autres ustensiles. On prétend qu'ils tirent aussi de ce sol montueux du minerai de plomb pour les usages de la guerre et de la chasse ^.

' M. Rozet , Voyage dans la régence d'Alger j t. I"', chap. VI, p. 72 et 75.

« Peut-être que les recherches de la science produiront bientôt la découverte de combustibles fossiles, disent les rapports officiels. Nulle investigation n'ayant été jusqu'ici tentée, il serait hasardeux de dénier à l'Afrique, où les minéraux abondent, les richesses souterraines qu'on trouve ailleurs mêlées à des terrains analogues, » — Situation des établissemens fraticaisj VL^ part., § XV? p. 292.

^ M. Rozet, Voyage dans la régence d'Alger, t. II, chap. II, p. 17 et 18. — M. Genty de Bussy, De l'établisse-

liC district do Mascara , qui rentrera sous la domination Iranc aise dans un avcnii- j)lus ou moins rapproché, est destiné à devenir le centre des plus belles exploitations minérales. A cinq ou six lieues de cette ville, dans les montagnes de Tescha, il existe une mine de cuivre presque à Heur de terre : la direction des filons est de l'est il l'ouest, et, en plusieurs endroits, si rap- [irochéc de la surface du sol, (|u'ellc lui communique une teinte verdàtre. 11 y a, en outre, non loin* de là, une mine de plomb aussi largement pourvue de métal , de très-grosses chalcédoines disposées par lits étroits dans une terre pyriteuse, et un ravin où l'on aperçoit des morceaux de cristal de roche *.

nient (Us Franciîis dans la régence d'Aller, t. I", cliap. II, p. 99 et 100. — Situation des établissemens français dans l'Algérie, II' paît., § XXII, p. 52» et SîS.

<' Le fer est la Mihstaiirc la plus commune que j'aie remorquée dans ceUc eliaînc de montagnes, qui s'étend depuis Tabarquc jusqu'au de là de Doue. Il s'y présente sous toutes sortes de formes ; il est mêlé à la terre glaise qu'il colore fortement on rouge, à l'argile ipi'il teint eu \\n jaune très-brun, au sable <pi il noircit. Dans les ravins, il dépose un ochre pulvérulent d'un rouge de sang ; les fissures des grès sont icmplies d'une substance noire ferrugineuse, les pierres en sont souvées incnistées. "-- Voyage en Barbarie, par l'abbé l'oiret. Il*" part., p. 77H.

' Desfontaines, Nouvelle^ annales des f^^oyaf;e>, II' sf'rie, t. XVI, p. 54o-55i.

« Un jour, le bcy de Mascara voulut sa voir si je pcu^ais qu'il

La chaîne de montagnes dont l'extrême point se rattache au port de CoUo, recèle également du cuivre et du cristal de roche *. Mais nulle part on n'a trouvé le minerai de cuivre en aussi grande quantité que sur la route de Médéah , à une lieue au sud du col de Ténia, dans une formation calcaréo-marneuse : parmi les larges veines de ce métal , exposées au grand jour et composées de fer carbonate, de beaucoup de cuivre gris et de malachite, et d'un peu de carbonate bleu et de baryte sulfatée laminaire; on voit un très-beau filon qui se développe sur une longueur d'environ 100 mètres. « 11 suffirait peutêtre de quelqu<3S recherches , remarque le naturaliste auquel nous empruntons ces détails, pour

y eut des miues dans le mont Allas ; je lui répondis , crainte de lui causer de l'ombrage, que je ne m'occupais que des plantes ; car ces peuples sont très-jaloux des métaux que renfei'ment la terre , et il faut avoir la plus grande attention de ne pas exciter leur méfiance. Je fis cependant entendre au bey que j'avais quelques connaissances dans cette partie : il envoya aussitôt un esclave qui revint avec des morceaux de galène et de mine de cuivre, qui me parurent fort riches. Je ne voulus point paraître empressé de voir les mines j je lui dis cependant ce que ces morceaux contenaient. Quand il apprit que l'un renfermait du cuivre, il nie dit qu'il ferait boucher le trou d'où on l'avait tiré. » — Ibid., p. 348.

' M. Conil, Notices sur les points occupés, T* part., § V, p. III.

découvrir des richesses immenses dans cette localité. » ^

Nous ignorons si les montagnes de l'Atlas, comme raffirmc un auteur, renferment des mines inépuisables du plus beau sel '^. Il n'est pas besoin, toutefois, de creuser la terre pour se procurer ce minéral qu'on trouve partout dans l'Afrique française. La côte du territoire d'Alger est parsemée de fragmens de sel blanc, d'une excellente qualité, produit par l'évaporation de la mer ^. La même substance forme une couche si épaisse dans les lagunes d'Arzew, quand elles sont desséchées par l'active chaleur

' f^oyage dans la régence d' Alger ^ par M. Roztt, t. I<"% cliap. VIII, p. 17I. — Davcsac , Encyclopédie pittoresque j, t. I*S p. 293.

' William Shaler, Esquisse sur l'èlat d'Alger^ chap. I"", p. 12.

^ Le capitaine Rozet, Voyage dans la régence d'Alger, t. I«% chap. VIII, p. 174.

« L'eau jetée par la houle le long de la côte et cpielquefois par dessus les falaises se réunit dans les cavités des rochers et dans les dépressions du sol, où elle laisse, en s'évaporanl , une crontc de sel extrêmement blanc et d'une excellente ([ualilc. L'ignorance et l'incurie des Maures et des Arabes sont si grandes, (ju'il^ .liment mieux acheter le sel fort cher dans les villes, que de ramasser celui qui se trouve auisi répandu eu abondance sur le bord de la mer. Dans les environs d'Alger, un homme pourrait facilement recueillir dix livres de sel par jour. » — Iliid.

du climat, qu'on extrait des rochers un sel assez pur à coups de pioche ^ Il y a des sebkas , ou lacs sale's, dans tous les districts maritimes ^. Pendant l'été , il se forme des dépôts considérables de sel ou de nitre sur les bords presque abandonnés de plusieurs rivières ^. Les eaux d'un grand nombre de sources, de ruisseaux et de puits, disséminés dans les plaines d'Oran, sont plus ou moins imprégnées de particules salines *. Le sol est lui-même tellement saturé, de sels, qu'on extrait le salpêtre des terres, au moyen du lavage, dans toute la partie occidentale de la province ^. Enfin , on a reconnu , à Alger, que la vapeur d'eau répandue dans l'atmosphère, tient constamment en dissolution une petite quantité de sel marin ^.

» Notices sur les points occupés j par M. Conil , P= part., chap. III, § II, p- 49 et 5o.

^ Davesac, encyclopédie pittoresque j t. !=•■, p. 295.

« Suivant la remarque de Desfontaines , les eaux douces sont beaucoup plus rares que les eaux salées : aussi le nom de Ouedel'Malehh j c'est-à-dire , rivière ou ruisseau de sel , est-il fort commun dans toute l'étendue de la régence. » — Ibid.

' Shaw, Travels in Barbary^ p. 228 et 229.

^ Notices sur les points occupés j p. 5i.

^ Desfontaines , Nouvelles annales des Voyages ^ II* série, t. XVII, p. i55. — M. Conil, Notices sur les points occupés j p. 5i.

^ Rozet, t. I", chap. VII, p. 167.

Il n'y a point de pays, où les particules salines et nitreuses se mêlent , dans une aussi grande proportion, h tous les élémens constitutifs du sol, de l'eau et de l'air. N'est-ce pas là une des causes les plus actives de la fertilité des pays situe's entre la Méditerrane'e et la chaîne du grand Atlas? L'atmosphère maritime, contenue et concentrée dans les limites du littoral par cette ligne de montagnes, ne doit -elle pas exercer une grande et salutaire influence sur la végétation? C'est l'opinion du savant docteur Shaw, qu'une longue étude avait familiarisé avec les caractères particuliers de la nature africaine. De nombreuses expériences ont d'ailleurs démontré que le résidu des salines, le sel commun et le salpêtre, lavés par les pluies et combinés avec la terre végétale, sont extrêmement favorables à la croissance des végétaux ^

' Voyez les observations de Desfontaines, Nouvelles annales des Voyages, II* série, t. XVII, p. 53i.

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