DÉPENSES DE TOUTE NATURE
5 onces d'œufs 5 • • • ^^ ^iv. s.
Bois pour les faire éclore i i5
82 quintaux 5o livres de feuilles à 4 liv.
i3 sous 6den. le quintal, prix moyen. ■ 385
Dépense pour la cueillaison des feuilles ,
I liv. 2 s. 8 den. par quintal 96 5
18 quintaux 76 livres de copeaux, bois
gros et menu, à i 1. 5 s. 4 den. le quint. 20
Rameaux pour faire monter les vers. . . 18
. Papier pour mettre sur les claies i4
Huile pour les lampes 9
Bouteille pour purifier l'ail' i ïo
100 journées d'hommes et de femmes, payées: celles d'hommes, à i liv. 5 s., et celles de femmes, à i5 s. Quand les hommes passent quelques heures de la nuit à travailler, on leur donne 10 s. de plus, et aux femmes, 5 s., le tout monte à io5 10
Afferme des locaux et intérêt du capital employé pour l'achat des claies et autres petits objets 90
Total. 754
Le comte de Dandolo retira de sa magnanerie, pendant la même année, 613 livres 8 onces de cocons, qui, vendus sur le pied de 1 liv. 14 s. 6 d., lui donnèrent une somme de 1,063 liv. En retranchant de ce produit 754 liv. pour les frais d'exploitation , il lui resta encore un bénéfice net de 309 liv. 8 s., ou d'environ 50 pour 0/0 \
Selon le même agronome , il faut 2,928 pieds carrés de terrain , pour un champ de 732 miiriers de toute grandeur ^. Ces arbres , tant poir l'achat des tiges que pour les frais de plantition, coûteront 1,464 francs, et, comme il en
' L'art d'èUi'er les vers à soie pour obtenir constammert. d'une donnée dejtuilles de mûrier la plus grande quantité possible de cocons de première qualité j par M. le comte de Dandolo, traduit de l'italien par Philibert Fontaneilles , ch. XV, § III , p. 559-365, 4^ édition.
^ Il suffit à un propriétaire, pour obtenir 21,000 livres de feuilles, d'avoir 60 mûriers greffés qui en produisent 71/2 chacun; 60 qui en produisent i5 livres 3 le même nombre qui en produise 22 i/î; le même nombre qui en donne 3o liv.; autant de 37 1/3; autant de 45 liv.; autant de 5a 1/2; autant de 60 liv.; autant de 67 1/2, et, enfin, 10 de 76 liv.; ce qui fait eu tout 55o mûriers.
« Et , comme on doit supposer, au moins dans nos climats , que la quatrième partie de ces mûriers s'ébranche chaque année, et, par conséquent, qu'elle repose un an , au lieu de 55o , il en faudrait 732. » — L'art d'élever les vers à soie,, chap. XV, p. 55o-352.
mourra nécessairement quelques-uns chaque anne'e, on doit compter 59 autres francs pour réparer les pertes de la plantation. Quant au revenu du terrain et à l'intérêt du capital employés par le cultivateur, ils peuvent être estimés l'un à 16 liv. et l'autre à 70 liv. Cela fait une dépense générale de 1,612 li\;.5 moyennant laquelle il obtiendra d'abord 21,000 liv. de feuilles, et, en dernière analyse, 1,500 liv. de cocons *.
Bref, toutes sortes de considérations doivent engager notre association à consacrer la plus grande partie de ses capitaux à la plus avantageuse des cultures.
L'industrie séricicole, qui a pénétré en France jusque dans la région du centre, malgré la rigueur de sa température septentrionale, ne peut manquer de réussir dans l'Algérie. Là, toutes les circonstances atmosphériques, une chaleur soutenue, la douceur de l'hiver et la rareté des pluies , se combinent heureusement pour favoriser la croissance du mûrier et la production de la soie -.
' Le comte de Dandolo suppose que si on élève bien les vers à soie, on doit obtenir avec 21 livres de feuilles^ i livre 1/2 de cocons. Eu France , il faut , terme moyen , 18 livres de feuilles pour avoir seulement une livre de cocons. — Nouveau cours complet cU agriculture , t. X, p. 255.
- « Le climat influe singulièrement sur la végétation de l'arbre qui nourrit le ver à soie. La rareté des pluies et la grande cha-
La culture si productive du mûrier nain, continuellement contrariée chez nous par les gelées printannières , pourra se développer en toute sécurité sur les terres coloniales : le rapport de cet arbuste, à l'âge de sept à huit ans, est de 20 à 25 livres de feuilles, le sixième environ du produit d'un mûrier à haute tige *. Planté en haies ou en prairies , il aura l'avantage d'offrir toujours un accès facile et peu coûteux pour la cueillette des feuilles.
11 nous paraît aussi démontré qu'on pourra élever des vers à soie en Afrique avec plus de facilité et des frais incomparablement moindres que dans nos départemens français. La chaleur toujours égale de 18 à 20 degrés , qu'il convient de maintenir dans les magnaneries, se rapproche beaucoup plus de la température moyenne d'outre-Méditerranée que de celle de notre pays.
leur soutenue boniGe la sève des feuilles du mûrier , qui , en général , sont abreuvées de sucs plus raffinés et sont plus soyeuses dans le midi que dans le nord. Quoique cet arbre réussisse trèsbien en Prusse et en Bavière, il en est des produits qu'il y donne, comme de ceux de la vigne , qui , dans le nord , sont peu riches eu esprit ardent et en partie sucrée. La perfection des feuilles du mûrier des contrées septentrionales ne pouvant donc jamais égaler celle des mûriers du midi , il suit que la soie qu'on en retirera sera toujours inférieure en qualité relativement à l'autre. " — Nouveau cours complet d'agriculture, t. X , -p. 2.55. ' Annales de la société sèricicoh , I*"* livraison, p. 8i .
11 est même possible qu'on parviemie à naturaliser à Alger l'espèce de ver à soie qui vit sauvage sur les arbres ^
Une dernière réflexion nous parait encore plus propre à inspirer une grande confiance à notre société. La France , depuis le rétablissement de la paix générale , a fait des progrès aussi rapides dans l'industrie séricicole, que l'Egypte dans la production du coton. Le nombre des mûriers, dans les départemens où cette culture est ancienne, était, en 1820, de 9,631,674 : en 1834, il s'était élevé à 14,879,404, auxquels il fallait ajouter 886,668 arbres pour les autres départemens. Les récoltes de cocons, qui formaient, en 1820, une masse de 5,229,896 kilogrammes, avaient monté, en 1835, à 9,007,967 kilogrammes. De la même manière, les soies grèges filées, estimées, en 1820, à 453,770 kilogrammes, présentaient, en 1825, un total de 876,016 kilogrammes -.
C'est un accroissement d'environ 50 pour 0/0 en quinze ans. Toute considérable que soit cette
' Rapport sur la colonisation j par M. de la Pinsonnière, II" part., p. 68 et 69.
Le ver élevé dans l'intérieur des magnaneries est moins vigoureux que le ver qui vit sauvage sui' les arbres.
^ Annales de la société séricicole, I" liv., p. 4t> et 47-
proportion, n'a-t-on pas le droit d'attendre, à temps égal , des résultats progressifs quatre fois plus élevés , de la même industrie , dans l'Afrique française?