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Donc sur 8,127 hectares de terres cultivées, on en compte 4,678 qui sont consacrés à la production des grains 1. C'est bien peu de chose, nous en convenons , mais il ne faut pas oublier que ces résultats se rapportent seulement à un petit nombre de localités.
La Statistique officielle a laissé la culture arabe en dehors de ses appréciations. Quoiqu'il nous soit impossible d'évaluer le produit des récoltes indigènes, même approximativement, nous savons qu'il est très-considérable : on sème beaucoup de froment dans la Mitidja et sur les versans des deux chaînes de l'Atlas. Les plaines de la province d'Oran sont renommées pour la beauté et l'abondance de leurs moissons. Il existe des champs de blé et d'orge fort étendus dans le district de Mascara et sur les bords du Schélif et de rOued-jer. La plaine de Mayané, surtout , est si féconde en céréales, qu'elle a reçu des indigènes le nom de grenier d'Alger ^, A l'est de la régence, les belles campagnes de Constantine et de Bone ne sont pas moins fertiles en grains ^.
• Situation des établissemens français , II* part. , chap, XIII, p. 284 et 285.
* Desfontaines , Nouvelles annales des Voyages, II* série, t. XVI, p. 5i8, 028, 552 et 547. — Rozet, Voyage dans là régence d'Alger^ p. 209 et 210. •
' « Jamais la fertile Mauritanie ne s'était montrée à moi dans'
La culture des plantes fourragères et l'éducation des bestiaux et des abeilles se rattachent naturellement à l'industrie des farineux alimentaires.
Re'pétons d'abord que les campagnes produisent les plus belles herbes, sans qu'il soit nécessaire de venir en aide à la végétation. Cependant , avec un peu de travail , on pourrait créer d'excellentes prairies artificielles ^ On placerait
un éclat semblable : les innombrables tas de grains qui couvraient la campagne de Bone , car c'était le temps de la récolte, etla verdure des arbrisseaux et des arbres procuraient une diversion bien agréable à mes yeux. » — Hebenstreit, Nouvelles annales des f^oyageSj U" série, t. XVI , p. 54.
' M. de la Pinsonnière , Rapport sur la colonisation , I'' part., p. 76 et 77.
« Dès le mois de février , toutes les portions de terrain qui sont incultes et non garnies de broussailles se couvrent de graminées qui croissent avec une si grande rapidité , qu'au boni I d'un mois , on a beaucoup de peine à maicher dedans. Le 12 mai i83i, en traversant plusieurs terrains de ce genre, dans la plaine de la Mitidja, l'herbe nous venait jusqu'au-dessous des bras.
» Pour avoir du foin dans ces contrées , il n'y a rien autre chose à faire que d'enclore le terrain , afin d'empêcher les troupeaux de venir y paître, et, en fauchant dans les premiers jours de juin , on obtiendrait deux récoltes. Il y a dans la Mitidja des pâturages fort étendus , sans broussailles , et dont on pourrait faire d'excellentes prairies.
» Au mois de juin i83i , nous fîmes faucher luic très-grande
avantageusement une partie des foins dans les marchés où l'administration les paie sur le pied de 9 fr. 50 c. le quintal métrique. Le reste servirait à la nourriture des troupeaux pendant la saison des sécheresses.
Toutes les espèces de bétail abondent sur le littoral africain, mais elles languissent , pour la plupart, dans un état d'abâtardissement. Ce résultat était inévitable dans un pays où les grands animaux domestiques vivent des chances incertaines de la végétation spontanée, manquent souvent de pâturages à l'époque des extrêmes chaleurs, et sont exposés pendant l'hiver à toutes les intempéries du climat.
On pourrait dire des tribus indigènes qu'elles emploient le bœuf et la vache à tous les usages , hormis à celui de la table ; car ils tuent rarement ces animaux et vivent presque exclusivement de laitage. L'un et l'autre servent aux travaux de l'agriculture et aux transports des fardeaux. Le bœuf, de beaucoup plus petit que le nôtre, ne pèse pas au-delà de deux cents kilogrammes, et la vache , dont le lait est d'ailleurs
quantité d'herbes sauvages. Nous obtiomes ainsi d'excellent foin que nos chevaux et nos mulets mangeaient parfaitement. » — Voyage dans la régence d'Algerj, par le capitaine Rozet , 1. 1«', chap. IX, p. 184 et 21 5.
peu abondant , ne produit pas un beurre comparable à celui de l'Europe *.
Les Arabes et les Berbères ont d'immenses troupeaux de moutons qu'ils mènent paître pendant toutes les saisons smr les montagnes et dans les plaines. Ils en boivent habituellement le lait, en mangent quelquefois la chair ^, et en retirent surtout la laine qui fait le vêtement le plus ordinaire et le plus sain du pays. On distingue deux espèces de moutons , l'une petite et très-commune, l'autre plus grande et moins répandue. Celle-ci , d'après le témoignage de tous les voyageurs, donne une laine de la plus belle qualité ^.
' Shaw, Travels in several parts of Barbary^ p. agS. — Le général Juchcreau de Saint-Denis , Considérations statistiques^ p. 290 et 291. — Rozet, Voyage dans la régence d'Alger^ t. I", p. 265-265.
' « De toutes les viandes de Barbarie, c'est la chair de mouton qui m'a paru préférable j les Arabes et les Maures en font gTand cas. Dans la classe commune, on n'en mange qu'aux jjours de fête ; mais les gens aisés en ont presque tous les jours sur leur table. Le mouton, cuit avec du concousson , est le plat le plus recherché par les Algériens. » — Voyage dans la régence d'Alger, par le capitaine Rozet , t, I«% chap. XI , ijp. 262 et 263.
' Shaw. — "William Shaler. — Juchereau de St-Denis. — Pelissier.
« Les laines d'Afrique sont beaucoup plus estimées que les
jiôtres. Si l'on parvient jamais à avoir des relations suivies et
) amicales avec les peuplades du petit Atlas et celles qui sont plus
Quoique les chevaux de la Barbarie n'égalent pas ceux des cavaliers numides , ils sont encore dignes de leur vieille réputation. Avec les formes dégagées du daim, ils ont le pied ferme du mulet des Pyrénées. On a vu les Berbères, à l'aide de leur agile monture, fr.anchir des vallées et des montagnes , où nos fantassins ne marchaient qu'avec une peine extrême. Si leurs chevaux ne sont pas de race arabe pure , dit le capitaine Rozet, ils en approchent beaucoup.
Les Arabes et les Berbères , malgré leur excessif attachement pour le coursier qui partage leurs fatigues, ils ne le soignent guère mieux que les autres animaux domestiques. Ils le font paitre aussi en tout temps, lui donnent de l'orge et un peu de mauvaise paille, ne l'étrillent point et ne le lavent que fort rarement *. '^
avancées dans l'intérieur du pays , les laines pourront deveniu une branche de commerce extrêmement importante. » — Voyage dans la régence d' Alger j par le capitaine Rozet, t. 1"' , p. 263.
« La laine d'Alger est de très-bonne qualité, et sans être n) lavée, ni assortie, elle vaut, dans les marchés de France et d'Italie, 5o francs le quintal anglais. En 1822, il en fut exporU par les ports de Marseille , de Livourne et de Gênes, 20,00c quintaux, ou 2,240,000 livres. » — Shaler, Esquisse de l'étai d'Jlger, chap. I", p. 17, et cbap. III, p. lof.
' J^oyage du capitaine Rozet, t. P", chap. XI, p. 27 et 274.
M Les Algériens ôlèveiit beaucoup de chevaux qu'ils vendent .nn
Sans aucun doute, un régime plus conforme aux principes de l'économie rurale écarterait les causes générales de détérioration.
Notre direction agricole , par le croisement des races , par des soins éclairés et une nourriture régulière , parviendrait infailliblement à relever les espèces dégénérées, et h leur donner un plus grand développement ^ En im-
gens du pays et aux Français, depuis que ceux-ci sont en Afrique. En i83i , on avait un fort beau cheval pour loo soudi-boudjous (372 francs) ; mais les jumens étaient hors de prix : les propriétaires refusaient même presque toujours de les vendre.
» L'éducation des chevaux est une branche d'industrie qui peut devenir ti'ès-lucrative pour les nouveaux colons ; on aurait , dans les environs d'Alger, autant de chevaux qu'on voudrait , et en abondance tout ce qui est nécessaire pour les nourrir. Ces chevaux se vendraient très-bien en Europe : je présume qu'ils s'y acclimateraient parfaitement ; car ils vivent dans le voisinage de Médéah , dont la température diffère peu de celle de nos contrées. » Ces chevaux sont beaucoup plus vifs que les nôtres ; dressés dès leur jeunesse , ils prendraient toutes sortes d'allures : ce seraient de forts jolis chevaux de main , et il y aurait un grand
avantage à s'en servir pour monter notre cavalerie : mais ils sont trop délicats pour faire des chevaux de trait, ou pour être employés
aux travaux de l'agriculture. » — Ibid., p. 2^4^ 2^5, 276. :., Voyez aussi les Considérations statistiques du général Ju-
chereau de Saint-Denis, p. 289, 291 , et l'essai de M. Edouard
de Solms, consul-général de Wurtemberg, Revue africaine,
liv. IX, p. 25, 26.
' Si les grands animaux domestiques étaient traités d^une ma-
portant quelques taureaux des montagnes de l'Italie, on rendrait aux bêtes à cornes les formes puissantes et vigoureuses qui leur sont naturelles. Les moutons ne tarderaient pas à se couvrir d'une laine comparable à celle des me'rinos. Quant aux chevaux, déjà si admirables , ils croîtraient encore en force et en beauté par l'alliance des étalons indigènes avec les jumens andalouses.
Aux produits ordinaires de ses troupeaux, l'association pourrait ajouter une autre industrie qui donnerait, à peu de frais, des bénéfices assurés.
Aucun pays du monde n'est plus fertile en miel et en cire que notre province d'Afrique. La précocité, l'abondance et la variété des fleurs font que les abeilles s'y multiplient na-
nière convenable , ou même si on les tenait seulement à l'étable pendant l'hiver, disait un voyageur anglais , vers le milieu du siècle dernier, on verrait, en quelques années, le bétail se multiplier à un tel point, que tout le pays en serait couvert. » — Shaw, Travels in several parts of Barhary , p. agS.
«Les agriculteurs expérimentés recommandent à Alger, comme partout ailleurs , l'éducation des bestiaux , comme le nerf de toute bonne agriculture ; non-seulement elle y sera très-avantageuse par le bénéfice direct de la vente assurée pour long-temps , et peut-être pour toujours, mais encore par le bénéfice indirect des engrais. » — M. de la Piusonnière, Rapport sur la colonisation j V' part., p. 79.
turellement comme ces productions végétales. En disposant des ruches pour recueillir les nombreux essaims accoutumés à une vie vagabonde , on pourrait donc tirer le plus heureux parti des sucs précieux qu'ils déposent à présent dans les rochers et dans les bois ^ Et dès lors le commerce de la cire et du miel, comme celui des grains et des bestiaux, prendrait une importance proportionnée à l'augmentation des divers produits de ce genre.
' Juchereau de Saint-Denis, Considérations statistiques,, p. 295 et 294.